Je viens de le voir en version originale et sans sous titres. Visuellement c'est propre et beau. C'est une sorte de chronique de vie à Los Angeles, vue de façon originale, très différente par exemple de ce que nous montre le policier "Heat" où De Niro est un malfrat sentimental alors qu'ici il joue un prélat raffiné. Le metteur en scène insiste sur l'opposition sociale des deux frères, De Niro et Duvall. Le premier joue au golf et fréquente des restaurants chics, alors que le second, flic de base comme le Al Pacino de "Heat", se contente de routiers sommaires en compagnie de son rustique second. La description du monde de la hiérarchie catholique californienne en 1948 semble assez réaliste. Il est probable que ces hauts personnages ne devaient pas cracher sur les dons que leur faisait un entrepreneur du bâtiment, même ripou, nommé Amsterdam alors que, de façon amusante, le réalisateur est natif d'Anvers. La partie criminelle, meurtres, prostituées, mère maquerelle, sang coagulé dans la baignoire, cadavres alignés à la morgue, enquête policière, est réaliste mais pas toujours explicite. Comme l'écrivait ironiquement un journaliste de faits divers : "le mystère de la femme coupée en morceaux reste entier". La partie religieuse est soigneusement traitée. De Niro a bien assimilé la messe tridentine en latin, sa gestuelle, ses encensements, sa vêture avec chasubles violon, étoles et manipules. Pour les confessions, ni sanglantes ni vraies, c'est une autre histoire. Cela tient plutôt de la justification ou de l'intimidation. Hitchcock pour "I confess" ou Bunuel dans "le charme discret de la bourgeoisie" montrent plus de sincérité chez les protagonistes. Pour conclure, ce film est beau et intéressant, mais décousu, un peu délayé, et parfois confus.