Le showrunner Brad Ingelsby livre un mélange des plus subtils entre drame et policier.
La série alterne avec justesse les différents problèmes des protagonistes, à l’image de la société américaine, allant du simple fait divers, la pauvreté, la violence débridée.
Mark Ruffalo incarne l’agent du FBI Tom Brandis, enquêteur très minutieux, expérimenté et apaisant, mais qui souffre du décès récent de sa femme, ses supérieurs l’obligeant à écourter son congé sabbatique pour reprendre une affaire de cambriolage des maisons de dealers.
S’il peut apparaître comme un homme brisé, vulnérable, il est également un homme d’une grande justesse, respectueux des autres, avec un côté paternel avec son équipe, jamais moralisateur ni donneur de leçons.
On suit également les errances et doutes de la fille adoptive de Tom, Emily, qui doit supporter un père paumé et au fond du trou, alors que sa situation personnelle la rend anxieuse et sur la défensive avec les autres.
Dans le même ordre d’idées, on découvre la famille et le groupe dirigé par Robbie Prendergrast (Tom Pelphrey), prolétaire américain vivant en rase campagne.
S’il commet des délits, il reste un père de famille aimant et un ami dévoué à ses comparses. L’acteur dégage une bienveillance et une douceur malgré son rôle de malfrat.
La découverte de la série est la jeune actrice Emilia Jones, incarnant Maeve, la nièce de Robbie, qui doit gérer les deux enfants de son oncle; et fermer les yeux sur ses activités illégales, créant une forte frustration et le sentiment que son destin lui échappe.
Si la série ne s’attarde pas beaucoup sur les membres de la task force, chaque acteur est toujours juste :
Fabien Frankel joue le policier Anthony Grasso, charmeur et cool.
Alison Oliver joue Elizabeth Stover, policière bordélique, en pleine séparation, qui a du mal à garder la tête hors de l’eau et manque souvent de professionnalisme.
Thuso Mbedu joue Aleah Clinton, policière très scolaire, à cheval sur les procédures et très impliqué dans son travail.
Si le show a des personnages non-manichéens, plein de failles humaines mais avec un bon fond, ce n’est pas le cas du gang de motards, hommes fous, ayant un penchant pour la violence, qui n’hésitent pas à tuer n’importe qui, même les membres de leur propre gang.
L’acteur Jamie McShane (le shérif de la série Mercredi) incarne ce jusqu’au-boutisme, cette violence « ordinaire » et quotidienne, semant la terreur et la mort autour de lui, qui finira par se retourner contre lui.
Cette mini-série étonne par la qualité exceptionnelle d’écriture, l’acting toujours parfait, et cette vision à la fois sombre, mais teinté d’espoir, de l’Amérique moderne, fait de petits délits, de crimes violents, de pauvreté, de drames humains.
Jamais donneuse de leçon ou moralisatrice, la série nous fait quand même espérer un avenir plus lumineux, quand l’on remet l’humain au centre de notre société.
La meilleure série de l’année 2025, sans le moindre doute.