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Komodorr
140 critiques
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4,0
Publiée le 24 juin 2017
Je suis surtout époustouflée par la narration de Coyote qui est excellent dans ce film; une tornade de sentiments, un poison violent; ah si c'est ça l'amour comme il fait souffrir!
N'ayant pas lu le livre de Brückner, livre scandaleux à l'excellente réputation, j'avais abordé à l'époque le "dernier Polanski" avec une virginité bienheureuse, et j'avais été plutôt séduit par tout ce que "Lunes de Fiel" avait de scabreux, glauque et malaisant : je pensais y retrouver le Polanski que nous aimions, celui de "Rosemary's Baby", de "Repulsion" ou - surtout - du "Locataire". Revoir "Lunes de Fiel" avait mis à mal cette bonne impression, parce que transparaissait clairement, une fois passé le choc, tout ce que le film avait de "bourgeois", de conventionnel : oui, "Lunes de Fiel" dit des choses justes et importantes sur le couple, sur le naufrage inéluctable de l'amour et de la sexualité, mais, faute dune vraie radicalité esthétique et / ou narrative, les noie dans des images conventionnelles, décoratives, finalement rassurantes pour le spectateur. Bref, Polanski lisse son propos, et même si Coyote et Seigner ont suffisamment de moments "borderline" pour que quelque chose d'indécent passe à l'écran malgré la joliesse des images, on passe clairement à côté du brûlot que le film aurait pu, aurait sans doute dû être. Il est possible, heureusement, de se livrer à une lecture "méta" du film, en y voyant une illustration des rapports entre Polanski et la femme qu'il aime, Emmanuelle Seigner, qu'il se complait à dénuder et à exposer dans les scènes les plus avilissantes possibles à la concupiscence, puis au dégoût et à la peur de son spectateur : et ça, au delà de la question de l'adaptation d'une œuvre littéraire fameuse, c'est évidemment intéressant.
Lorsque l'amour mène à une passion sexuelle sans limite qui tue l'amour lui-même, le danger de l'autodestruction et du sadisme guette. Ce chef d'oeuvre de Roman Polanski, porté par la musique de Vangelis, est d'une réalisation parfaite (souvent « imagée »). Mathilde Seigner est époustouflante, Hugh Grant tient parfaitement le rôle de l'anglais un peu coincé et Peter Coyote très convainquant. Bref, un film d'une très grande qualité, qui donne à réfléchir, mais réservé à un public averti (le film n'hésite pas à mettre en image certaines scènes sado-maso. Mais le résultat reste tout à fait regardable, le film évite de montrer le vulgaire pour le vulgaire).
Ennuyeux, pénible, niais, démodé, (trop) long, faussement provocateur et j'en passe... Bref, vous l'aurez compris, je ne porte pas vraiment ce film dans mon coeur. J'ai l'impression que Polanski ne brille pas quand il s'agit de diriger son épouse au cinéma (Frantic, la neuvième porte et lunes de fiel donc). Je mets 1,5/5 pour les acteurs et les fesses d'Emmanuelle Seigner.
Regarder un film de Roman Polanski, c'est toujours prendre un risque de voyager dans l'inconnu et le vice. Fidèle à lui-même, le réalisateur aborde dans ces "Lunes de fiel" quelques uns de ses thèmes fétiches, à savoir le sado-masochisme, l'amour destructeur et autodestructeur. La mise en scène du cinéaste franco-polonais est tantôt glauque tantôt conventionnelle, l'histoire passe du présent au passé avec une troublante facilité et les acteurs sont habités par des personnages, fascinants autant dans leurs travers et leurs turpitudes amoureuses que dans leur vie quotidienne et dans les rapports complexes qu'ils ont entre eux. Il est dur de ne pas se prêter au jeu et de ne pas s'identifier à ces personnes qui se cherchent, se trouvent, se perdent, puis se retrouvent d'une manière brutale ou d'une autre, plus douce. Réussi et encore efficace aujourd'hui malgré ses 22 ans d'âge, "Lunes de fiel" est plus qu'un film mineur dans la longue carrière de Polanski.
Le temps a dissipé les fumerolles de souffre entourant ce film et du même coup fait ressortir ses longueurs signes d'un vieillissement mal supporté malgré son sujet intemporel. Le film aurait sans doute beaucoup gagné à être plus ramassé. On est loin du compte en conséquence de quoi la paupière est souvent lourde simplement soutenue par quelques appétits libidineux.
Lunes de fiel est un Polanski oublié et assez peu connu. Pourtant il mérite le coup d'oeil à certains égards. C'est, certes, loin d'être son meilleur, mais cela reste un Polanski intéressant. Il y a quelque chose qui m'a plu là dedans, c'est l'espèce de folle passion qui transcende le film, cette passion amoureuse, dévastatrice, incontrôlée, qui arrive à des moments d’incontrôlé total, de perte de lucidité, des moments où chaque sentiment ressenti semble décupler, bref, une passion amoureuse complètement incontrôlée, incontrôlable et surtout dévastatrice. Et Polanski parvient assez bien à filmer ça. Son choix de narration casse parfois un peu le rythme qu'il voudrait insuffler à son film mais reconnaissons lui que lorsqu'il s'agit de filmer ces envolées folles, il s'en sort plutôt bien, dressant des personnages de Peter Coyote et d'Emmanuelle Saigner deux personnages à la fois victime, puis tortionnaire, puis victime. C'est assez intéressant et bien foutu. Le personnage de Grant est comme un avatar du spectateur, d'abord intrigué, puis dégouté, puis séduit, puis perdu et ainsi de suite. Coyote lui raconte son histoire comme Polanski nous raconte la sienne et on en sort finalement assez intrigué.
J'ignore s'il y a un rapport de cause à effet mais les trois films ou Polanski a dirigé son épouse Emmanuelle Seigner font partie de ses plus mauvais films : "Frantic", "La neuvième porte" et se "Lunes de fiel". Faussement provocateur, le film est remarquablement fade malgré son sujet. Polanski, qu'on a connu plus subtil et inspiré, multiplie les clichés et peine à nous convaincre de la réalité de cette relation qui commence comme du Barbara Cartland pour finir dans le sadomasochisme le plus radical. Il aurait fallu se concentrer sur l'« amour », si on peut le qualifier ainsi, passionnel et autodestructeur de se couple au lieu d'empiler les scènes érotiques qui ressemblent plus à des fantasmes de vieux pervers qu'à la dérangeante autopsie des mécanismes du désir qu'on pouvait attendre. Reste l'amusement de revoir un minitel en fonctionnement, qui plus est pour contacter le mythique 3615 Ulla !
Un film de Roman Polanski (1992) en pleine forme ! De l'érotisme si savamment osé qu'il en devient obsessionnel. L'interprétation est magistrale, et si Hugo Grant est parfait, que dire d'Emmanuelle Seigner et Kristin Scott Thomas qui nous font de l'avant dernière scène un monument de torridité spoiler: (quel dommage que la fin finisse en massacre !)
Comme tout bon gros navet qui se respecte, celui-ci oscille entre le niais, le sinistre et le débile. Et cerises sur le gâteau, en plus du gros popotin de Mimi et des clichés sur Paris et Hemingway/Miller, la-baguette-de-pain-dans-l'ascenseur et 3615-ULLA-Honni-soit-qui-mal-y-pense.