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Gabith_Whyborn
44 abonnés
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4,5
Publiée le 5 juillet 2014
Un film marquant et très prenant car ses personnages sont intéressant, le jeu d'acteurs est très juste et les dialogues sont de haut niveau. J'ai beaucoup aimé chaque scène de ce film qui nous plonge dans une Londres sinistre et froide. Si ça peut pousser certains a voir le film, l'acteur principal est David Thewlis, celui qui a incarné le prisonnier d'Azkaban dans Harry Potter. Il vaut vraiment le coup d'oeil, de mon point de vue c'est le meilleur film de Mike Leigh.
Un film totalement déjanté et terriblement surprenant, David Thewlis est absolument époustouflant d'où le prix d'interprétation du festival de Cannes qu'il a remporté. Le scénario très psycho est à vous couper le souffle, un film qui n'est malheuresement pas assez connu du public, c'est dommage. A noter aussi le passage hilarent avec Ewen Bremner.
Il faut l'avouer, le film vaut le détour uniquement pour l'interprétation David Thewlis, qui campe ici un personnage ouvertement nihiliste et antipathique. Mike Leigh nous amène dans un Londres assez sordide par le biai d'une mise en scène assez bien pensée. Séduit par le discours de Johnny, hipster avant l'heure, on suit ses pérégrinations dans Londres. On ne sait s'il se cherche ou s'il cherche les autres. Cependant, terriblement arrogant et détestable au début du film, Johnny se montre petit à petit sous son vrai jour, nu, désoeuvré, perdu dans des élucubrations qui donnent un sens illusoire à son existence. Il rêve de l'Apocalypse et de la fin de l'humanité, et ne sort de son circuit fermé que lorsque le sort lui rappelle sa douloureuse condition d'homme. Il est rejeté pas tous ceux qu'il approche tant il est détestable. Après des rencontres de plus en plus courtes, un groupe de jeune le frappe. Aussi, ce passage à tabac semble lui ouvre les yeux. Il recherche alors un brin de stabilité avec son ancienne compagne, Louise. La fin, pessimiste devant l'éternel, nous montre un Johnny boiteux, qui fuit le peu de stabilité qu'il était parvenu à retrouver. Reste l'énigmatique personnage de l'homme à la Porsche. Que fait-il là, pourquoi ? Vient-il en contrepoint, ébranler le personnage de Johnny par sa prétention et sa bêtise ? On ne sait pas. Naked semble finalement être un film sur l'absolue inutilité de la vie et son manque de but. Etre nu devant l'existence c'est se mettre à nu, accepter notre condition d'animal, repousser les discours (le verbiage de Johnny). C'est peut-être sur ce point que se rejoignent Johnny et l'homme à la Porsche : ils partent tous deux dans une direction, comme ils sont venus.
Quatrième film de Mike Leigh que je vois et première vraie déception. Ce qui est paradoxal c'est que pourtant ce Mike Leigh a bonne réputation, qu'il est bien mis en scène mais disons que ce n'est vraiment pas trop ce que j'aime. J'ai trouvé que ça tentait de vouloir créer quelque chose sans vraiment pouvoir y arriver. C'est un peu vain tout ça, ça se voudrait intelligent mais je ne trouve pas que ça le soit vraiment. Après c'est pas nul, comme j'ai dis y a du travail dans la mise en scène, sur les cadrages, le scénario est original mais je n'ai pas plus accroché que ça.
Un film très dur, parfois insoutenable. Mais un film excellent, parfait même. Les interprétations des acteurs, sont - comme d'habitude dans les films de Mike Leigh - parfaite, juste parfaites. David Thewlis est magnifique, fascinant, autant beau et attirant qu'effrayant. La scène du monologue avec Brian est stupéfiante! Vraiment, il est naturel, David est Johnny, c'est ça aussi qui peut paraître glauque. L'analyse du film par Sebastien Ors dans les compléments du DVD et l'interview de Mike Leigh sont passionnant et vraiment intéressant quand on cherche à vraiment comprendre le film et ce qui se joue pendant ces 127 minutes.
Après la décennie thatchérienne, que reste-t-il de cette Angleterre exsangue se demande Mike Leigh en accompagnant son héros dans les rues, la nuit à Londres, peuplées de junkies, de paumés, ou d’individus en quête eux-mêmes d’une quelconque issue ? Le cas du gardien de nuit qui n’a rien à garder est exemplaire, significatif du délabrement social et intellectuel dans lequel patauge Johnny Fletcher, à son tour imbriqué dans un système de violence et d’abandon. Toujours au bord du cauchemar, du suicide, de la violence extrême, il prédit la fin de l’humanité qu’il ne respecte déjà plus. Ses références bibliques semblent lui éviter l’ultime passage à l’acte, récusé par la gente féminine qu’il a si souvent maltraité’au point de non-retour. Johnny Fletcher devra alors se réveiller, et se réconcilier avec lui-même. Une porte de sortie honorable selon Mike Leigh qui jusque là était bigrement pessimiste Pour en savoir plus :
Terriblement terne, désenchanté, pessimiste, ce drame dépeint des êtres désorientés, esseulés, frustrés, les rendant plus ou moins dépressifs, plus ou moins fous, plus ou moins violents. Ainsi les deux sexes sont-ils dégoutés l'un de l'autre mais se cherchent constamment, les femmes semblant espérer encore un prince charmant, les hommes ne voulant qu'une compagne soumise, les unes blasées par la brutalité, les autres incapables d'empathie, les premières éteintes par des vies piteuses, les seconds irrités par des existences vaines - quoi que certains manifestent des fulgurances vitales. Au sein de cette médiocrité intellectuelle, cette misère spirituelle, cette pauvreté économique, le héros (saisissant David Thewlis) promène sa silhouette malade au gré de rencontres improbables, porté par des lectures, des pensées, des expériences renforçant sa désespérance, sa désillusion, sa douleur - sans le mener au point de non-retour du sadique squatteur. Un tableau sans concession...
Un aller simple pour une sordide expérience existentielle ou la noirceur n'a d'égal que le cynisme, dans un environnement urbain sale et crépusculaire, qui distribue dans une même scène des gens paumés entre prédation de l'autre et désespoir moral. En termes de projet de mise en scène et d'uppercut social, on peut dire que Mike Leigh frappe très fort. Johnny, le fil conducteur de cette histoire, parade en une sorte de philosophe punk sans crète et n'en finit pas de provoquer son monde avec ses réparties verbales mais aussi ses bas instincts violents... Là, ou le film dérange, c'est par le fait que la plupart des personnages féminins sont dans l'impossibilité d'être mis en valeur, stagnant dans une sorte d'impuissance face à la crudité morale de Johnny ou à l'emprise du personnage d'Archie. Et la scène d'ouverture (un viol ?) laisse plus que perplexe sur le conditionnement du personnage de Johnny dont la culture sidère mais dont certains choix révulsent. C'était sans doute le but Mike Leigh : ne pas avoir d'empathie pour Johnny, même si on sent qu'il a bon fond. Car le projet réel du film réside dans une édifiante cartographie des contradictions de la nature humaine. En cela, "Naked" est absolument réussi. Pour autant le film interroge mais ne fait pas semblant. C'est noir, décalé, déroutant, réflexif, perturbant. Formellement, l'image est réaliste et les scènes nocturnes (entre ombres et néons...) sont superbes. La direction d'acteur est mémorable et David Thwelis n'a pas volé son prix d'interprétation à Cannes.
Le film de Mike Leigh est un film noir, très noir, dans lequel chacun des personnages témoigne d'une ostensible misère morale née, non pas de la crise économique anglaise à laquelle le cinéaste ne fait même pas allusion, mais d'une désespérante solitude. Ce marasme affectif, loin de rapprocher ces déshérités du coeur, entache leur relation par le dépit et la brutalité que leur vie médiocre a engendrés en chacun d'eux. D'où viennent-ils? Où vont-ils? Mike Leigh ne le dit pas. Il met en scène des personnages à l'état brut avec une acuité et une rudesse déprimantes. Au coeur de ce dispositif pathétique, un jeune homme en voie de clochardisation promène sa silhouette dégingandée de rencontres en rencontres où il professe sa philosophie désabusée, une culture étonnante et son cynisme. Son ironie grinçante témoigne que l'humour noir est la politesse du désespoir. La caméra de Leigh colle aux personnages, comme pour un exercice de cinéma-vérité, et découvre pour chacun d'eux la grossièreté, la violence ou un regard triste. La ville est laide, sale et les couleurs sont grises. Et le réalisateur sait nous toucher parce que ses figures sont justes, drôles (si, si), émouvantes. De fait, la dimension et la portée du film sont humaines plus que sociales.
Un paradoxe malheureux définit Naked : offrir à ses comédiens des espaces d’improvisation tout en les enfermant dans des personnages à la caractérisation symbolique immuable. Les rencontres successives que fait Johnny, si elles cartographient la marginalité de Londres, échouent à remettre en cause ses certitudes, à ébranler son monde intérieur dans la mesure où il existe par seule antithèse de Jeremy, prédateur qui dévore les autres en leur opposant son corps là où celui-ci leur oppose son verbe. Quelques belles séquences émaillent un récit programmatique, à l’instar de la prise en charge d’un spoiler: jeune couple dont les membres sont séparés et qui errent dans les rues en quête de l’autre , ou du dialogue avec un gardien de nuit spoiler: qui se voit réduire à la fonction machinale qu’il accomplit toutes les deux heures . Si elle peut compter sur le talent du photographe Dick Pope pour composer une ambiance évolutive – la rue londonienne se teinte des néons des devantures, les friches industrielles rendent les égarés quasi abstraits –, la caméra de Mike Leigh tend sinon à se complaire dans un misérabilisme dommageable, que nous retrouvons aussi dans la direction d’acteurs, visiblement tournée vers l’accomplissement de performances.
Film remarquable. Il est vrai que la version originale est meilleure notamment pour le frustré sexuel du film Jérémy Ox( je repense ici à la réplique qu'il envoie à Louise sur le sida qu'il serait souhaitable de répandre " afin d 'élaguer" remplacé par un médiocre " faire un p'tit peu de déblayage" dans la traduction française...) les dialogues restent cependant très au-dessus de la masse des films qui peuvent être produits ces dernières années. Un film résolument engagé qui n'est ni complaisant, ni paresseux ni ennuyant. a voir et revoir parce qu'il a la profondeur des bons livres dont on ne se lasse et lassera jamais. une oeuvre écrite pour la postérité.
Film dont on m'a souvent parlé et que j'ai eu l'occasion de découvrir grâce à se ressortie. D'une justesse et d'une profondeur folle. Et une révélation l'acteur David Thewlis que je connais, mais je ne l'avais pas découvert à ce moment-là. Grand film, âpre, certes, mais fort.
Un scénario un peu déjanté à l'image du personnage de Johnny (interpréter magistralement par un David Thewlis au meilleur de sa forme). Johnny erre dans les rues, se cherche un but dans la vie, tente de comprendre pourquoi il se lève tous les matins et finalement il s'autodetruit et donne à ceux qu'il rencontre un sens à leurs vies tout en restant lui-même malheureux, à coté de la plaque... C'est un très beau scènario et une histoire originale comme Mike Leigh les aime.