Body Double
Note moyenne
3,5
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184 critiques spectateurs

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Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 avril 2017
Un chef d'œuvre d'érotisme et d'épouvante de Brian de Palma. Craig Wesson incarne un acteur malchanceux de films d'horreur . Mélanie Griffith interprète une actrice pornographique. Le réalisateur nous plonge dans les coulisses de ce cinéma de genre.
7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2017
Décidément, le voyeurisme est un sujet qui tient à cœur au cinéaste !
En effet, Brian de Palma avait déjà approcher ce thème dans son "Hi, Mom !" de 1969, mais à l'inverse de celui-ci, "Body double", lui, dispose d'un scénario bien plus poussé et bien plus passionnant. Ce long-métrage, aux multiples références, et tout particulièrement aux films d'Hitchcock comme "Fenêtre sur cour" et "Sueurs froides", deviendra très rapidement intrigant face à ce thriller façon piège sur fond de voyeurisme et de claustrophobie où les métaphores se feront nombreuses. "Body double" bernera son spectateur tout du long et créera la surprise dans ses dernières minutes, en transformant ce thriller sombre en délire d'acteur inattendu, lui donnant une dimension bien plus psychologique qu'on était loin d'imaginer.
Pascal T
Pascal T

8 abonnés 35 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2017
Tout simplement excellent. Du grand Brian De Palma comme on les aime, suspens, belle photo, acteurs excellents (Craig Wasson, Melanie Griffith, Gregg Henry). Suspens jusqu'au bout. Fiates nous encore des thrillers de ce type svp !!
babidi
babidi

5 abonnés 275 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 janvier 2017
Mr Brain De Palma revisite un classique du maitre du frisson
des acteurs jouant justent et sans fioriture
un bon scenario remis au gout du jour
des prise de vue sur un decor hors norme ( l appartement est vraiment idyllique )
une musique signe donagio
que demander de plus ????
merci pour ce petit bijou de cinema
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 janvier 2017
Un gentillet film de voyeur qui fait penser évidemment à ce qu'a proposé Hitchcock en son temps mais en mieux. Brian De Palma ne nous endort pas ou si rarement qu'il faudrait fouiller dans les archives pendant des plombes entières. Et encore !

De Palma ne se départit donc pas de son élégante mise en scène très appliquée -un peu trop lente sans doute (à force)- puis propose son coup de théâtre suivi d'un autre, coup sur coup, laissant le spectateur ébahi et incrédule : évidemment tout cela ne tient pas debout et oscille soit vers la comédie, soit vers le "n'importe quoi", histoire de meubler un scénario qui part à vau l'eau... surtout que le Frankie qui va à Hollywood s'invite comme un cheveu sur la soupe. On veut bien rester "relax" mais pas être pris pour une poire non plus.

Bref, je ne suis pas satisfait cher Brian et bien que je ne me sois pas ennuyé, tes rebondissements imbéciles ont déprécié un film qui n'en demandait pas tant, lui qui naviguait à vue juste au dessus de la ligne de flottaison. Je remarque pour l'anecdote Melanie Griffith, charmante, avant qu'elle ne passe plus tard un peu trop de fois sur le billard pour -j'ignore pourquoi- rattraper un certain Michael Jackson.

Pas très sérieux ce Body Double, pas désagréable non plus mais un manque de rigueur alarmant.
Cyril J.
Cyril J.

33 abonnés 625 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 novembre 2016
Un acteur de série B largué par sa copine, au chômage et à la rue accepte de squatter dans le luxueux logement d’un collègue. Il le lui prête gentiment en lui signalant qu’en prime il pourrait mater tous les soirs à la jumelle une petite splendeur qui se caresse en dansant à sa fenêtre dans l’immeuble d’en face. Ce qui ressemble au début à une petite perversion récréative l’amène à suivre ladite vénus dans la journée, ce qui l’entrainera dans une spirale de poursuites, de violences et de meurtres, où il ne comprendra que trop tard qu’il se noie dans le rôle involontaire d’un engrenage qui le dépasse.
Thriller efficace et sans repos de Bria de Palma tourné en 1984 au souffle d’érotisme et de suspense intense, où il fait bon y retrouver les scandaleuses beautés d’alors de Melanie Griffith et de Deborah Shelton.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2016
J'étais resté un peu avec un souvenir du cinéma de De Palma en demi teinte après avoir été déçu par Blow Out et m'être royalement ennuyé devant le Dahlia Noir, mais ce film là est vraiment bon et se révèle être aussi stressant que son personnage principal mérite tout le mal qui lui arrive étant donné qu'il met vraiment son nez n'importe où...

J'ai vraiment aimé les références hitchockiennes, ici on a un peu un mélange entre Vertigo et Fenêtre sur Cour dans un univers moins "gentillet", plus axé sur le cinéma pornographique, nul doute que j'allais aimer. Même si le film fait clairement références à son modèle il parvient à exister par lui-même et à ne jamais juste faire un remake d'un des deux films sus-cités. Et c'est là qu'on reconnaît un bon réalisateur, il a certes des influences, mais des influences qu'il digère, il ne refait pas la même chose, il propose autre chose avec ce qu'il aime, comme ça il n'y a pas de comparaison directe entre lui et son modèle, qu'il ne va pas de toute façon pas égaler s'il fait une simple décalque.

J'ai également apprécié le jeu pour brouiller les pistes entre réalité, rêve, cinéma. Ce baiser à 360°, est-il réel ? fantasmé ? que signifient ces scènes de tournage ? est-ce un film ou la réalité ?

Le film reste quant à lui malgré une certaine prévisibilité (j'ai tout prédit sauf le coup de l'indien, mais bon c'était un peu sorti du chapeau) arrive à maintenir consentement la tension, déjà parce que son héros se met dans des situations improbables, notamment dans cette filature hallucinante au début du film qui donne juste envie de lui foutre des claques tellement il se mêle de ce qui ne le regarde pas, mais aussi parce que c'est bien rythmé, il n'y a aucun temps mort, que la mise en scène arrive à jouer avec nos nerfs.

Avec ce film pour moi De Palma frappe un grand coup et fait un thriller réellement passionnant, dont le générique final est pour le moins inoubliable.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2016
Film sur le voyeurisme et les doublures d'Hollywood, Body Double (1984) est un thriller érotique où Brian De Palma synthétise toutes les obsessions de la première partie de sa carrière et notamment son obsession pour les films d'Hitchcock. Body Double contient ainsi un nombre impressionnant de références ouvertes à Vertigo, Fenêtre sur cour, La Mort aux trousses, Psychose, etc. traitées sur mode quasi-parodique. Dans ce film post-moderne, De Palma s'amuse et nous amuse en s'adonnant à tous les excès. Voir ma critique complète sur mon site :
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 septembre 2016
À l'orée des années 1980, après l'échec de « Blow Out », Brian De Palma, alors déjà mondialement connu pour ses films clinquants et maniérés, sent son phébus hitchcockien se briser. Mais par la suite, le succès de « Scarface » lui offre la preuve qu'il est parfaitement capable de s'épanouir à travers de nombreux genres radicalement opposés, sans pour autant bénéficier d'un accueil critique favorable. Quoique fasse le cinéaste encore en activité de nos jours, il créé la polémique et sait diviser la majorité des spectateurs. Qu'il sorte un film inclassable (« Phantom of the Paradise »), taquine violemment le mauvais gout (« Carrie »), sorte des films de studios à gros budget (« Mission : Impossible ») ou déchaine les émotions aux cotés d'un spadassin rital (« Carlito's Way »), il récolte autant les injures que les éloges. Mais il est un genre dans lequel le bougre, particulièrement éclectique, s'est illustré tel un maitre, et où son style est immédiatement identifiable entre mille : le thriller érotique sophistiqué, de préférence avec un twist en guise de fin. Et si le niveau avait déjà été placé très haut avec « Obsession » (1976) et « Pulsions » (1980), « Body Double », sorti en 1984, s'impose d'emblée comme une forme de fantasme cinématographique ultime.

« Body Double » est une œuvre emblématique de De Palma, car, d'une part, il s'agit de son thriller le plus complet, et d'un point de vu axiomatique, l'un de ses aboutissements. Se présentant dans sa forme comme une relecture de « Vertigo », le film déforme néanmoins le cadenas hitchcockien pour en extraire sa substance, la remettant au gout des années 1980. À travers ce faux-remake, Brian De Palma articule ses obsessions : voyeurisme, meurtre, twist à répétition, figure trompeuse d'une femme mystérieuse, comme il l'avait déjà fait dans « Pulsions », autre relecture d'un film d'Alfred Hitchcock : « Psychose ». Maitre de sa grammaire cinématographique, le réalisateur ne voit cependant pas Hitchcock comme un modèle, même si l'esthétique de « Body Double » rend de nombreux hommages au major. Il semble davantage le considérer comme un terrain de jeu expérimental, un kaléidoscope dont les codes cohérents seraient à réinterpréter. Via ce minimalisme édulcoré, les personnages occupent également une place très importante : dans « Obsession », le héros est victime de sa propre malédiction, se déployant sur sa culpabilité. Dans « Pulsions », c'est la banalité qui aliène le protagoniste. Pour « Body Double », Jack est victime de sa naïveté, de sa timidité, de sa frustration.

« Body Double » vise ainsi deux thématiques très distinctes : d'un coté, le désir sexuel, ainsi que le désir de protéger, guidant l'action des protagonistes. De l'autre, le rapport étroit entre la réalité est l'illusion, qui se distingue dès le générique, lorsque les lettres du titre apparaissent sur un panorama désertique digne d'une introduction de western, avant que ce dernier ne se déplace pour figurer dans le cadre tel un banal fond de décor.

Si il garde une cohérence tout le long de sa durée, « Body Double » se présente donc sous deux facettes, dont la frontière apparait grâce au chemin dramatique emprunté. Jusqu'au décès de Gloria, De Palma nous emporte dans un drame intime : celui d'un homme esseulé, socialement autant que sexuellement. Petit malin ayant pleinement conscience de sa malignité, Brian De Palma, bougre « auquel-on-la-fait-pas », ne cesse pas ces provocations esthétiques polarisant les regards, mais ne livre ici ni une comédie, ni un film inclassable, ni un récit d'épouvante, et encore moins un thriller. Il est plus accessible de percevoir « Body Double » comme un méta-film, in-fine tout aussi proche de
« Boulevard du Crépuscule » ou « Mulholland Drive » que d'un sombre voyage hitchcockien. Fétichisme, voyeurisme, fascination, le film impose à son héros le sexe comme source de ses ennuis, mais aussi comme la résolution définitive à ses problèmes. Car Brian De Palma constitue une forme de parallèle entre l'homme incapable de jouer et l'homme incapable de bander. La claustrophobie de Jack ne serait-elle qu'une métaphore de son sexe bouclé dans sa braguette ? Caractérisé par une atmosphère envoutante, « Body Double » redonde les symboles phalliques, et notamment lors de la séquence du meurtre, très explicite, mais chorégraphiée avec une aisance si forte qu'elle s'impose d'emblée comme l'analogie entre la mort et le sexe, mais aussi comme une allégorie particulièrement malsaine du malheur sexuel de Jack.

Ce qui interpelle immédiatement dans « Body Double », c'est aussi cette nature fugitive de l'image, comme si cette dernière était insaisissable. Didactique, Brian De Palma va ainsi au-delà d'un simple film matriciel, mais nous fait pénétrer en douceur dans un espace psychologique clos. À la lisière du fantastique, mais aussi par conséquent de la perte d'équilibre, le film dresse une atmosphère où l'on sait que l'impensable va se produire. Ainsi, alors que nous ne sommes jamais pris par la main, nous ne pouvons qu'être attirer par ce qui se déroule sous nos yeux comme si il s'agissait de la gravité. Maitrisant la mise en scène de l'illusion se caractérisant par l'utilisation de faux-semblants, Brian De Palma parvient à capter l'invisible, le cœur même des êtres qu'il filme, poussant la mise en scène du dédoublement tellement loin que le métrage finit par coller le vertige.

On le sait, De Palma aime achever ses films sur une séquence d'antologie. À première vue, le final de « Body Double » semble minimaliste, exsangue et vulgaire. Pourtant, il est bel-et-bien le point culminant du film, montrant en quelques secondes ce que le reste du film à laisser filer sous nos yeux pendant deux heures. Il s'agit d'un véritable pied de nez adressé au spectateur, car on sait également que De Palma aime boucler la boucle, fermant son film comme il le commence. Et avant d'arriver à la séquence finale, on notera que le réalisateur de « Phantom of the Paradise » signe son film avec une envergure de style immense, englobant les sens tout en les perturbant jusqu'au boutiste.

La séquence finale fait à nouveau référence à une analogie entre la mort le sexe, tout en achevant la métaphore du titre "doublure de corps" ; et en effet, nous y voyons, sur un tournage, une actrice se faire remplacer par une doublure pour une scène de sexe. La séquence est très intéressante, car elle nous met directement à la place de Jack. Nous sommes les voyeurs, nous pensons voir une actrice connue, nous ne voyons en réalité que sa doublure. Encore une illusion, une pure mise en abîme.

Et la scène soulève également plusieurs questions, car nous y retrouvons Jack dans un rôle qui ne lui appartient plus, ce premier s'étant fait virer par le réalisateur. Heureusement, difficile de se constituer une interprétation, car cette fois, l'illusion est totale. Est-ce une prolongation de la première scène du film ? Jack et le réalisateur se sont t-ils réconciliés après que Jack ai réussi à vaincre sa claustrophobie ? Ou ces dernières minutes sont-elles un fantasme ?

« Body Double » est donc bien plus qu'un simple délire. À un degrés bien plus poussé qu'« Obsession » et « Pulsions », il s'agit davantage d'un film mettant en exergue les apparences. Le cinéma n'est pas une magie, c'est un mensonge, car il se compose d'images. Un telle richesse cumulée en à peine deux heures donne presque froid dans le dos, amplifiée par une inventivité visuelle sans faille et présente sur chaque plan. La gnoséologie de la société contemporaine. Quand les forces obscures serpentent dans les yeux... Brillant, juste brian.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 juillet 2016
C'est nul ! La scène de la perceuse est mal filmée, digne d'un nanard, risible de bêtise ! On se demande ce qu'elle fichait là. La gueule du tueur est mal faite, l'intrigue est honteusement pompée de la filmographie de Hitchcock. La mise en scène est mauvaise et l'histoire du personnage principale est nulle. Quant à la petite culotte... Non mais sérieusement ?! Brian de Palma a décidément de beaux nanards à son actif et pourtant, il a su réaliser des excellences comme "Scarface" et "Les incorruptibles". Passez votre chemin sur "Body Double". Une catastrophe risible. Encore que j'ai rigolé sur le "Holly se fait Hollywood" en publicité pour film X.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 17 mai 2016
Et bien, on ne peut pas être gagnant à tous les coups... Cette fois encore De Palma nous offre un film qui rend clairement hommage aux oeuvres d'Hitchcock mais pour ce coup-ci, je ressens comme une indigestion. J'ai eu l'impression de voir une fusion entre Fenêtre sur cour et Sueurs froides... Certes c'était le but mais là c'est un peu exagéré, et pourtant Pulsions faisait déjà fort par rapport à Psychose. Certaines idées de mises en scènes sont toujours très habiles ça c'est indéniable, mais le personnage principal... Ce Craig Wasson dont la carrière est quand même assez vide nous offre un protagoniste exaspérant. Déjà je trouvais James Stewart en harceleur parfois limite dans Sueurs froides mais l'acteur pouvait au moins jouer sur son charisme et son talent pour compenser. Ici l'acteur joue bien, mais peut être trop justement car on a juste envie au bout d'un moment qu'il se retrouve enterré vivant (l'individu étant claustrophobe, je reconnais faisant preuve ici d'un certain sadisme..). Je me doute que l'idée était de prendre un acteur lambda puisque le personnage est lui même un acteur débutant au chômage seulement son côté empoté ne fait qu'accentué le côté déjà dérangeant de certaines scènes (Certaines situations dû à sa manière de bouger ne fonctionnent pas, spoiler: particulièrement dans la scène de la filature au centre commercial.
.). J'avais presque envie de lui envoyer des fleurs pour le féliciter quand il a eu une illumination et nous a offert le dénouement de l'intrigue sur un plateau (car croyez moi, il paraît difficile de croire qu'il soit capable d'une telle réflexion..). Je regrette aussi le manque de présence de Mélanie Griffith que j'avais beaucoup aimé dans le Bûcher des Vanités où ici elle ne nous offre en faite qu'un personnage "outil", servant juste à faire avancer l'histoire. Je trouve donc pour résumé que le film tient la route sur certains points, mais ces quelques éléments apportent leur lot de problèmes rendant le film assez agaçant. Après, il y a de fortes chances que d'autres puissent apprécier, particulièrement les fans d'Hitchcock.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 mai 2016
Depuis ses premiers succès, une partie de la critique dénie à Brian de Palma le statut d'auteur, lui reprochant sa trop grande proximité avec Alfred Hitchcock qui friserait selon certains le plagiat pur et simple. Il n'est donc pas encore parvenu à atteindre la réputation intellectuelle de ses compagnons d'armes que sont les Coppola, Spielberg et Scorsese. Le succès de "Scarface" en 1983, remake ultra-vitaminé et déjanté du film d'Howard Hawks (1935), semble enfin pouvoir le faire sortir de l'ombre tutélaire de celui qui est encore jugé à l'époque comme le seul et unique maître du suspense. Il est vrai que la suite de sa filmographie jusqu'à nos jours se caractérisera par une volonté d'éclectisme affirmée, l'écartant de manière systématique de l'atmosphère si particulière de ses films de la décennie 1974-1984 qui sont pourtant ceux qui aujourd'hui restent dans les mémoires. Mais en cette année 1984, il lui reste en tête un dernier film hommage à son maitre qu'il n'entend pas réaliser lui-même afin de ne pas déchaîner à nouveau la salve des critiques contre lui. Il pense donc confier le projet à Ken Wiederhorn, un tout jeune réalisateur dont il a apprécié le premier film ("Eyes of a stranger"), mais la Columbia ne l'entend pas de cette oreille et le contraint à passer derrière la caméra. Si de Palma est un admirateur du travail d'Hitchcock, ce sont surtout trois de ses films qui ont nourri son inspiration : "Psychose" tout d'abord duquel il a livré une relecture citadine avec "Pulsions" (1980), "Vertigo" ensuite dont "Obsession" (1976) a proposé une version florentine vaporeuse, "Fenêtre sur cour" enfin pour son thème du voyeurisme repris dans le thriller politique "Blow out" (1981). "Body Double" tentera lui une audacieuse synthèse en mélangeant habilement le thème du double avec celui du voyeurisme tous deux au cœur même de l'œuvre hitchcockienne. Les héros des films du réalisateur anglais sont très souvent pris dans des machinations où leurs obsessions et leurs phobies les ont conduits. Pantins prisonniers de leur trauma, ils deviennent des héros de circonstances plutôt que par affirmation d'une quelconque bravoure désintéressée. Jake Scully (Graig Wasson) acteur de films d'horreur de série Z est pleinement de cette trempe, spectateur invétéré de sa vie et de celle des autres. spoiler: Il va se retrouver au hasard de ses déboires d'acteur raté
et de mari trompé au cœur d'un complot dont il sera bien involontairement le bras armé. Scully réunit jusqu'à la caricature, y compris physique, les travers qu'Hitchcock accolait de manière improbable aux figures charismatiques de Cary Grant ou James Stewart. Avec le quelconque mais néanmoins excellent Graig Wasson, c'est comme si De Palma que l'on surnommait parfois "le Hitchcock du pauvre" voulait ramener les enjeux dramatiques hitchcockiens à leur niveau le plus prosaïque, celui du quidam moyen tel que l'on peut le voir dans la vraie vie. Une instabilité émotionnelle doublée d'une claustrophobie paralysante (un parallèle assumé avec le vertige qui accablait Stewart dans "Vertigo") qui feront tomber spoiler: Jake Scully dans tous les pièges qui lui seront tendus
. De Palma dans cet ultime hommage fait œuvre de démystification, déroulant en boucle et en les poussant jusqu'à la caricature certains des artifices les plus usités d'un maitre devenu encombrant comme pour, avec un sens de la dérision assumé, donner enfin raison à ses détracteurs. Avec le voyeurisme, la claustrophobie et le jeu trouble des apparences qui entourent Jake Scully, c'est la frustration sexuelle qui exsudait de la plupart des films d'Hitchcock que de Palma étale ici au grand jour par le biais des sublimes Deborah Shelton et Mélanie Griffith (fille de Tippi Hedren icône de la blondeur hitchcockienne des "Oiseaux" et de "Pas de printemps pour Marnie"). Le titre "Body Double" fait référence à la doublure-corps régulièrement employée au cinéma pour faire illusion en masquant les imperfections esthétiques de la vedette ou son refus d'apparaître nue. De Palma ayant choisi le milieu du cinéma comme toile de fond, il nous rappelle que le septième art est par essence le domaine de l'illusion, prenant ainsi à contre-pied la quête effrénée et vaine selon lui de certains réalisateurs comme Robert Bresson pour nier cette donnée consubstantielle au phénomène de l'image animée. Au passage dans une scène assez éprouvante, il en profite pour dénoncer les excès de la fameuse méthode de l'Actor's Studio qui prétend nourrir le jeu de l'acteur de la résurgence des expériences traumatiques de l'enfance. Centré sur la préoccupation de régler tout à la fois sa dette à son maitre et son compte à la critique, De Palma a privilégié le rendu sensoriel plus que la force de l'intrigue qui ne sert que de prétexte à la mise en avant de ses clins d'œil facétieux comme cette scène sur la plage où Deborah Shelton et Graig Wasson tournoyant à 360° parviennent à un coït complètement fantasmé. Malgré un côté kitsch clairement affiché avec la présence du groupe Frankie goes to Hollywood venu chanter son tube sulfureux "Relax", qui pourra en rebuter certains, "Body Double" distille un parfum envoûtant qui doit beaucoup au travail de Pino Dinaggio dont la musique atmosphérique nimbe le film d'un parfum d'érotisme entêtant qui grave dans les mémoires (masculines sans doute) la danse lascive de Mélanie Griffith vue à travers la lunette du télescope planté à la fenêtre panoramique de la fameuse Chémosphère de l'architecte John Lautner ( construite en 1960 à Los Angeles sur Hollywood Hills devenue une curiosité locale). Tout se passe donc comme dans un rêve virant au cauchemar et spoiler: c'est bien ce que semble nous dire Dennis Franz, double de De Palma, quand, réalisateur de films de vampires il réveille son acteur victime depuis le début du film d'une crise de claustrophobie à l'intérieur d'un cercueil
. Curieux voyage dans les tréfonds obsessionnels d'un homme ordinaire qui au final nous ressemble, "Body Double" n'est sans doute pas le plus grand film de De Palma mais certainement un film unique en son genre qui retranscrit parfaitement en les détournant les impressions ressenties par De Palma et peut-être certains d'entre nous devant les chefs d'œuvre d'un autre grand réalisateur.
Yannickcinéphile

2 880 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 janvier 2016
Un petit Brian de Palma de plus, moi qui espérait un métrage digne de Pulsions ! Ben déçu, Body Double est loin d’en avoir la qualité.
En particulier niveau intrigue. C’est assez fade, décousu, la chute finale est correcte mais pas non plus géniale, le rythme est tiède, globalement Body Double est bien plus ennuyeux que ce à quoi je m’attendais, en dépit des scènes un peu tendancieuses pour réchauffer l’ambiance sans nul doute ! De Palma a critiqué lui-même son film pour certaines invraisemblances et incohérences, et je ne peux que le rejoindre, à force de vouloir citer ses idoles, il a eu tendance à se désintéresser de trop de son histoire qui n’est finalement qu’un prétexte à ses obsessions de fans !
Le casting est correct, mais on n’est pas non plus dans le mémorable. Le film ne possède pas d’acteurs vraiment connus, hormis Mélanie Griffith. Cette dernière est appréciable mais pas transcendante, Wasson est un peu fade, Henry pas assez présent, et les seconds rôles ne parviennent pas suffisamment à nous marquer, malgré la présence toujours sympathique de Dennis Franz. Franchement ni les acteurs ni les personnages ne m’ont vraiment plu, ils ne livrent pas des prestations assez tranchantes, et prennent le film avec une certaine application molle. Ça ne convient pas franchement à ce genre de film !
La forme reste donc le meilleur point de Body Double. De Palma livre une mise en scène solide, fouillée, comme à l’accoutumé, et parvient à offrir un film esthétique, recherché, précieux dans le sens positif du terme. Moins abouti que Pulsions, malgré tout, Body Double reste proprement présenté, servi par l’argument coup de poing : la bande son magistrale de Pino Donnagio. Encore une superbe partition de ce compositeur phare de de Palma, mais un peu trop méconnu à mon sens.
Body Double est un film sulfureux, mais pas très mémorable. On est vraiment dans un mineur de De Palma, et j’en suis d’autant plus déçu que je mettais beaucoup d’attentes dans ce film que j’espérai proche qualitativement de Pulsions. Je donne 2.5
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2016
Il est clairement difficile de regarder "Body Double" au premier degré, tant De Palma en fait des tonnes dans sa "célébration" cynique de la laideur eighties et de la décadence du cinéma - ici réduit à ses expressions les moins nobles, le film d'horreur de série Z et le porno. Quasiment aucune scène n'est épargnée par l'outrance : personnages déviants interprétés sans aucune finesse, vision glauque du sexe et de la femme comme objet de voyeurisme masturbatoire, déréalisation complète de la moindre péripétie (le sommet du "n'importe quoi" provocateur étant sans doute atteint lors du coup de foudre "sexuel" tourbillonnant entre Jake Scully et Gloria Revelle !)… Pourtant, "Body Double" passionne - et est devenu une sorte de classique certes malade, mais reconnu, du Cinéma - parce qu'il conclut en beauté la période post-hitchcockienne et théorique de De Palma (qui s'essaiera ensuite au cinéma des studios, avec les résultats divers que l'on connaît), en faisant une synthèse habile des théories du Maître telles que déclinées dans "Vertigo" et "Rear Window" (voire même un tantinet de "Psycho"). Sommet de perversité, "Body Double" fascine par l'intelligence avec laquelle De Palma affronte sans complexe la dégradation du cinéma au sens le plus noble, englouti ici sous les images vulgaires et efficaces (pensons au clip de Frankie Goes to Hollywood).
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 janvier 2016
Un film qui joue sur les paradoxes et les faux semblants. Entre pornographie et film d'horreur, il se veut un hommage à Hitchcock et pour son côté thriller il gagne le point de l'originalité. Il y a quand même quelques chose qui cloche dans une façon de filmer presque sirupeuse à de nombreux endroits et un côté kitsch presque digne des feux de l'amour.... Cependant les scènes rapprochant la réalité et le film sont assez habilement tournées et la fin intéressante.
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