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5,0
Publiée le 24 avril 2026
Labyrinthe mental d’une élégance glacée, L'Année dernière à Marienbad dissout le temps et la mémoire dans une répétition hypnotique. Avec une rigueur formelle fascinante, Alain Resnais transforme les décors baroques en espace mental, où chaque couloir semble mener à une autre version du récit. Les personnages, presque désincarnés, évoluent comme des figures dans un rêve, prisonniers d’une narration qui se recompose sans cesse. Le texte, scandé comme une incantation, participe à cette sensation d’éternel retour et d’indécision. De cette abstraction naît une œuvre envoûtante, dont le mystère n’appelle pas de résolution mais une immersion totale.
Ce film m’a laissé une impression étrange et fascinante, comme un rêve dont on ne veut pas sortir. J’ai adoré sa manière de jouer avec la mémoire et le doute, sans jamais donner de réponse claire. Les images sont d’une beauté presque hypnotique, chaque plan semble figé hors du temps. J’y ai trouvé une poésie froide mais captivante, qui m’a poussé à ressentir plus qu’à comprendre. C’est une expérience déroutante, mais profondément marquante.
Transformer le temps en labyrinthe mental où passé, présent et imagination s’entrelacent sans repères. Le film se déploie comme une énigme élégante, portée par des dialogues qui semblent tourner sur eux-mêmes. Alain Robbe-Grillet insuffle une écriture répétitive et troublante, qui renforce l’impression d’un souvenir incertain. Cette abstraction radicale fascine autant qu’elle déroute, refusant toute vérité stable. Une œuvre hypnotique qui flotte entre rêve et mémoire, sans jamais se laisser saisir.
Ce film a été sélectionné aux Oscar pour le meilleur scénario et au BAFTA Film Award. Cela est remarquable et, en ce qui me concerne, totalement incompréhensible. Ma note correspond à mon ennui phénoménal durant le visionnage de ce pseudo chef-d'oeuvre. Grâce à Chapgpt, j'ai un peu mieux compris que le cinéaste utilisait l'espace comme la structure de la mémoire ou de l'impossible mémoire, ou même du temps lui-même. Le scénario abscons d'Alain Robbe-Grillet consiste à peu près en la répétition de la même question. Il ne se passe rien. C'est lent. Les quelques personnages ressemblent à des fantômes. J'espère qu'Alain Resnais a été content d'expérimenter de nouvelles formes cinématographiques. C'est un anti-film populaire, opaque à la compréhension commune. J'imagine qu'on peut probablement se laisser bercer par ces images et ces bribes de dialogue répétitives et en éprouver un trouble plaisir.
J’ai trouvé L’Année dernière à Marienbad aussi fascinant que frustrant. Le film dégage une atmosphère étrange, presque hypnotique, avec ses décors immenses, glacés, et ses personnages qui semblent figés dans un rêve. Visuellement, c’est magnifique et d’une grande élégance, chaque plan ressemble à une œuvre d’art.
Mais cette beauté est aussi déroutante. On se perd facilement dans les répétitions, dans les dialogues énigmatiques, dans ce jeu constant entre souvenir et invention. J’ai souvent eu l’impression de tourner en rond, de chercher un fil narratif qui ne venait pas. Ça peut être fascinant par moments, mais aussi assez éprouvant.
Ce qui m’a marqué, c’est la présence de Delphine Seyrig, diaphane, presque irréelle, qui donne au film une aura particulière. La musique et la mise en scène ajoutent à cette impression de labyrinthe mental.
Au final, c’est une expérience à part : belle, intrigante, mais parfois hermétique. Je comprends ceux qui adorent, mais aussi ceux qui décrochent. Pour moi, c’est resté au milieu, entre admiration et lassitude.
De la rencontre entre Alain Resnais et Robbe-Grillet est né un film forcément avant-gardiste, élitiste, incontestablement original mais, pour qui ne parle pas le langage des auteurs, inévitablement hermétique. Sur le fond comme sur la forme, le film déconcerte et déroute, agace et ennuie en vertu d'un mode de narration, d'un formalisme et d'une direction d'acteurs très singuliers pour ne pas dire inintelligibles. Pour ma part, passé la curiosité initiale, je suis resté à la porte.
Dans un château et son parc, aux contours géométriques, des personnages, comme des ectoplasmes en tenue de soirée, figés et indéfinis, semblent eux aussi faire partie du décor, décor unique dans lequel un inconnu poursuit une femme de ses souvenirs. C'est le plus souvent par de longs monologues que l'inconnu tente de convaincre Delphine Seyrig qu'ils se sont rencontrés l'année précédente à Marienbad. Elle ne se souvient pas, lui se trompe peut-être et tous les deux errent dans les couloirs luxueux du château, fantômatiques et étrangement compassés. Dans cet univers mondain et hiératique qui constitue la base de l'esthétique baroque du film, le propos m'a échappé complètement, trop complexe, et cette forme d'intellectualité et de mystère ne m'a pas séduit.
J'ai vu un film... "L'année dernière à Marienbad"... C'est un film réalisé par Alain Resnais, qui a été récompensé à la Mostra de Venise réalisé en 1961. Ce film expérimental a une narration complexe, une esthétique visuelle très (trop ?) stylisée et des dialogues obsédants et répétitifs...
L'histoire se déroule dans un château mystérieux où un homme tente de convaincre une femme qu'ils se sont rencontrés l'année précédente à Marienbad, bien que la femme ne se souvienne pas de lui...
Il faut une grande attention... Et une grande patience (1h30 qui paraissent beaucoup plus)... pour accepter les partis pris de cette histoire non-linéaire et à des séquences, posées comme des tableaux. Il est à noter la performance de Delphine Seyrig, fascinante...
Malgré tout, la narration ambiguë et déconcertante n'a pas aidé... Le film est difficile à suivre. Et son approche expérimentale peut ne pas convenir à tous les goûts. (je me suis clairement ennuyé... )
Le film vaut pour sa recherche esthétique poussée, originale et réussie, en noir et blanc, que ce soit pour les décors ou les mouvements de la caméra. Par contre, ce cinéma expérimental, qui avoue traiter de l'ennui dans une station thermale, est vraiment très très contemplatif...
Le temps et la mémoire. J'ai vu l'Année dernière à Marienbad quatre fois à sa sortie (une fois même deux fois de suite en restant dans la salle), et je l'ai revu deux fois récemment. Je viens de lire avec amusement les critiques qui lui ont mis zéro. Je n'ai qu'un regret, c'est que Proust n'ait pas vu ce film. Comme j'aurais aimé connaître sa réaction et ses commentaires. L'homme revisite son passé avec la même intensité que le narrateur de la recherche, et c'est cette intensité et l'art de Resnais qui lui permet de revivre... et d'emporter finalement sa sublime proie. Va-t-elle ressusciter dans ses bras ?
chef d'œuvre tout simplement. Vraiment l'un des plus beaux film que j'ai pu voir. D'une beauté formelle assez rare, on comprend qu'on est devant un grand film dès la sublime scène d'introduction passant arpentant les pièces de ce châteaux avec la voix et la musique lancinante. Musique absolument géniale et ce choix de n'avoir aucune musique intra diégétique est excellent. Tout est réussi dans ce long métrage. Ce subtil melange entre rêve, fiction, souvenir et réalité qui nous perd c'est absolument fascinant. Un de mes éléments préféré est sûrement le fait que le mari gagne toujours au jeu des allumettes contre l'amant mais c'est celui-ci qui finit par "gagner" son épouse en partant avec elle et on sent qu'il le sait, c'est d'une ironie tragique absolument parfaite. En bref une œuvre magistrale à voir absolument.
C'est une œuvre très originale et difficile d'accès. Un film mental et sensoriel, autour de du désirvet de l'amour, la possession et l'absence, le vide de l'existence, le rêve.Tout les contraires sont invités au service d'une mise en scène glaçant et sophistiqué dans ce château où déambulent des personnages élégants et énigmatiques. Après un début vraiment difficile, on finit par être envoûté par cette peinture froide autour de ces deux êtres. Un film qui peut être autant adoré que détesté. Est ce que j'ai aimé ? Plutôt non, est ce que j'ai été intéressé ? oui sans aucun doute
Un film qui laisse le spectateur libre d’interprétation : s’agit-il d’une histoire rêvée, vécue, refusée ? Le baratin insistant et persuasif aura-t-il raison de l’emprise d’un mari qui gagne toujours ? Ou refus d’un passé trop engageant ? Un film hermétique, énigmatique qui laisse le spectateur perplexe. L’univers singulier du texte d’Alain Robbe-Grillet tourné en Bavière, au château de Nymphembourg. Lion d’Or à Venise en 62.
« L’année dernière à Marienbad » (1961) est un film culte de la nouvelle vague qui a fait couler beaucoup d’encre. Alain Resnais a filmé sans le modifier le roman de Alain Robbe-Grillet, pilier du nouveau roman, qui a fait également le découpage du film mais sans assister à son tournage. Nous sommes plongés dans le labyrinthe d’un vieil hôtel de luxe baroque avec ses lustres, ses miroir, ses décors de stuc luxuriant contrastant avec la froideur rectiligne de son jardin à la française. Les clients y déambulent comme des spectres avec de temps à autre une parole mondaine et banale. Dans ce monde de « morts-vivants », Mr X (Giorgio Albertazzi) est le seul à parler, à agir et il va rappeler à Mme A (Delphine Seyrig) qu’ils se sont rencontrés l’année dernière et promis de s’aimer. Mme A apparaîtra au début comme les autres clients de l’hôtel, figée et neutre pour progressivement se remettre à bouger, à vivre et – après la scène du verre cassé au bar de l’hôtel – admettre que oui peut-être… et le film de se terminer par le départ de Mr X et de Mme A qui sortent de l’hôtel sans qu’on en sache plus. Le rôle du joueur invétéré (Sacha Pitoëff), peut-être le mari de Mme A, est plus ambigu même si in fine il semble bien que ce soit lui qui tire les ficelles de ce jeu de rôles comme s’il s’agissait du surmoi castrateur du moi (Mr X) et du ça (Mme A)... le tout dans un jeu de théâtre puisque le film dure le temps de la pièce de théâtre Rosmer jouée ce soir-là à Marienbad. Un film très esthétique, qu’il convient de voir à plusieurs reprises au cours de sa vie pour en saisir les perches d’interprétation qu’Alain Resnais nous tend. Pour la petite histoire, ce film ne devait pas sortir après sa visualisation par les producteurs mais il a été vu dans des séances privées et finalement présenté à la Mostra de Venise avec l’obtention du Lion d'Or qui a débloqué son exploitation et des avis très partagés à sa sortie des critiques et des spectateurs !
Un film concept dans lequel il faut accepter de se laisser porter pour en apprécier non seulement l'élégante mise en scène éclairée d'une sublime photographie mais surtout le jeu intellectuel qui nous guide dans les labyrinthes embrumés de la pensée du duo principal. Ainsi que l'expliquait Resnais, il s'agit de proposer une œuvre cinématographique semblable à une statue, soit différente selon le point de vue adopté pour la contempler. Un exercice de style audacieux, mémorable, parfaitement exécuté, riche de diverses interprétations mais dénué de toute considération émotionnelle, lui conférant la froideur du marbre qu'il cherche à retranscrire...