Le film a fait partie de la sélection Cannes Classics 2022.
Glauber Rocha est l'un des initiateurs du mouvement brésilien Cinema Novo, qui puise son inspiration dans le néoréalisme italien et la Nouvelle Vague française. Ce mouvement vise à représenter la réalité sociale du Brésil, son passé historique ainsi que la pauvreté. Le travail de cinéastes comme Nelson Pereira dos Santos, Carlos Diegues, Joaquim Pedro de Andrade, Walter Lima Júnior et Ruy Guerra s'inscrit également dans le Cinema Novo.
Pour théoriser le mouvement, Rocha évoque une "esthétique de la violence" : "au moment où l’on refuse toute la culture « officielle » l’unique position, c’est la violence. On ne peut pas faire exploser les cadres existants. Certaines bombes ne sont pas efficaces, mais d’autres le sont. Nous croyons qu’une dizaine, une centaine de films peuvent atteindre le but que nous nous sommes fixé : faire prendre conscience. Aujourd’hui, l’unique culture vraie, c’est le peuple opprimé : c’est à partir de là que l’on peut faire quelque chose de valable. Le reste n’est que le produit d’une culture colonisée et ne m’inspire aucun respect. On doit fonder à partir de ce degré zéro, une nouvelle culture qui ne peut être qu’une culture née d’une révolution. Le Cinema novo est donc une culture « en transe » qui refuse la société actuelle." (Extrait d'un entretien paru dans Les Lettres françaises le 25/10/1967)
Glauber Rocha s'est inspiré du "romanceiro", un terme qui désigne les recueils espagnols de petits poèmes héroïques tirés des chansons de geste ibériques et qui reprennent des légendes populaires : "C’est une littérature populaire, qui s’articule, divulgue, chante et commente sur ce thème [la révolte du peuple, ndlr]. C’est une tradition très forte, transmise par des bardes aveugles dans les villages, ou diffusée par de petits livres vendus sur les foires. C’est la forme artistique du langage des paysans brésiliens." (Extrait d'un entretien paru dans Les Lettres françaises le 25/10/1967)
Glauber Rocha fera du personnage du tueur à gages Antonio das Mortes le héros d'un film en 1969.