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Ungeduld
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Critique de la série
4,5
Publiée le 24 janvier 2022
Série tout simplement magnifique. On touche ici à l'humain, dans ce qu'il a de plus lumineux et de plus sombre à la fois, sans le manichéisme idiot de trop de séries américaines.
Si vous vous attendez à de l'action trépidante, passez votre chemin. Il ne faudrait pas confondre cependant longueurs - ce qui est un défaut - et lenteur. La série prend son temps pour mettre en place l'intrigue et nous faire entrer dans l'intimité des personnages, mais cette lenteur est justifiée. Si on se laisse imprégner par cette atmosphère, on ne peut plus décrocher, et on regrette la fin de la saison, en compagnie de personnages auxquels on s'est attaché, se sentant proche d'eux.
D'autant que nous avons affaire ici à un directeur de casting de génie. Tous des acteurs hors norme, qui incarnent à la perfection leur personnage respectif. On y ajoute une intrigue de plus en plus prenante et des paysages splendides, qui font partie intégrante de cette histoire, et l'on ne peut qu'être envoûté.
La saison 1 était une bonne surprise, cette saison 2 ne confirme malheureusement pas. Une fois apprivoisé et assimilé (difficilement) les noms et prénoms des principaux protagonistes, le constat est que Trapped a perdu en originalité et en charme en délaissant sa principale force: les paysages islandais. Ici, hormis 2-3 vues sur les reliefs sans neige, y a rien à se mettre sous la dent à ce niveau. Du coup, la série devient un policier très classique, proposant des thématiques assez habituelles pour des séries scandinaves spoiler: (l'industrie qui détruit l'environnement (les poissons morts dans la flotte, la géothermie, les séismes)) et des idées usuelles et pas forcément convaincantes, comme mêler la famille des 2 flics à l'histoirespoiler: (Andri et sa fille, c'est interminable autour de la crise d'adolescence et du divorce; Hinrika et son mec militant, c'est juste très furtif) . Heureusement, Trapped évoque à travers son histoire un sujet plus actuel et inquiétant, la tendance nationaliste des pays nordiques spoiler: (l'organisation extrémiste Le Marteau de Thor; les employés étrangers venant du Qatar et vilipendés; la haine des homos et des politiques) et le traduit par quelques rares séquences intéressantes spoiler: (le flic poignardé, l'homo tabassé, la maire kidnappée, la ministre intimidée (sang sur sa maison)) . Au niveau narratif, j'ai trouvé l'ensemble assez mou (avec des épisodes longs à amener des cliffhangers corrects), sauf sur la fin où ça s'accélère. Dommage alors que la résolution soit aussi tarabiscotée. En bilan, cette saison 2 a été pour moi une déception globale, Trapped n'étant pas parvenu à conserver la totalité de ce qui faisait le sel de la saison 1.
Sans doute ce qu'il s'est fait de mieux ces 5 dernières années du côté nordique. Tout y est, tout ce que j'aime en tout cas. Quel dommage qu'une unique saison (lorsqu'on voit toutes ces séries à rallonge sans intérêt).
Une mini série policière de plus, oui ! Mais des comme ça on en redemande.
On évoquera broadchurch pour le couple de policier et le côté petite ville où tout le monde se connaît, l'intrusion au plus près des familles, fargo pour l'enquête au frais (mais pas de second degré ici), Twin Peaks pour certains ressorts scénaristiques (sans science fiction) et un petit côté Maigret pour le policier-héros-nounours. Beaucoup d'histoires parallèles se recoupent avec brio, le scénario est assez complexe et le réalisateur assez malin pour qu'on comprenne petit à petit en même temps que le policier. L'ambiance hivernale ajoute évidemment beaucoup au plaisir, il ne faudrait pas que cela devienne une habitude dans les séries mais ici c'est très cohérent avec le scénario.
Les acteurs principaux sont bons. Le scénariste a habilement composé avec des éléments classiques une histoire originale. Un bon polar dépaysant quoi ... allez on se laisse porter.
Je lis beaucoup: trop lent. Mais c'est cette lenteur qui permet de comprendre des personnages assez complexes, loin des clichés français et aussi de ceux des séries rapides, d'action américaines. Ce que je vois, c'est sur fond de meurtres monstrueux, c'est un très grand tact, dans le scénario comme dans le jeu formidable des acteurs auprès desquels nos vedettes nationales pourraient aller se former. Je n'ai vu que la série doublée malheureusement, mais, pour nuancer mon précédent propos, c'est l'élite du doublage français qui avait les choses en mains (avec spécialement Stefan Godin), alors ce n'est pas trop dérangeant. Contrairement à d'autres critiques, moi, j'ai toujours attendu avec impatience les épisodes suivants. Dans la saison 2 sont abordés des thèmes tels que le racisme, l'homophobie, la violence nationaliste mais pas avec les gros sabots du préchi-précha lourdingue qu'on trouve dans les séries françaises. Non, avec le même tact, la même sensibilité qui caractérise toute la série et qui ne tombe jamais dans la sensiblerie et le larmoyant. Et cela me semble terriblement plus efficace pour ces justes causes. La justice suppose la justesse et là, selon moi, on est proche d'une certaine perfection. Encore une très belle série "nordique". Avec la très belle musique de Johann Johannsson décédé en février 2018. Quand les séries françaises, dans leur majorité et à certaines exceptions près, plutôt que d'essayer de copier les séries américaines, ce qu'elles ne savent pas faire, s'inspireront-elles de la "qualité nordique" ?
Une bonne série (à voir en VOST) avec un environnement propice à la tension (isolement, froid, coutumes ...). De bonnes prestations avec, en fond, l'histoire de chacun. Le côté polar reste classique. 3.5/5 !
Le principal atout de cette série est le dépaysement, on a pas souvent la chance de voir de tels paysages dans les fictions télévisées. Outre l'aspect rafraîchissant (c'est le cas de la dire) de l'Islande, ce pays constitue par le biais des décors un personnage à part entière plutôt bien exploité, permettant l'instauration d'un climat anxiogène et d'un sentiment de huit-clos polaire. À cette atmosphère-là s'ajoute une histoire assez sordide aux multiples ramifications, témoignage de l'inégalité de la série dans le traitement de ses thèmes. En effet, en mélangeant pas mal de choses dès le départ, la série parvient à être très intrigante, ménage pas mal de rebondissements (du plus classique au plus surprenant) mais s'avère aussi un peu brouillonne par moments et se rate quelque peu à certains niveaux (l'esclavage humain ou bien le port maritime, 2 sujets trop survolés). Sinon, les personnages sont plutôt bien dépeints, notamment le flic principal. Techniquement, Trapped est assez bien réalisée malgré des lenteurs évidentes et un rythme irrégulier (l'épisode 5 est trop lent, les 3 derniers très vitaminés en revanche). Enfin, je ne sais pas si ça vient de la VF ou du doublage français, mais certains dialogues apparaissent faiblards. Au final, la série est convaincante pour son atmosphère et la richesse de son intrigue, moins en termes de rythme et d'équilibre de traitement entre les sujets.
"ça m'énerve qu'on se serve de la mythologie pour semer la panique."
La seconde saison de Trapped ( Ófærð en VO) reprend une partie des ingrédients qui ont fait la réussite de la première saison, les paysages du nord de l'Islande, une petite ville portuaire paumée, une équipe policière de choc, une réalisation et une interprétation hyperréalistes, la lenteur de la narration et la profondeur de personnages attachants, et en modifie d'autres pour éviter la redite. Une centrale géo-thermique et des fermes autour de la ville, une famille poursuivie par le malheur et hantée par ses fantômes et l'automne pluvieux remplacent ainsi les secrets et les non-dits des petits notables de provinces et la tempête de neige. Mais c'est toujours aussi froid. Et beau. Et bougrement intelligent. Et pas mal trash aussi.
"On n'a vraiment jamais d'étés. Juste le printemps et l'automne."
Reprenant quelques personnages attachants de Trapped saisons 1 et 2, toujours à Seyðisfjörður, dans le nord de l'Islande, Entrapped change un tout petit peu de nom mais aussi quelque peu de style et pas pour un mieux. En effet, le format réduit de 40% par rapport à celui des deux saisons précédentes nous prive des lenteurs qui permettaient l'approfondissement psychologique des personnages ainsi que de l'intensité des rapports sociaux et les transitions sont ici beaucoup trop brutales. On change sans cesse de lieu, ce qui nuit à la musicalité propre de la narration, jusqu'à avoir par moments l'impression de regarder une série policière banale. Surtout, le manque de finesse rend certains rebondissements prévisibles.
Reste le charme des lieux et de la langue, le splendide dénouement final et l'interprétation d'Ólafur Darri Ólafsson et Ilmur Kristjánsdóttir. A voir pour clôturer le cycle.
"Contrairement aux animaux, on sait que la vie est éphémère et fragile."
Créée par Baltasar Kormákur, Trapped (Ófærð en VO) n'est pas la série la plus spectaculaire ni la plus drôle de tous les temps, c'est vrai. C'est une série islandaise, qui partage son atmosphère avec la plupart des séries scandinaves : c'est froid, c'est hyperréaliste, c'est lent, mais c'est beau et intelligent.
Porté par une musique magnifique (le violoncelle de Hildur Guðnadóttir), des décors naturels à tomber (une petite ville portuaire en pleine tempête de neige au mois de février), et une interprétation sans fioriture, le scénario va au plus simple sans artifice inutile, à contre-courant de la violence surjouée et de la surabondance de rebondissements soudains d'autres oeuvres, jusqu'à nous plonger dans une enquête nimbée de non-dits qui n'hésite pas à nous égarer momentanément en cours de route, forcément enneigée.
Je n'ai vu que la saison 1. Pas de saison 2 pour moi. Aucune étincelle, aucun point de vue original pour venir alléger la lourdeur de l'ensemble, comme il en existe dans Mare of Easttown, par exemple. Les personnages sont trop nombreux, très lisses et pas assez caractérisés, et l'on retrouve les problèmes familiaux communs à toute série lambda. spoiler: Le plus étonnant est que les pistes les plus sérieuses sont fournies par un "voyeur". Par ailleurs, la police de Reykjavík est présentée de façon grotesque dans des épisodes inutiles pour pouvoir mettre en valeur le formidable talent de la petite police municipale. . Remarquons que comme les autres pays européens, l'Islande a gardé ses prénoms traditionnels, pas comme les charmants Kevin, Cindy, Alison ou Jennifer que nous offrent les parents français...