"The real monsters ain't under the bed."
Réalisée par Lucy Forbes (qui a aussi réalisé les 4 premiers épisodes de la 2ème saison de l'exceptionnel The End of the Fucking World), et écrite par Abi Morgan, la série Eric offre d'entrée de jeu un climat saisissant de réalisme à travers une caméra énergique, tranchant, tout comme la tension latente, avec l'univers tendance bisounours du show dirigé par l'un des personnages principaux. La musique omniprésente est savamment imbriquée dans l'image et la tension permanente permet d'équilibrer la lenteur de la narration, le tout complété par une playlist d'époque qui fait mouche sans jamais être envahissante.
Bougrement intelligente et raffinée, magistralement dirigée (Benedict Cumberbatch est exceptionnel, ça on le savait, mais les autres interprètes sont également excellent·es), cette mini-série qui nous plonge dans l'angoisse et la folie est aussi redoutablement immersive, non sans quelques rares pointes d'humour noir et malaisant, il faut l'avouer bienvenues.
Oeuvre à tiroirs, il s'agit en outre d'une fresque subtile du New-York des années '80, entre racisme policier, apparition du sida, homophobie structurelle, scandale des sans-abris du métro, corruption et clubs louches.
Dense et lente, la mini-série Eric est un chef d'oeuvre visuel et narratif qui va crescendo, à la David Fincher, servie par une interprétation irréprochable. Ainsi, on peut dire que le policier intègre et tenace interprété par McKinley Belcher III, d'une sobriété exemplaire, est typiquement un personnage fincherien.
Une série absolument inratable.