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Des hommes sans loi
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Des hommes sans loi" et de son tournage !

En Compétition à Cannes

Des hommes sans loi a été présenté en Compétition Officielle lors du Festival de Cannes 2012. Le cinéaste australien John Hillcoat est cependant reparti bredouille, tout comme son compatriote Andrew Dominik qui présentait quant à lui Cogan - La mort en douce. Son film avait pourtant de beaux atouts : écrit par le rocker Nick Cave, il pouvait compter sur un casting composé de jeunes acteurs montants d'Hollywood tels que Shia LaBeouf, Mia Wasikowska, Tom Hardy et Jessica Chastain, et d'acteurs plus expérimentés comme Guy Pearce et Gary Oldman.

Une "réinterprétation dramatique" des événements

Des hommes sans loi est l'adaptation cinématographique du roman historique de Matt Bondurant, "The Wettest County in the World". L'auteur y raconte l'histoire de sa propre famille, les Bondurant, durant la Prohibition. Cependant, la vérité factuelle est discutable, comme le confirme l'auteur lui-même qui, par manque de documentation, a dû se résoudre à plus ou moins inventer certains pans de l'histoire : "Ce livre est fondé sur diverses histoires et anecdotes familiales, des gros titres et articles de journaux et des transcriptions de procès… Cependant, ces données historiques ne permettent pas de comprendre pleinement les acteurs principaux de cette histoire (...) Mon travail avec l’écriture de ce livre a été de combler les blancs des archives connues", reconnaît-il. Par ailleurs, il est avéré que les Bondurant ont conclu certains marchés avec le redoutable Al Capone lui-même !

Histoire de titres

Le titre original de Des hommes sans loi est "Lawless", mais cela n'a pas toujours été le cas. En effet, durant les premiers stades de sa production, le film était intitulé "The Wettest County in the World", d'après le nom du roman dont il est tiré. Il a ensuite été renommé à plusieurs reprises, devenant simplement "The Wettest County" puis "The Promised Land" avant de prendre définitivement pour titre "Lawless", ce qui semble satisfaire John Hillcoat, qui déclare : "Lawless est un mot simple, qui exprime bien les thèmes essentiels du film. Toutes les couches thématiques du film sont ainsi couvertes, et je suis donc très content". D'autre part, l'un des prochains films de Terrence Malick est aussi titré Lawless. Cependant, ce dernier n'a pas encore de date de sortie annoncée et a donc encore le temps de changer à son tour de titre pour moins de confusion !

La théâtralisation de la violence

Lorsque le livre de Matt Bondurant est sorti, les producteurs de Red Wagon se sont tout de suite intéressés à ce roman, pour le plus grand plaisir de l'auteur. Pour l'adapter au cinéma, la vice-présidente exécutive de la société a pensé au réalisateur australien John Hillcoat, notamment en raison de sa capacité à théâtraliser la violence. Le cinéaste, qui apprécie tout particulièrement les westerns et les films de gangsters, n'a pas hésité un instant lorsqu'on lui a proposé de porter à l'écran une histoire qui mêlait ces deux genres ! Selon lui, le film "raconte ce moment historique précis où le western finit et où le film de gangsters commence". Pour raviver le genre du film de gangsters, le réalisateur a tout simplement "déplacé" son action à la campagne.

Le "gang" des Australiens

Beaucoup de membres de l'équipe de Des hommes sans loi sont australiens, devant comme derrière la caméra. On peut notamment citer John Hillcoat, Nick Cave, Jason Clarke ou encore Guy Pearce ! Par ailleurs, Jason Clarke, originaire de la campagne, n'a pas eu de mal à composer son personnage : il s'est inspiré de son propre vécu, à Wincot, région rurale de l'outback australien, où la violence est légion. Vient s'ajouter à ce casting masculin la jeune Mia Wasikowska, originaire de Canberra. Pour son rôle, la comédienne confesse avoir pris des cours de mandoline !

Retrouvailles

C'est la troisième fois que le cinéaste australien John Hillcoat retrouve son compatriote Guy Pearce : après The Proposition et La Route, le réalisateur dirige à nouveau le comédien dans son western Des hommes sans loi. Le musicien et scénariste Nick Cave fait également partie de l'aventure, après avoir collaboré à plusieurs reprises avec Hillcoat, notamment sur Ghosts... of the Civil Dead et The Proposition. Cette collaboration de longue date entre les deux hommes donne des résultats étonnants puisque le scénario et la musique sont ainsi entremêlés dès le commencement, et évoluent ensemble pendant toute la durée du film. A titre anecdotique, Nick Cave fait une brève apparition dans le film, puisqu'il s'est glissé dans la peau d'un gangster le temps d'une journée.

Shia LaBeouf, envers et contre tout

Même si l'acteur Shia LaBeouf a tout de suite accepté d'endosser le rôle de Jack Bondurant, des soucis se sont posés pour la production, qui a mis près de deux ans à monter le projet, faute de financements. Entre-temps, le comédien, victime du succès de Transformers, a eu du mal à se libérer de ses obligations, mais son engagement envers le film est resté intact. Il déclare même s'être immergé dans l’histoire de la contrebande d’alcool et de la Prohibition pour mieux aborder son personnage.

Tom Hardy sinon rien !

Si John Hillcoat avait depuis le départ jeté son dévolu sur Shia LaBeouf, c'est en revanche le jeune acteur lui-même qui a introduit Tom Hardy sur le projet, en lui envoyant le scénario. Cependant, la bonne entente et l'admiration mutuelle que se vouaient les deux comédiens a tourné au vinaigre pendant le tournage, où plusieurs différends ont opposé les deux stars.

Trop de muscles

Le personnage interprété par Tom Hardy, n'est pas censé être aussi massif, mais l'acteur, qui devait se muscler pour les besoins de The Dark Knight Rises, avait déjà commencé à étoffer sa carrure en prévision du "blockbuster" pendant le tournage de Des hommes sans loi. Lui qui voulait perdre du poids pour le rôle a finalement dû composer son personnage autrement !

"Des personnages vrais"

Lorsque Tom Hardy revient sur la façon dont il s'est préparé pour le rôle de Forrest Bondurant, il déclare étonnamment s'être inspiré des protagonistes de la série Come Dine With Me. Il affirme ainsi : "J'ai volé de ci de là aux personnages de Come Dine With Me car ce sont de vrais gens". Il poursuit sur sa lancée en expliquant que selon lui, son personnage n'est pas machiste. Pour lui, paradoxalement, la virilité du héros tient plutôt au fait qu'il est un "matriarche."

Guy Pearce met son grain de sel

Habitué à jouer des rôles de crapules (traitre dans L.A. Confidential, héritier décadent dans Le Discours d'un roi ou encore vil aristocrate dans La Vengeance de Monte Cristo), l'acteur Guy Pearce n'a pas eu trop de mal à composer son personnage dans Des hommes sans loi. "J’ai eu mon mot à dire sur Rakes. J’ai l’impression que la coiffure, les sourcils rasés et les cheveux clairsemés étaient vraiment de bons moyens d’exprimer la vanité de cet homme. Rakes méprise tout ce qui est crasseux et sale au sens physique, alors qu’il a une personnalité absolument répugnante", déclare le comédien.

Il faut souffrir pour être bon

Le jeune acteur Dane DeHaan, récemment vu dans Chronicle, a préparé son rôle de façon méticuleuse, quitte à s'infliger de nombreuses souffrances pour être en adéquation avec son personnage, atteint de rachitisme. "Je voulais des chaussures qui donneraient l’impression que mes pieds étaient posés sur le sol alors que mes jambes étaient arquées. Nous avons fait de nombreux essayages costume pour réaliser ces chaussures de la manière la plus adaptée. Quand je les portais, mes pieds étaient de biais, mais à l’écran on aura l’impression qu’ils sont bien à plat sur le sol. Quand je jouais mes scènes, ils étaient complètement de travers, et tout mon poids portait sur la mauvaise partie de mes pieds. À la fin d’une journée de travail, je souffrais beaucoup, je ressentais nettement la douleur de Cricket", se souvient-il.

Un accent chantant

Pour le film, les acteurs ont dû travailler leur accent : étant donné que Des hommes sans loi se déroule dans un coin reculé de la Virginie, les personnages principaux ont une manière de parler particulière. Heureusement, pour aider les comédiens à se familiariser avec cette diction presque chantante, Nick Cave, qui a l'oreille musicale, a intégré aux dialogues cette tonalité nonchalante propre au phrasé de la région.

Des décors d'époque

Le film, qui a été tourné en 43 jours autour de Peachtree City, une banlieue d’Atlanta dans l’État de Géorgie, bénéficie d'un décor avantageux, puisque de nombreux bâtiments dataient encore de l’époque de la Prohibition, et certains étaient même plus anciens. Quelques vêtements dataient également de cette période-là : en effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, d'anciens costumes ont été retrouvés dans une cabane délabrée ! Ce sont les figurants qui ont eu le privilège de revêtir ces authentiques "reliques". Enfin, en ce qui concerne l'aspect visuel de son film, le cinéaste John Hillcoat s'est inspiré des photos datant de la Grande Dépression : "Globalement, l’aspect visuel du film doit bien plus à la photographie qu’au cinéma", déclare-t-il.

Grande Dépression et crise financière : même combat !

John Hillcoat revendique le lien intrinsèque qui s'établit entre son film et la situation géopolitique actuelle : "Le sentiment de frustration que l’on peut ressentir de nos jours devant les corporations globales sans visage et la corruption institutionnalisée trouve de nombreux échos dans cette histoire de frères qui veulent tenir bon face à la domination de la criminalité organisée venue de la ville", argumente-t-il.

Influences

Le cinéaste John Hillcoat revient sur les influences qui ont jalonné sa carrière : "Je suis un grand admirateur de Melville… J’ai été très inspiré par la Nouvelle Vague de Godard ou Truffaut (...). Mais j’aime autant les grands films de Marcel Carné avec Gabin, par exemple. Bien entendu, Bonnie and Clyde a été très influencé par la Nouvelle Vague. Mais ce que j’aimais par-dessus tout dans les films américains des années 70, c’était la façon dont ils revenaient aux grands genres du passé pour les réinventer. Des gens comme Altman, Scorsese, Peckinpah, tous semblaient reprendre le fil d’une tradition. Et là, on en revient toujours à John Ford, il faut bien le reconnaître", s'enthousiasme-t-il. Le réalisateur voue également une grande admiration à Stanley Kubrick et aux frères Coen.
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