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note moyenne
3,8
3376 notes dont 617 critiques
22% (134 critiques)
33% (204 critiques)
19% (115 critiques)
11% (67 critiques)
9% (55 critiques)
7% (42 critiques)

617 critiques spectateurs

chrischambers86

Suivre son activité 1161 abonnés Lire ses 9 994 critiques

4,0Très bien
Publiée le 25/04/2014

Portrait d'un couple de retraitès au moment où la femme se retrouve diminuèe par un accident vasculaire cèrèbral! Jusqu'où ira l'amour entre deux êtres qui vivent ensemble depuis quarante ans ? Comment « Aimer » l'envie d'amour, un film qui traite d'un sujet dèlicat ? Si on atteint un certain âge, on doit faire l'expèrience de la souffrance de quelqu'un qu'on aime! Et ça c'est l'origine de cette histoire qui nous touche tous quoi qu'on en dise, d'une oeuvre poignante qui vaut à coup sûr le dètour même si ce voyage sur l’amour, la fin de vie et la peur de la mort, est constamment douloureux! Pour avoir un bon film, on n'a besoin de deux choses: un bon scènario et un bon casting! Emmanuelle Riva a vèritablement pris ce rôle à bras le corps, acceptant la maladie et ses brisures! Mais que dire de Jean-Louis Trintignant, immense de courage parce qu'il ne voulait plus faire du cinèma, et qui revient dix ans après dans une prestation touchante comme c'est pas permis! Et tous deux tèmoignent avec une incroyable impudeur devant Michael Haneke qui s'est imposè comme l'un des rèalisateurs majeurs de l'histoire du cinèma! Avec l'âge, Haneke prend en compte la complexitè de l'âme humaine et se montre totalement fidèle à son cinèma puisque le mal vient dans une communautè, dans un huis-clos, et va complètement gangrèner, et rendre impossible la chose! Alors que d'autres pourraient dècliner avec l'âge, le cinèaste autrichien, lui, semble continuer à se bonifier! En tèmoignent les nombreuses rècompenses pour "Amour", couronnè de l'Oscar du meilleur film ètranger, de plusieurs Cèsars (dont le meilleur film) et de la prestigieuse Palme d'or! Dix ans plus tôt, "Amour" n'aurait pas eu le même succès car ces dernières annèes les mèdias ont davantage mis ce thème au centre de la tension! Parce que c'est un sujet qu'il faut parler et que Haneke fut confrontè à cette problèmatique dans sa vie privèe! Un sujet très fort qui fonctionne toujours par ce principe du questionnement qui a toujours ètè le principe du cinèma d'Haneke! C'est à dire sur un sujet qu'on pourrait croire aussi linèaire que celui là, alors que le spectateur repart quand-même avec enormement de questions! Et ça c'est formidable [...] Aucune issue pourtant, un ètouffement (la vieillesse qui va arriver a son terme), une fin, inèluctable! Sans pour autant être tire larme, "Amour" est un film follement romantique avec une cruautè qui s'exerce au bon endroit dans lequel brille deux comèdiens exceptionnels et inoubliables...

gimliamideselfes

Suivre son activité 803 abonnés Lire ses 3 509 critiques

3,5Bien
Publiée le 24/10/2012

Lorsque Haneke a eu sa seconde palme d'or j'étais véritablement ému. C'est peut-être impudique de dire ça, mais voir ce vieux bonhomme avec Trintignant sur scène, chercher son prix, je trouve ça très beau. Du coup j'attendais énormément ce film, surtout que l'an passé la palme d'or avec sa métaphysique qui criait "coucou regardez-moi je suis trop profond, je suis de la métaphysique" alors qu'il se contentait de répéter ad nauseam les mêmes plans, hein, ça m'était resté au travers de la gorge. Haneke, je le sais, est un réalisateur brillant, méticuleux, méthodique, qui ne laissera rien au hasard. Il a une conception du cinéma que j'aime beaucoup, on est dans la souffrance, dans l'épuration complète, pas de mouvements de caméra superflus, avec toujours une absence de musique (ou alors utilisée avec grande parcimonie) qui empêche ses films de tomber dans le mélo à deux francs six sous pur et dur. Un grand cinéaste en somme. J'avais beaucoup aimé Le Ruban Blanc, mais pour moi son meilleur film reste peut-être caché. En tous cas, lorsqu'un vieux dinosaure fait un film avec deux autres dinosaures et obtient la palme d'or, ça donne envie. Le début du film dit tout, il n'y aura plus de surprise. Le film ne prend pas en otage son spectateur en lui laissant croire à quelque chose qui n'arrivera pas. Mais ce début est très intrigant également même si l'on se doute de ce qui va arriver. Puis on a cette très belle scène au concert, avec toujours cette musique qui débordent d'une scène à l'autre chez Hanake. J'ai pensé pendant un petit moment que j'allais voir un grand film. On l'a présenté comme étant le film avec Haneke qui montre sa tendresse. En fait, ce n'est pas exactement le cas. Parce que ce film reste très violent psychologiquement dans certaines scènes trop rares. En fait on est dans une conception très nietzschéenne de l'amour (wesh t'as vu kom que je me la pète, la semaine prochaine je cite Kant en allemand), où l'amour c'est l'égoïsme à deux et plus l’égoïsme seul. C'était d'ailleurs ce que décrit Trintignant en racontant un film au début du film (justement). Le problème c'est qu'à partir de là tout est dit ou presque. Tout sera dit lorsque Riva dira à Trintignant qu'il est un monstre, mais qu'il est gentil. Et ça suffit, parce qu'on peut résumer le film à ça. Je trouve ça un peu dommage d'être si explicite, surtout si tôt dans le film. (bon après les petits vieux avec qui j'étais dans la salle ont bien dit que la fin était étrange). En général lorsque l'on est dans la retenue je me trouve très ému, j'aime Pasolini ou Bresson pour ça. Mais là je trouve ça fade. Il y a tout ce que j'aime, des longues scènes qui n'ont pas peur d'être trop longues, des beaux plans fixes, de bons acteurs, mais finalement ça ne m'a pas marqué. J'ai l'impression d'avoir vu un film d'Haneke normal qui ne s'assumait pas qui voulait s’emmitoufler dans une sorte d'humanisme "monstrueux" (si j'ose dire), mais je trouve ça très éloigné de la vérité, du vrai. Lorsque je regarde la gueule ouverte de Pialat ou bien cris et chuchotement ça empeste la vérité et c'est ça qui le rend terriblement bon et dérangeant. Idem pour Saranband (lorsqu'on parle de petits vieux et de famille). Là je trouve ça très abstrait. Sauf que à quelques moments, comme par exemple lorsque Trintignant raconte son camp de vacances et il termine par "un jour j'ai plus retrouvé cette carte, c'est dommage" et s'en suit un long silence. C'est une phrase qui sonne juste, terriblement juste et triste. Et il y a aussi quelques moments où on sent l'agacement des protagonistes, j'aime bien, mais ça ne va pas assez loin. On est entre le mélo et Funny Games tout en gardant la précision chirurgicale de la mise en scène d'Haneke. Dommage que le quotidien que je peux trouver émouvant à en pleurer chez Pialat ici me semble juste être le quotidien, sans plus, sans moins. Après, ne nous méprenons pas, ce n'est pas un mauvais film, mais disons que de la part d'Haneke je m'attendais à beaucoup mieux, à beaucoup plus. Mais ça reste un film d'une grande maîtrise.

EricDebarnot

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4,5Excellent
Publiée le 20/08/2013

Aimer les films de Michael Haneke n'est pas facile, et nul ne saurait critiquer celui (ou celle) qui se sentirait manipulé(e) par la froide approche "technique" du grand (eh oui, il faut reconnaître désormais que Haneke est un "grand" du Cinéma !) réalisateur autrichien. "Amour", film justement célébré un peu partout sur la planète, ne transige pas avec les règles habituelles de Haneke, puisque toute émotion, toute sollicitation empathique du spectateur est délibérément exclue du programme, tranchant ainsi avec les systèmes mélodramatiques mis en oeuvre dans 99% du cinéma mondial, sous l'influence - quasi terroriste - de Hollywood. Ici, c'est l'intelligence qui est sollicitée, en l'absence de l'habituelle hémorragie sentimentale qu'un tel sujet (la fin de vie, triviale et sale, et la mort - cruelle - de l'amour qui accompagne forcément la mort de l'être aimé) aurait généré ailleurs : il y a de quoi se sentir ébranlés dans nos habituels réflexes pavolviens, en effet. Oserais-je dire, malgré le gouffre qui sépare ces deux artistes, que j'ai trouvé quelque chose de Bressonien dans le travail de Haneke, cette fois ? La dissociation de l'interprétation à travers un langage libéré des tics "psychologiques" du cinéma-spectacle (même si, au contraire de chez Bresson, ce sont deux acteurs immenses - et non des amateurs - qu'on voit ici au travail...), et la recherche de l'universalité de la "vérité", grâce au dépouillement du traitement scénaristique et esthétique, sont deux aspects forts du film, qui nous lavent les yeux et la tête de tant de boue que nous regardons quotidiennement. Haneke montre dans "Amour" ce qui ne devrait pas être montré (un postulat clairement énoncé par Trintignant dans le film) de la mort qui vient et du corps et de la tête qui lâchent, et pour cela, il reste le cinéaste provocateur, obscène, qui nous torturait avec son "Funny Games". Mais ce qui est vraiment exceptionnel - et infiniment douloureux - dans son travail, c'est qu'il ne nous met jamais à la place de ce couple qui disparaît : il nous place face à notre propre disparition, inévitable.

MDCZJ

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4,0Très bien
Publiée le 17/07/2014

Cela faisait un moment que je voulais voir ce film mais je me suis dit : "attends un peu que toute cette pression médiatique autour du film redescende". C'est ce que j'ai fait et c'est tant mieux. Oui c'est tant mieux car du coup j'avais laissé ce film de côté et j'avais libéré mon esprit. Ainsi quand je l'ai vu j'ai pu être un peu plus objectif que si je l'avais vu au moment de sa sortie. "Amour" est un film de Michael Haneke sorti en 2012. Il avait été présenté au Festival de Cannes 2012 et avait remporté la Palme d'or. Je dois vous avouer que je suis un grand fan du Festival de Cannes. J'aime bien en connaître la sélection et je le suis tous les ans. Néanmoins, assez paradoxalement, je ne regarde pas souvent les films qui y sont récompensés. C'est assez bizarre puisque je réponds présent chaque année pour voir quels films sont présentés. En fait, à part "Amour", "La Vie d'Adèle" et "Entre les murs", je n'ai vu aucun autre film à avoir gagné la Palme d'or récemment. Pour ce qui est de "Amour" justement (c'est tout de même le sujet) eh bien je peux vous confesser que je trouve que c'est un grand film d'une qualité remarquable. C'est vraiment un film bouleversant que ce soit au niveau de son histoire ou de sa réalisation. Le sujet est très triste et on peut observer un certain recul de la caméra face aux acteurs mais pourtant ce film réussi à nous captiver. Bravo Mr. Haneke : vous êtes un grand réalisateur ! Cette façon de filmer les acteurs avec un certain recul n'est tout de même pas anodine. Je crois qu'on peut y voir là une manière de montrer que ce couple qui est au centre du film est un couple unique. Oui c'est un couple unique par l'amour qui en découle. Les deux époux, Georges (Jean-Louis Trintignant) et Anne (Emmanuelle Riva), s'aiment d'un amour incommensurable. Vu de cet aspect-là, ils sont uniques. C'est bien un amour sublime qui les lie. Par contre, vu d'un autre aspect ils sont quelconques. En effet, on constate que les événements qu'ils vivent, aussi tragiques soient-ils, peuvent arriver à n'importe qui. Et c'est ça qui fait que le film est magnifique ! Mais quels sont ces événements justement ? Quelle est l'histoire de ce film ? Eh bien "Amour" raconte en fait l'histoire de deux professeurs de musique à la retraite. Ce sont des gens cultivés qui ont une certaine appréciation pour la musique classique. Un jour Anne (Emmanuelle Riva) est victime d'une attaque cérébrale. La partie droite de son corps s'en trouve paralysée. A partir de là, la vie de se couple va être mise à rude épreuve. Ils vont devoir changer leurs habitudes. Spoiler: Ils vont donc s'accoutumer à réapprendre à vivre jusqu'au jour où Anne va être victime d'une seconde attaque, beaucoup plus grave. L'histoire du film est donc très triste. Il n'y a absolument rien de réjouissant mais enfin, ce n'est jamais qu'un film sur des événements qui pourraient arriver. Je pense qu'il faut aussi être bon spectateur et que c'est une bonne chose qu'il y ait de temps en temps des films sérieux sur de vrais sujets de société. Après, tout dépend aussi du traitement mais honnêtement ici il n'y a rien à en redire. Michael Haneke est un grand réalisateur. Il filme l'ensemble avec beaucoup d'intensité. Il y a beaucoup d'émotions qui se dégagent de ce long-métrage sans que ce soit nécessairement tire-larmes. Je trouve qu'au contraire c'est filmé avec beaucoup de propreté et beaucoup de pureté. On est toujours dans le vrai et dans la justesse. Au final, ce n'est jamais malsain. C'est tout simplement un film sur la vie et sur l'amour qui unit deux personnes. Je ne vois rien de plus beau au monde que cela. Spoiler: En plus le film parvient même à nous choquer grâce à des répliques vivantes et à quelques rebondissements. En effet, à la fin Georges tue sa femme mais il le fait par amour pour elle. Elle qui n'est plus qu'un légume. Le film pose ainsi la question de la fin de vie ? C'est un problème de société. Personnellement je ne donnerai pas mon avis sur la question ici mais je veux dire à tous les détracteurs de ce film que le geste final qu'a Georges envers son épouse est bien un geste d'amour. Le titre du film est très largement justifié. Si vous n'avez pas compris cela c'est que vous n'avez rien compris. En conclusion, je ne peux que vous recommander ce film. Les comédiens sont d'ailleurs fabuleux et touchants dans leurs rôles. On ne s'ennuie jamais et c'est fait tout en délicatesse. 4 étoiles sur 5.

conrad7893

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3,5Bien
Publiée le 15/11/2013

j'ai trouvé les 2 acteurs parfaits dans leur rôle,rien à dire de plus , quoi dire de plus le film pour ma part m'a paru long par moment, mais je pense que cela est voulu ce film nous renvoit à notre image et nous laisse entrevoir la fin de vie, qui est un moment par très joyeux sujet encore tabou au cinéma de très belles scènes, difficiles parfoir psychologiquement HUPPERT très bien et touchante

B-Lyndon

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4,5Excellent
Publiée le 01/11/2012

C'est un film sur la fin de vie qui commence par sa fin. Il s'est ouvert sur un écran noir dans un silence total, un silence de mort, le silence des défunts couchés pour quelques jours sur le lit de la chambre. Et puis, des hommes sont rentrés. Cherchant une preuve de ce silence, ils ont fini par la trouver : la défunte, magnifique, reposant sur un lit les bras repliés sur le ventre, des pétales de fleurs entourant sa tête. Apparition trouble, furtive. Seulement quelques secondes dans le cadre avant que le noir ne s'impose à nouveau, marqué en lettres blanches du simple titre du film : "Amour", donc, "Amour" sans "A mort", sans second degrés, sans ironie. Car Haneke a rendu les armes. Il a cessé de détester les petites gens. Les gens imparfaits. Les gens bougons, les petits bourgeois qui pourtant s'aiment, et vont mourir, comme les autres. Il a cessé de poursuivre la pitié qu'il a pour le monde, pour la vie. Il n'est plus le petit juge sadique, le professeur tapant sur les doigts des élèves apeurés. Jamais son cinéma n'aura autant levé la tête vers le haut, vers la vie, vers le bonheur, que dans cet "Amour" qui en contient trop, jusqu'à l'asphyxie. Et si quelques vices subsistent (La vie se termine et le bonheur se perd), cette fois, on comprend. Pourquoi. Comment. Il s'agit en vérité, pour Haneke, de sonder et d'analyser lui-même la perspective émotionnelle et technique de son propre cinéma. La deuxième scène du film en est le témoin le plus flagrant : un plan, un seul, fixant, sans en faire ressortir certains aux dépends d'autres, des hommes et des femmes assis dans une salle. George et Anne y sont, on les voit, car l'on sait ce qu'on est venu voir, qui l'on est venu voir. Mais le plan dure. Et la question d'Haneke s'y pose sans appui : qui le cinéaste veut-il qu'on regarde ? George ? Anne ? ou alors nous laisse-il le temps de remarquer cet homme chevelu qui discute ? Cette femme qui envoie des textos sur son téléphone ? Ce gros type riant gaiement à l'arrière de la salle ? Chaque personnage est, dans le contexte de la scène, spectateur. Spectateur de qui ? De quoi ? De nous ? Lorsque les lumières vont s'éteindre, c'est bien vers nous, les spectateurs véritables, qu'ils vont se tourner, ensemble. Haneke, en un plan, pose les bases de tout le film et de tout le principe de son cinéma : "Amour" va suivre George et Anne, mais il aurait pu suivre les autres, sans que notre condition de spectateur ne change exactement. C'est cela, en fait, le cinéma du cinéaste : le spectacle voyeur de la vie quotidienne, souvent insoutenable, parfois pudique et plus profond. C'est le cas d'Amour. Et c'est son plus beau film. Son plus humain, son plus habité, son plus profond. Certains regretteront, encore et toujours, cette constante distance qui nous sépare de ses personnages. Mais c'est le but même du cinéaste de filmer l'action du temps et la douleur qu'elle engrange en respectant et conservant la pudeur des êtres, jusque dans ses choix esthétiques et narratifs. Alors, jusqu'au bout, il ne dévie pas, en filmant honnêtement, simplement, les silences, les regards, les mots qui butent, les hurlements incessants comme personne. Les symboles sont nombreux : et si ce robinet qu'Anne arrêtera à la suite de son premier choc était une personnification de la vie, qui s'écoule et disparaît dans le tuyau du lavabo ? Cette façon pour George de fermer chaque porte, une tentative inconsciente de préserver le peu d'amour qui reste ? Et ce pigeon ? D'abord intrus dans sa première apparition, puis autre lourd symbole de l'amour manquant dans la seconde... Tout ceci est le fruit de la plus intense pudeur : Haneke fait dire par sa mise en scène ce qu'un autre exprimerait par des larmes et des phrases désespérés. Et il pointe à la fin du film ce même sentiment qu'enfin, le cinéaste s'incline et reconnait que, malgré la mort qui fait face, il subsiste, quelque part, dans l'art ou le quotidien, une quelconque beauté, quelque chose de propice au bonheur. Et si tout a une fin, et si elle se passe dans la douleur la plus intense, et si la vie est parfois source de souffrance, l'amour est là, l'amour existe, l'amour existe et ne s'arrête jamais : c'est avec la vision amoureuse de sa femme que George, celui qui ne pouvait plus que la toucher qu'en la levant de son fauteuil, quittera l'appartement, après avoir exaucé la promesse de leur vie, le laissant dans le silence de mort qu'on avait entraperçu au début. Et le film se terminera de la plus belle des manière : Eva, leur fille, elle qui ne réussira pas à comprendre, à trouver une véritable preuve de l'amour de ses parents, se cachant incessamment lors de ses visites dans les chiffres de ses finances complexes, le comprendra enfin dans le plan final, grâce à l'absence du couple et du vide abyssal qu'ils laisseront. Encore une fois, il ne suffira que d'un regard dans le vague et de quelques secondes. Huppert est bouleversante dans ce rôle de fille impuissante face à la lente fatalité de l'existence. Et, comme le cinéaste avec elle, elle s'incline, et c'est magnifique, face au couple magnifique que forment Trintignant et Riva, exceptionnels de bout en bout. Posant chaque phrase, chaque mot, chaque syllabe avec une minutie incroyable sans que cela n'en soit de trop. Exécutant chaque geste de manière à la fois laborieuse et gracieuse. Il ne suffit alors que d'un regard, d'une parole, d'un mot, un seul, pour que se devoile à nos yeux pétris de larmes toute la contradiction, la complexité de ces nouveaux rapports, le remord, la peur et le souvenir d'enfance. Ils sont, dans cet adieu consenti à la vie, incomparables de retenue, d'intelligence, de sensibilité, de pudeur et d'amour, tout simplement. 18/20.

soniadidierkmurgia

Suivre son activité 156 abonnés Lire ses 2 785 critiques

4,5Excellent
Publiée le 12/03/2015

Michael Haneke est un cinéaste habitué aux récompenses mais "Amour" est sans aucun doute son film qui aura rallié à lui le plus de suffrages, mettant quelque peu en sourdine les critiques faites en général au réalisateur par ceux qui ne supportent pas sa froideur clinique et sa vision noire de l'humanité gangrénée par une violence intrinsèque assénée par celui qui n'a pas son pareil pour impliquer un spectateur se sentant souvent pris en otage . "Amour" parle certes de la mort et de la déchéance physique qui souvent l'accompagne mais aussi et surtout de l'amour qui peut unir deux êtres jusqu'au bout de leur vie. On sait tous que la mort est au bout du chemin et souvent elle frappe bien trop tôt à la porte mais dans le cas d'Anne (Emmanuelle Riva) et Georges (Jean-Louis Trintignant) octogénaires raffinés goûtant les arts (anciens professeurs de piano tous les deux), elle arrive à son heure. Deux attitudes possibles face au film. La mort est une chose affreuse que tout le monde veut oublier et Haneke comme toujours un peu voyeur n'est pas obligé de nous rappeler par où chacun d'entre nous va malheureusement passer. La mort est une chose naturelle qui relie l'homme à toutes les autres créatures vivantes mais dans son malheur d'être le seul à connaitre l'issue fatale de la vie il a la chance de connaître l'amour qui amène à partager les souffrances. Anne et Georges ont tout partagé et leur bonheur d'être ensemble est infini et s'est parfaitement adapté au rétrécissement obligé de leur rayon d'action aujourd'hui limité à leur grand appartement haussmannien. Il faut les voir se lire l'un à l'autre les articles de journaux ou se rappeler les moments cocasses de leur vie. Ce sont encore deux jeunes amants qui n'ont rien oublié de ce qui les a enflammés. Il ne faut pas compter sur eux pour qu'on leur vole leurs derniers instants et leur fille (Isabelle Huppert) voulant imposer la voie déculpabilisante et socialement acceptable de la médicalisation devra s'y résoudre. Vu sous ce prisme le film est une véritable ode à la vie qui doit nous faire envisager la fin terrestre sous des auspices moins terrifiants. Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva sont bien sûrs bouleversants, acceptant de montrer leur propre faiblesse à l'écran mais en pleine osmose avec le réalisateur ils ont bien compris que le message à passer était plein d'espoir. "Amour" qui porte donc bien son nom est sans aucun doute le film le plus optimiste d'Haneke qui par extension peut nous montrer la voie à suivre, celle de l'amour, pour enfin accepter notre condition de mortel et rendre la vie sur terre moins violente. Spoiler: Il est sans doute dommage qu'à la toute fin le réalisateur qui avait fait jusque là un sans faute se laisse aller à son penchant pour les conclusions paroxystiques avec la scène de l'oreiller qui dénature un peu sa tardive et anachronique reconversion. Mais il est dit que l'on ne se refait jamais complètement . On pardonnera donc volontiers à l'auteur d'avoir céder à son péché mignon (pas si mignon que ça en fait).

Roub E.

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3,0Pas mal
Publiée le 25/11/2013

Sujet assez rare au cinéma l extrême vieillesse et l attente de la mort Amour est un film naturaliste, une contemplation de ce vieux couple pris entre la nostalgie d une vie qui se termine, la frustration de cette situation et une alternance entre volonté et renoncement. Seulement du fait de son sujet et du traitement choisi il y a quelques moments de grand ennui et jamais le film ne sublime son sujet.

Nico591

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3,0Pas mal
Publiée le 20/04/2013

Deuxième Palme d'Or pour Haneke qui avec ce film aborde le thème de la vieillesse par le biais de ce couple d’octogénaires dont la femme victime d'une attaque cérébrale [spoiler]vSpoiler: a décliner peu à peu pour finir par devenir en légume, l'homme va donc puiser dans son amour pour l'assister dans cette épreuve[/spoiler]. Haneke veut nous montrer le véritable amour unissant ces deux personnes jusque dans les derniers instants d'une vie, comme toujours avec Haneke le traitement est très clinique, sans artifices qui peut parfois être empreint de voyeurisme et mettre mal à l'aise et qui pourrait en laisser beaucoup sur le carreau, trouvant tout ça très chiant, d'autres verront en ce film la quintessence du cinema en terme d’émotion. Pour a part je resterai partage entre les 2

vincenzobino

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 21/01/2013

Un véritable huis-clos du maître du genre et un brillant hommage a toutes les aides-soignantes non professionnels. Trintignant et Emmanuelle Riva prodigieux. LE film français de l'année!!!

Dex et le cinéma

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2,0Pas terrible
Publiée le 07/02/2014

Une palme d'or complètement incompréhensible. Une mise en scène intéressante, mais une réalisation désespérément froide et fixe. Au lieu de tenter de nous plonger avec virtuosité et lyrisme dans l'histoire d'amour de ce vieux couple, Haneke adopte une caméra fixe. On observe, sans s'attacher à quiconque. Le jeu d'acteur de Jean-Louis Trintignant est très convaincant, mais celui d'Emmanuelle Riva touche au ridicule. Elle surjoue tellement que ça en devient risible. J'ai l'impression de voir la pièce de théâtre d'une école pour enfant de 12 ans. Je ne peut pas nier la beauté de la photographie et une intelligence dans la mise en scène, mais cette immobilité de point de vue me donne l'impression de regarder une télé réalité dans une maison de retraite. Une histoire classique, qui n'a rien d'exceptionnelle. Simplement la fin d'un couple de vieux. Chacun l'a déjà vécu. En conclusion, un tire larme de plus, vide et immobile. Une grande déception, surtout pour une palme d'or.

Sebiitch

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4,5Excellent
Publiée le 21/05/2013

Très étrange ce film. Je me suis beaucoup ennuyé au début, et ensuite j'étais très mal à l'aise. Le jeu des acteurs a beaucoup changé aussi, je les trouvais extrêmement mauvais au début, et plus le film avance, plus ils sont convaincants. Mais ca amène une gène au vu de l'évolution du film, un voyeurisme presque réel, notamment à cause des scènes qui deviennent de plus en plus dures et violentes. La longueur des scènes, et le manque de musique accentuent le coté réel du film. Du coup, je peux affirmer que les prestations sont respectables et que le sujet ne laisse pas indifférent... Mais je ne suis pas su que ca me plaise. Et pourtant, c'est ce sentiment qui fait que ce film est réussi.

gorbi1312

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3,0Pas mal
Publiée le 24/04/2013

Sujet hautement difficile abordé par Haneke dans ce film, la fin de vie. Et le réalisateur autrichien s'en tire plutôt bien. Grâce à l'atmosphère de plus en plus tendu régnant dans ce lieu clos dont on ne sort pas, grâce à ce scénario empirique et étouffant jusqu'au choc du final. Cependant le sujet étant universel, il ne laisse pas indifférent sur les choix effectués par les personnages. On peut don sortir de la salle en étant choqué, impressionné, révolté ou admiratif. Ce qui est sûr c'est qu'il ne laisse pas indifférent.

Emma F.

Suivre son activité 18 abonnés Lire sa critique

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 05/04/2013

Très beau film. La mort est un sujet trop tabou dans notre société. Ce film permet de découvrir la réalité, et les problèmes qu’engendre la vieillesse. Je vois beaucoup de critiques. La lenteur du film, et parfois même son ennui sont calculés. Il y a beaucoup de finesse dans ce film. Comment faire d’un « DRAME » avec des personnes d’un certain âge, un film d’ « ACTION » ? C’est un film émouvant, et qui nous montre l’amour d’un couple, avec la vie et la mort. Quand on voit décliner Anne on peut ressentir les émotions de son mari mais aussi d’elle-même. Ce film a pour but de nous imaginer, de nous projeter, de nous faire réfléchir sur la vie : Qu’est-il mis en place pour les personnes âgées dépendante ? Y a-t-il des aides à domicile plus personnalisé ? Comment faire face à des soignants incompétents ? Comment gérer l’amour dans cette situation ? Quel est le rôle de professionnel dans ce cas ? Que ce soit pour Anne comme son mari et leur fille. Qui peut décider de notre mort ? Ect… Dans le cinéma qui a osait parler d’un tel sujet ??? PERSONNE. Alors oui il existe des films ou l’on traite les maladies mentales, le handicap… et la mort vu de cet œil la? La palme d'or est largement justifiée. Les personnes qui ne mettent pas la moyenne n’ont tous simplement pas compris le sens du film et même le cinéma en général.

Ciemonde

Suivre son activité 62 abonnés Lire ses 98 critiques

4,0Très bien
Publiée le 14/11/2012

Michael Haneke vous êtes un salaud. Oui. Un pur. Un beau. Cependant vous êtes également l'un des plus grands maîtres de cinéma d'aujourd'hui. Un grand merci. Si à chacune de vos autres réalisations nous ressentions du dégoût envers tout ce que vous mettiez en scène, répugnance ici, il n'y a pas. Vous avez toujours composé vos symphonies par le biais de sujets terrifiants, votre Amour ne fait pas office d'exception. Bon nombre de critiques furent surprises, déclarant que vous aviez laissé un place reine au sentimentalisme, elles se laissèrent alors aller à verser une larme. Non. Car si les connaisseurs de votre filmographie ont perçu un quelconque relâchement dans votre dureté coutumière, il s'agit bien moins d'une violente chute dans le pathos qu'une peinture amoureuse glaciale et effrayante. Votre mise en scène est (comme toujours) qualifiée de digne, sèche, distante mais ne pourrait s'empêcher de recevoir le titre de brillante. Chacun de vos silences raisonnait aux oreilles comme une détonation impétueuse provenant du ciel lui même. Les heures se figèrent, le temps d'une mort, imposant le respect. Il serait impossible de ne pas parler de vos deux interprètes, devant lesquels je m'incline au plus profond de mon être. Trintignant à qui la distinction, la voix, la sagesse et le talent ont pleinement contribué à la grandeur du personnage. Riva affaiblie, meurtrie, mourante mais plus belle que jamais. Tous ces cruels éléments instaurent une distance entre le spectateur et ce qui se déroule à l'écran. Ce dernier est indécis. Il ne sais pas, ne sais plus, est perdu. Les rares moments où l'émotion survient, sont étranges, insolites et provoquent un état de béatitude ou d'indignation. Un regard dans le vague, une apparition détestable, une parole injustifiée, un gémissement, un cauchemar déserté... La peur, la haine, la souffrance, la pitié, l'admiration mais loin des pleurs. Vous nous offrez ce que vous avez toujours eu coutume de faire : La vérité. Elle est et sera toujours aussi belle que terrible à entendre. Même atroce, mais votre brio, votre recul et votre finesse nous donnent une magnifique leçon. Nous nous retrouvons face au monde, face aux autres, face à nous même. C'est sur les plumes rances et les fantômes trop vivants que se joue la puissante mélodie du vide. Une claque honteuse sur un océan de parchemin vieillissant. Les larmes sèches et absentes d'un autre temps. Un chemin lent et douloureux vers la mort, une torture de tous les instants. Au centre de ces gris évènements, l'amour. Un amour malgré les âges. Un amour lié par une promesse. Un amour qui n'a plus de raison d'être. Un amour, une haine.

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