Attention, cette critique dévoile des éléments importants du film : "Fenêtre sur cour" est bien sûr un grand film sur le voyeurisme et les questions que le thème comporte – peut-on se mêler de la vie des gens, même si c'est pour leur bien ? Quelles sont les répercussions morales du voyeurisme ? Ce que l'on voit est-il forcément le miroir de notre vie ? – et sur le plan purement formel un travail minutieux et fascinant sur le champ-contrechamp. Il y a d'un côté celui qui regarde, Jeffries, un photographe interprété par le génial James Stewart, parfait en ce qu'il transmet une gamme d'émotions variées, à la hauteur de l'étrangeté de ce qu'il voit en face de son appartement, soit un homme aux agissements problématiques qui aurait assassiné sa femme. Tout le film tient sur cette question d'un même regard et de son contrôle jusqu'au moment où cette obsession maladive et dangereuse est démasquée dans une scène immense : tandis que Lisa, la petite amie de Jeffries, se trouve avec la police chez Thorwald, elle montre discrètement une bague – potentiel indice décisif – à Jeffries qui surveille l'action grâce à ses jumelles. Mais le geste de Lisa est perçu par Thorwald, qui regarde alors pour la première fois l'endroit où vit celui qui l'espionne : le champ-contrechamp ne se conçoit alors plus comme un moyen formel destiné à établir une relation voyant/vu mais fusionne les deux faces antithétiques d'une même nature – le regard – dans le but de précipiter le suspense. Du moment que Thorwald ignore qu'il est observé, le film s'emploie avec brio à décrire une suite de mouvements et de déductions; quand il sait qu'il est espionné, c'est un même enjeu qui est partagé et la résolution peut alors s'enclencher. Peu importe si les toutes dernières minutes de "Fenêtre sur cour" ne sont pas les plus réussies, une légère déception causée par quelques tentatives formelles peu opérantes, tant Hitchcock aura prouvé à quel point il sait anticiper toutes les réactions du spectateur et, par le biais de légers revirements de situations, comment il exerce une manipulation absolument jubilatoire. Mis en scène avec précision et exigence, "Fenêtre sur cour" est donc un formidable divertissement qui mêle avec maestria la peur et le jeu, le premier degré et l'ironie.
Pfff. j'ai été déçu par ce film... il y a quelques jours j'ai regardé 'Sueurs froides' et j'avais tellement aimé ça que j'ai voulu continuer les classiques d'Hitchcock mais là je me suis ennuyé... l'enquête est longue à se mettre en place & le scénario n'est pas aussi surprenant que dans 'Vertigo' fait que je suis ressorti de ce film avec une sensation de raté... c'est triste à dire mais c'est vrai... reste la belle présence de la magnifique Grace Kelly qui a au moins apporté un peu de glamour à ma soirée !
Acteurs superbes (le sémillant James Stewart et la sublime Grace Kelly en tête), dialogues géniaux (notamment les joutes entre hommes et femmes à cette époque !), cadre incroyable (« Rear window » est un huis clos dans un appartement donnant sur une cour d’immeuble) font de ce film du grand Sir Alfred un classique du genre et arrivent même à faire oublier le fait qu’on y parle plus qu’on agit ! Un long-métrage réalisé par un virtuose de la caméra, mais pas le meilleur du maître à mon sens.
Un classique des polars, à raison puisqu'Alfred Hitchcock nous développe une intrigue implacable et prenante. Le scénario est bien ficelé, les acteurs sont parfaits.
Grand classique de la filmographie d’Alfred Hitchcock, "Fenêtre sur cour" ne peut cependant pas se vanter d’avoir aussi bien vieilli que "Psychose" ou "La mort aux trousses". La faute sans doute au soin tout particulier apporté par le réalisateur à sa mise en scène, qui use et abuse des contre-champs et des plans séquences à une époque où ces techniques étaient encore innovantes et qui paraissent aujourd’hui bien datées. Autre défaut : le temps que met l’intrigue à démarrer après une mise en place pas particulièrement efficace du en partie aux contraintes techniques inhérentes au huis clos (le point de vue du spectateur étant exclusivement limité à l’appartement du héros, immobilisé en raison d’une jambe cassée). Je serai moins dur avec le caractère désuet des us et coutumes de l’époque (les portes des appartements qui ne sont jamais fermées à clés, les voisins qui se connaissent tous, la place de la femme dans la Société…) et la lenteur de la mise en scène qui participent au charme du film. La place habituelle de ce "Fenêtre sur Cour" dans les classements des meilleurs films du 7e art n’est cependant pas entièrement usurpée. Outre l’originalité de l’intrigue (un homme cloué dans son appartement est persuadé que son voisin vient d’assassiner sa femme) et les formules habituelles d’Hitchcock pour nous tenir en haleine (le spectateur doute jusqu’à la révélation finale), c’est l’immense talent des acteurs à l’ancienne avec le formidable James Stewart qui n’a jamais vraiment été remplacé à Hollywood dans ce rôle de Monsieur Tout le monde si sympathique malgré ses travers, la superbe Grace Kelly dans un rôle étonnement bien écrit pour une production de l’époque (où les femmes étaient souvent réduites au rôle de la potiche asservie aux hommes), Thelma Ritter en femme de ménage curieuse et l’inquiétant Raymond Burr en voisin louche. Dommage néanmoins que la scène finale ne soit pas davantage surprenante. J’aurais sans doute préféré que le voisin soit innocent, ce qui aurait permis une étude intéressante de la tendance du héros à s’inventer des énigmes à résoudre pour tuer l’ennui et qui n’aurait pas eu pour conséquence de légitimer le voyeurisme.
Classique indémodable, Fenêtre sur Cour de Alfred Hitchcock est d'une intelligence de mise en scène par le maître en la matière. Gérer un enjeu presque "inexistant" au départ, pour créer au fur et à mesure du film, un stress permanent, c est du grand art. Avec un casting hollywoodien stars, Ce film rentre dans une catégorie des films cultes à voir une fois dans sa vie
Encore un très bon cru du maître quoiqu’un ton en dessous de Vertigo à cause d’un scénario un peu trop répétitif situé exclusivement dans un lieu clos. Après « la corde », Hitchcock aime enfermer Stewart dans des espaces clos. Ici il observe les habitants de son immeuble comme on observe des insectes au microscope. A travers les yeux de Stewart on assiste à la banalité des destins et à la médiocrité des existences. Le héros qui a la chance d’avoir Grace Kelly pour fiancée se montre à plusieurs reprises odieux n’hésitant pas à envoyer sa dulcinée risquer sa vie pour ce qui n’est encore qu’un fantasme de reporter privé de mouvements.
Sur le concept d’un film à suspens en huis clos, Alfred Hitchcock arrive à poser la question du voyeurisme tout en faisant un brillant film palpitant. «Rear Window» (USA, 1955) pourrait être une œuvre perdue dans la filmographie prolixe d’Hitchcock or son défi de scénographie, sa simplicité spatiale servant un récit attrayant confère à l’œuvre sa singularité et son engouement. Un photographe handicapé d’une jambe dans le plâtre n’a pour activité que d’observer ses voisins au travers de sa fenêtre. James Stewart, le héros, est le spectateur qui examine l’action voisine au travers du cadre. Intéressante mise en abyme d’Hitchcock qui confond son héros avec l’auditoire, prouvant sa prédilection pour l’immersion totale de son spectateur au sein de ses films. A travers le regard de James Stewart, le voisinage se dévoile, se familiarisant avec nous. Hitchcock réussit à créer une sympathique communauté qui évolue et réagit sous nos yeux, chacun des protagonistes possédant son agréable caractère. Le cinéaste anime du film choral avant même la création du genre. Le couple Stewart/Grace Kelly forme un duo idyllique à l’écran auquel nous nous passionnons, pour eux et pour l’enquête qu’il mène. La façon dont l’enquête est faite, au détriment de ceux observé, par un voyeurisme banalisé, transfigure parfaitement l’amour d’Hitchcock pour le cinéma et pour son essence perverse. Car si le voyeurisme perpétuel du film est à un instant remis en cause, ce n’est que brièvement. Hitchcock initie avec malice son spectateur à l’intrusion privé et joue de l’insipide du voyeurisme pour bâtir un suspens dans l’enceinte d’un immeuble. Si le film est construit sur des plans géniaux d’une maîtrise architecturale exemplaire, le manque de surprise final laisse sur notre fin. Hitchcock, cinéaste maître, réussit un exercice de style somptueux mais qui manque d’originalité narrativement. C’est peut-être l’académisme de son schéma actanciel qui éreinte la maestria de «Rear Window».
Une comédie policière très réussie grâce au rôle donné au spectateur , un casting qui sonne juste et une mise en scène d'ambiance . Malgré son côté prévisible , le scénario est un huis-clos qui raconte la découverte d'un photographe cloué sur un fauteuil a cause d'une jambe dans le plâtre qui , par voyeurisme , va comprendre qu'un de ses voisins n'a pas les mains très propres , une intrigue très classique mais qui , avec de l'humour et des personnages représentatifs , devient vite passionnante en offrant une place de choix dans le fauteuil de James Stewart au spectateur . Acteur fétiche d'Hitchcock , James Stewart arrive a jouer sur ses expressions et sur son immobilisme pour rendre son personnage de voyeur plus attachant et amusant , et comme un ange , la gracieuse et royale Grace Kelly fait tourner la tête de Stewart mais aussi celle du spectateur . Maitre incontesté du polar noir , Alfred Hitchcock fait de ce quartier fermé un espace de huis-clos absolu , mais sa mise en scène est aussi chaude et légère , une légèreté qui contraste avec le côté polar , et ce contraste est très agréable a l'écran . Un très bon polar , aussi léger qu'intriguant et qui implique autant le spectateur que les acteurs .
Un film à ne surtout pas dissocier de sa réflexion sur le voyeurisme et l'allégorie sur le cinéma et son spectateur, c'est bien ce qui en fait toute sa profondeur et donne à "Fenêtre sur cour" l'ampleur qu'il peine à trouver dans les rebondissements, ce que l'on peut regretter, le tout étant cousu de fil blanc. En effet, le scénario (simple comme à son habitude) n'est pas entièrement soutenu par le suspense que l'on devrait retrouver dans un Hitchcock. Mais la maîtrise est là, techniquement parfaite, accompagné d'acteurs (Stewart - Kelly) d'une incroyable aisance pour des rôles pas évidents. Les dialogues, quant-à eux, apportent encore matière à cette réflexion inépuisable entre la relation homme-femme (avec le point de vue bien particulier du réalisateur) et ce débat sur le spectateur-voyeur, la transposition dans un film de ce qu'est le cinéma, ou comment le concevoir. Qu'on le veuille ou non, "Fenêtre sur cour" reste un des grands classiques du maître du suspense.