Que dire devant une telle expérience cinématographique?? Car n'ayons pas peur des mots : "L'Année dernière à Marienbad" est sans nul doute l'un des plus grands films de toute l'Histoire du cinéma. Certains pourront bien entendu rester de marbre devant un film durant lequel on ne comprend il est vrai pas grand chose, et pourtant... Rarement l'impact des images aura été aussi fort sur le spectateur, tant cette expérience à laquelle nous sommes conviés s'avère inoubliable. Que ce soit par la puissance de la mise en scène de Resnais, cet aspect labyrinthique et mystérieux qui nous fascine de bout en bout, ces dialogues incantatoires qui nous subjuguent et bouleversent de bout en bout. Nous sommes de plus totalement hors du temps, hors de la réalité, et le fantastique n'est d'ailleurs jamais très loin... En effet, sommes-nous dans un fantasme, un rêve? Impossible d'y répondre, et on a envie de dire heureusement d'ailleurs, tant cela offre un impact encore plus fort au film. Ajoutons enfin une narration bouleversée absolument incroyable, permettant sans doute pour la première fois à nous faire réfléchir sur la cohérence, la complicité ou justement la discordance et les sons... Bref, on pourrait en parler des heures, mais il vaut tout simplement mieux vous laisser découvrir l'oeuvre avec le moins d'indices possible, l'instant n'en sera que plus magique. Même pas un chef d'oeuvre, un véritable miracle...
Une œuvre psychologique essentielle sur la contamination mentale et le pouvoir de l'imagination, dont les dédales complexes, obscurs, intrigants et finalement déconcertants révèlent un brillant manifeste pour la liberté d'interprétation. Ineffaçable film d'atmosphère qui vous hantera longtemps, Marienbad et son immense hôtel de glace et de marbre est sans nul doute l'inspiration inavouée du mythique Shining de Kubrick.
Pour ceux qui ne s'intéressent qu'à une histoire simple dans les films, celui-ci n'est pas fait pour vour ! Car Alain Resnais et son scénariste (prétentieux) Alain Robbe-Grillet ont mis au point un scénario très complexe, dérengeant et labyrinthique, aussi tortueux que la mémoire. Même si ce scénario m'a paru bien trop compliqué pour moi, la réalisation de Resnais a rapporté mon intérêt : L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD contient une multitude de plans superbement composés, de mouvements de caméra envoûtants et d'une lumière contrastée tout simplement magistrale, éparpillés dans un montage intrigant. Alain Resnais n'a plus à prouver ses grands talents de réalisateur décidément à part !
Avec l'année dernière à Marienbad, Alain Resnais invente un nouveau genre: le film rêve. Son long métrage a tout d'un songe, une trame labyrinthique, un espace temps recomposé. Le lieu, un splendide chateau, semble n'avoir pas d'encrage dans la réalité, on est hors du temps et de l'espace. La supposé rencontre entre l'homme et la femme à Marienbad l'année d'avant semble n'être que le fantasme du protagoniste, un prétexte pou le réalisateur. Un prétexte pour jouer, avec les codes du cinéma comme dans ses scènes où les paroles ne correspondent pas ux personnes présentes à l'écran, avec les situations car le rêve s'entremêle avec la réalité.Au côté des acteurs on se perd dans les méandres d'un scénario ubuesque, et on émerge du film comme d'un autre royaume, presque déçu que l'envoutement prenne fin.
"L'Année dernière à Marienbad"( 1961) traite comme la plupart des films d'Alain Resnais du problème du temps et de la mémoire, du réel et de l'imaginaire, ouvrant un puzzle captivant et un labyrinthe à mi-chemin des Surréalistes et de Julien Gracq. Avec ses indices subtils, ses rêves hallucinatoires, ses descriptions oniriques, il revêt les allures d'un policier. Ce monde clos, presque étouffant, ces personnages silencieux, cette action comme suspendue, ce décor luxueux et savamment ordonné, déroutent et ensorcellent. On dirait que la pellicule dégage une sorte de magnétisme et cette impression ne fera que s'amplifier au fur et à mesure des séquences courtes et allusives où les personnages se croisent et se figent. On a le sentiment de voir s'animer un monde fantomatique, cela dans une splendeur esthétique où aucun détail n'est laissé au hasard. Hostile aux compromissions commerciales, se tenant à l'écart des engouements passagers, Resnais est un créateur intransigeant qui assura en son temps la transition entre la conception classique d'un Renoir et une avancée résolue vers une structure rénovée du cinéma contemporain. Il est surtout l'héritier du réalisme poétique et l'initiateur d'un courant qui croit dans les forces du rêve et de l'imaginaire. Ce film étrange et magnifique est l'un des plus réussis d'une filmographie particulièrement brillante et se laisse redécouvrir avec le même pouvoir de fascination. Une réussite.
Voir critique complète dans mon blog: dossier sur la Nouvelle Vague.
Un objet cinématographique à nul autre pareil, que je serais bien incapable d'expliquer totalement, mais qui produit un effet hypnotique. D'abord une longue incantation, un texte répété en boucle par une voix inconnue tandis que la caméra erre parmi les couloirs, les ors et les stucs d'un palais. Une femme - Delphine Seyrig. Un homme qui l'a aimée l'année précédente dans un endroit inconnu - Marienbad, peut-être. Des bouts de conversations mondaines, vides, désespérément vides. Un jardin aux lignes géométriques. Des statues. Des allées. Des couloirs, des salles de réception. Les mêmes lieux, les mêmes situations, les mêmes paroles, à l'infini. Un jeu éternellement recommencé, avec toujours la même issue. Un labyrinthe d'images, de sons, de souvenirs auxquels se heurte notre homme. Une errance, une quête. Une bataille pour la mémoire. Pour que cet amour éperdu de l'année précédente ne se perde pas dans les couloirs sans fin de cet hôtel. La force d'une volonté qui convoque les souvenirs de cet amour et tente de le ressusciter pour briser les chaînes de cet univers factice. Et au final, la victoire, l'échappée à deux vers l'extérieur. Avec pourtant la vague impression que tout était joué d'avance, que même cette reconquête de la femme aimée était dans l'ordre des choses, qu'elle n'échappe pas à l'implacable roue du destin. L'amoureux victorieux d'aujourd'hui sera-t-il le mari abandonné de demain? Peut-on vraiment sortir de cet hôtel à l'intérieur duquel chacun erre à la recherche de ses souvenirs? La caméra d'Alain Resnais, d'une maîtrise souveraine, nous enferme par des images d'une beauté envoûtante dans cet étrange dédale de couloirs, où des pantins humains s'agitent et tentent d'exister. Elle épouse totalement le merveilleux texte d'Alain Robbe-Grillet (formidablement dit par les voix de Giorgio Albertazzi et Sacha Pitoeff) et compose avec lui un poème entêtant, d'une brûlante intensité. J'ai été très ému par "L'année dernière à Marienbad"...
Comment ne pas être hanté par ce film ? Par la permanence des images, des jeux de lumière, d'une recherche esthétique éperdue. Et par cette intrigue si puissante parce qu'intime, profondément intime. Le spectateur est figé dans l'immobilisme glacé de personnages représentant une société si lisse, si inintéressante, où les conversations s'apparentent davantage à des chuchotements. Pourtant, un simple cri génère la consternation. Justement parce que les deux personnages principaux trament une révolution, que l'un revendique, alors que l'autre n'ose y croire. Comme l'héroïne, le spectateur est englué dans une torpeur attentiste et mortifère. Et jusqu'à la fin, le destin est en balance. C'est tout simplement magnifique.
Comment peut-on être étudiant en cinéma et critiquer ce film parce qu'il n'aurait pas d'action ? Cela laisse songeur sur l'enseignement universitaire. C'est l'une des oeuvres les plus captivantes par son exploration d'un univers mental. Les travellings, le montage, le rythme sont ceux d'un génie du 7e art. Remarquable décor de Bernard Evein et interprétation légendaire de la divine Delphine Seyrig.
A partir des bases du nouveau roman, Resnais s'est amusé à créer. Peut-on en dégager quelque chose, hormis la perfection des mouvements et du décor: Les mouvements d'abord foisonnent, presque aussi bien liés que ceux d'Ophuls puis on passe aux plans fixes (captant soudain l'attention) lors des moments du film dit "mentaux". Pour le scénario en revanche, rien n'est sûr: Un homme joue tel un psychanalyste à travailler la mémoire d'une femme qui, comme son entourage, possède une attitude absente, pour lui remémorer une idylle passée. Il veut en outre la reconquérir et la sortir de ce milieu apparemment néfaste sur le caractère. Cette dernière a un peu peur de cet amour comme Cendrillon: elle devra changer de mode de vie et laisser les siens, la comparaison peut etre faite sur deux instants: - La perte dans le parc de la chaussure - Le rendez-vous final, exigé à 0h00. Pour faire retrouver la mémoire à son opposante, le héros tentera la persuasion verbale mais aussi matérielle avec une photographie. Il trouvera un élément perturbateur sur son chemin, un autre homme, au corps raide et élancé lui proposant un jeu (le 7, 5, 3, 1), situation proche de celle de l'échiquier de la mort du 7ème sceau, ou ce dernier est sûr de l'emporter lui assurant l'emprise du microcosme Sur un plan personnel une des multiples interprétations du film, est réellement interessante à savoir que l'homme débarquant dans le château bavarois, connait le lieux (pour preuve il semblerait qu'il ai déja prit des clichés de la femme dans le passé et cela maintes et maintes fois, démontrant d'une part l'intemporalité du film car les personnages ne vieillissent apparemment pas, même si la photographie corrobore à l'inverse l'idée d'une oeuvre moderne) et qu'il s'y trouve en tant qu'homme (un réalisateur?) à la recherche d'une création cinématographique, une sorte d'oeuvre dans l'oeuvre en fait, car il n'imposerait pas à la femme un passé mais une création d'actrice.(la fin est plus haut
Un film assez difficile de prime abord (et tout de même pas évident ensuite). Tout est très sybillin, mystérieux; mais il est totalement impossible de ne pas se laisser aller et ne pas se laisser captiver par la beauté qui se dégage de ce film. C'est sûrement la première chose qu'on y comprend, dès les premières images. Tout est envoûtant, mystérieux, mais tellement bien filmé, bien joué, bien réalisé. L'histoire de ce personnage qui évolue dans un monde d'automates totalement déshumanisé est tellement intéressnte et envoûtante (je me répète un peu mais les mots manquent toujurs face au sublime). Bref un film éminemment recommandable, un peu difficile d'abord (mais je crois qu'il faut laisser tomber les points de détails comme les changements incessants de costumes d'un plan à l'autre et chercher à savoir si oui ou non les deux personnages se connaissent pour chercher à comprendre ce que Resnais veut nous dire). Un très grand film, sublime, épuré qui touche de très près au sublime et à la perfection (au moin plastique). UN PUR CHEF-D'OEUVRE!! PS:la version en DVD offre en outre des bonus fort intéressants qui aide grandement (et on en a grand besoin) et qui offre des pistes de compréhenssion intéressantes et auxquelles on n'aurait pas songé.