Derniers Avis : Aguirre, la colère de Dieu - Page 12
Aguirre, la colère de Dieu
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max6m
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3,0
Publiée le 1 décembre 2010
Aguirre est un conte sur la folie des hommes. Narrant l’épopée de mercenaires espagnols à la recherche de l’Eldorado, le film se réfère en partie à une réalité historique mais est surtout une représentation plus vaste du XVIème siècle, siècle de tous les possibles et de toutes les conquêtes. Dès le 1er plan, on comprend que l’on va assister à une descente aux enfers. Très vite, l’attention se focalise sur le personnage d’Aguirre, personnage autoritaire, mégalomane, prêt à conquérir le pouvoir par la violence. Cette soif de puissance relève d’une certaine folie, très bien incarnée par Klaus Kinski, la folie de l’acteur se combinant à la folie du personnage qu’il interprète. Herzog ayant surement des difficultés à diriger son acteur, il le filme peu, et c’est surtout sans le voir et parce que nous l’imaginons beaucoup, que nous ressentons les troubles de ce personnage. Telle est l’origine du mythe Kinski, qui doit finalement tout à Herzog. Aguirre peut conduire à de nombreuses lectures et interprétations, pouvant symboliser l’ambition des colons européens, l’homme civilisé chassant les sauvages (en comparaison desquels il apparaît finalement bien peu civilisé justement), et de manière plus globale la face sombre de l’homme. Herzog étant allemand, on peut aussi y voir une persistance entêtante de l’histoire de ce pays, un traumatisme, Aguirre comme métaphore d’Hitler. On peut aussi y voir un propos sur la nature puissante et vengeresse (le film sort la même année que "Délivrance" de Boorman). Libre à vous d’interpréter le film. Ce qui m’intéresse surtout, c’est la fin, qui est comme l’aboutissement de ce parcours absurde. Nous nageons alors dans un espace de totale folie, celle d’Aguirre, portée par un travail cinématographique quasi surréaliste (les hallucinations, la maladie qui s’empare de l’équipage, l’invasion de chimpanzés) nous rappelant brièvement Buñuel. Là est la réussite d’Aguirre. (J’ai eu un peu de mal à voir des conquistadors espagnols parler allemand…)
Un film magistral, des images splendides, les acteurs superbes avec un Kinski à son apogée. La musique, qui est l'une des premières à être enregistrée uniquement sur synthétiseur, donne à ce film la 4ème étoile de ma critique. Un grand Herzog, peut-être même son meilleur film.
Klaus Kinski est terrifiant, le rythme du film est excellent, faisant ressentir l'oppression étouffante de l'Amazonie, et la musique hypnotisante. Malheureusement en 2009 le film a quand meme vieilli. Si Klaus Kinski occupe l'espace, on ne peut pas en dire autant du reste du casting. En dehors du représentant du clergé, les brushings des autres personnages sonnent creux, tout ça est un peu trop propre et manque de crasse. Alors 4 étoiles pour Kinski et le remettre dans le contexte de 1975.
aguirre est d'abord un film sur la folie et la tyrannie. Le film raconte l'évolution des conquistadors dans une faune hostile. La beauté visuel du film est époustouflante avec des prouesses techniques comme la camera qui fait le tour du radeau. Meme si l'action est parfois présente,le rythme du film est volontairement long et les dialogues sont un peu trop rare mais cela n'enlève en rien a la beauté et a l'influence du film sur des cinéastes comme coppola et malick.
Aguirre, la colère de Dieu est une belle performance de Werner Herzog , C’est l’histoire d’un groupe de conquistadors qui rêvent de trouver l’Eldorado, le film traite de la tyrannie et du comportement des hommes dans un univers complètement différent de celui dans lequel ils évoluent habituellement. Belle distribution, magnifiques paysages et belles prouesses techniques pour l’époque. Le scénario est magnifique et le film est volontairement peu dynamique. Il y a également peu de dialogues ce qui peut nous permettre de savourer chaque instant du film, et ça fonctionne plutôt bien. L’atmosphère est sombre et rude ce qui convient parfaitement au thème du film. Au début les conquistadors sont tous des hommes qui rêvent d’une meilleur vie, puis tout au long du film ils s’assombrissent jusqu’à devenir des sortes de monstres, d’animaux. Et cette transformation émotionnelle a été très bien réussi par le réalisateur. C’est un très beau film, 14 / 20.
Il y a le commencement, l'origine, puis le pouvoir, l'assujettissement, la trahison. Sur le long fleuve du temps, il n'y a à de fin que folie, mort et solitude. Ainsi va l'humanité bercée par ses propres simulacres jusqu'à l'aboutissement stérile de ses reves démesurés.
Film en dehors des sentiers battus, avec peu de dialogue mais très prenant. On est hypnotisé par ce rythme lent, ce style épuré et Kinski. A ne pas mettre entre toute les mains. Et peut être même a regarder seul.
En 1560, une troupe de conquistadors descend de la montagne à la recherche de l'Eldorado. Mais l'équipée s'enlise dans les marais. Une plus petite expédition est alors constituée, placée sous la conduite de Pedro de Ursua et de son second, Lope de Aguirre (Klaus Kinski), qui devra reconnaître l'aval du fleuve sur des radeaux. Aguirre, aventurier ambitieux et brutal, manœuvre habilement pour proposer à ses compagnons un nouveau chef, le falot Fernando de Guzman, promu solennellement "empereur du Pérou et de l'Eldorado"..."Aguirre, la colère de Dieu" marque la première collaboration entre le cinéaste allemand Werner Herzog et l'écorché vif Klaus Kinski. En alliant son et image, le réalisateur nous plonge dans l'esprit d'un personnage fascinant pris au cœur d'un trip hypnotisant générée par sa propre volonté de puissance. La remarquable prestation de l'incandescent Klaus Kinski porte littéralement le film jusqu'à la céleste et prestigieuse voûte qu'est le cinéma expérimental. Plus qu'une Odyssée initiatique à travers terres et eaux sauvages d'Amazonie, "Aguirre, der Zorn Gottes", se construit tel un poème noir et compulsif quand à la dérive envoûtante des quelques carcasses humaines sur la chemin de la mort. La réalisation du cinéaste allemand atteint des cimes intemporelles ; deux perspectives temporelles se croisent dans le film : un temps linéaire et un temps cyclique. Mélanger les deux permet de rendre de façon sous-jacente l'absurdité de l'entreprise d'Aguirre. Le mouvement des eaux illustre la perception du temps : le fleuve est tumultueux quand les esprits sont échauffés par les mutineries et l'attrait de la gloire, il est quasiment immobile alors que l'espoir a quitté les survivants qui voient chaque jour comme une souffrance supplémentaire. Ni plus ni moins un croisement brillant entre la névrose métaphysique et l'immersion sensorielle, fiévreuse et lancinante dans un univers à la lisière de la mort. Un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma contemporain.
A un moment, le moine proclame "L'Eglise est toujours du côté des puissants". J'ai envie de faire de même, quitte à passer pour lâche ; je suis du côté d'AGUIRRE, film ô combien puissant.
Un brin de déception pour un film plébiscité par la critique mais, qui en définitif, manque cruellement de rythme...Certes, l'interprétation de Klaus Kinski est magistrale. Il a su donner au personnage d'Aguirre une réelle profondeur: comment oublier le cynisme, la cruauté arbitraire, et la démesure de ce personnage qui sombre peu à peu dans une folie noire à la fois effrayante et touchante...Mais, l'interprétation de Klaus Kinski ne suffit pas à dissimuler l'absence de moyen, des personnages secondaires manquant terriblement de profondeur et, un casting qui hormis Klaus Kinski n'est guère brillant....
Je n'aime pas ou plus les films d'aventures épiques avec musique tonitruante, milliers de figurants, spectaculaire incessant et longueurs inhumaines... Cela ne s'applique pas tellement au dépaysement du récit, chose que je trouve toujours fascinante mais bel et bien à la façon ridicule dont sont mises en scène ces histoires grandioses et mégalomanes. En toute logique, "Aguirre, la colère de Dieu" trouva dès le début grâce à mes yeux. Les plans sont tenus, les décors extrêmement bien utilisés (notamment la manière dont ils symbolisent l'enfermement des Colons et leur escapade vers la folie), le montage n'obéit pas à ces idiotes conventions pseudo-rythmiques... Bref, esthétiquement, ce long-métrage est évidemment regardable (et même plus encore). Cette chronique sombre et percutante (grâce à la suppression de tous les éléments utiles chronologiquement mais artistiquement dispensables) se permet même de brillantes montées d'intensité, basculant assez tôt vers le drame psychologique teinté d'horreur avec un brio indéniable. Le crescendo est effrayant, le final magistral. Si Werner Herzog s'est ici montré assez inspiré, "Aguirre" doit également beaucoup à la performance comme souvent stupéfiante de Klaus Kinski, "bouffant" littéralement le reste du casting pourtant pas à la peine ! Malgré d'indéniables qualités et une bonne impression générale, je n'ai pas non plus été transcendé par "Aguirre", la faute à un cheminement d'intrigue classique, des rebondissements prévisibles et une description de la peur peut-être un brin attendue. Dès lors que l'on a compris où Herzog voulait en venir (autrement dit relativement tôt), le suspense s'estompe, les personnages paraissent moins imposants et le propos peu surprenant. Ce classique du cinéma Ouest-Allemand est donc une descente aux enfers tout à fait prenante, que l'on pourra considérer comme réussie mais souffrant d'un côté trop prévisible et pas assez détaché des codes établis au début des seventies. Je reste sur ma faim.
Ou comment faire du cinéma sans aucun effet spécial... "Aguirre" est un film magnifique. Le long du fleuve qui les remonte aux orgines de l'homme et qui épouse leurs humeurs (tumultueux lorsqu'ils sont conquérants, calmes lorsqu'ils sont résolus à mourir), les protagonistes nous offrent 1h28 de pure sublime. Comment oublier la dernière scène ou Klaus Kinski, revenu à son état animal, marche la long du radeau à la poursuite des singes, son nouvel équipage ? Et la musique que Popol Vuh ne gâche rien.
Heu..."Aguirre" est un film assez aberrant. Il ne répond à rien de vraiment préci et certainement pas à ce à quoi je m'attendais. Je pense qu'Herzog avait juste comme scénario "la lente descente vers la folie d'un conquistador" et qu'il s'est dit que pour le reste, il improviserait. Si certains plans sont d'une remarquable beauté et que les décors naturels sont saisissants, le côté surréaliste du film est très déroutant. On ne comprend pas vraiment où Herzog veut en venir avec ces scènes ridicules que la premier amateur venu aurait pu tourner (la poursuite de l'esclave, le village cannibale, le cheval, les flèches...). En fait on aurait mieux compris si le film s'affichait ouvertement comique et était signé des Monty Pythons. Reste que la principale question que je me posais pendant le visionnage concernait le tournage du film, car à mon avis le making-of et les terribles conditions qu'a du affronter l'équipe de tournage doit être bien plus interessant que le film lui-même.