Faut-il encore présenter John Creasy ? Cet ex-membre des forces spéciales et de la CIA, traumatisé par une mission ayant mal tourné, se retrouve sur la touche. Il va néanmoins réussir à se faire recruter par le service de sécurité d’un homme politique brésilien. Ce rôle, marqué par l’interprétation de Denzel Washington dans l'excellent long-métrage de 2004, revient aujourd'hui dans une série de sept épisodes sur Netflix. À l'annonce du projet, je me suis dit : « Aïe, ça craint, quelle drôle d’idée ».
Et pourtant, j’ai vite accroché. Si, au départ, l’acteur principal Yahya Abdul-Mateen II me semblait dégager moins de charisme que son prédécesseur, j’ai fini par apprécier sa présence à l'écran. Certes, c'est un autre style comparé à Denzel Washington qui était plus posé et riche en émotion.
Que penser de la série après sept épisodes ? Il ne s’agit pas d’un simple remake, car cette version s’éloigne suffisamment de l’œuvre originale pour ne pas être jugée comme une pâle copie.
Le scénario est bien ficelé, parsemé de nouveaux éléments qui relancent l'action grâce à des rebondissements réguliers. Ce n'est pas du remplissage pour tenir la distance, mais du réel contenu qui nourrit l'intrigue, ce qui est assez rare pour une série. En y réfléchissant, je ne me suis jamais ennuyé.
Le format série est-il donc judicieux ? Généralement, la tendance est de s'égarer avec des personnages secondaires peu passionnants ou des sous-intrigues qui mènent à des impasses. Ici, ce n'est pas le cas. Le cap est maintenu sur l'intrigue principale avec un seul mot d'ordre : de l'action à haute dose. Il n'y a aucun temps mort, seulement de l’énergie à revendre et des combats souvent bien chorégraphiés. Les scènes s’enchaînent sans répit et le récit nous fait voyager.
Cependant, c'est loin d'être parfait. Le résultat à l’écran m'est paru un peu léger. certains personnages sont traités de manière superficielle. Un exemple : les personnages des favelas de Rio passent pour des caïds peu crédibles, voire ridicules sous certains aspects. Dans le même ordre d'idées, les personnages dégagent peu d'émotions. C'est, en tout cas, nettement moins que dans le film qui était beaucoup plus intimiste et riche en ressentis.
Autre chose : les rares effets numériques sont assez moyens (la scène de l'avion n'est pas franchement réussie).
J’ajouterai que les histoires de justiciers solitaires ont été un peu trop présentes sur nos écrans ces derniers temps.
Enfin et c'est le plus grand reproche que je ferai : j'ai noté pas mal de facilités scénaristiques, surtout dans les scènes d’action : tout semble parfois aller un peu trop bien pour John Creasy.
Le dernier épisode est pour moi clairement le moins bon. Il n'y a plus que de l'action facile, prévisible et peu crédible envoyé en catastrophe comme si la production n'avait plus le temps, l'envie ou le budget.
Même si elle ne révolutionne pas le genre, cette version 2026 est pour moi plaisante. J’ai apprécié ce thriller au scénario plutôt bon et au tempo soutenu. En résumé : Bien en dessous de la qualité du film de 2004, la série adopte une recette simple qui mise tout sur l'action. C'est efficace pour un divertissement honorable qui mérite une note correcte.