"I will not pray with you and you shall not pray with me."
Réalisée de manière parfois enlevée par J Blakeson, créée par Kit Harington lui-même, Ronan Bennett et Daniel West, et écrite par ces deux derniers, la mini-série en trois épisodes Gunpowder relate une histoire de terrorisme religieux assez méconnue de ce côté de la Manche, au début du règne de Jacques Ier, déjà roi d'Ecosse depuis plusieurs décennies.
A la distribution, aux côtés de Kit Harington et Liv Tyler, on retrouve pas mal d'habitués des séries, dont le toujours cynique Mark Gatiss, le rugueux Peter Mullan, un Edward Holcroft dans un rôle "positif" ou l'assez énervant et stéréotypé Tom Cullen.
Démarrant sur un mode tendu et trash (la double exécution pourtant fidèle à l'esprit de l'époque), la série n'évite pas les longueurs et les dialogues convenus ainsi qu'un parti pris catholique assez peu objectif. Pour autant, si ce n'est dans l'esprit, l'Histoire est globalement respectée en ce qui concerne les lieux, les événements et les personnages. Hélas, les péripéties prennent systématiquement un tour grotesque, nuisant au propos.
Des presque trois heures, on peut ainsi tout au plus en garder une seule, qui aurait pu être allongée avec des moments d'introspection et de réflexion théologico-philosophique pour en faire un film notable. Las. Le souci de modernité télévisuelle dans la réalisation et le scénario vide de sa substance le thème central de cette série, les luttes de pouvoir entourant les guerres de religion en ce début de XVIIème siècle, bouleversant durablement les sociétés anglaise et européenne, corollaire au développement du capitalisme et des colonies. Au lieu de cela, on a droit à quelques passages sur l'amour et les regrets paternels, complètement hors sujet et franchement mièvres tout autant que prévisibles, et ponctuellement des scènes de torture complaisantes, presque malsaines tant elles sont à la fois prévisibles et insérées de manière à réveiller le spectateur, la spectatrice. Au lieu d'une narration chronologiquement linéaire, on aurait aussi pu envisager, la fin étant connue pour peu qu'on prenne la peine d'ouvrir une page Wikipédia, des plans découpés et alternés,
du siège final (et de l'insupportable attente) aux événements qui y ont conduit.
Cela aurait demandé un soupçon d'originalité de la part des scénaristes, ce dont ils semblent totalement incapables. Enfin, soyons honnêtes, Kit Harington est quand même particulièrement mou et un rien trop propre sur lui.
Loupant largement sa cible, Gunpowder est l'exemple type de la mini-série historique qu'il ne faut pas faire : une interprétation moyenne, des dialogues insipides, un scénario creux et dénué de toute forme d'intelligence, un propos orienté, malgré une initiative de départ intéressante. Seule la réalisation permet à l'ensemble de ne pas sombrer dans le ridicule, et encore, la fin souffrant des pires clichés possibles. A oublier au plus vite.