Thriller érotique coécrit et réalisé par Brian De Palma, Body Double est un très mauvais film. L'histoire nous fait suivre Jake Scully, un acteur de séries Z, qui est obligé de quitter le domicile de sa fiancée après l'avoir trouvée au lit avec un autre homme. Sam, un acteur avec qui il a lié connaissance, lui propose de garder une belle maison circulaire sur les hauteurs de Los Angeles, qu'il garde lui-même pour un riche ami voyageant en Europe. Sam lui dévoile son activité favorite consistant à observer avec une longue-vue sa voisine en contrebas, qui chaque soir se met en scène dans son appartement en se trémoussant à moitié dévêtue. Le lendemain soir, Jake épie la jeune femme et découvre qu'il n'est pas le seul à profiter du spectacle. En effet, un mystérieux Indien l'épie lui aussi. C'est alors que Jake va tenter d'alerter la jeune femme en danger. Ce scénario, sorte d'hommage, voir de pastiche ou de parodie à de nombreuses œuvres d'Alfred Hitchcock, s'avère malheureusement particulièrement ennuyant à visionner pendant toute sa durée de près de deux heures. Une durée qui se fait très largement ressentir tant l'intrigue est faible, peu captivante et aucunement intéressante. De plus, elle comporte de nombreuses scènes tirant en longueur, notamment lors des moments de poursuites et de voyeurisme. Résultat, le tout est soporifique et l'on s'ennuie ferme de bout en bout. Même l'ambiance mêlant thriller et érotisme ne fonctionne pas. On ne ressent aucune tension, qu'elle soit menaçante ou érotisante. De surcroît, l'ensemble est porté par des personnages creux, antipathiques, et aucunement attachants, interprétés par une distribution vraiment pas convaincante comprenant Craig Wasson, Melanie Griffith, Gregg Henry, Deborah Shelton, Guy Boyd ou encore Dennis Franz. Hélas, tous ces individus ne procurent absolument aucune émotion via leurs rapports. Des échanges en plus soutenus par des dialogues fades et neutres. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain déçoit également. Sa mise en scène est très quelconque et très loin de ses standards habituels. Elle ne comporte aucune idée et ne propose aucune patte esthétique. Pourtant, il y avait matière à faire avec cette demeure atypique et cette longue-vue. Ce visuel beaucoup trop commun est accompagné par une b.o. signée Pino Donaggio, dont les compositions font le travail mais s'avèrent trop génériques. Reste une fin aussi ratée que le reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Body Double qui, en conclusion, est un long-métrage pénible et un cru indigne de la part de son cinéaste qu'on a connu infiniment plus inspiré par le passé.