Derniers Avis : L'Année dernière à Marienbad - Page 2
L'Année dernière à Marienbad
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Charlotte28
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4,0
Publiée le 12 novembre 2021
Un film concept dans lequel il faut accepter de se laisser porter pour en apprécier non seulement l'élégante mise en scène éclairée d'une sublime photographie mais surtout le jeu intellectuel qui nous guide dans les labyrinthes embrumés de la pensée du duo principal. Ainsi que l'expliquait Resnais, il s'agit de proposer une œuvre cinématographique semblable à une statue, soit différente selon le point de vue adopté pour la contempler. Un exercice de style audacieux, mémorable, parfaitement exécuté, riche de diverses interprétations mais dénué de toute considération émotionnelle, lui conférant la froideur du marbre qu'il cherche à retranscrire...
6 233 abonnés
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0,5
Publiée le 5 mai 2021
C'est la bêtise la plus prétentieuse à laquelle la majorité des étudiants en cinéma sont soumis. Des heures et des heures de est ce que je vous connais je suis sûr que je vous connais et si on prenait du champagne oui je vous connais vous me connaissez et je vous connais. Voilà pour l'intrigue la réalisation est assez jolie mais je suis complètement opposé à la nouvelle vague. Même si ce style sans substance peut être divertissant pour certains lorsqu'il répète littéralement la même chose pendant 94 minutes qu'on dirait cinq heures il donne envie de ce couper les veines et de ne jamais revenir à Marienbad...
Chef-d'œuvre d'intelligence et d'audace expérimentale pour les uns, coquille au formalisme désuet, vide ou absconse, pour les autres, ce film a beaucoup divisé lors de sa sortie et continue de diviser. Après avoir sollicité Marguerite Duras pour le scénario de son précédent long-métrage, Hiroshima mon amour, Alain Resnais s'est tourné vers Alain Robbe-Grillet pour le scénario de celui-ci. Scénario très "Nouveau Roman", donc. Monologues incantatoires, descriptions détaillées du quotidien, répétitions et variations, jeux sur la réalité et l'imaginaire. Pas de dramaturgie classique. Pas de certitudes narratives pour le spectateur. Mais un dispositif mental où l'on entre, ou pas. Un dispositif ouvert aux conjectures et interprétations multiples. Où il est question de vide existentiel, de séduction, d'amour, des choses du conscient et de l'inconscient... Pour peu que l'on soit intrigué et pas rebuté d'entrée, pour peu que l'on accepte un temps d'adaptation, alors on peut goûter, de plus en plus au fil des minutes, le charme unique de ce film, la cohérence totale de cette expérience de cinéma. On peut apprécier sa qualité littéraire, son rythme envoûtant, sa langueur trouble, inquiète ou passionnée, son orchestration minutieuse, ses travellings d'une élégance folle, sa poétique des espaces, son dédale d'images et de sons via un montage déroutant, son noir et blanc magnifique... Mais aussi son esprit de construction, déconstruction, reconstruction, entre passé, présent, futur. Et surtout sa volonté de sortir de l'inertie et du vide. Cela semble être à la fois la volonté du personnage de l'homme à l'accent italien et celle du réalisateur, Alain Resnais, pour ce film, pour tous ses films d'ailleurs. Sortir des sentiers battus, aller vers l'inconnu, accepter de se perdre pour mieux se trouver ou trouver l'objet de ses désirs. C'est toute la beauté de cette écriture filmique inédite, mystérieuse et fascinante.
L’Année dernière à Marienbad porte en lui les germes du grand cinéma de Marguerite Duras, preuve s’il fallait en trouver une de la proximité de ladite autrice avec le mouvement du Nouveau Roman en dépit des distances affichées. Et si L’Année dernière à Marienbad porte autant, c’est qu’il est beaucoup, qu’il invente une forme visuelle et langagière dont la prouesse principale tient à l’articulation d’une démarche libertaire et d’une somme de cloisons contre lesquelles se débattent des personnages. Personnages pris entre profondeur douloureuse – les principaux – et artificialité faisant d’eux des fantoches – les autres. Devant ce spectacle d’une humanité à l’agonie, perdue dans une réalité incertaine que perturbent les fantasmes individuels, nous ne pouvons qu’éprouver un malaise, un bien fascinant malaise, conscients de trouver là non ce que nous étions venus chercher mais ce que nous redoutions encore d’exprimer et d’affronter : l’effondrement du sens commun. Car la seule communauté proposée par le long métrage d’Alain Resnais est celle d’une agrégation de solitudes qui s’éprouvent dans la douleur de substituer à l’indicible une somme de rituels, de raccorder leurs passions à celles immortalisées par les statues de pierre du luxueux hôtel. Le long métrage ne cesse de bouger, il arpente les couloirs d’un vaste labyrinthe comme lui-même engagé dans une quête de l’autre absent ou spectral. Aussi pourrions-nous en proposer une lecture psychologique (ou psychologisante), la succession de plans dessinant un espace mental, à l’instar du court métrage Toute la mémoire du monde (Alain Resnais, 1956), dont le cœur serait un grand trou noir dans lequel s’engloutissent, lentement mais sûrement, tous les personnages.
Film magnifique, hypnotisant et déroutant. Je n'ai pas compris à quoi j'assistais avec la tête mais avec les tripes. Les thématiques (le souvenir, l'absence, la peur de l'inconnu ou encore la persévérance) m'ont traversé grâce à une mise en scène magistrale. Les plans sont d'une fluidité incroyable et d'une beauté folle (m'ayant fait penser au plans séquences et lents travellings de Shining). Le montage permet de nous perdre dans les temporalités, voire nous fair douter du réel, pour créer un climat onirique et le tout en impressionnant par l'ingéniosité des méthodes utilisées. Le scénario est maigre voire inexistant mais c'est secondaire lorsqu'autant d'émotions peuvent émerger par la réalisation. C'est une expérience de cinéma, à n'en pas douter un très grand film.
Alain Resnais est un cinéaste novateur qui ouvre une nouvelle voie hors des sentiers battus avec ce film. Une poésie cinématographique sur le thème d'une histoire onirique. Avec une intrigue assez forte qui nous pose la question de savoir qui est en train de vivre un rêve, l'homme ou la femme. Vraiment tous les éléments pour faire un chef-d'œuvre du cinéma sont en place. Malheureusemnt la réalisation ne permet pas d'atteindre le but recherché. Pourtant j'ai l'esprit ouvert à la diversité des créations artistiques. A aucun moment je je suis senti entrer dans un rêve.
Je ne donnerais qu'un seul exemple. La musique entêtante et répétitive (voulue par le metteur en scène), devient soulante et contrarie l'adhésion à l'histoire. D'accord, le but est d'entrer dans un cauchemar envahissant. Mais pour la plupart des spectateurs ces éléments cauchemardesques déclenchent plutôt un réflexe de rejet, d'où l'ennui, la monotonie, la lassitude et l'embarras. Etonnement, après le mot fin, le générique (sans texte) s'accompagne d'une mélodie autrement intéressante pour bien vous informer qu'on est sorti du cauchemar.
Il n'y a pas assez d'effort, de recherche et de subtilité de la part de Resnais pour permettre à tout un chacun de s'approprier cette histoire ésotérique ou tout au moins de la ressentir. Resnais a le mérite d'être à contre courant de la nouvelle vague des années 60, et c'est pour cela qu'on le vénère. Mais quand on compare dans les mêmes années, ce film à la puissance novatrice des films de cinéaste comme par exemple Stanley Kubrick, on comprend que Resnais est passé à côté de son film.
Sans doute l'un des films les plus curieux d'Alain Resnais, qui explore à fond la veine hypnotique, mélangeant passé et présent dans une sorte de théâtre expérimental. Le style est vraiment particulier et il faut s'accrocher pour adhérer à l'histoire et au procédé, entre la musique lancinante et l'usage de la voix off presque en permanence. Évidemment, c'est un style et un cinéma d'un autre âge, avec un jeu d'acteurs minimaliste et des effets de mise en scène onirique (par ailleurs plutôt réussis dans l'ensemble), Resnais donnant le sentiment de développer un long pensum sur un sujet finalement très sommaire. Le film n'est pas inintéressant, mais il n'est guère surprenant qu'il puisse être aussi fascinant que repoussoir pour beaucoup.
Un film assez terrifiant, à l'époque ou sortaient quand même les 101 Dalmatiens et les canons de navarone, on promettait que tout le cinéma allait devenir comme ça et qu'on allait se faire suer grave au cinéma pendant des générations ! c'est très "mode" (de l'époque) très branché , ça n'a aucun intéret et ça ne raconte rien, n'apporte rien ! très nouvelle vague, très anti populaire (plus qu'élitiste) ! tout ce qu'il faut pour figurer en bonne place dans les encyclopédies et les festivals ! Resnais a ensuite fait de grandes choses regardables, mais il a fallu attendre !
S’il y a un réalisateur qui peut se vanter d’avoir amené le cinéma sur des sentiers non défrichés au début des années 60, c’est bien Alain Resnais. Après un déconcertant Hiroshima mon amour en 1959, il pousse encore plus loin la déconstruction de la linéarité de l’histoire racontée avec L’année dernière à Marienbad. Il s’amuse à faire éclater les limites spatio-temporelles. Un personnage situé dans le cadre initial d’une séquence s’y retrouve à nouveau au bout d’un pan dans un autre contexte, des dialogues en surimpression vocale non synchronisés aux images, des cadrages hyper construits sous de la musique dissonante, etc. Même le jeu des acteurs semble détonner de manière volontaire afin de mieux contribué à l’effet de distanciation et à la musicalité de l’œuvre. La relation étrange qui se développe entre les deux protagonistes permet au spectateur de se retrouver tant soit peu dans cet enchevêtrement d’images et de va-et-vient dans le temps. Un homme tente de convaincre une femme qu’ils se sont rencontrés un an auparavant comme s’il cherchait à la libérer d’un présent aliénant. Tout comme dans Hiroshima mon amour, la mémoire devient l’enjeu principal du film. Ici, l’artificialité de la bourgeoisie remplace les atrocités de la guerre comme toile de fond. Par son écriture des plus personnelles, Alain Resnais contribue immensément à la définition du cinéma d’auteur. Mais mon bémol repose sur le fait que j’ai l’impression de prendre davantage plaisir à analyser ses œuvres qu’à les regarder…
Contemplation, symbolisme, lenteur, beauté... Mais pourquoi avoir rendu tout ça flippant et gloque ? L'histoire est au final assez bête, alors pourquoi lui avoir enlevé toute sa crédibilité avec un montage digne d'un film d'horreur ? C'est dommage parce que la mise en scène est magnifique, certaines idées sont brillantes. Mais en pratique, on s'ennuie. Les acteurs sont... Mous, pour choisir un des nombreux adjectifs négatifs qui me viennent en tête. Comme l'héroïne qui a visiblement oublié son histoire, moi je vais essayer d'oublier ce film.
La mort qui rode en permanence dans un contexte glacial avec des personnages quasiment éteints qui n’ont plus rien à dire ni à faire, très peu pour moi. Malgré ses qualités d’un esthétisme réel mais contestable, le soin apporté à sa conception ,ce film ne m’a apporté que de l’ennui, le même que celui ressenti à sa sortie en 1960. J’étais pourtant curieux de le revoir puisque depuis peu un Blu-ray est disponible. Pour moi, même si le fond et la forme s'accordent cela demeure une mauvaise utilisation de l’art cinématographique car il est privé de l’essentiel : pas de jeu d’acteurs, par d’élan créateur, pas d’utilisation des décors si ce n’est de façon négative, pas de gaité, pas de musique positive mais au contraire dissonante. Bref, c’est tout le contraire qui est mis en scène et de plus de façon terriblement répétitive. C’est un film réservé aux personnes qui apprécient les cauchemars et n’aiment pas les réveils qui les en tirent. Il est cependant toujours intéressant de discuter avec ses thuriféraires à condition qu’ils sachent expliquer pourquoi ce film leur plait tant…A moins que cela soit pour le plaisir d’une réunion de ciné-club. Pour ma part, je n’ai jamais vu un film où je m’ennuie autant alors que je me réjouissais de pouvoir modifier mon impression de jeunesse.
Quelle purge et quelle souffrance que cette séance ! Je ne vois que trois cas possibles pour les personnes disant apprécier ce film : Soit ils sont de bonne foi, mais ont alors une légère tendance au masochisme (ils écoutent du Boulez avec plaisir) ou jouissent dans l'ennui et la contemplation passive du néant ;
Soit ces gens aiment par pur snobisme, parce qu'il faut afficher en société son amour pour ce grand classique formidable reconnu des plus élitistes - tout en sachant, au fond, qu'ils se sont bien ennuyés, eux aussi (n'est-ce pas) ;
Soit ces gens ont des problèmes de sommeil et ont apprécié l'effet narcotique de ce film après avoir tout essayé dans la gamme des somnifères.
Je n'ai rien contre les film réputés "difficiles" à la condition qu'ils m'apportent quelque chose. Or Marienbad ne m'a apporté que de l'ennui devant ce récit qui n'en est pas un, qui n'avance pas, qui ne va nulle part et auquel on ne comprend rien. Une œuvre quel soit cinématographique, littéraire, picturale ou tout ce que vous voudrez doit communiquer avec le spectateur, lui parler. Là, ce que Raisnais tente de nous dire m'est apparu inaudible, incompréhensible et sans intérêt et surtout d'une prétention et d'une suffisance difficilement supportable. Les snobs ont aimé (ou on fait semblant d'aimer), après tout tant pis pour eux..
Œuvre complexe proche du cinéma expérimental, ce poème filmé dont scénario et dialogues sont signés Alain Robbe-Grillet déroute autant qu'il séduit. Bénéficiant de plans, de décors, de costumes, d'une lumière et d'une mise en scène absolument extraordinaires, porté par une Delphine Seyrig envoûtante, ce film à la narration totalement déconstruite fit date dans la carrière d'Alain Resnais, et dans l'histoire du cinéma de manière plus générale. Le long-métrage, qui raconte le face-à-face entre un homme et une femme en désaccord sur leur supposée rencontre passée, emprunte des chemins si divers que chacun y trouvera des interprétations faisant écho à ses propres références.
Juste après Hiroshima, mon amour, le grand Alain Resnais encore au début de sa carrière, réalisera L’année dernière à Marienbad. Le film met en scène un inconnu qui aborde une femme pour lui rappeler qu’ils se sont aimés l’année dernière. Refusant les souvenirs de cet homme, la femme va peu à peu se laisser convaincre. Le film vous invite à une narration entre le réel et l’imaginaire, entre les souvenirs et les mensonges. Resnais bouscule ici totalement l’espace-temps. C’est d’ailleurs son propre propos, il rêvait d’un film dont on ne saurait laquelle est la première bobine. En effet, nous nous rendrons rapidement compte qu’il se joue de nous en nous perdant dans la chronologie de l’histoire. Cette notion de labyrinthe sera sans cesse rappelé, aussi bien dans les décors, dans la mise en scène ou même dans les différents points de vue des protagonistes. L’année dernière à Marienbad pourra donc laisser les confus dans le scepticisme, mais voici l’exemple type des films qui se ressentent plutôt qui se comprennent. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com