Mon AlloCiné
    "La Vie d'Adèle" : pourquoi tant de controverses autour de la Palme d'or 2013 ?
    2 juin 2013 à 12:29
    facebook Tweet

    Polémique sur les conditions de tournage, Palme "politique", tribune de l'auteure Julie Maroh... Après l'accueil critique élogieux et l'effervescence de la Palme d'or, les sujets de controverses se sont succédés autour de "La Vie d'Adèle". Pour faire le point, AlloCiné a posé 5 questions à Serge Kaganski, journaliste et critique aux Inrockuptibles, auteur de l'édito "Stop au Kechiche bashing".

    AlloCiné : Vous avez écrit un édito dans Les Inrockuptibles cette semaine intitulé "Stop au Kechiche bashing". Quel en a été l'élément déclencheur ?

    Serge Kaganski : Ce n’est pas un article en particulier, mais plusieurs. Il y a eu le texte de Julie Maroh avec ses critiques sur les scènes de sexe. Ensuite il y a eu évidemment toute la polémique sur les conditions de tournage, à la fois le communiqué des techniciens et de la CGT. Plus des papiers à droite, à gauche sur le net, peut être plus des papiers critiques, par exemple Emmanuel Burdeau dans Mediapart, qui soutient le film mais avec beaucoup de réserves. Sans oublier les commentaires sur les différents papiers…

    Je me suis dit : quand même, y a un film français qui a une Palme d’or, aimé par la critique à 80-90%... Je l’ai personnellement adoré, c’était un choc cinématographique. Il y a un drôle de contraste entre un grand film qui reçoit une Palme d’or, et toutes les polémiques au même moment, ou juste après. J’avais envie de réagir à ça.

    Avez-vous souvenir d'un autre film français ayant suscité de vives réactions comme celles-ci après un prix ? Etait-ce le cas pour "Entre les murs" par exemple, dernière Palme française en date ?

    Entre les murs, dans mon souvenir, ça s’est plutôt pas mal passé. Il y a eu quelques voix discordantes, mais plutôt par rapport au film. Chaque année, les palmarès sont débattus et parfois la Palme d’or n’est pas du goût de tout le monde. C’est le jeu habituel de Cannes et du débat critique et cinéphile. Après, j’ai un autre souvenir, c’est Pialat, Sous le soleil de Satan en 1987. Ca avait crée un débat, voire une polémique. D’abord, la personnalité de Pialat, très ombrageuse… En recevant la Palme, il avait été sifflé. Il avait levé le poing en signe de victoire et beaucoup ont transformé ce poing levé en bras d’honneur. Et Pialat avait dit dans son discours, « Vous ne m’aimez pas ; je ne vous aime pas non plus ! ». Pialat lui-même était plutôt adepte du dissensus que du consensus. Donc il y avait polémique autour de la personnalité de Pialat, du choix de la Palme d’or… Beaucoup de gens auraient préféré Les Yeux noirs. C’était la première Palme d’or française depuis très longtemps, depuis Un Homme et une femme de Claude Lelouch.

    Maurice Pialat - Photo

    Maurice Pialat, réalisateur de "Sous le soleil de Satan"

    Avez-vous conscience qu'en signant un édito de ce type, vous vous exposez inévitablement à un "Kaganski bashing" pour reprendre votre expression ?

    Quand on écrit un papier comme ça, il comprend une prise de position. On est conscient que ça va générer du débat. On sait aussi que sur Internet l’anonymat des commentaires fait que les propos se lâchent, que ça peut très vite verser dans l’insulte. Sur 20 000 vues, il y a une cinquantaine de commentaires donc c’est une infime minorité. J’ai lu des choses très violentes, et effectivement du « Kaganski bashing ». Je me fais traiter de tous les noms. Je reste serein par rapport à ça ; ce sont des mots, des énervements ponctuels. Je sais que c’est courant sur Internet, ça fait partie du métier. Je fais moi même le métier de critique, je critique des films, des artistes, donc ça ne me dérange pas d’être critiqué, et que les gens aient un autre point de vue que le mien, c’est normal. Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Après c’est vrai que la forme du commentaire est parfois excessive, exagérée.

    Pour revenir à la question de Kechiche et des conditions de tournage, je dirais que ça s’inscrit dans le grand débat sur la convention collective, qui est en cours de négociation entre le gouvernement et les professions du cinéma. C’est un point très compliqué qui brouille les habituels clivages gauche-droite, parce qu’on a d’un coté le droit du travail, qui est quelque chose d’important et nécessaire, et que je défends aussi. Mais de l’autre côté, il y a la survie de la création et de la diversité  de l’écosystème du cinéma français. Et ça aussi, c’est très important et il faut le défendre. Il y a deux sujets tout aussi estimables, défendables, l’un que l’autre, mais qui entrent en conflit. Je pense que la polémique Kechiche est un peu l’épiphénomène qui représente ce problème beaucoup plus large qu’on est en train de traverser en ce moment.

    Pensez-vous que toutes ces polémiques seront au final préjudiciables pour le film au moment de sa sortie, ou au contraire, cela suscite encore plus d'attente, d'envie ?

    Comme on dit en anglais, « Bad publicity is publicity » ! Une polémique, ça fait parler d’un film, même s’il y a plein de propos négatifs sur le film ou plutôt autour du film, car ce sont surtout les conditions de tournage qui sont mises en accusation plutôt que le film lui-même.  Mais tout ça va plutôt servir le film, ça fait du buzz, des discussions, du débat. Du coup, les gens vont être curieux.

    Ensuite, j’ai confiance dans le bouche à oreille du film. Comme tous les films, il y a la première vague de spectateurs, et après, ça tient ou ça ne tient pas par le bouche à oreille. A mon avis le bouche à oreille va être très bon.

    Vous souhaitiez ajouter quelque chose sur le sujet...

    Je pense que tout ça est le signe de la particularité, de la singularité de ce qu’est le cinéma. Malraux l’avait dit, c’est à la fois un art et une industrie. Dans le cinéma se côtoient des artistes et des travailleurs, des techniciens, des salariés, qui eux ne sont pas des artistes. Donc vous avez l’artiste, le metteur en scène, les acteurs, le chef opérateur, qui eux sont tout entiers investis dans un processus créatif. Les artistes et leur création, c’est un truc très fort, passionnel. C’est leur chair qui est en jeu. Les artistes sont tous différents, mais Kechiche fait partie de ceux qui sont d’une exigence extrême avec les autres mais avant tout avec lui-même. Il porte cette vision d’artiste et en même temps doit faire avec des équipes de techniciens, qui sont moins bien payés, payés à l’heure, qui sont là pour faire leur métier. Cette coexistence génère des conflits, exacerbés par les histoires de convention collective, de financements, et tout ça dans un contexte général de crise.

    Je connais un tout petit peu Kechiche. C’est sûr que c’est quelqu’un qui n’est pas facile, qui est très exigeant, qui est parfois paranoïaque, qui est très entier. Ca ne doit pas toujours être facile de bosser avec lui, je suis conscient de ça. Où placer le curseur de ce qui est acceptable ou pas ? Des cinéastes pas faciles dans le travail, il y en a des dizaines d’exemples, souvent des très grands : Pialat, Bergman, Preminger, Hitchcock… On peut citer beaucoup d’anecdotes de conflits de tournages. Je ne dis pas que Kechiche est un Saint et qu’il est parfait. Mais ça pose la question : jusqu’où on est prêt à s’engager pour servir un bon film ? La réponse n’est pas simple. Dans un de mes papiers, je dis que c’est sûr qu’un tournage de Plus belle la vie, ça doit être plus réglé, il y a peut être moins de dépassements, on est mieux traité, le réalisateur n’hésite pas 3 heures avant de faire sa prise… Le résultat artistique n’est pas le même non plus ! Tout ça remue de vieilles questions.

    Nos précédents articles autour de ce sujet :

    Polémique : un syndicat dénonce les conditions de travail sur le tournage de "La Vie d'Adèle"

    Sexe, Palme, Kechiche... : la mise au point de l'auteure du "Bleu est une couleur chaude"

    Palme d'or, polémique... Brahim Chioua, DG de Wild Bunch, évoque l'avenir de "La Vie d'Adèle"

    Pour aller plus loin :

    L'édito "Stop au Kechiche bashing" de Serge Kaganski (Les Inrocks, 29 mai 2013)

    Kechiche bashing (slight return) (blog de Serge Kaganski, 31 mai 2013)

    La chasse au Kechiche est ouverte (blog de Laurent Delmas, 29 mai 2013)

    La réponse d'un technicien du film à Serge Kaganski

    Le Spiac-CGT dénonce les conditions de travail sur le tournage de "La Vie d'Adèle" (Le Monde, 23 mai 2013)

    Des techniciens racontent le tournage difficile de "La Vie d'Adèle" (Le Monde, 24 mai 2013)

    Les épreuves contre la montre d'Abdel Kechiche (Le Monde, 13 mai 2013)

    Notre interview avec les actrices de "La Vie d'Adèle" :

    Propos recueillis par Brigitte Baronnet, le 31 mai 2013

    facebook Tweet
    Commentaires
    • Stephane B.
      Facile, un film d'amour lesbien... Familles de France doit en avoir des suées. Un jour, j'espère, ces intégristes comprendront que l'homosexualité n'est pas une maladie ou une déviance.
    • Fr?d?ric T.
      En lui-même, l'interview est intéressant et les réponses du journalistes équilibrées. Merci AlloCiné. Par contre, il faut reconnaître que l'édito évoqué est, quant à lui, sincère, légitime sans doute, mais un peu léger et parfois caricatural... En définitive, l'édito de Kaganski n'est pas plus objectif ou moins excessif que beaucoup de commentaires sur Internet. Et vice-versa.
    • derchminator
      Je pense sincèrement que ce film a eu la palme d'or parce que le gouvernement Français vient d'adopter le "mariage pour tous"... ça passe mieux dans ces conditions !
    • candyjane
      test
    • alastor78
      Bref un article qui nous dit que c'est pas bien de critiquer et qu'il vaut mieux se réjouir comme tout le monde et je n'avais poser de questions. L'ironie c'est qu'aujourd'hui ce sont le public et les artistes (Julie Maroh, qui ne critique pas tant le sexe que le manque de crédibilité des relations sexuelles entre femme dans un film qui prétend en parler, pas si impertinent comme "polémique" surtout que j'ai pas le souvenir d'avoir entendu une artiste, qui plus est homosexuelle, évoquer la question du réalisme de la représentation de la sexualité des lesbiennes au cinéma avant ça.) et les gens qui travaillent dans le cinéma qui doivent soulever les bonnes questions tendis que les journalistes eux sont là pour donner la parole et/ou soutenir ceux qui aimeraient qu'on aille tous dans le même sens.
    • mrtoo
      derchminator : étonnant de voir un type avouer qu'il est autant crétin, je te félicite de t'assumer ! Tu crois sincèrement que Spielberg, Ang Lee, Nicole Kidman, Christoph Walt... On décerné la palme d'or pour faire iech Barjot Boutin et tout les contres ??? Sans dec mec ferme là !
    • Marie C.
      Merci à Allociné de donner écho à cette polémique.Néanmoins après avoir interviewer Mr Kaganski(qui tiens un blog intitulé "Je ne sais rien mais je dis tout", autant de clairvoyance est rare)Il serait intéressant de faire témoigner un technicien du film (non syndiqué, puisque cela serait une excuse de déformer ces propos)Toute cette polémique n'est ABSOLUMENT pas à rapprocher des débats intermittents actuels.Il s'agit d'une réalité, sur un réalisateur (et derrière lui une prod) qui maltraite les gens, bafoue leurs droits et les mets en danger dans leur travail.Cela se murmure depuis des années, mais le tournage de "La vie d'Adèle" a toute simplement dépasser les limites.Et cela se sait.C'est plus évident d'y voir un discours politique.La réalité, c'est juste un homme (talenteux pour certains), qui exploite les gens pour arriver à ses fins (un film de 3h, 750 heures de rush).Ils auraient était payés et respectés, rien de tout cela ne se saurait.Mr Kechiche n'est pas le seul à être désagréable.Simplement, c'est le seul à virer des gens par dizaines, les pousser à bout volontairement et leur demander de travailler quasi-gratuitement pendant des mois.Quant au problème de l'anonymat, sans déconner!On dénonce un réalisateur qui est infect et dangereux MAIS qui va évidemment continuer de travailler parce que c'est un "artiste" et que seul cela compte, et en plus, on devrait donner nos noms pour se griller DEFINITIVEMENT dans le métier???Je propose à Mr Kaganski de faire de Vrais enquêtes, de recueillir plusieurs témoignages avant d'écrire n'importe quoi sur son blog, pour défendre sa chère place de critique fashion dans les petits papiers des réas à succès.Et de travailler gratos 5 mois. Pour l'amour de l'art.
    • Clingo
      "Je pense sincèrement que ce film a eu la palme d'or parce que le gouvernement Français vient d'adopter le "mariage pour tous" Ce qu'il faut pas lire quand même...( et j'aimerais mieux ne pas lire ce genre de commentaires remplis de préjugés et dénués de réflexion ). Comme le dit mrtoo, les membres sont en grande partie étrangers - à part Auteuil, cela fait huit jurés pas français - et doivent être loin de l'agitation politico-sociale que nous avons connue ces derniers mois. Je n'ai pas eu la chance de voir le film, mais on peut se dire que le jury l'a récompensé pour des raisons liées au cinéma ? Si les membres avaient voulu faire de la politique, pourquoi ne pas avoir récompenser Liberace, autre film mettant en scène deux personnages homosexuels ? Autant ne pas faire les choses qu'à moitié...( les raccourcis faciles de certain(e)s sont profondément agaçants ).
    • raphaelbc
      Clingo faut arrêter d’être naïf,Speilberg le président du jury a donné des millions a la cause du mariage gai et la un film lesbien obtient la palme d'or le jour des manifs pour tous,simple coïncidence?Je crois pas.
    • zetetikos
      Hum... Voir Serge Kaganski des Inrockuptibles défendre Abdellatif Kechiche pour un film sur l'amour entre deux jeunes filles dans la France des banlieues au moment des polémiques autour de l'ouverture du mariage pour les couples de même sexe, alors que le Festival de Cannes s'est déroulé dans un contexte de manifestations monstre qui ont fait la une des journaux du monde entier, et au moment où les États-Unis eux-mêmes vont rentrer dans un débat très vif à propos du même sujet puisque la Cour suprême doit rendre un avis très attendu à ce titre au mois de juin et que Barack Obama - icône bobo par excellence - se déclare en faveur dudit mariage, disons que ça ne manque pas de sel !! La France bobo - et Cannes en est un symbole par excellence puisqu'on y cumule argent, liberté de moeurs, ouverture d'esprit dans l'entre-soi et politiquement correct - se serre les coudes; ok, mais on n'est pas obligé d'être dupe ! Je n'ai pas vu le film, donc il est très difficile de le critiquer, mais tout semble concorder dans tout ce que j'ai pu lire ici et là pour dire que Spielberg et une partie du jury auraient préféré "Le Passé" d'Asghar Farhadi, mais pourtant c'est bien "La vie d'Adèle" qui a reçu le prix... Difficile tout de même de ne pas y voir une "Palme" politique, indépendamment de la qualité intrinsèque d'un film que je ne peux pas juger. Cela fait très longtemps que la Palme d'or est attribuée souvent à des films pour le propos tenu plus que pour la qualité artistique; citons pêle-mêle "Farenheit 9/11", les films de Ken Loach, "Entre les murs", etc. L'entre-soi des idées et des personnes n'est plus à démontrer au cinéma et plus particulièrement au Festival de Cannes... Le fait, en outre, de ne pas avoir récompensé simplement le réalisateur comme d'habitude, mais aussi les deux actrices principales (et donc à travers elles le sujet même de l'amour lesbien), ne fait que confirmer ce sentiment. Et qu'on ne me sorte pas l'argument du "elles étaient peut-être tout simplement extraordinaires" ! Come on, aussi brillantes qu'elles aient pu être, ce n'est pas la première fois que nous avons un duo d'acteurs/trices fabuleux en plusieurs décennies de cinéma ! Je précise, avant qu'on ne me réponde des arguments du type "ça t'emmerde, hein, que des filles puissent s'aimer librement, etc.", que je suis homosexuel et que donc le sujet en soi bénéficie de tout mon soutien, mais j'avoue que j'ai toujours un souci avec l'idée de récompenser une oeuvre d'art quelle qu'elle soit pour son propos... C'est l'antithèse de la liberté intrinsèque qui devrait être à mes yeux celle de l'Art et du jugement esthétique qu'on lui porte. Ce n'est bien sûr que mon humble avis, et je ne prétends pas amener la Vérité aux gens en écrivant cela ! :)
    Voir les commentaires
    Suivez-nous sur Facebook
    Top Bandes-annonces
    Mes autres vies de chien Bande-annonce VO
    Good Boys Bande-annonce VO
    Sponsorisé
    Roubaix, une lumière Bande-annonce VF
    La Vérité si je mens  ! Les débuts Bande-annonce VF
    Late Night Bande-annonce VO
    Fourmi Bande-annonce VF
    Bandes-annonces à ne pas manquer
    Actus ciné Interviews
    L'Intouchable, Harvey Weinstein : rencontre avec la réalisatrice du documentaire choc
    NEWS - Interviews
    mercredi 14 août 2019
    L'Intouchable, Harvey Weinstein : rencontre avec la réalisatrice du documentaire choc
    Dora et la Cité perdue : "C’est rafraîchissant de voir une ado libérée de la technologie"
    NEWS - Interviews
    lundi 12 août 2019
    Dora et la Cité perdue : "C’est rafraîchissant de voir une ado libérée de la technologie"
    Dernières actus ciné Interviews
    Films de la semaine
    du 14 août 2019
    Once Upon a Time… in Hollywood
    Once Upon a Time… in Hollywood
    De Quentin Tarantino
    Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie
    Bande-annonce
    Dora et la Cité perdue
    Dora et la Cité perdue
    De James Bobin
    Avec Isabela Moner, Michael Peña, Eva Longoria
    Bande-annonce
    Je promets d'être sage
    Je promets d'être sage
    De Ronan Le Page
    Avec Pio Marmai, Léa Drucker, Mélodie Richard
    Bande-annonce
    Le Gangster, le flic & l'assassin
    Le Gangster, le flic & l'assassin
    De Lee Won-Tae
    Avec Ma Dong-seok, Kim Moo-yul, Kim Sung-kyu
    Bande-annonce
    Perdrix
    Perdrix
    De Erwan Le Duc
    Avec Swann Arlaud, Maud Wyler, Fanny Ardant
    Bande-annonce
    Le Mystère des pingouins
    Le Mystère des pingouins
    De Hiroyasu Ishida
    Bande-annonce
    Sorties cinéma de la semaine
    Back to Top