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Un visiteur
5,0
Publiée le 19 janvier 2011
Totalement corrompue, inique et au service des "mafieux" sinon des caids véreux de la ville tout en employant carrément des avocats, l'image d'une police qui en fera pas que des heureux, et contre laquelle se bat Stanley White, ce héros typique. En tout cas un classique qui a fait de nombreux émules depuis notamment avec une série comme les Sopranos. Totalement indispensable.
La beauté brûlante des images de ce film lui confère un charme impressionnant, que Mickey Rourke renforce encore davantage par son charisme démentiel. John Lone est également réjouissant. Bien qu'il soit imparfait à cause du second rôle peu convaincant de la journaliste, trop figée, et de petites longueurs dissimulées par-ci par-là, "L'Année du Dragon" est un sublime polar de caractère, à l'image du personnage de Stanley White et de son réalisateur.
Du très grand Cimino, un grand classique du film noir. Ca change du Chinatown de Polanski qui ne se passait pas vraiment à Chinatown alors que celui-ci est au cœur de l'action. Le héros, Rourke est génial, est non seulement un justicier mais aussi un bad guy puisqu'imbu de lui-même, raciste, autoritaire, impulsif, radical et autodestructeur (fonçant tête baissée dans les fusillades). Sur fond de guerre de gangs au sein du quartier chinois de NY, l'intrigue divague entre combat du crime par la police, pratiques douteuses de la mafia et dilemme amoureux pour Stan White. Donc Cimino nous apporte que du lourd avec des rebondissements tout au long du film et un acteur principal au début de sa carrière (après 'Rusty James' de Coppola) charismatique à souhait qui ne se pive pas de remarques racistes, politiquement incorrectes et ca fait du bien. Très bon film sans avoir la prétention d'être le grand chef d'œuvre que tout le monde voir, ce film ravira les amateurs de polars bien écrits (Oliver Stone oblige) avec une touche de politique dans toutes ces scènes de violences urbaines.
Déception que ce film. Cimino est loin de son meilleur, il a perdu l'intensité de Voyage au bout de l'enfer et la magie de la Porte du paradis. Le rythme est mou, l'Intrigue peine à nous tenir éveillés. Pire l'enchaînement de certaines scènes paraît bancal, on pourrait presque croire que le montage a été fait "à l'arrache". Cependant le film n'est pas un ratage total, il reste des personnages complexes et bien campés et des dialogues bien sentis. Mais rien d'inoubliable.
"L'année du dragon" continue de creuser une manière d'autoportrait, celle d'un homme (Cimino) désespéré, vivant dans une sorte d'utopie, irrémédiablement fâché avec son époque, et qui trouve des moyens d'expression géniaux pour le dire. Existe t-il plus belle définition d'un artiste ou d'un auteur ? Ce qui fascine, aussi, c'est le changement dans la représentation du "méchant " à partir du nouvel Hollywood : ici comme dans "French connection ", le personnage du "méchant " est bien habillé, propre sur lui, il relève plus de l'homme d'affaires que du voyou, il parle bien, tandis que le policier, censé incarner le "bien ", semble fragile, il se comporte comme un gamin, commet des bourdes, sème des cadavres autour de lui et parle un langage de chartier. Le cinéma américain a gagné en ambiguïté ce qu'il a perdu en éthique, même si la forme, la technique (chez Cimino comme chez Friedkin), est remarquable.
Un des meilleurs polars des années 80. Un face à face viril & mémorable entre un flic "prêt à aller jusqu'au bout" comme je les aime (excellent Mickey Rourke) et la terrible mafia chinoise. Et tout ça sublimé par la caméra virtuose de Cimino. Que demande le peuple ? Peut-être une fin un peu moins tarte à la crême, qui laisse un goût amer quand apparaît le gérénique final...
Je venais de voir "Angel Heart" avec Mickey Rourke et lui avais promis de parler de "l'année du dragon" où il tient aussi le premier rôle. Quelle différence ! De pauvre type diabolisé et aspergé de sang de poulet à redresseur des torts des triades chinoises, jusqu'au boutiste sans peur mais non pas sans reproche. Je ne connais de Cimino que ce film et "Voyage au bout de l'enfer", deux chefs d'oeuvre pour moi incontestables. Les récits cinématographiques de ce réalisateur sont riches d'à côtés instructifs et de personnages secondaires pittoresques, comme ce mafieux en rupture de cordes vocales, ces fabricants de raviolis chinois dans une cave insalubre, ou ces religieuses impeccables qui savent si bien traduire les dialectes chinois. La jeune journaliste chinoise est charmante et évolue dans un cadre plus affriolant que la non moins agréable prêtresse vaudou de l'autre film. Le duel de Rourke, cet inconsolé du Vietnam, avec le jeune chef des malfrats de la chinatown newyorkaise est carrément homérique. Jeune chef raide comme un démon, également vu en "dernier empereur" chez Bertolucci. Le duel final sur une voie de chemin de fer rappelle peut-être son équivalent dans "French Connection". Je laisse aux exégètes de cinéma le soin de décortiquer les arrières plans philosophiques et politiques de cette production. J'ai noté pour ma part sa conclusion dans le style coup d'épée dans l'eau, tout ça pour ça, ou que tout change pour que rien ne change.
D'origine polonaise, Stanley White (interprété par Mickey Rourke) est un policier new-yorkais et un vétéran de la guerre du Vietnam. En enquêtant sur une série d'assassinats commis à Chinatown, il se heurte très vite à Joey Tai (John Lone), jeune et ambitieux homme d'affaires cherchant à prendre la tête de la mafia chinoise. Sorti en 1985 et réalisé par Michael Cimino, "L'Année du dragon" a été un flop commercial mais a depuis acquis le statut de film culte. Et à juste titre, car ce polar violent et lyrique, d'une efficacité redoutable, reste un des sommets du genre. Sa force repose en grande partie sur la performance stupéfiante de Mickey Rourke et le couple passionnel qu'il forme sur écran avec la belle Ariane Koizumi. John Lone est également excellent. En lutte contre sa propre hiérarchie et jusqu'au-boutiste, presque suicidaire, Stanley White est un personnage un peu borderline _ à l'image de ce polar sans concession et ayant subi les foudres de la critique étasunienne. Même Ariane Koizumi a été éreintée par la presse, alors que son interprétation est juste et crédible. Au-delà de l'intrigue policière, le thème de "L'Année du Dragon" est la violence intra et intercommunautaire. Il s'agit d'un de ces films brillants et politiquement incorrects qui ne pourraient plus exister aujourd'hui. Le politiquement correct étouffe la liberté artistique, de même qu'il broie les individus.
Un vrai policier, dur et sobre. On adore le personnage principal, policier absolue qui repousse ses limites. On vibre, on se passionne pour l'intrigue et on aime baigner dans cette ambiance de mafia chinoise. C'est très intéressant et le film est extra. Un must du genre.
On appréciera tout particulièrement les décors et la mise en scène de "L'année du dragon". Le scénario, lui, est plutôt simple mais dense et aborde de nombreux thèmes, tous liés à son personnage principal: désir de vengeace, de justice, amour, amitié... Au final un film qui se démarque (au moins un peu) des policiers habituels, mais au quel il manque ce petit quelque chose pour être excellent.
Réalisé par Michael Cimino et interpreté par Mickey Rourke qui trouve ici l'un de ses meilleurs rôles, L'année du dragon est un superbe polar, réalisé de façon sublime, a l'interpretation choc, dramatique, sincère, violent, spectaculaire et tout aussi réaliste. A voir voir et a revoir impérativement.