"You have the influence, I have the money. Why don't we combine our talents and enjoy the spoils together ?"
La chaîne étasunienne History ne brille que rarement par son sens de la réalité historique, lui préférant la propagande du roman historique avec des gentils, des méchants et une bonne dose de complotisme. Les vingt premières minutes, avec une réalisation assez moyenne (Kari Skogland, pourtant associée à pas mal de séries cultes), une interprétation stéréotypée mélangeant seconds couteaux (Ben Barnes, Marton Csokas, Rafe Spall, Sean Gilder) et vieux espoirs du cinéma (Henry Thomas, Steve Guttenberg), Sons of Liberty (qui fut le nom de l'organisation clandestine ayant déclenché la guerre d'indépendance dans les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord, depuis Boston) n'échappe pas à la règle : c'est plus un docudrama partisan qu'une série historique, tant la qualité visuelle en est faible, et je ne parle même pas du montage raté, chacun des trois épisodes étant saucissonné par le reliquat de pauses publicitaires.
Au fil de la narration néanmoins, l'image se libère quelque peur du carcan du format, le scénario arrive à mêler adroitement tous les ingrédients du genre, certes prévisibles, ce qui permet de tenir sur la longueur et les interprètes finissent par camper leurs caractères proprement même si ça reste très scolaire.
Enfin, ignorant totalement le rôle des femmes (si ce n'est la traîtresse) et des minorités (roman national, on vous dit), servant des dialogues plats et un récit linéaire, Sons of Liberty n'offre qu'un plaisant spectacle, c'est déjà pas mal, suivant le cours d'événements historiques, certes et c'est bien aussi, mais sans nuance (l'importance des Natifs côté anglais et des esclaves affranchis dans les deux camps étant avérée) et surtout sans explications contextuelles (les soutiens externes, les causes liées aux guerres européennes), ce qu'on attend d'une oeuvre qui se prétend plus historique qu'artistique.