Avis : Femmes au bord de la crise de nerfs - Page 3
Femmes au bord de la crise de nerfs
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Philippe C
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3,5
Publiée le 23 mai 2017
ça ressemble plus à une pièce de téâtre qu'à du cinéma, mais c'est de l'excellent travail : le scènario un peu loufoque regorge de rebondissements, les acteurs et surtout les actrices sont parfaits et les décors et costumes particulièrement soignés et colorés. On passe un très bon moment sans trop se prendre la tête
Vraisemblablement,"Femmes au bord de la crise de nerfs"(1988)demeure le film le plus acclamé de Pedro Almodovar.Celui où le monde entier découvrit enfin son talent pictural unique et sa galerie de personnages détraqués.Celui aussi où on le prit un peu vite pour un réalisateur de comédies burlesques,alors qu'il s'agissait de sa première,en 8 films!Pour peu que l'on veuille se perdre dans les méandres de l'extravagance,de l'excentricité et du rocmabolesque,il y a de quoi passer un singulier moment.Surtout que Carmen Maura,ici productrice TV qui part en vrille,quand son fiancé la quitte par répondeur interposé,est lumineuse,atta-chiante,émouvante même.Le film ressemble à du théâtre filmé,une sorte de vaudeville émaillé d'incompréhensions de plus en plus cacophoniques.Tous les personnages qui s'agglutinent dans cet appartement madrilène sont si désespérés,ont tant de problèmes,qu'on finit par en rire.L'outrance comme libération.Almodovar exacerbe aussi son côté féministe,et son goût pour les mélos flamboyants à la Douglas Kirk,même si son film penche plus naturellement vers la comédie loufoque.Difficile aussi d'oublier le fameux gaspacho aux somnifères!
Ce petit vaudeville aux allures bien kitschs sent le théâtre filmé à plein nez. Pedro Almodovar, encore à ses débuts mais déjà très doué pour cerner la psychologie féminine, réunit ses actrices fétiches, et le tout jeune Antonio Banderas, pour narrer les conséquences d’une rupture amoureuse sur une jeune femme et son entourage. Si le thème semble issu d’un drame psychologique, c’est sur le ton de la loufoquerie à outrance que le réalisateur traite la situation et nous présente des personnages hauts en couleurs. Mais, dans cette comédie décalée, ce sont le plus souvent les dialogues qui font mouche. Malgré son succès international, ce divertissement singulier est loin d’égaler les meilleurs films de l’enfant terrible du cinéma espagnol.
C'est le premier film de Pedro Almodovar que j'ai vu et il m'avait fait beaucoup rire la première fois. L'histoire est assez simple, Pepa vient de se faire plaquer par son amant Ivan, totalement déprimée, elle ne pense qu'à lui. Viennent s'ajouter avec elle l'une de ses amies qui a copiné avec un terroriste chiite s'apprêtant à commettre un attentat, un couple pas si amoureux que cela venant visiter son appartement pour le louer, l'ex-femme de Ivan, une vielle peau desséchée et folle par sa faute,... Inutile de préciser que tous ces personnages sont dans un état contraignant, triste et désespéré. Cette large palette de personnages loufoques présentent quelques situations cocasses. Les acteurs sont bons: Rossy de Palma, Maria Berranco dans le rôle de la vieille folle qui m'a bien fait rire dans les dernières scènes du film mais aussi Antonio Banderas qui faisait ses début face à la caméra! Le début est fouillis et confus, on a un peu de mal à se repérer dans l'histoire et les personnages. La situation s'éclaircit progressivement mais çà m'a pas plus passionné que çà. Sa se regarde mais c'est tout. La fin présente des passages plus sympas et rythmés. Mais j'ai beaucoup moins ri lorsque je l'ai revu, j'avais un souvenir plus extrême et délirant. Le scénario reste gentillet sans grandes surprises ni nuances.
On retrouve le goût d'Almodovar pour un cinéma flamboyant et coloré, pour les personnages borderline, les situations absurdes, et l'image de la femme déclinée selon plusieurs archétypes. Cette histoire rocambolesque surfe trop à mon goût vers le théâtre de boulevard mais il faut reconnaître à Almodovar une mise en scène inspirée et un rythme qui se maintient tout le long.
"Mujeres al borde de un ataque de nervios" est l'une des oeuvres les plus célèbres de Pedro Almodóvar, du moins dans sa première période, celle des films déjantés de la Movida. Adapté librement d'un monologue théâtral de Cocteau ("la voix humaine"), le cinéaste espagnol propose un film original entre légèreté et profondeur. Nous retrouvons d'abord son gout pour les personnages marginaux et les situations burlesques. L'humour peut se voit comme une satyre de la société de consommation, sachant que nous sommes à l'aube des années 90. Voir par exemple comment la publicité est détournée. De plus, le film s'apparente à une sorte de faux-thriller avec des personnages déjantés jouant les rôles habituellement sérieux des films policiers. Almodóvar s'amuse à parodier les scènes d'action, course-poursuite, ou encore gaspacho somnifère en guise d'arme! Plusieurs images ressemblent à des détournements de plans Hitchcockiens : l'appartement et la "chute" pour Fenêtre Sur Court, l'évanouissement filmé dans le reflet des lunettes à la Strangers On A Train. Signalons donc un bon travail visuel sur ce film, pour créer une ambiance baroque. Les couleurs sont excessives (surtout le rouge), la musique très présente, les jeux d'ombre et de lumière aussi. Au niveau de la profondeur, ce long-métrage parle de la communication, ou plutôt l'impossibilité de communication entre les hommes et les femmes. Le thème de la communication est bien suggéré, avec le téléphone comme lien impuissant entre les deux amants qui ne parviennent jamais à se joindre. Ou encore le doublage de film, qui crée une autre réalité danslaquelle les personnages se disent des mots d'amour, ce qui contraste fortement avec la réalité. Pour la différence homme/femme, il n'y a guère de subtilité : toutes les femmes sont amoureuses et font tout pour l'homme qu'elles aiment, mais tous les hommes sont des don juan qui ne veulent que dominer et jouer avec leur sentiment. Ce dernier point est donc sans doute un peu excessif, mais heureusement Almodóvar le suggère souvent avec humour et non au premier degré ; Pepa dira par exemple "je vais plutôt acheter une moto, c'est plus facile à comprendre qu'un homme". Un mot encore pour le casting, parfait, de Carmen Maura à Rossy De Palma. En résumé, ce faux thriller marginal et ce constat de la difficulté de communication du monde moderne n'est pas le meilleur Almodóvar mais il reste plaisant et toujours d'actualité aujourd'hui.
Totalement ébouriffant, le film est servi par des dialogues très, mais alors très fournis et parfaitement écrits. L'histoire met un peu de temps à s'installer mais cette première demi-heure n'est que le début de la toile que tisse pour notre plus grand plaisir un Pedro Almodovar en pleine forme. Car le scénario, très riche est parfaitement construit et hilarant. Les actrices sont toutes parfaites et quelques plans valent le détour.
L'un des rares films d'Almodovar a être une comédie est immanquable , avec "Femmes au bord de la crise de nerfs" , le réalisateur fait provoquer au spectateur des crises de fou rire. En effet , ce film est complètement déjanté , loufoque , pratiquement inraccontable. La trame est assez simpliste , comment une femme plaquée remue ciel et terre pour comprendre ce qui s'est passé , déclenche une série de catastrophes , et est envahie de personnages soit cruels ou compatissants. Cela donne déjà l'idée d'une pièce de boulevard à la française , mais c'est surtout un film assez visionnaire sur les années 90 qui arrivaient. Puisque Almodovar , en ce qui concerne les décors , les accessoires , les couleurs , nous invite à voir tout ce qui développe la société de consommation. Cela est également du à l'utilisation constante dans ce film du téléphone , indissociable de cette société et de la femme moderne et même de la femme en général. Ca parrait au départ anodin mais c'est en réalité extrêmement calculé et cela porte un regard assez juste et sans concession sur les années 90 qui approchaient à l'époque de ce film. Comme d'habitude la direction et ses choix d'actrices du réalisateur ibérique est excellente. Un film plutôt singulier dans la carrière d'Almodovar , mais immanquable car très riche dans le fond.
Un de plus gros succès commerciaux d'Almodovar, "Femmes au bord de la crise de nerfs" aurait pu être un drame. Deux amies plus ou moins dépressives, des femmes frustrées, une épouse en clinique psychiatrique... : Almodovar est fan de Bergman, et ça se voit. Pourtant, ce film emprunte le plus souvent les chemins de la comédie : certains personnages (la concierge témoin de Jéhovah, le chauffeur de taxi déluré), certains running gags (le gaspacho bourré aux somnifères) ou certaines séquences (l'hilarante course poursuite à la fin) placent définitivement ce film du côté de la comédie. Almodovar n'enfermant jamais totalement un film dans un style unique, "Femmes au bord..." emprunte également un petit peu au polar, mais surtout, il contient de vraies scènes de drame, notamment toutes celles traduisant l'incommunicabilité entre Pepa et Ivan, dont tous les dialogues sont indirects jusqu'à leurs retrouvailles (dialogues de doublage, répondeur, etc). Exubérant mais supportable (ce qui n'est pas toujours le cas chez Almodovar, que je n'apprécie pas toujours), et surtout très drôle, "Femmes au bord de la crise de nerfs" est un des meilleurs films de son auteur.
Une photographie très colorée et volontiers kitsch montre très bien ici qu'on est sous le soleil d'Almodovar. A part ça, on ne peut pas dire que ce dernier soit sur le plan de la mise en scène particulièrement audacieux, restant souvent dans le simple théâtre filmé, mais l'avalanche de rebondissements et surtout une galerie de personnages tous aussi improbables les uns que les autres finissent par emporter le morceau. En plus, les interprètes sont particulièrement en grande forme. Peut-être pas le grand film annoncé mais une comédie à l'espagnole divertissante.
En 1988, Pedro Almodóvar signe son septième long-métrage. A l’aide d’une mise en scène chatoyante où les couleurs vives illuminent l’écran, le réalisateur brosse le portrait de plusieurs femmes (dont Carmen Maura, son actrice fétiche), empêtrées dans des déceptions sentimentales. L’étude psychologique de ces personnages est cependant délaissée au profit d’un vaudeville rondement ficelé. Bref, une comédie rafraichissante qui se déguste comme du gaspacho !
La griffe de Pedro Almodovar est bien présente, son style toujours reconnaissable est une raison suffisante pour avoir envie de regarder ce film. En revanche l'histoire n'est guère passionnante: la quête d'un homme sans intérêt pour lui annoncer... Dommage, car il y a de bonnes choses, notamment la qualité des rôles féminins.