Juste après « Impitoyable » acclamé dans le monde entier (4 Oscars reçus pour 9 nominations) c’est en simple acteur que Clint Eastwood s’engage durant la même année 1993 sur le tournage de « Dans la ligne de mire » sous la direction de Wolfgang Petersen qui depuis son arrivée à Hollywood peine un peu à convaincre qu’il peut être un réalisateur bankable. Le projet est initié depuis 1983 quand le producteur Jeff Apple alors étudiant, a l’idée d’un thriller mettant aux prises un agent des services secrets autrefois affecté à la sécurité du Président des Etats-Unis reprenant du service et un nouveau potentiel assassin ayant choisi pour cible l’actuel Président en campagne. L’idée séduit Dustin Hoffman qui se souvient sans doute du succès encore assez frais des « Hommes du Président » d’Alan J. Pakula. Le projet est en sommeil jusqu’à ce que Castle Rock Entertaintment s’active à son tour, confiant l’écriture du scénario à Jeff Maguire et la réalisation à Wolfgang Petersen. Clint Eastwood se charge d’interpréter l’agent des services secrets vieillissant alors que Robert de Niro est envisagé pour devenir le sniper criminel. Frank Horrigan (Clint Eastwood) est donc un agent secret arrivé dans la dernière ligne droite de sa carrièrespoiler: . Lors d’une perquisition sauvage, chez un marginal, il est persuadé de se trouver par un hasard prémonitoire dans la chambre d’un tueur décidé à assassiner l’actuel locataire de la Maison Blanche en campagne. Les similitudes avec l’attentat du 22 novembre 1963 à Dallas semblent évidentes à Frank Horrigan qui était présent au sein de la garde rapprochée de John Fitzgerald Kennedy et qui depuis culpabilise de ne pas avoir pu se mettre en travers pour éviter que le deuxième tir ne touche mortellement le Président.
Le vétéran obsédé par cette tache indélébile sur son parcours demande à son supérieur de l’affecter au sein de la garde rapprochée de l’actuel Président pour ses déplacements de campagne à venir. Bien que vieillissant, Horrigan est persuadé qu’il pourra déjouer les plans du tueur potentiel qui semble vouloir le défier personnellement en lui rappelant régulièrement que peut-être à Dallas le courage lui a manqué pour s’interposer. Le tueur en question est interprété par John Malkovich qui remplace avec brio De Niro indisponible. Le suspense est parfaitement orchestré par Petersen deux heures durant, pimenté par la joute assez jouissive entre le vieil ours en proie à tous les tourments que son corps fatigué lui impose (essoufflement, grippe, nervosité virant à la paranoïa) et le tueur plus jeune, calculateur à souhait, taquin raffiné par instants mais aussi bien décidé à assumer son geste jusqu’au bout ayant pris pour modèle John Wilkes Booth l’assassin d’Abraham Lincoln (le 14 avril 1865). Le scénario pour quelque peu réconforter le vétéran en souffrance lui offre une idylle plutôt improbable avec un agent féminin au charme redoutable interprétée par une Rene Russo qui ne s’en laisse pas compter, séductrice mais aussi très protectrice aux faux airs de Lauren Bacall face à Humphrey Bogart dans « Le port de l’angoisse » (Howard Hawks en 1944). Le film va un peu au-delà du simple divertissement contribuant à démystifier la force indestructible de l’agent secret qui comme celle du flic ou du privé est généralement de mise à Hollywood quelques fois de manière caricaturale. Bel effort de modestie donc de la part d’un Clint Eastwood qui a souvent joué dans ce registre notamment dans la très controversée saga des « Inspecteur Harry ». Le film a été largement plébiscité par le public offrant à Clint Eastwood l’un des plus gros succès de sa carrière.
Voilà un excellent thriller politique des années 90, autant dans son intrigue, sa critique du système, son morceau d'histoire, que pour les personnages, plus dense qu'il n'y parait, avec cette dualité Eastwood/Malkovich qui permet de dévoiler les mystères de chacun, de pointer du doigt des enjeux psychologiques, brillamment menés et ficelés.
Une époque où Eastwood devenait ce dur à cuire un peu machiste au cœur tendre, un dinosaure d'une autre époque, et en décalage avec le reste du monde, permettant à la fois de montrer ses failles, et de créer une forme d'humour.
Néanmoins, le film reste assez classique, avec les ficelles habituelles des films de l'époque, s'attardant davantage sur l'affrontement des deux acteurs que sur le déploiement de ce que va générer les actions, ou revendications du méchant, ce qui aurait pu apporter quelque chose d'encore plus fort. Et malgré une belle présence féminine, son rôle manque d'une ou deux scènes fortes, et s'épuise à mesure que le film avance.
Ce film mérite le détour, ne serait-ce que pour l’affrontement magistral entre John Malkovich et Clint Eastwood. Le premier campe un psychopathe glaçant avec une justesse troublante, tandis que le second incarne un agent secret en fin de carrière, dont la dernière mission bascule rapidement dans l’intime. Si les performances des deux acteurs portent à elles seules l’intérêt du film, le reste peine à suivre. Le scénario, en particulier, verse parfois dans la caricature, réduisant le personnage de Malkovich à un tueur sans motivation crédible. Quant à la mise en scène, elle manque cruellement d’atmosphère : jamais on ne ressent cette tension oppressante qui aurait pu sublimer l’intrigue. Au final, le film reste un divertissement d’action efficace, mais sans la profondeur nécessaire pour laisser une trace durable.
Film vu sur Ciné+ Festival (Club) en janvier 2026. Il dure environ 2 heures. Je le classerai dans les genres action, espionnage et psychologie avec des petites scènes de romances et de dragues. J’ai déjà vu plusieurs films du réalisateur Wolfgang P. et aussi de l’acteur Clint E. J’ai découvert l’acteur John M. dans le film «les liaisons dangereuses». spoiler: L’affiche du film sur Allociné montre le personnage Franck H. courant à côté de la portière présidentielle mais ce n’est pas là son rôle principal. Les 2 personnages importants sont Mitch et Franck. Le méchant et le gentil. Tout le scénario tourne autour de ces 2 personnages. Les autres personnages du film, les figurants, les lieux et les objets sont là pour que les 2 personnages principaux apparaissent à l’écran. Les scènes se déroulent vite, donc pour bien suivre l’histoire, il faut enregistrer le film et regarder détail par détail, sinon c’est incompréhensible. Surtout que le personnage Franck veut faire cavalier seul tout en draguant le personnage féminin, et en face il y a le psychopathe tueur Mitch. Les questions sont : qui sera tué et comment ? Franck arrivera t-il cette fois ci à sauver le Président et comment ? Il y a là des extraits de reportages sur le Président Kennedy. Je donne 4 étoiles pour les 2 personnages principaux mais 1 seul étoile car il y a trop de détails sans compter les flashback. Donc c’est un film à regarder qu’une seule fois.
Un polar très efficace, simple et bien incarné. J’aime vraiment beaucoup ce charme américain des années 90. C’est toujours un plaisir de me plonger dans l’ambiance des grandes villes de cette époque. Je trouve très cool d’étudier les remords d’un flic qui était chargé de la sécurité du président Kennedy et qui a échoué. spoiler: Ils ne sont en plus pas tellement mis en avant mais assez enfouis.
Au début, je trouvais ce personnage vraiment antipathique avec toujours la remarque misogyne la plus lourde possible. Ce n’est pas forcément un défaut dans un film mais j’attendais comme d’habitude et en toute logique qu’une sanction lui tombe dessus avant de me prononcer. spoiler: Cela n’arrive jamais, en tout cas, à première vue. Alors, peut-être que je sur-analyse, mais si c’était le but, j’aime beaucoup. spoiler: Le fait que l’on n’approfondisse pas tellement sa relation avec son partenaire et sa relation avec sa nouvelle collègue peut vouloir dire qu’il est esseulé, en aigri que tout le monde rejette. Si l’on montre ainsi que peu de gens peuvent l’apprécier, je valide cette idée. Le reste du métrage, le dénouement tout particulièrement, est plutôt prévisible et il reste assez académique. J’ai tout de même été investi jusqu’au bout. 13,5/20
Un thriller globalement efficace réalisé avec savoir-faire par Wolfgang Petersen et porté par un Clint Eastwood fidèle à lui-même campant un agent des services secrets bourru à la poursuite d’un dangereux individu tentant d’assassiner le Président des Etats-Unis. Bien que le film accuse certaines longueurs et ne soit pas dénué de clichés l’ensemble réserve de bons moments de suspense et un sympathique face à avec un certain John Malkovich en méchant.
A vrai dire, on pourrait avoir bien du mal à gober qu'un type qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été puisse être affecté au service de sécurité du Président des États-Unis. Mais bon, comme dirait l'autre, ça n'est qu'un pas à franchir. Le problème, c'est que ça ne suffit pas à rendre tout ça captivant. Rien de déshonorant bien évidemment, mais on est loin de tutoyer les sommets. La faute à une histoire bancale et qui cède trop facilement aux grosses ficelles hollywoodiennes de l'époque. Le cinéma des années 90 n'est pas celui qui vieillit le mieux. "Dans la ligne de mire", c'est avant tout Clint Eastwood, qui se pare à nouveau de tenue de Dirty Harry, mais en y apportant plus de légèreté et de vulnérabilité, John Malkovich (véritable vedette du film) qui impressionne dans la peau du tueur psychopathe et la mise en scène de Wolfgang Petersen qui arrive à donner un minimum de corps à tout ça pour que l'on puisse se sentir concernés. Même avec une histoire pas super bien torchée, quelqu'un qui fut capable de donner naissance au monstre qu'est "Das Boot" ne pouvait pas se vautrer caméra en mains.
Le film de Wolfgang Petersen, commis à la réalisation de ce polar commun grâce à quelques succès en Allemagne, est un nouveau et accablant témoignage du pragmatisme du cinéma américain, c'est-à-dire de son conformisme et de son impersonnalité. Je préfère ne pas penser à ce qu'il resterait du film et du sujet sans la présence charismatique de Clint Eastwood. L'acteur incarne ici un vétéran de la garde rapprochée de la présidence américaine aux prises avec un psychopathe qui menace le Président en personne. L'intrigue est illustrée par un récit tellement lisse et terne qu'on y retrouve aussi tous les lieux communs relatifs aux psychopathes, aux policiers solitaires et aux dénouements théâtraux, spectaculaires et minutés, qui mettent fin à leurs affrontements distants. Petersen introduit des données psychologiques très superficielle, comme la culpabilité qui hante le flic Horrigan depuis l'assassinat de JFK, ajoute pour des motifs dramatiques complaisants des personnages insignifiants, tels le haut fonctionnaire arrogant ou l'auxiliaire de charme et de choc, et glisse quelques considérations sur la face cachée de la politique aussi dérisoires que sommaires. Le film n'est sauvé que par quelques scènes efficaces.
Une intrigue typique des thrillers politiques à l'américaine, qui sera surtout sauvé des eaux et tiré vers le haut par l'affrontement, essentiellement verbal, entre un John Malkovich toujours glaçant et un Clint Eastwood qui campe magistralement un héros avec des failles béantes et une pointe de charme. Avec des seconds rôles qui tiennent la route et Wolfgang Petersen aux manettes d'une réalisation carrée et nerveuse, Dans la Ligne de Mire reste un film solide malgré le temps qui passe.
Un film d action typique des années 90 réalisé par un réalisateur adepte de ce genre de film wolfgang petersen. On retrouve un clint eastwood jouant un garde du corps ronchon dont la carrière à été brisé a cause de la mort du président jfk à dallas dont il avait la responsabilité de le protéger. Des années plus tard il va être traqué par un dangereux psychopathe qui veut tuer l actuel président. Un film divertissant sans plus
Ce long-métrage de Wolfgang Petersen, réalisé en 1993, manque de souffle malgré la présence charismatique de Clint Eastwood et John Malkovich. En effet, à l’exception de quelques scènes d’action bien musclées, on a surtout le droit à un thriller verbeux d’un grand classicisme. Le jeu du chat et de la souris entre un agent affecté à la protection du président des États-Unis et un dangereux psychopathe s’étire même en longueur. Heureusement, la description psychologique de ce garde du corps meurtri par son passé reste intéressante et donne lieu à quelques répliques savoureuses. Bref, un film carré et propre sur lui.
Même si l'on sait tôt qui est le tueur potentiel, le film se suit avec plaisir car le duo Eastwood-Malkovich fonctionne et se révèle capable de maintenir l'intensité à lui seul. Bonne musique. Bon film.
Duel entre deux excellents acteurs, Clint Eastwood et John Malkovich, sur fond de souvenir de l'assassinat de JFK à Dallas le 22 novembre 1963. Le film, sorti trente ans après, fait figure d'hommage aux agents des services secrets, peu épargnés par la commission Warren. L'excellente musique d'Ennio Morricone crée une ambiance angoissante aux moments clés. Jusqu'à la dernière minute, on se demande comment tout ça va finir. Les thèmes de la féminisation des forces de police et de la retraite des agents vieillissants sous-tendent l'intrigue, donnant à Dans La Ligne De Mire une dimension plus profonde qu'un simple film d'action stressant. Clint Eastwood ne ménage pas sa peine dans ce rôle physique qu'il tient remarquablement malgré ses soixante-trois ans lors du tournage. À ce titre, son personnage un peu macho ferait grincer des dents les adeptes du wokisme, dans la mesure où il se veut représentant d'un groupe particulier : "Les pianistes blancs hétérosexuels de plus de cinquante ans. Nous ne sommes pas beaucoup mais nous formons un puissant lobby." Piano dont il joue fort bien d'ailleurs. Excellent thriller à voir en ayant en tête les événements de Dallas.
Dans la Ligne de Mire est un métrage assez daté de l’illustre Wolfgang Petersen qui avait visiblement plus de difficultés dans le genre policier/thriller que dans d’autres. Celui-ci n’est pas très nerveux et même assez bavard, puis la musique d’Ennio Morricone n’apporte pas grand chose. En revanche Clint Eastwood et son antagoniste John Malkovich sont comme toujours impeccable même si Clint est probablement trop classe pour incarner un agent paumé et au bord du gouffre. En attendant ce sont bien ces deux là, bien aidés par Rene Russo, qui nous offrent une scène finale digne de ce nom et assez sympathique comparé au reste du métrage. Restent heureusement deux ou trois punchlines dont M. Eastwood a le secret pour maintenir à flot ce métrage mineur de Petersen qui ne marque pas outre mesure.
Bien que réalisé par l’allemand Wolfgang Petersen, Dans la ligne de mire est un film purement américain. Il mélange le pur divertissement avec un des grands traumatismes qu’a vécus la bannière étoilée au XXème siècle : l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Clint Eastwood y joue ainsi un garde du corps n’ayant pas réagi à temps le 22 novembre 1963 et allant pouvoir exorciser ses démons en devant affronter un autre homme désirant tuer le Président actuel des États-Unis. Glissant plusieurs références aux différents assassinats ou tentatives d’assassinats qu’a connus le pays, Wolfgang Petersen signe un polar rondement mené semblant avoir été taillé spécialement pour le comédien qui venait enfin d’être enfin reconnu à sa juste valeur grâce à Impitoyable. Comme toujours avec les films où il n’est "qu’interprète", Eastwood arrive en effet à imposer sa marque même s’il n’est pas crédité à la réalisation. Wolfgang Petersen s’est parfaitement intégré à l’univers du comédien et offre une réalisation simplespoiler: (on notera juste, comme effet de mise en scène, l’excellente idée du zoom laissant apparaitre progressivement la transformation physique de Leary) mais élégante et diablement efficace. Celle-ci laisse la priorité au jeu des comédiens. Elle permet ainsi à Eastwood de montrespoiler: r, au travers d’une scène où il expose ses ressentiments à sa collègue dans la chambre d’hôtel, qu’il pouvait être un interprète sensible (n’oublions pas qu’il n’avait pas encore tourné Sur la route de Madison et qu’il possédait encore, malgré toutes les subtilités qu’il avait pu montrer depuis des années, l’image d’un acteur de films d’action assez monolithique). Cependant, le grand Clint n’est pas la seule tête d’affiche puisqu’on y trouve également Rene Russo qui sortait du succès de L’Arme fatale 3 et qui interprète une agente permettant à Horrigan de dépasser ses premières réactions machistes involontaires (Eastwood jouant comme souvent à partir du milieu des années 80 un homme d’un autre temps qui est dépassé par son époque). Mais le véritable autre rôle marquant du film est celui incarné par John Malkovich. Ce dernier offre un antagoniste de choix à Eastwood et un duel au sommet qui permet au film de tenir son spectateur en haleine de bout en bout. Si on ajoute à cela une musique toujours superbe d’Ennio Morricone (même si elle ne fait pas partie de ses plus marquantes), il va sans dire que Dans la ligne de mire est une très belle réussite, sortie après Impitoyable et quelques mois avant Un monde parfait, qui s’intégrait parfaitement dans ce sans-faute que constituait le début des années 90 dans la carrière de Clint Eastwood.