Souvent considéré comme le premier vrai film de Francis Ford Coppola, Dementia 13 se rapproche du style d'alors de Roger Corman avec qui il a beaucoup travaillé à ses débuts, notamment comme assistant-réalisateur. Il réutilise même les décors, l'équipe technique ainsi que quelques acteurs du film The Young Racers de Corman, où il était réalisateur de seconde équipe.
En tout cas, c'est assez laborieux, Francis Ford Coppola nous emmène dans un manoir irlandais où un tueur assassine un à un les membres d'une famille à coups de hache. Pourtant, le début n'est pas trop mal foutu et surtout assez intriguant où il commence à mettre en place une atmosphère mystérieuse voire même mystique avec le spectre de cette petite fille morte noyée.
Mais dès que le tueur en question commence à arriver, l'atmosphère tombe à l'eau, le film s'engouffre dans une succession de twists oscillants entre mal amenés et grotesques, le symbolisme est assez maladroit et surtout le film se regarde d'un oeil assez désintéressé et, malgré sa courte durée, la fin traine clairement en longueur, contenant aussi quelques lourdeurs. Coppola peine à vraiment retranscrire une atmosphère de mystère et de suspense et semble parfois jouer sur le terrain du maître Hitchcock mais sans sa maîtrise (et dans ce cas-là ni talent) et avec maladresse, d'ailleurs le film contient pas mal de similitudes avec le génial Psycho.
C'est pourtant dommage car la première partie du film, lorsqu'il braque sa caméra sur le personnage féminin, est assez prometteuse. De plus, le manque de moyens se fait ressentir et Coppola a le malheur de sur-appuyer la bande-originale qui n'est pas loin, par moment, d'être insupportable. Si dans la suite de sa carrière, l'écriture aura été l'un de ses points forts, il n'en est rien ici, notamment par rapport aux dialogues qui sont interminables et mous. Malgré tout, certains plans de caméra et/ou utilisation du montage montrent que l'on a bien un réalisateur talentueux et prometteur, mais ici on en est encore loin.
Bref... Francis Ford Coppola n'était pas encore le parrain du nouvel Hollywood mais juste un gars qui se débrouillait pas mal comme assistant sur des séries Z et qui se voit donner une chance de réaliser un premier film du même genre...