Ça y est, la chute de qualité commence (accrochez-vous pour le quatrième opus). Ce Superman III est dans l'ensemble un film à deux vitesses : la première est la comédie "Richard Pryor Show" qui ne croise pas souvent la seconde, à savoir le film de super-héros de Superman. Cela donne un peu l'impression d'assister à deux pièces d'un puzzle imbriquées malgré elles, à grands coups de chaussures, et qui ne sont jolies à regarder que séparément. Car la scène de "saut à skis" de Richard Pryor est amusante (surtout doublé par le très regretté Med Hondo, ce génie qui ajoutait beaucoup de sympathie à ses personnages), ses scènes de trafic d'ordinateur (avec le gardien de l'immeuble bourré et traîné comme un sac à patates) fonctionnent très bien. Idem les scènes de bagarre entre Clark Kent et le "Superman Dépressif" (coucou Thunderbolts de 2025) dans une casse automobile est vraiment enthousiasmante, les scènes avec la Tour de Pise sont très drôles (avec le marchand qui détruit lui-même ses babioles-souvenirs en fonction de si Superman a penché ou redressé la Tour : une idée hilarante). Mais combinées ensembles, toutes ces scènes ne forment pas naturellement un film, alors on baguenaude d'un film (la comédie de Pryor) à l'autre (le film héroïque de Superman), sans cohérence, et sans jamais oublier que le film fait 2h07. C'en devient vite long, le patchwork démultipliant la durée ressentie au visionnage (on bute à chaque transition inexistante entre les deux personnages principaux). Peut-être raccrochera-t-on lors du final qui
transforme la sœur de Lex Luthor en robot qui lance des lasers
(oui, cette phrase ressemble à un final de nanar... Et franchement, on n'en est pas loin), pour un final explosif qui réunit (au forceps) Pryor et Superman (et l'antagonisme ne se fait finalement pas...
Pryor sauvant le héros rouge et bleu directement,
damned). Idem, la relation Loïs et Clark prend une distance inattendue après le deuxième opus qui les voyaient déjà ensemble (ici, on doit voir Loïs deux minutes, si l'on ne cligne pas des yeux). Dans l'ensemble, ce troisième opus possède une flopée de bonnes scènes mémorables, qu'il peine à relier, ce qui donne l'impression de regarder deux bons films, mal mixés. [PS : dans le sauvetage du début, les victimes ont bien de la chance qu'aucun clou ou vis ne dépassent à l'intérieur du tuyau-toboggan : aïe.]