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    La Nuit du chasseur, La Griffe du passé... Robert Mitchum en 10 rôles incontournables
    Par Corentin Palanchini — 1 mars 2019 à 18:07
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    A l'occasion de la sortie du documentaire sur Robert Mitchum "Nice girls don't stay for breakfast", (re)découvrez 10 rôles incontournables ou plus méconnus du comédien américain aux plus de 120 films.

    Ciné Classic
    Adieu ma jolie

    Los Angeles, 1941. Le détective Philip Marlowe est engagé par Moose Malloy, qui vient de purger sept ans de prison, pour retrouver son ancienne petite amie, Velma. Mais plus l'enquête de Marlowe progresse, plus les coups bas vont se multiplier et freiner sa résolution. On retrouve esthétiquement dans ce film toute l'ambiance des romans policiers de Raymond Chandler et Mitchum a le visage et l'allure faits pour jouer le détective privé Philip Marlowe. L'acteur, alors âgé de 57 ans, apporte de la profondeur et du vécu au personnage, ce qui le rend davantage désabusé et rend le film unique.

    La musique de David Shire est formidable et on peut noter côté clin d'oeil l'apparition d'un jeune Sylvester StalloneUne suite à Adieu ma jolie a vue le jour en 1978, Le grand sommeil, dans laquelle Mitchum reprend le rôle de Marlowe, sauf que l'action ne se situe plus en 1941 mais en 1977. La sortie des deux films n'est pourtant séparée que de trois ans.

    Celui par qui le scandale arrive

    Deuxième film de notre sélection, Celui par qui le scandale arrive est réalisé par Vincente Minnelli qui avait déjà fait tourner Mitchum dans le polar Lame de fond. Cette fois, l'acteur interprète un chef de famille Texan intraitable et intransigeant. Le film oppose passé (le personnage de Mitchum) et avenir (son fils, surtout elevé par sa mère) à travers une fresque qui n'hésite pas à devenir parfois cruelle. Minnelli abandonne les couleurs vives de ses films musicaux pour proposer des teintes différentes et un décor plus menaçant, notamment avec des marécages. Présenté en 1960 au Festival de Cannes, seul film américain en compétition, Celui par qui le scandale arrive en repartira bredouille.

    Ça commence à Vera Cruz

    Ça commence à Vera Cruz (The Big Steal) est un film d'1h10 réglé comme du papier à musique par son réalisateur Don Siegel. Duke Halliday est injustement accusé d'avoir volé de l'argent... par le voleur lui-même ! Halliday va tenter de prouver son innocence. Commence alors (à Vera Cruz) une poursuite vue du point de vue des quatre protagonistes, sans perdre le spectateur en route. Connue pour son goût du tournage en studio à moindre coût, la firme RKO permet au film de se tourner au Mexique, où l'équipe technique attendra longtemps Mitchum, alors en détention pour usage de marijuana. Au final, il s'agit d'un film d'aventure saupoudré de comédie romantique... une série B montée au cordeau et au rythme hallucinant : merci Don Siegel.

    La fille de Ryan

    Changement de registre pour Mitchum qui tourne sous la direction de David Lean ce magnifique drame teinté de romance. Il y joue le rôle du maître d'école d'un village irlandais, qui épouse Rosy Ryan, de quinze ans sa cadette. Déçue par cette union, Rosy tombe amoureuse du major anglais venu prendre le commandement de la garnison voisine. Sortant du succès de Lawrence d'Arabie et de Docteur Jivago (1966), Lean a carte blanche sur son film et va choisir de faire entièrement construire un village irlandais typique pour les besoins du tournage (certaines maisons auront même l'eau courante et l'électricité) puis le fera détruire. 

    Le cinéaste prend le parti de s'éloigner d'un sujet politique qu'il aurait pu embrasser (les luttes pour l'indépendance de l'Irlande) pour se concentrer sur l'histoire d'amour et de désamour de ses personnages. Mitchum est tout en retenu dans le rôle du mari discret et impuissant à garder l'amour de sa femme. Les critiques furent terribles envers La Fille de Ryan en 1970, poussant David Lean à abandonner le cinéma pendant 14 ans, avant de revenir avec La Route des Indes, qui sera son dernier long métrage. Le statut de chef d'oeuvre de La Fille de Ryan est aujourd'hui incontestable.

    Les forçats de la gloire

    Lorsque William A. Wellman s'attaque au film de guerre, cela donne souvent de très grands films comme WingsBeau geste (sur la Légion étrangère) ou Bastogne. En 1944, alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, il choisit de tourner The Story of a G.I. Joe (Les Forçats de la gloire), qui suit l'histoire vraie du journaliste Ernie Pyle (Burgess Meredith) s'engageant pour devenir correspondant de guerre durant le conflit. La plupart des figurants étaient de vrais G.I. dont certains ne verront jamais le film terminé et seront tués lors de la bataille d'Okinawa. Wellman filme le quotidien du soldat en plein conflit avec un réalisme stupéfiant (lui-même a été pilote durant la Première guerre) et teinté d'une certaine amertume. Une fois n'est pas coutume, Mitchum, alors jeune homme, incarne un personnage sans illusion que la guerre a rendu cynique. Il donne incroyablement vie à ce soldat pourtant presque déjà mort, et sera d'ailleurs nommé à l'Oscar du Meilleur second rôle. Un incontournable.

    La griffe du passé

    Chef d'oeuvre de Jacques TourneurLa Griffe du passé est un maître étalon du film noir. A nouveau produit par la RKO, le film met en scène l'ancien détective privé Jeff Bailey (Robert Mitchum), qui se retrouve engagé par le joueur professionnel Whit Sterling (Kirk Douglas), pour rechercher sa complice Kathie (Jane Greer) qui l'a trahi. Mais lorsque Bailey la retrouve, il en tombe amoureux... Robert Mitchum n'était que le quatrième choix du film (après Humphrey BogartDick Powell et John Garfield, excusez du peu) et s'il retrouve un rôle de cynique postérieurement aux Forçats de la gloire, le personnage possède aussi un certain romantisme qui le rend immédiatement attachant.

    En un film, Mitchum et son apparente nonchalance face au jeu très physique de Douglas marque les esprits et devient sa marque de fabrique. A noter que les deux comédiens se retrouveront rapidement dans Le Dernier de la liste mais surtout 23 ans plus tard dans La Route de l'ouest d'Andrew V. McLaglen.

    Les nerfs à vif

    Max Cady (Robert Mitchum) vient de passer huit ans en prison pour agression sexuelle. Il compte retrouver le témoin de son forfait qu'il tient pour seul responsable de sa condamnation : l'avocat Sam Bowden (Gregory Peck). Tranquillement, Max Cady l'avertit qu'il est venu pour se venger, que son châtiment sera terrible et qu'il n'épargnera ni sa femme ni sa fille... La présence insidieuse de Mitchum à travers le film crée une atmosphère oppressante. Très vite, le spectateur comprend que cet homme est dangereux et représente une menace pour Bowden et sa famille. La mise en scène de Jack Lee Thompson adopte un noir et blanc léché pour un film inspiré par le cinéma d'Alfred Hitchcock. Retenons que Mitchum apparaîtra dans le remake du film par Martin Scorsese. Il y interprétera le rôle du policier, et un autre Robert, De Niro, tiendra le rôle de Cady. Gregory Peck revient également, cette fois dans la peau de l'avocat de Cady.

    La nuit du chasseur

    Autre prestation inmanquable de la carrière de Mitchum, son interprétation de l'homme d'église et escroc Harry Powell du chef d'oeuvre La Nuit du chasseur. Outre l'imagerie attachée au personnage et notamment ses mains marquées d'un "AMOUR" et d'un "HAINE", Powell restera l'un des meilleurs méchants de l'Histoire du cinéma. La performance de Mitchum oscille entre le très marqué et la farce mais marquera à jamais les spectateurs et traverse les âges sans prendre une ride. Très influencés par l'expressionnisme, Charles Laughton et Stanley Cortez son directeur de la photo rendront le film sublime à regarder et en feront un classique indémodable qui fêtera en 2025 ses 70 ans.

    Le tournage mouvementé de "La Nuit du chasseur"

    Track of The Cat

    Nouveau film de Wellman avec Mitchum, Track of the Cat est un western atypique dans lequel deux hommes (William Hopper et Robert Mitchum) traquent une "panthère" qui s'apprête à décimer leur bétail. En parallèle, Wellman dresse le portrait d'une famille rongée par la cruauté dont font preuve la mère et le fils aîné (joué par Mitchum). A travers son film, il pointe les raisons de ce dysfonctionnement familial : l'alcoolisme et l'abandon du père, la rancoeur de Grace, l'évasion mentale de l'un des frères artiste... Tout cela fait des scènes entre les Bridges des moments étouffants aérés par des parenthèses romantiques bienvenues. Un western à redécouvrir.

    Les copains d'Eddie Coyle

    Lorsque le cinéaste britannique Peter Yates (Bullitt, La bande des quatre, L'Habilleur) se lance dans un polar en 1973, il décide immédiatement de faire appel à Robert Mitchum en tête d'affiche. L'acteur prête ses traits à Eddie, un petit malfrat qui va retourner en prison. Afin d'échapper à cette punition, il décide de devenir une "balance" et d'aider les forces de police. Pour jouer son rôle, le comédien prend du poids et rencontre des policiers de la ville de Boston pour parfaire son accent et livre une performance remarquable, très bien aidé des dialogues cinglants du film, qui en font une réussite encore trop peu connue.

    Il y aurait encore tant de films pour vanter le talent de Mitchum, de Rivière sans retour à Dead Man en passant par Les Indomptables... N'hésitez pas à vous plonger dans la filmographie passionnante de cet acteur hors normes et, disons-le, l'un des meilleurs de sa génération.

    Comme Robert Mitchum, ces comédiens font des apparitions dans des remakes de leurs films :

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    10 acteurs qui font une apparition dans le remake de leur film culte
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