"Star City" creuse l'uchronie "For All Manking", dont elle est le spin-off et qui postulait que le premier homme sur la Lune était soviétique. Et ne tombe pas dans le vieux manichéisme Est/Ouest grâce à une écriture maligne.
Sans réviser ses fondamentaux, cette troisième saison acquiert une dimension méta en décrivant la façon dont l'affaire est traitée et influencée par les journalistes.
Le savoir-faire de Rochant et de sa co-créatrice s’impose avec force et finesse à la fois. C’est une manière de faire entrer des gestes et des visages dans nos rétines ; un talent pour semer des petites graines de récit et les faire germer sous un regard attentif et patient.
Toujours pilotée par Linwood Boomer, "Malcolm : Rien n’a changé" est surtout coupable de court-circuiter nos souvenirs, nous montrant des adolescents qui n’en sont plus (et qu’on aurait peut-être préféré ne pas voir vieillir) rejouer à l’identique les frasques adolescentes de la série originale, la surprise et l’irrévérence punk en moins. Et malgré un quota Gen Z calé au chausse-pied, ces retrouvailles fabriquées s’avèrent un brin anachroniques.
Conjointement expéditive dans sa mise en place (les deux premiers épisodes donnent l’impression d’être diffusés nativement en vitesse x1,5) et laborieuse dans les ramifications de son récit, alourdie par une mise en scène ultra cut qui cherche abusivement les effets de style, "Unchosen" souffre surtout de ne pas vraiment savoir ce qu’elle veut raconter, multipliant les pistes pour mieux les déjouer. Son final, franchement grotesque et en désaccord avec ce que la série semblait d’abord vouloir nous dire, en est le symptôme patent.
Trop sentimentale et pantouflarde pour vraiment convaincre, la série reste plaisante et parfois inspirée, tant David E. Kelley s'amuse à créer des bizarreries, des personnages improvisant leur vie sans hésiter à franchir les limites.
Déplaçant les codes de la fiction carcérale dans un hôtel de luxe, la série nous entraîne dans une mécanique haletante et cynique au propos souvent ambigu.
Il était périlleux de donner suite à "The Handmaid's Tale". "The Testaments" s'en sort avec les honneurs en enfonçant le clou de son univers dystopique, à la fois familier et pourtant renouvelé.
Le problème, c’est que malgré sa brièveté, 4 heures de fiction au total, la série traîne en longueur sans se renouveler, ni vraiment monter en tension. La même scène semble se répéter : une femme fantasme, brûle de désir, avant d’être ramenée à la réalité.
"Un Prophète" coche les cases du polar et du récit d'apprentissage par son rythme et sa durée qui rendent la série moins tape-à-l'oeil que le film, plus observatrice des corps et des sentiments.
Rejouant sans inspiration les codes qui ont fait le succès de “Game of Thrones”, cette fresque médiévale fantasme une amitié tragique entre Harold Godwinson et Guillaume le Conquérant.
Bonne pioche pour Marvel, qui réinvente un super-héros mineur de son catalogue dans les coulisses de l’usine à rêves hollywoodienne grâce au charisme étourdissant de son interprète principal.
La série est assez fine dans sa manière de présenter ce héros sans qualités, qui vit d'abord dans une réalité proche de l'univers du conte, où tout semble trop grand et un peu trop effrayant, mais aussi fascinant.