Immense chef-d’œuvre que cette première saison de Wolf Hall. Dix ans plus tard, je l’ai encore en mémoire : la musique envoûtante, la lumière naturelle à la bougie, les décors sobres et authentiques, et surtout ce jeu d’acteurs magistral qui donnait à chaque scène la puissance d’un tableau de Holbein. Rarement une série historique avait su conjuguer autant de rigueur et de beauté.
C’est dire combien j’attendais avec impatience cette suite. Malheureusement, dès le premier épisode de la saison 2, j’ai eu l’impression de recevoir un coup de poing. L’atmosphère a changé, l’immersion historique s’est brisée, principalement par des choix de casting qui détonnent totalement avec l’esprit de la première saison. Le réalisme qui faisait la force du récit a laissé place à une approche beaucoup plus contemporaine, qui me sort de l’histoire au lieu de m’y plonger.
Je reste admiratif devant le talent intact de Mark Rylance, mais la magie a disparu. Pour moi, cette saison 2 n’est pas la digne héritière de la première : elle en est presque la négation.
Je préfère donc m’arrêter dès ce premier épisode de la saison 2, et garder en mémoire l’éclat intact de la saison 1.
Totalement soporifique : c’est beaucoup trop statique, et pourtant j’aime habituellement les séries historiques. Certes le jeu des acteurs n’est pas critiquable et la reconstitution d’époque est réussie. Mais ces allers et retours dans le temps, non justifiés, sont insupportables, et on sent un énorme manque de moyens. Que la série « Les Tudors » est loin.
"How do you remake your reputation with the dead ?"
Avec un casting et une équipe technique très peu modifiés, ce qui relève d'un petit exploit pour une suite réalisée neuf ans plus tard, Wolf Hall déroule les mêmes codes visuels et scénaristiques, hommage aux vieilles séries historiques de la télévision publique, lenteur parfois étouffante, caméra à l'épaule, jeu d'ombres et lumières, musique d'époque parfois parasite, photo remarquable et intelligence dans les rapports de force présentés avec un calme paradoxal et cynique où les seuls mouvements sont ceux des regards et des destinées.
Une fois que l'on est rentré dans l'ambiance de la première saison, la seconde permet d'appréhender toutes les subtilités d'une réalisation qui s'est affirmée et d'une interprétation qui, malgré quelques changements de distribution parfois déroutants par manque de ressemblance et de type de jeu (Norfolk et l'évêque Gardiner, principalement), portée par une musique beaucoup moins envahissante. Là où Mark Rylance affichait un visage identique en toute circonstance, il épouse cette fois toute une palette d'émotions, en phase avec l'accumulation de désillusions qu'il subit, comme en témoigne son rapport aux fantômes du passé, la lente construction d'une prison de remords et de regrets.
Au final, Wolf Hall s'apparente plus au théâtre existentiel et introspectif de la seconde moitié du XXème siècle qu'aux séries shakespeariennes ou à celles plus récentes et plus spectaculaires façon Les Tudors beaucoup plus cinématographiques, l'itinéraire de Cromwell étant décrit comme celui d'un intellectuel, né du peuple (ce qui n'est historiquement que partiellement vrai) et s'élevant au mérite, acceptant le jeu trouble du pouvoir, auteur et victime de l'arbitraire de la Cour et des luttes d'influence plus que du Roi lui-même. On n'est pas très loin du Becket d'Anouilh ou de l'absurde camusien, plus encore dans le tout dernier épisode, magistral d'intelligence.
Wolf Hall est une adaptation très honnête de l'extraordinaire trilogie signée Hilary Mantel sur Thomas Cromwell, conseiller machiavélique du roi Henri VIII. La série manque un peu d'ambition formelle, et pâtit de ses nombreux changements au casting entre la saison 1 et la saison 2. L'ensemble est toutefois sauvé par un matériau source fabuleux, et par les performances remarquables de Mark Rylance et Damian Lewis. Cette deuxième saison est toutefois moins convaincante de par son casting moins inspiré et son incapacité à proposer une mise en scène qui dépasserait le simple procédé de théâtre.
Pour ceux qui ont regardé la saison 1, Le temps des Tudors, ces six épisodes de la seconde saison sont tout à fait dans la continuité en matière de style et de décors, avec très peu d'actions. Le sixième épisode, celui qui règle le sort de Cromwell, est l'exemple typique de cette austérité. Cependant, dans cette seconde saison, le roi Henri VIII apparaît davantage à l'écran, ce qui le montre sous un jour plus conforme à ce qu'il était, en despote fourbe, cruel et influençable. Idem pour Thomas Cromwell, acculé à devenir le maître des basses besognes et de ce fait, devenant la cible de pas mal de ses compatriotes. C’est le cas, en particulier des lords du conseil qui n'ont jamais accepté qu'il devienne chancelier du roi, lui, le fils d'un maître des forges. De ce fait, parce que l'ensemble s'approche davantage d'une réalité historique, tout en embellissant malgré tout ces deux personnages, mon évaluation croît légèrement. Je préviens que cette série anglaise ne plaira pas aux impatients car il faut être patient et passionné pour écouter ces longs dialogues d'une durée totale de six heures. Par contre, ce que j'aime dans une série surtout historique, c'est qu'elle prenne le temps de développer les profils psychologiques en donnant de nombreux détails sur les faits.
Les acteurs Rylance et D. Lewis sont fascinants mais le scénario n'arrive pas à nous rendre lisibles et compréhensibles les jeux de pouvoir et d'alliance, complexes il est vrai, mais le propre des séries est justement de prendre le temps d'exposer. Dommage car les décors et costumes sont flamboyants. Dernier épisode est lui réussi, celui de la fin de Cromwell. Quand même Henri VIII était un sacré despote, y compris envers ceux qui l'avaient servi corps et ame. TV octobre 2025
Très belle série. Mise en scène, décors et costumes soignés et de très belle qualité. La saison 1 est parfaite, mais la saison 2 à deux défauts principaux : le premier est une faiblesse dans le scénario. Non pas de l'histoire, mais du rythme et des enjeux. Cela fait penser soit à un manque de d'inspiration, soit à un manque de motivation. Le fait sentir que l'histoire est étirée sur 6 heures, alors qu'en 2 c'était largement plié. La deuxième faiblesse est plus délicate car il s'agit de l'introduction d'acteurs et d'actrices noirs, et d'une actrice arabe dans une reconstitution historique. Cela aurait du sens si la première saison avait fait ce choix, et si les acteurs et actrices noires n'était pas cantonnés à des rôles figuratifs. Si Henri VIII avait été noir par exemple, ça aurait été très intéressant. Mais on ne fait pas un tel choix quand on l'assume pas. C'est même plutôt raciste pour le coup. D'autant que c'est une époque où les clivages sociaux et de genres sont non seulement fondamentaux, mais très bien représentés ici. Donc faire fi des clivages raciaux, comme si ça n'avait aucune importance, c'est très maladroit et absurde. Du coup, la reine a une sœur de sang noire et le cardinal a une fille arabe. Les actrices sont très bien. Mais elles se retrouvent à porter un postulat par ces seuls rôles, au milieu d'une trentaine d'autres rôles principaux ou secondaires, uniquement joués par des blancs. Si on fait un film où les esclaves noirs américains sont joués par des blancs, ou si l'on fait un film sur l'indépendance d'un pays africain où les noirs sont joués par des blancs, faut porter l'idée et faire quelque chose d'intellectuellement honnête.
Super série, très bien filmé saison 1 et 2. Bien représentatif de l'époque, bravo aux costumes, décors, jeux d'acteurs. Un bijou. La série permet de d'approfondir cette partie de l'histoire qu'aucun film ne pourrais raconter. Merci pour ce moment. Ayant vu les 2 series Henri 8 et celle ci je préfère celle ci plus proche de la réalité, même filmé du côté différents.
Tumultueuse série sur la dynastie des Tudors à la cour d’Henri VIII le barbe-bleue d’Angleterre. Aujourd’hui, il aurait alimenté l’actualité des peoples. Plantons le décor des personnages : Henri VIII ( 1491 – 1547 / 56 ans), Catherine d’Aragon 1ère épouse (1485 – 1536 / 51 ans), Anne Boleyn seconde épouse (1501 – 1536 / 35 ans) décapitée, Thomas Boleyn (1477 – 1539 / 62 ans) son père, Cardinal Thomas Wolsey ( 1473 – 1530 / 57 ans), Thomas More (1478 – 1535 / 57 ans), Thomas Cromwell (1485 – 1540 / 55 ans) Décapité, François 1er (1494 – 1547 / 53 ans) , Clément VII pape (1478 – 1534 / 56 ans) , Charles Quint (1500 – 1558 / 58 ans). Premier enseignement , Henri VIII avait la hache facile comme Poutine avec ses missiles, la longévité ne dépassait pas la soixantaine sauf exception et la plupart mourraient à l’âge où les agents de la partent en retraite. Excellente série historique anglaise avec d’excellents acteurs Damian Lewis (Homeland) en Roi moins joufflu par rapport aux peintures d’époque, Claire Foy en Anne Boleyn et Mark Rylance en Thomas Cromwell initiateur de l’église réformée sans oublier Jonathan Pryce en pragmatique Cardinal Wolsey qui évitera la hache en mourant à l’Abbaye de Leicester alors que son destin semblait le diriger vers la tour de Londres.