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Femmes au bord de la crise de nerfs
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CrystalEagle
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3,5
Publiée le 8 septembre 2026
Almodóvar signe un gaspacho bien corsé, coloré et rocambolesque, qui pique juste ce qu'il faut. Sous cette agitation permanente, un téléphone sonne et personne ne décroche jamais. Symbole limpide de tout ce qui empêche les êtres de se parler, entre amants, entre générations, entre humains tout court. Autour de Pepa gravitent des femmes à fleur de peau, rongées par une colère ou une tristesse qu'elles ne savent plus taire, toutes suspendues à un seul homme absent, Ivan, trou noir du récit. Leur hystérie (au sens grec du terme, ce mal qu'on logeait jadis dans l'utérus) devient ici une énergie pure, un trop-plein qui dicte chaque geste et fait basculer le film en pleine comédie. On y sent souffler la Movida, cette liberté bruyante d'une Espagne à peine sortie de 40 ans de dictature. Le regard sur les femmes, assez caricatural par endroits, a quand même un peu vieilli.
Sur cette matière minuscule, Almodóvar construit une comédie chorale réglée comme une horlogerie suisse, avec un sens du théâtre assumé jusqu'au bout. 90 minutes, et pas une de trop. Le film concentre plus d'intrigues que bien des films deux fois plus longs, sans jamais peser. L'entrée en matière traîne un peu, certaines scènes frisent le tableau figé, mais un montage nerveux empêche cette lourdeur de s'installer. Le rouge et le jaune explosent à l'écran avant même que l'histoire ne démarre, kitsch et exubérants du premier au dernier plan. On est parfois plus proche de la scène que de l'écran, et ça ne dérange pas une seconde.
Almodóvar joue les chefs d'orchestre plutôt que les démiurges, et laisse à chaque actrice une vraie place d'héroïne. Carmen Maura y est bouleversante, portant Pepa avec un panache qui mêle fragilité comique et dignité farouche. Julieta Serrano compose à l'excès, María Barranco incarne une naïveté crédible, Rossy de Palma déploie une excentricité qui n'appartient qu'à elle. Le tournage, dit-on, fut un calvaire pour Maura, au point de se brouiller avec Almodovar pendant presque 20 ans, et cette tension se devine à l'écran, où l'actrice semble parfois à deux doigts de craquer pour de vrai. Sans grande prétention, le film reste un joli moment, généreux et bien interprété. Du pur Almodóvar et difficile de ne pas sourire.
Un opus sur le mode de la comédie qui avait permit à Almodovar de toucher un plus large public en 1989 , après des séries de films plus « barrés » , voir alternatif. Surtout grâce à ses actrices, toutes excellentes et le beau Banderas au milieu. Mais cela reste une sorte de vaudeville et n’a pas la puissance d’autres œuvres de Pedro.
Comme jamais Almadovar filme le bordel dans les têtes, les cœurs, et dans tout le reste. Le scénario est d'ailleurs absolument improbable, mais comme l'ambiance est extraordinaire, on fait semblant d'y croire. Comme toujours, les actrices sont magnifiques, même Rosy de Palma! Antonio Banderas sort tout juste de adolescence, il est tout mignon, tout chou. Comme c'est drôle quand on a vu le suite de sa carrière.. Carmen Maura est éblouissante,et méritait l'oscar de la meilleur actrice 1989. Je suis amoureux de Jodie Foster qui l'a eu cette année là... Mais désolé Jody, je te largue, et je quitte tout pour m'installer dans le pigeonnier de Carmen à Madrid !!!
Quelle déception ! Après avoir adoré Volver et Talons Aiguilles, nous ne sommes pas parvenus à la fin de ce film pourtant multi-récompensé !??. C'est du grand n'importe quoi.
Si les actrices Almodovariennes sont bien là, le scénario vaudevillien est très léger, sans aucune profondeur, et met, qui plus est, bien du temps à démarrer. On passe néanmoins un bon moment dans cette petit bulle comme toujours haute en couleurs, mais cela reste assurément l'un des moins bon Almodovar.
Un pur bonheur. C’est hystérique, brillant, ultra vivant, et pourtant tout est tenu d’une main de maître. Almodóvar y trouve un rythme fou, une liberté de ton incroyable, sans jamais perdre ses personnages. C’est drôle, cruel, élégant, complètement romanesque. Un film qui déborde dans tous les sens, mais avec une précision folle.
Une comédie de mœurs enlevée et jouissif, signée Pedro Almodovar, qui dresse une galerie de femmes totalement passionnées. Le film bénéfice de la mise en scène osé et surprenante du réalisateur, le tout porté par une excellente distribution. Une œuvre remarquable.
Pas mon Almodovar préféré, le scénario se perdant, comme son héroïne, dans les méandres de la confusion, de l'indécision et de la digression. L'accumulation de personnages nuit également à la fluidité du récit. En outre, le caractère falot d'Ivan, figure masculine insipide, rend peu réaliste l'amour inconditionnel que lui porte Pepa. L'utilisation des décors, aux couleurs criardes, pas encore maîtrisée, est une ébauche de ce que l'on retrouvera dans les œuvres futures du cinéaste.
"Femmes au bord de la crise de nerfs" est une comédie espagnole parfaitement orchestrée par Pedro Almodóvar, où le chaos sentimental prend des airs de fête exubérante. Le film explore avec un humour mordant et une tendresse sous-jacente les méandres de la passion et de la folie amoureuse. Chaque scène est une explosion de couleurs et de rythmes, où les dialogues savoureux s’enchaînent à un rythme effréné.
Il faut passer les vingt premières minutes, où Almodovar semble chercher l’originalité à tout prix, tant dans le look des personnages que dans des plans « bizarres » sans autre justification. Paradoxalement, c’est quand le film devient un « Vaudeville » qu’il gagne en intérêt, par son scénario abracadabrant mais ingénieux et par son humour. Un moment au final plutôt léger, mais très plaisant.
Pedro Almodovar signe une sorte de vaudeville, où une femme perd les pédales alors que son compagnon la quitte. "Mujeres al borde de un ataque de nervios" connut un certain succès critique à l'international à l'époque, permettant d'établir la carrière du réalisateur hors d'Espagne. Néanmoins je trouve que le film n'a pas forcément bien vieilli. Les couleurs flashy typiques de l'époque fin 80's / début 90's font kitsch, mais à la rigueur participent au charme du film. De même que les jeux autour des répondeurs (les gens nés après 2010 seront largués !). C'est plutôt certaines coupes de cheveux, dégaines, ou blagues. Les mains et la bouche baladeuses de Carlos feraient de lui un agresseur sexuel en puissance aujourd'hui, plutôt qu'un séducteur maladroit ! Sur l'ensemble, cela reste un vaudeville bien rythmé, avec quelques bonnes saillies d'humour à la Almodovar (ces fausses publicités !). Et de très bonnes actrices, dont la fantastique Carmen Maura. Malheureusement le tournage sera difficile, elle se brouillera avec le réalisateur, pour ne retravailler avec lui qu'en 2006. Mais je reste sur ma faim au vu des éléments ou sous-intrigues un peu artificiels (ces terroristes sortis de nulle part) ou sous-exploités (le personnage bébête et bègue d'Antonio Banderas). Je suis un peu déçu au vu de la réputation très flatteuse du film.
Une comédie ? Pas inhabituel chez Almodovar. Un vaudeville ? Davantage. Donc, encore une fois, il sera difficile de cerner où le trubilion espagnol a l'intention de nous mener. Comme le titre l'indique, les femmes sont ici au bord de l'implosion et tout le film est entièrement taillé pour elles. Elles ne manquent pas l'occasion de faire valoir leur talent. A leur manière, Carmen Maura, Julieta Serrano, Rossy de Palma et Maria Barranco s'en donnent à coeur joie. Au milieu de ces dames déchaînées, Antonio Banderas se fait aisément sa place en jouant de ses charmes. Alors oui, tout cela manque de l'audace que l'on connaît à Almodovar et le rythme y est moins fluide qu'à l'accoutumée. Mais reste son insolence et son impertinence. Ainsi que des trouvailles comiques fortes de café. Voilà ce qu'est réellement un film féministe avec des femmes qui assument les responsabilités qui leur sont confiées.
Une fois n est pas coutume chez Almodovar, le film a du mal à démarrer et se termine avec la meilleure scène. Presqu une pièce de théâtre avec ses décors de fond de scène. Un vaudeville almodovarien plutôt sage. J’adore l’arrivée du couple Marisa et Carlos (Rossy de Palma avec sa plastique impressionnante et Antonio Bandera qui assume très bien son rôle de jeune homme coincé). Aussi, le taxi « mambo ». Dans cette histoire - et là aussi, c est inhabituel, pas d autre excitant que le café mais plutôt un cocktail de somnifères en gaspacho. Pour finir une superbe scène de course poursuite totalement délirante à ne pas manquer.
Voilà un film qui échouerait curieusement au test de Bechdel : si la plupart des personnages importants du film sont des femmes, et si elles passent beaucoup de temps à dialoguer entre elles, elles ne parlent cependant que des problèmes que leur ont causé les hommes - enfin, surtout un. Après vingt minutes quelque peu bunueliennes, le film s'oriente vers un vaudeville assumé, mais réussi. Le charme des acteurs est certain - pour autant c'est loin d'être le film le plus audacieux d'Almodovar.
Ce film, réalisé par Pedro Almodóvar et sorti en 1988, est celui qui a permis au réalisateur de se faire connaitre internationalement, notamment grâce à ses prix, mais c'est également, enfin me concernant du moins, un des meilleurs de sa filmographie ! Le film raconte l'histoire de cinq femmes dont les vies relativement chaotiques et bordéliques s’entrecroisent à un moment donné, créant des quiproquos et tout ce qui s'en suit. Dit comme ça, on a l'impression d'être dans un vaudeville mais c'est effectivement le cas ! Alors même si le terme va en général de pair avec "cheap", c'est pourtant ici un vaudeville de qualité mais surtout complètement assumé ! En effet, mis à part l'introduction présentant les divers personnages, la majeure partie du film se passe dans un seul appartement et même presque dans une seule pièce, rappelant également le théâtre. D'ailleurs, le film adopte le rythme du théâtre comique, c'est-à-dire que ça ne s'arrête jamais, les situations drôles et les quiproquos s'enchainent, de même que les répliques qui sont superbement écrites. Comme d'habitude, il est plutôt difficile de se plonger complètement dans un film du réalisateur car il y a toujours beaucoup de personnages, beaucoup de situations qui s'entremêlent etc. Mais une fois qu'on est dans le bain, c'est alors un véritable plaisir et le rythme très énergique permet de tenir le spectateur en haleine jusqu'à la toute fin. Concernant les acteurs, nous retrouvons, entre autres, Carmen Maura qui est extraordinaire, María Barranco qui est très drôle, Antonio Banderas qui joue très bien, de même que Julieta Serrano, Rossy de Palma et Kiti Mánver. "Femmes au bord de la crise de nerfs" est donc une comédie très rafraichissante, tout simplement !