Cure
Note moyenne
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49 critiques spectateurs

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Bourboulu
Bourboulu

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mai 2026
Ce qui frappe d'abord, c'est l'élégance. Tout est soigné, cohérent, mesuré. La photographie est belle sans jamais s'imposer et le travail sur le son est remarquable, il porte une bonne partie du malaise à lui seul. Le climat s'installe sans forcer, sans effets, presque sans qu'on s'en rende compte. Koji Yakusho y est pour beaucoup, il tient le film avec une présence à la fois solide et fissurée qui ancre tout le reste.

Le dosage du gore est parfait. Le film donne petit à petit, ose montrer de plus en plus à mesure qu'il avance, et la dimension ésotérique qui s'installe reste toujours dans une mesure crédible, assez vague pour que chacun puisse s'y projeter avec son propre imaginaire.

Le premier degré de lecture du scénario est peut-être un peu classique, et le film a parfois une patte plus américaine que japonaise dans ses codes. Mais il a presque 30 ans et il a incroyablement bien vieilli. Et surtout, ce classicisme apparent cache quelque chose de plus trouble. On sort du film avec le sentiment qu'une seconde lecture nous échappe (la maladie mentale, la manière dont la société traite ses "malades", une fin ouverte qui refuse de donner une réponse claire). La vérité importe peut-être moins que le fait que le film donne envie d'y repenser longtemps après.
CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 février 2026
Cure installe un malaise constant sans jamais chercher l’effet spectaculaire. Un thriller psychologique rigoureux et troublant, porté par une tension lente et continue.

Avant de le voir, il faut savoir qu’il s’inscrit dans le Japon désenchanté de la fin des années 90, traversé par une perte de repères sociale et économique que le film capte sans discours appuyé. Moment important dans la carrière de Kiyoshi Kurosawa, Cure affirme une mise en scène minimaliste faite de plans fixes, de silences et d’espaces urbains froids filmés dans des décors réels. Il privilégie une inquiétude mentale et atmosphérique plutôt qu’un suspense démonstratif.

Le film explore la fragilité de l’identité et la banalité du mal. À travers une série de crimes commis par des individus ordinaires, il interroge la violence latente dissimulée sous les rôles sociaux. L’hypnose agit moins comme un élément fantastique que comme une métaphore de l’influence et de la suggestion, révélant des failles déjà présentes. Le récit questionne ainsi la solidité de l’ordre moral et la capacité des institutions à contenir ce qui circule de manière invisible.

Cure travaille aussi la contamination mentale et l’érosion des certitudes. La répétition de questions simples, l’importance des silences et la mise en scène d’espaces vides créent une impression de dissolution progressive. Le mal n’apparaît pas comme une rupture spectaculaire, mais comme une possibilité diffuse inscrite dans le quotidien. En arrière-plan, le film capte une angoisse collective sans jamais la souligner frontalement.

J’ai été impressionné par la manière dont Cure installe son atmosphère. La tension reste diffuse, presque imperceptible, mais ne se relâche jamais. J’ai particulièrement apprécié sa dimension philosophique, qui dépasse le cadre de l’enquête pour interroger l’identité, l’influence et la fragilité des repères.

Le rythme très lent et l’absence de surenchère peuvent dérouter, tout comme l’exigence intellectuelle qui maintient parfois à distance. Pourtant, le film agit en profondeur. À mesure qu’il avançait, je me suis senti progressivement happé par cette atmosphère froide et suspendue, presque hypnotique.

Cure s’impose comme une œuvre exigeante et cohérente, plus marquante par son climat et ses idées que par ses rebondissements. Un thriller mental dont la lenteur devient une force et dont le malaise continue de circuler bien après la fin.
pietro bucca
pietro bucca

90 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 décembre 2025
Ca partait plutot pas mal, avec ce coté assez mystique, et ce personnage alambiqué, assez détonant. Mais la seconde partie, me fit un petit peu retombé. Je n'ai pas tout saisi, ou tout compris.
Vinz1
Vinz1

272 abonnés 2 825 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 octobre 2025
Malgré de magnifiques plans, une enquête intrigante, un acteur principal très bon même s'il incarne un énième inspecteur de police torturé et une ambiance délétère remarquable, le rythme de "Cure", censé nous montrer que le mal est en chacun de nous et qu'il n'attend qu'un déclic pour sortir, est trop lent pour un thriller de cet acabit ! Il pourrait, en effet, perdre certains spectateurs en route. De plus, je sais que c'est sans doute fait exprès, mais Mamiya est insupportable par ses questions répétitives et son côté trop lymphatique. C'est bien simple, dès qu'on le voit, on n'a qu'une envie, celle de le gifler ! Aussi, pour avoir un méchant charismatique digne de ce nom et un tempo beaucoup plus soutenu dans un thriller, vaut mieux revoir l'excellent "Seven" car ce classique du cinéma nippon a pour moi une réputation totalement usurpée ou alors je suis passé complètement à côté !
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2025
Le réalisateur nippon Kiyoshi Kurosawa tisse un thriller étrange et troublant autour de l’hypnose. Avec un rythme foncièrement lancinant mais déployant une atmosphère dérangeante à souhait. L’entrée en matière du récit est délicate, pour autant peu à peu le cinéaste instaure ce ton si sombre hypnotique grâce à une mise en scène très maitrisée notamment par un sens du cadrage précis. Même si l’interprétation manque parfois de justesse, le long-métrage est très juste.
Paul_hze
Paul_hze

2 abonnés 120 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 août 2025
Je viens de réaliser qu'il y a 2 Kurosawa.

Cure est un très grand film.

Kurosawa prouve son géni tout au long du film avec une réalisation très particulière composé de pleins de plan séquence en plan d'ensemble, où la caméra fait partie du décors et laisse de l'espace, trop d'espaces aux personnages dans des décors volontairement sombres participant à créer ce malaise qui se dégage du film et nous obligeant à scruter les moindres recoins des plans.
Le film ne cherche pas la jumpscare et se concentre sur une tension lente qui va accroître tout au long du film.

Le travail sur les bruits d'ambiance, de rue, de vent, joue un rôle central dans cette tension qui devient palpable dès que du son retentit.

L'hypnose qui se déplace comme un virus et qui pousse des gens sans histoire à commettre des crimes affreux est centrale. L'hypnose dont en découle la violence sert de métaphore à la violence de la société où à chaque instant, n'importe qui peut craquer dans une société qui l'a délaissé.
Le film ne pose pas la question de qui a fait quoi, mais de comment cette violence s'insinue dans l'esprit.

Le film remet en cause la définition de l'identité en montrant que creuser un peu dans les pulsions humaines suffit à tout briser. L'identité est quelque chose d'instable faite d'habitude de contexte et de mémoire. Si un seul est manquant, l'identité n'a plus de sens.
Takabe en est l'exemple parfait, policier modèle, marié, attentionné, mais désolé par la maladie de sa femme, l'enquête va tellement l'obséder que cela va devenir un quête obsessionnelle qui va le faire tomber dans une spirale de violence. Jusqu'à cette fin sur la terrasse d'un restaurant.

Cure n'est pas là pour donner des réponses, rien n'est montré factuellement, on peut interpréter de pleins de manières que l'on veut, même si la fin malgré quelques ambiguïtés ne laisse que peu de doute.

Les performances des 2 acteurs principaux sont renversantes. La réalisation repose principalement sur leur capacité à échanger, ou plutôt à occuper l'espace et l'ambiance.

Cure est exceptionel parce qu'il est effrayant, hypnotique, exigeant et livre un film sur la violence latente prête à exploser dans la société d'une manière détournée.
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2025
Japanese Doppelgänger

Film culte du J-Horror, “Cure“ de Kiyoshi Kurosawa est un film déstabilisant autant pour ses personnages que pour le spectateur.

On est embarqué dans cette enquête de tueurs en série dans un climat purement anxiogène qui peut nous rappeler le “Seven“ de David Fincher sorti quelques années auparavant.

Un des personnages clés de l'histoire, Mamiya, jeune homme amnésique qui, à travers ses techniques d'hypnose, va faire commettre “à ses clients“ un acte abominable. Mamiya tente de faire sortir en chacun de nous, notre double maléfique. Finalement, j'évoquais le terme de clients, précédemment, mais chacun des meurtres commis est une réponse à un désir fort, profond et caché venant du meurtrier. On peut prendre l'exemple du flic qui tue son collègue, il dit qu'il ne l'aime pas au départ mais ce n'est pas pour cela qu'il va le tuer mais lorsqu'il rencontre Mamiya c'est une toute autre histoire qui s'opère. La version gentille du flic disparaît pour se transformer en une version plus maléfique et cruelle.

Ce personnage on peut le mettre en lien avec le personnage de Bob dans l'univers de Twin Peaks qui a une fonction assez semblable.

Cela permet d'expliquer la complexité de l'humain. Ce n'est pas l'hypnose qui rend ses personnes agressives mais c'est une pulsion qui vient au plus profond de notre âme qui se réveille (peut-être par le biais de l'hypnose justement ?) et qui prend le dessus.

Du côté de la distribution, Koji Yakusho est définitivement, un des plus grands acteurs asiatiques de notre époque actuelle, bluffant de bout en bout, perdu, isolé dans ce Tokyo si fantomatique.
Oni
Oni

44 abonnés 516 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 novembre 2024
Hypnose, croix et claustrophobie : bienvenue dans le Japon de l’étrange

Imagine un flic qui a la tronche aussi fatiguée que ton PC sous Windows XP, et tu obtiens Takabe, un officier qui traque des meurtriers hypnotisés comme s’il gérait un cirque où Messmer serait le patron. Cure, c’est du polar qui refuse de choisir entre thriller et fantastique, et c’est là que réside son génie. Kiyoshi Kurosawa te pose un univers où tout glisse sous tes pieds comme une savonnette. Aucun balisage. Ici, c’est l’étrangeté totale qui gouverne, et toi, t’es spectateur avec une croix dans la gorge, autant dire en plein malaise.

L’antagoniste, avec ses airs de gourou de yoga détraqué, te file la recette pour bousiller un Japon qui croule sous ses propres normes. En gros, c’est un miroir social où la société te baise la tête jusqu’à ce que tu passes à l’acte. Takabe, entre deux coups de stress parce que sa femme perd les pédales, te lâche une tirade sur la pression sociale qui t’écrase comme un train lancé à 300 km/h. Résultat ? Une grosse critique sous-jacente, mais sans te la faire à la lourdingue, genre Black Mirror à la japonaise.

Les plans ? Mon gars, c’est du Miyazaki, mais en version dépressive. La caméra capte des détails de malade : un manteau qui flotte dans le vide, des ombres qui te mettent la chair de poule, et ce grain d’image… du cinéma d’artisan, fait main, sans CGI à la Marvel. Kurosawa te balance des scènes où t’as pas besoin de jump scares pour flipper, juste une ambiance qui te colle à la peau comme un vieux chewing-gum sous une semelle.

Le duo flic/psychologue te déchire entre le rationnel et le surnaturel. Takabe perd les pédales à force de courir après des cinglés. Le psychologue ? Il passe de scientifique à illuminé en deux séances. Ce qui rend le tout captivant, c’est qu’ils deviennent des fantômes dans leur propre monde. Et toi, tu te retrouves en mode spectateur perdu dans un labyrinthe mental. C’est brillant, mais aussi flippant que ton relevé bancaire à la fin du mois.

Un passage marquant, c’est cette vieille bande vidéo projetée dans le film. Une claque. Kurosawa te fait un clin d’œil à l’essence même du cinéma : l’art de te déstabiliser, de te plonger dans l’étrange et la subversion. Un peu comme si David Lynch faisait une collab’ avec Shining, mais sans hache. Là, t’es face à du pur cinéma, du vrai, celui qui t’arrache à ta zone de confort.

Cure, c’est pas juste un film, c’est une expérience sensorielle. T’en ressors avec la gueule à l’envers, l’esprit secoué, et la certitude que le cinéma japonais sait te plonger dans un univers où la folie et le réel dansent un slow sordide. À voir absolument, mais prépare-toi à avoir l’esprit aussi tordu qu’un Rubik’s Cube mal résolu.

Plus de critiques sur https://www.instagram.com/oni_s_reviews/?hl=fr
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2024
Très intéressant film de Kiyoshi Kurosawa à l'atmosphère prenante proche de l'envoûtement !
Ce film à mon sens se rapproche plus du Thriller Policier que de l'horreur et l'épouvante !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2024
Entre thriller policier et drame fantastique, l'intrigue joue sur la crainte de la maladie mentale, de la manipulation hypnotique et de la violence ordinaire pour tisser (lentement) une atmosphère glauque, poisseuse, dérangeante avec une tension qui monte crescendo grâce au jeu impénétrable de l'inquiétant Masato Hagiwara ainsi qu'à l'ombre palpable de la sauvagerie humaine. Un polar sombrement envoûtant.
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 388 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juillet 2023
Derrière une estéthique froide et sombre ainsi qu'un rythme et une réalisation sobre et austère se cache un film psychologique profond prenant l'angle du polar de façon assez unique.
Cure c'est avant tout un combat contre des pulsions refoulés qui sont éveillés via l'utilisation de moyens psychologiques mettant de ce fait de la distance entre les crimes commis et la véritable menace derrière ses tueries.

Pour être plus clair, Cure raconte le combat d'un homme qui s'est refoulé derrière ses propres croyances et connaissances créant ainsi une barrière entre son être et le monde extérieur et sera mis en face d'un flic ouvert qui tentera tout pour comprendre le sens de cette tuerie de masse qui semble irréelle avant de s'interroger sur les actions poussant le coupable à agir comme ça.

Cure est un long puzzle prenant son sens morceau par morceau qui ne ménage ni son protagoniste et ni le spectateur malgré qu'au fond, Kurozawa semble se détacher de ses personnages afin d'observer avec fascination ces deux personnages qui ne se comprennent pas tenter de s'apréhender (enfin plus dans un sens que dans l'autre).
Ce n'est pas un film accessible mais reste un objet de fascination à découvrir pour les amateurs du genre.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 avril 2022
La très grande force de Kyua est d’inquiéter son spectateur sans jamais chercher ni à le terrifier ni à l’entraîner sur les sentiers balisés d’un genre en particulier, qu’il s’agisse du polar, du fantastique ou du drame psychologique. Kiyoshi Kurosawa a l’intelligence de préférer le hors-pistes et se montre soucieux de garder jusqu’au bout une indépendance esthétique et narrative ; ce faisant, il confère à tous ses personnages une densité remarquable qui les rend passionnants à suivre. L’idée défendue par le film consiste à utiliser la proximité avec la maladie ou la folie comme un accélérateur de particules apte à réveiller les individus de leur léthargie sociétale pour la barrer d’une croix à la gorge de leurs victimes.

À ce titre, l’antagoniste pourrait s’ériger en allégorie de la société japonaise dans ce qu’elle a de plus mauvais et destructeur pour l’homme – cette lecture se justifie par la tirade du policier dans la cellule, lorsqu’il reconnaît subir son couple et le rôle qu’il doit jouer auprès d’une épouse malade. Dès lors, la contamination par envoûtements ou autres pratiques inspirées du magnétisme de Messmer serait une métaphore de la transmission de la subversion et de la révolte au sein d’un microcosme japonais étouffant qui menace ses membres par écriteaux et sanctionne par peine capitale interposés, et qu’il faut raturer, barrer.

Ce constat s’appuie sur l’évolution réciproque du flic et du psychologue qui, tous les deux, vont perdre leur sens des réalités pour assister au triomphe du magique sur le scientifique sans pouvoir le verbaliser ; ils perdent leur santé, deviennent ou fous ou fantômes, à l’image des plans superbes sur la déambulation de Takabe visible uniquement par son manteau qui paraît aussitôt flotter dans les airs. Le long métrage ose même la mise en abyme du cinéma par la projection d’une bande vidéo réalisée au début du siècle pour raccorder son spectateur à l’essence diabolique, comprenons à sa transgression esthétique et politique, du septième art.

Voilà donc une œuvre déstabilisante qui nous captive de bout en bout, brillamment mise en scène et interprétée.
Serpiko77
Serpiko77

77 abonnés 1 633 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2022
L'intrigue, finalement pas si élaborée, n'est pas l'intérêt principal de ce petit bijou de film noir, c'est bien l'atmosphère particulièrement anxiogène que Kurozawa parvient à insuffler.
Tout comme le héros on subi ses déboires, tant professionnel que personnel, avec une sensation d'impuissance totale.
Les acteurs, et principalement les deux héros, sont très justes. C'est un petit bijou de film noir qui mériterait d'être bien plus populaire.
Mickael1993
Mickael1993

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2022
Cure est un très bon film japonais.
Très esthétique avec des élément surnaturel.
Le jeu des acteurs sont très bon surtout l'inspecteur Takabe et l'homme amnésique.

je le conseil a tout le monde.
kroston
kroston

9 abonnés 297 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2022
Un très beau film à l'ambiance pesante , oppressante mais jamais
on n'est dans la surenchère d'effet visuel .
Magnifiquement interprété un policier surprenant et très sympa.
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