J’ai beaucoup aimé les 8 épisodes de Boots, cette série inspirée de l’autobiographie de Greg Cope White dans son roman « The Pink Marine ». L’action ne se déroule pas en 1979 comme dans le livre, mais en 1990, soit 4 ans avant la promulgation de la politique du DADT (Don’t Ask, Don’t Tell, abrogée en 2010) qui visait à accepter les gays et lesbiennes à condition qu’ils ne sortent pas du placard et la jouent « profil bas ». En 1990 donc, l’homosexualité, en l’occurrence celle de Cameron Cope, le personnage principal, était illégale dans l’armée et passible de poursuite.
En revanche le racisme, la misogynie, la grossophobie, la masculinité toxique, l’humiliation, les brimades, la promiscuité virile ne posaient aucun problème et c’était d’ailleurs le prix à payer pour devenir un homme, un dur, un tatoué, bref un vrai Marine où les faibles n’ont pas leur place.
C’est donc le parcours initiatique du jeune Cameron, de son meilleur ami Ray et de ses futurs frères d’armes que l’on suit au cours des 13 semaines d’entraînement à Parris Island pour tenter de faire du frêle adolescent une élite de l’un des principaux corps d’armée des USA.
Fort d’un casting irréprochable avec des acteurs aux « gueules » faites pour l’emploi (instructeurs, soldats, encadrement), Boots mélange habilement plusieurs thèmes : défi de soi, quête d’identité, rédemption, déconstruction pour mieux se reconstruire, esprit de corps, amitié, ambivalence des sentiments entre la fragile recrue et son instructeur à la fois bourreau et mentor, etc.
Il y a également de l’humour, de l’émotion, de l’action, une part belle laissée aux chemins de vie des seconds rôles, quelques questions restées en suspens... Ingrédients principaux pour parier sur un succès d’audience et terminer sur une fin ouverte qui n’exclut pas une seconde saison. Seuls petits bémols, c’est clairement orienté sur le patriotisme Américain et même si dans la « vraie vie », Miles Heizer (le héros) ne fait pas ses 31 ans, difficile de croire qu’il est adolescent comme il est censé l'être dans Boots.
NB : Après un second visionnage je crois qu'il y a un Caméo à 37:54 minutes du 8ème épisode avec en arrière-plan la présence de l'auteur du livre (avec des lunettes) qui félicite son fiston en lui mettant la main sur la tête, juste au moment ou le sergent informe à Cameron que la Capitaine souhaite lui parler.