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    Mademoiselle
    note moyenne
    4,3
    3462 notes dont 278 critiques
    28% (77 critiques)
    41% (115 critiques)
    19% (52 critiques)
    8% (21 critiques)
    2% (6 critiques)
    3% (7 critiques)
    Votre avis sur Mademoiselle ?

    278 critiques spectateurs

    Barry.L
    Barry.L

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    5,0
    Publiée le 1 décembre 2016
    ''Mademoiselle'' ou la victoire de l'amour féminin sur la tyrannie masculine au début du XXéme siècle, selon Park Chan-wook. Soyons franc, un film profondément féministe réalisé par Park Chan-wook, c'est assez improbable. Petit rappel : Park Chan-wook est un réalisateur sud-coréen. Célèbre pour son excès dans la violence, ses films marquent en effet par un déchaînement de scènes violentes et cruelles. Ainsi, ''Sympathy for Mister Vengeance'' et ''Old Boy'' après visionnage, laissaient leur empreinte dans notre esprit de par leurs scènes de tortures (souvent insoutenables) et une réflexion sur la vengeance. Quant à la douteuse ''Lady Vengeance'', elle présentait déjà un personnage féminin revanchard et indépendant. Mais, jusqu'ici, rien ne laissait penser que ce coréen réaliserait un si beau thriller érotique avec des personnages féminins aussi forts. Le postulat de base est assez classique : un escroc, se faisant passer pour un comte cherche à se marier avec Hideko (la mademoiselle du titre). Cette dernière vit dans un manoir avec son oncle bibliophile. Pour arriver à ses fins, l'escroc introduit une domestique, Sookee, chargée de servir Hideko et influencer ses sentiments. Mais les deux femmes vont irrésistiblement se rapprocher l'une de l'autre. De cette histoire, à l'origine toute britannique (tiré du livre ''Du bout des doigts'' de Sarah Warters) le réalisateur et le scénariste en ont fait un film tout coréen. En effet, ''Mademoiselle'' est en premier lieu un éblouissant patchwork des genres cinématographiques : du film historique, on passe au film de domesticité, puis l'érotisme arrive teinté d'une légère touche de comédie avant que le thriller ne se mêle à tout cela. En ce sens, le film est inclassable puisqu'il se classe justement dans le cinéma coréen, où le mélange des genres est d'usage. Certes l'érotisme et le thriller dominent mais, information pour les cœurs sensibles, ce n'est pas un film ultra-violent (comme les premiers films du réalisateur) ni un film morbide : c'est avant toute chose une histoire d'amour entre deux êtres qui découvrent leurs sentiments. Thriller, ''Mademoiselle''? Oui, mais avant tout dans sa construction narrative plutôt que dans son suspense. Divisé en trois parties, ponctués de coups de théâtre et de flash-back, le film est diantrement tordu (son côté thriller vient de là), tout n'est pas compréhensible (comme souvent chez le metteur-en-scène) même si à la fin, le jour se fait dans l'esprit du spectateur (qui n'a pas intérêt à se faire larguer!). Le film est comme un immense dessin en bas d'une colline : on doit escalader cette dernière pour contempler dans sa totalité le dessin majestueux. On peut aussi voir le thriller dans le basculement de point de vue qui s'opère (le film démarre avec le point de vue de Sookee, pour se focaliser ensuite sur Hideko) et surtout dans la romance des deux femmes où la première scène d'amour peut être vu comme la chute d'un polar (l'avant était fondé sur des regards, des frôlements... Mais que ne serait ce film sans son évocation de l'amour entre ces deux femmes ? A ce titre, Park Chan-wook parvient à délivrer aux spectateurs (avertis tout de même!) deux types d'érotisme. Le premier beau et simple vient de l'amour sincère de ces deux femmes qu'on découvre dans la première partie : les scènes d'amour parviennent à éviter la vulgarité par cette idée constante d'union et de double. En effet, tout le long du film, les femmes se déguisent, se coiffent de la même manière. On attendrait presque à voir les deux visages se superposer comme dans ''Persona'' de Bergman (1966). spoiler: Cette union, cette protection mutuelle apparaît clairement dans une scène d'amour : les deux jeunes femmes rejoignent et serrent leurs mains comme deux partenaires qui signent un pacte. Vient ensuite dans la deuxième partie l'érotisme froid et clinique des hommes : spoiler: séances de lecture en costard cravate avec mannequin, manipulations et tortures . Ici, la femme est dominée par l'homme macho et pervers. Deux visions pas si idiotes au fond. Le sexe au cinéma peut déboucher ou bien sur la douceur ou alors sur le morbide. Emotionnellement parlant, le film prend un grand tournant et d'ailleurs un grand risque : tout ce qui était beau et touchant dans la première partie est anéanti dans la deuxième, glaçante et dur. Deux parties antinomiques dans l'émotion mais cohérente dans la narration puisque elle éclaire certains points et révèle le véritable visage de l'oncle. Mais tout ceci n'est en fait qu'une tromperie : les personnages sont manipulés autant que Park Chan-wook dirige nos sentiments. Ainsi a t-il préparé la troisième partie où l'émotion revient en force et cela à un rythme rapide. C'est en cela que l'histoire d'amour est incroyable : à l'heure où les films romantiques (qui présentent la naissance des sentiments entre deux êtres) sont la plupart du temps lent , ''Mademoiselle'' présente l'histoire sentimentale à un rythme trépidant, dopé par le fait que le film est aussi un thriller, et par moment une comédie. De cynique, Park Chan-wook est passé à romantique, d'outrancier dans la violence, Park Chan-wook est devenu tendre et franc dans l'érotisme féminin, de metteur-en-scène virtuose et quelque peu tapageur, Park Chan-wook est resté virtuose, le tapage en moins. Dans les films précédents, on pouvait être gêné par des scènes violentes et s'interroger sur l'utilité de certaines de ces scènes. Ici, tout est mis au service de l'émotion ce qui fait que la mise-en-scène est moins voyante qu'avant. Pourtant, celle-ci est absolument magnifique : il faudrait saluer toute la distribution artistique. Costumes et décors somptueux (on ne se dit jamais ''c'est très beau mais c'est gratuit et ça ne sert à rien''), musique émouvante, le tout mis en valeur par cet écran étonnemment large grâce à un objectif grand angle. Ajoutons à cela le talent des acteurs : les deux femmes sublimissimes (une préférence pour l'irradiante Kim Min-hee dans le rôle de Hideko) et même les hommes (beaucoup moins gatés! Avec ''Mademoiselle'', Park Chan-wook mêle bon nombre de genres cinématographiques et livre un film plein comme un œuf. Complexe (je n'ai pas tout compris) pour notre plus grand bonheur, c'est finalement le thème de l'amour des femmes et leur libre-arbitre qui émerge du film. C'est la première fois que l'émotion apparaît chez Park Chan-wook sans recours au moindre effet gore (le film est interdit au moins de 12 ans et non 16). Enfin, il faut dire que ''Mademoiselle'' fut le grand oublié de Cannes qui préféra l'ultra-social et politique ''Moi, Daniel Blake''. Dommage, la belle ''Mademoiselle'' mérite tous les prix au monde.
    ARGOL
    ARGOL

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    5,0
    Publiée le 2 novembre 2016
    Park Chan-wook aurait dû se faire connaître en France par l’un de ses premiers films, « Joint Security Area » (Gongdong gyeongbi guyeok), mais ce film n’est malheureusement pas sorti en salle, la Berlinale étant un festival sympathique mais pas d’un grand secours pour une sortie commerciale. Du coup, à la grande époque du DVD, c’est dans ce format qu’il a été distribué. Et puis, moins intéressant que JSA, « Sympathy For Mister Vengeance » est sorti en salle sans être remarqué. Je crois qu’il lui manquait la foi. C’est « Old Boy » qui a fait de Park le metteur en scène chouchou du public à partir de 2004, tout dans ce film concourant à sa popularité : scénario puissant, acteurs fascinants, mise en scène brillantissime... Choi Min-sik était déjà connu du public, qui l’avait découvert dans l’un des grands champions du cinéma coréen en France, « Ivre de Femmes et de Peinture » du réalisateur Im Kwon-taek. Park, un temps, fut le maître de la vengeance à la coréenne. Je pense qu’on a fait mieux depuis. Mais le voilà de retour avec une œuvre somptueuse qui lui permet d’ajouter une corde à son arc, celle du film d’époque. Il y apporte son goût de la folie, celui aussi des faux semblants, en n’oubliant ni la beauté, ni la perversion, ni la violence. Il évoque la relation nippo-coréenne dans des termes qui nous sont accessibles, malgré notre méconnaissance de ces liens complexes, présentant le rapport de force entre les deux pays comme celui que nous fantasmons depuis la vieille Europe, nous qui avons l’intuition d’un Japon aristocratique et dominant tenant l’Asie pour sa vassale, au moins dans son voisinage. Pour représenter la fourberie et l’arnaque, Park est allé chercher le fabuleux Ha Jung-woo, l’antihéros de Na Hong-jin dans « The Chaser » et « The Yellow Sea », idéal pour incarner malice et convoitise. La demoiselle, sublime de beauté, non pas japonaise, mais bel et bien coréenne (l’actrice), est interprétée par Kim Min-hee, vue uniquement dans « Un jour avec, un jour sans » de Hong Sang-soo. « Mademoiselle » est un vrai régal, parce qu’il trompe et s’amuse avec le public et avec les personnages, parce qu’il égrène les secrets, les surprises, les révélations tout au long du récit, parce que sa mise en scène est somptueuse, soucieuse d’offrir un spectacle enchanteur, parce que son érotisme est redoutable d’intensité... On est spectateur d’un drame sans entrer totalement en empathie avec ces personnages tortueux, mais en jouissant des revers de fortune et en se réjouissant d’un dénouement qui privilégie la vie et le plaisir. À ne pas manquer.
    Attila de Blois
    Attila de Blois

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    4,0
    Publiée le 14 novembre 2016
    Park Chan-Wook est un excellent réalisateur mais sa courte incursion dans le cinéma americain, avec "Stoker" m'avait moyennement emballé. Le cinéaste coréen pose cette fois ses caméras au Japon pour ce "Mademoiselle" que j'attendais avec impatience et dont l'action prend place dans la Corée des années 30. Si ce n'est pas sa plus belle oeuvre, on retrouve un Park Chan-Wook des beaux jours. Dans son dernier film, tout son génie pour la mise en scène transparaît à l'écran, à travers des plans magnifiques, d'une beauté visuelle rare. Il instaure un suspens, une ambiance qui lui est propre. Seule ombre au tableau, le scénario qui, bien que correctement ficelé, ne crée pas la surprise. On est rarement étonné des directions prises par l'histoire. On retrouve en revanche le thème de prédilection du réalisateur: la revanche qui est, dans le cas présent, décuplé par le nombre de personnages principaux. Un bon cru.
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

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    5,0
    Publiée le 17 novembre 2016
    Une fois – je me souviens – un très bon ami à moi m’avait exprimé son étonnement face aux critiques que j’écrivais. Il me disait qu’il avait régulièrement cette drôle d’impression qu’au final je m’accrochais toujours bien plus aux défauts d’un film plutôt qu’à ses qualités. Or, pour le coup, j’avoue que j’avais eu du mal à lui donner tort. Moi, quand je vais au cinéma, c’est pour m’abandonner dans un film, c’est pour qu’on vienne me saisir… Alors forcément, quand une raideur, une facilité ou bien encore une maladresse me fait retomber dans mon siège, je le ressens, je l’identifie tout de suite et je le porte à l’écrit. Par contre, quand je suis transporté, j’avoue que parfois il m’en arrive d’y perdre mon esprit d’analyse, parfois même mon latin. Là, avec « Mademoiselle » je me suis retrouvé pendant 2h40 hors de mon siège. 2h40 d’un cheminement d’intrigue très riche, mis en scène avec une subtilité, une densité et une maitrise formelles qui me stimule à chaque instant, à chaque minute. Comment voulez-vous que je vous détaille tout ça ? Comment voulez-vous que je synthétisme la remarquable cohérence de ce tout ? Enumérer un à un les bons points reviendrait à décortiquer une œuvre qui se sublime justement par l’harmonie et l’unicité merveilleuses de tous les éléments qui la compose. Alors du coup, non, j’avoue que je ne me vois pas comment vous expliquer pendant des lignes ce qui, pour moi, fait la force de ce film. Je peux juste vous dire que ce que j’en ai ressenti et comment j’ai été amené à le ressentir. C’est vrai – peut-être – « Mademoiselle » pourra peut-être en surprendre quelques uns sur son amorce. Park Chan-Wook qui semble nous inviter à une sorte de tragédie romantique bien convenue ( spoiler: ...à un détail lesbien près ), ce n’est peut-être pas désagréable, mais c’est surprenant, et surtout, ça semble limité. Et pourtant… Si le film annonce des parties, ce n’est pas un hasard. Au final, il y aura trois temps : trois temps qui en fin de comptes sauront rentrer en rupture les uns par rapport aux autres mais en sachant toujours habilement se compléter. Certes, quelques uns pourraient reprocher an film une mécanique scénaristique parfois un brin artificielle, mais ce serait ignorer ce qu’est au fond la véritable nature de ce film : une fable. Et pour une fable, je dois bien l’avouer, l’ami Park a su me conquérir par son audace et la cohérence de sa démarche. Qu’il enchaîne à sa bluette innocente une seconde partie qui nous fait glisser tout vers un spectacle plus malsain, ça c’est audacieux. Et c’est d’autant plus appréciable que l’audace est payante. Très rapidement, Park nous montre que du porno chic au voyeurisme malsain, il n’y a au fond qu’un pas. ( spoiler: Je dois avouer d’ailleurs que j’ai été scotché par cette scène où, habilement, Park dresse un miroir face à nous, questionnant notre posture face à son film. Ne sommes-nous pas ces Bourgeois qui se délectent d’une friponnerie condamnable, mais dans laquelle nous nous sentons bien car un cadre culturel adéquat semble justifier notre prise de plaisir ? ) Et là où Park m’a définitivement conquis, c’est lorsqu’il entend aller encore au-delà dans son troisième temps ; un temps de révolution ; un temps qui transfigure l’œuvre à travers un récit émancipatoire qui se gonfle rapidement d’un souffle révolutionnaire aussi bien discursif qu’esthétique. Au final, voilà que ce film, après nous avoir étreint, après nous avoir invité à toutes les émotions, nous laisse finalement en paix, avec un regard porté sur la femme ; un regard porté sur la culture de domination ; un regard porter sur le cinéma – son cinéma… A la fin, on retrouve un Park modeste mais seigneur. Un Park qui nous rappelle qu’il n’est qu’un simple réalisateur à la recherche d’histoires grivoises ; mais un réalisateur qui malgré tout a conscience que par sa manière de raconter, par les détails et les sous-entendus, par les emprunts à toutes les cultures et traditions de la mise en image, par ce que l’on montre et ce que l’on cache, on peut explorer de multiples variations dans le plaisir ; qu’il s’agisse du plaisir lubrique, comme dans le plaisir de l’art. Et comment ne pas adhérer à sa démarche lorsque le maître y associe aussi bien sa forme à son propos ? Quand le chemin du plaisir qui nous est tracé passe par l’émancipation, le partage et la recherche commune de l’exaltation, moi je ne peux qu’y adhérer. (Et qu’importe les quelques rallonges coquines superflues… Park s’est fait plaisir, après tout, grand bien lui fasse.) En tout cas, pour moi, le plaisir a été amplement partagé. Merci donc « Mademoiselle »… Enfin pardon. Peut-être que, face à un film aussi mure et aussi noble, devrais-je plutôt dire « Madame »…
    On regarde quoi aujourd'hui?
    On regarde quoi aujourd'hui?

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    5,0
    Publiée le 1 mai 2017
    Avec "Mademoiselle", le réalisateur de Old Boy et Stokers "Park Chan-wook" atteste et démontre une fois de plus tout ce qui forme son cinéma qui est synonyme de sa fascination et de son aveuglement passionné pour l'abjection humaine .Une oeuvre digne d'un roman noir charnel , pervers ,luxuriant et salace laissant libre court à tout ce qui touche l'amoralité et la perversité .En effet, la dépravation , la cupidité, l'innocence , la débauche ,la calomnie, la domination , l'euphémisme et l'impétuosité irascible font la structure même de ce récit , le tout sous poudré d'un zeste d'amour . Tirée de l'adaptation du roman "Du bout des doigts de Sarah Waters" ,"Mademoiselle" est une parfaite combinaison de catégorie filmique à la fois thriller érotique et histoire d’amour dramatique appuyé par bon nombre de péripétie toute plus déconcertantes et renversantes les unes des autres .Une fresque d'une rare sensualité qui en somme démontre le plaisir et le talent d'un cinéaste libre de toute créativité qui aime être tragique avec nous . Une fois de plus Park Chan-Wook s'impose comme un conteur hors pair , s'éloignant sans mal du scénario du Roman de base pour ramener le tout à sa sauce .Une sauce délicieuse et malicieuse délivrant une histoire complexe et aboutit (de loin supérieur au roman) livrant bon nombre de secrets et de révélation .C'est très simple, les méandres de l'intrigue sont constamment en mouvement , ils se passent continuellement quelques chose . Un déversement constant de revirement émotif ,inattendu et paradoxal , comme si on regarder un film d'action ou l'action ne s'arrête jamais et ou les explosions et autre grande bravoure viennent nous scotchés sur place . Sauf que la il ne s'agit pas d'action mais bien d'élément dramatique . Je tiens tout de même à rassuré ,les déviances seules ne résume pas le déroulé de ce long métrage qui n'est pas que érotique et sadique ,mais également somptueux, raffiné et d'une précision sans faille .L’intelligence du déploiement de l'histoire embellie et accroît notre curiosité et vient même à mettre à contribution notre points de vue qui se retrouve littéralement malmené .Un jeu psychologique et physique de manipulations mis en scène avec une dextérité pathologique déconcertante .Un travail de mise en scène digne d'un maniaque égocentrique mais éclairé et ingénieux . Favorisant l'avantage obtenue par nos certitudes sur bon nombre d'aspect , le réalisateur nous envois une bonne grosse droite suivis d'une série de gauche à laquelle il est impossible de faire virevolte tant le coup est dur . Il nous mène tout du long par le bout du nez et ne cesse de nous rappelé à chaque instant ou l'on pense avoir deviné le fond de l'histoire que c'est lui le conteur et le patron , pas nous ! En cela "Mademoiselle" s'identifie à un labyrinthe en mouvement aboutissant sur un puzzle énigmatique ou les pièces seule ne suffisent pas pour être emboîtés . Les dialogues quand à eux sont du finesse remarquable , et particulièrement soigné . Chaque mot à son importance surtout pour quelques séquences ou le langage est utilisé d'une manière très particulière , c'est épatant et parfois très existant . D'un point de vue qualitatif visuel le metteur en scène Chan-Wook fais preuve d'une grande virtuosité .C'est remarquablement bellissime et subtilement soigné , on croirai voir une oeuvre d'art en mouvement .Sa en est bluffant ! Tout est minutieusement détaillé à un point ou le visuel et ses couleurs viennent à nous faire ressentir la moindre brise de vent ou la plus petite odeur de parfum et de chaleur des corps d'ou découle la transpiration de leurs ardeurs échauffés C'est une fable poétique sensuel dont les scènes de sexe viennent estampillé l'écran tel un coup de pinceau sur la toile d'un artiste que l'on admire avec silence et ébahissement . La caméra ne se détourne à aucun moment de l’ébat charnel, l'entrechoc des corps est filmé avec raffinement délicatesse érotisme et passion, c'est beau et poétique . Mélangeant la aussi avec un soin déconcertant le visuel et le son dont les résonances sont quasi constante et d'une importance cruciale .On entend le moindre bruit d'enroulement de langue , le plus petit frottement , la plus frêle des caresses . Un travail sophistiqué fais par un filmeur hors-pair qui à attaché une importance capitale à absolument chaque point ,c'est déroutant . Au niveaux des décors , l'immersion est totale et remarquable . Le manoir où se situe le plus clair des événements, est d'une finesse architectural insolite et laisse comprendre qu'elle n'est qu'une façade . J'accorde un profond respect pour le graphique de la bibliothèque , qui est la représentation ultime de la malfaisance et de la décadence . La magnificence du Manoir et des lieux qui la compose sont étonnante , car elles sont un mélange des cultures et des édifices de site Japonais , Francais , Coréen et Anglaise .Un subtil mélange de civilisation qui fais son effet et qui se retrouve dans son mobilier, ses tenus, les statuts et les objets qui entre en parfaite osmose avec l'ambiance du théâtre et de la beauté des actrices et des acteurs .Les objets prennent une place importante car ils sont souvent traité d'ordre sexuel , mannequin , boule de Geisha ... Le compositeur coréen Cho Young-Wuk retrouve à nouveau Park Chan-wook sur un même projet après "Oldboy", "I'm a Cyborg, But That's OK" et "Thirst".Et le moins que l'on puisse dire c'est que son travail sur la bande-originale est magique . Ces musiques n'illustre pas, elle sont partie intégrante de la narration ce qui rend son approche remarquable . La poésie émanant de sa mélodie ne semble jamais surabondante , avec son ton lyrique on est absorbé et plongé dans des instant plus magique ou plus abrupt mais tout aussi envoûtants et perceptible .Un ensemble de partition brillant qui dévoile avec efficacité le lien profond entre les personnages et la gravité apparente . Kim Min-Hee (Hideko) , Kim Tae-Ri (Sookee) , Ha Jung-Woo (Le Comte), Cho Jin-Woong ( Oncle Kouzuki)sont les quatre acteurs phare de ce mélodrame satyre et j'ai une seule chose à dire pour eux tous : "bravissimo"! .Tous estampe de leurs personnes et l'écran devient une pièce de théâtre ou chacun tient son rôle principal tant l'investissement y est .Oncle Kouzuki est sans doute l'un des personnages les plus détestable et débauché que j'ai pu voir . C'est un homme de pouvoir charismatique qui accorde un soin absolue à la sexualité et transforme un fantasme en une réelle perversion . Il est en soit le maître de la jouissance et tient en exploré chaque monstruosité avec délectation . Le Comte quand à lui est un homme avide et cupide ne cherchant que le profit , et délaissant l'amour à la richesse . C'est escro doublé d'un homme réfléchis qui n'hésite pas à se servir d'un tel ou d'un autre pour arriver à ses fin . J'aime beaucoup ce personnage très classe qui dans n'importe quelle situation fais d'abord passé sa logique avant ses sentiments personnel . Bien que sérieux il a un côté assez drôle vu qu'il se prend pour un lover pas aussi raffiné qu'il aime laissé croire .Il fera partie du triangle amoureux . Ensuite vienne les belles et tendre Hideko et Sookee , qui forment un duo charnel magique .Hideko la riche maîtresse mielleuse au possible qui n'est autre que la fameuse "Mademoiselle", avec sa servante Sookee , une pickpocket au caractère bien sec et qui sais pourquoi elle est la . Et c'est alors que dans ce double jeu l'on vient à être témoin d’un jeu de séduction au début par de simple regards furtif finissant par ce transformer en un fort désirs sexuel . De l'union de ces deux actrices une fusion complète des corps vient à ce concrétisé jusqu'à atteindre de superbe plan incroyablement retranscrit . Les deux actrices envoûtes et séduises et nous livre une magistrale interprétation à un point ou Hideko ma complètement intimidé sur une séquence . CONCLUSION: Mademoiselle est un thriller au multiple facette qui destabilise . A la fois dur subtil et sophistiqué ce mélodrame se révèle être au final une fable érotique troublante et incarnés par des acteurs investies et des actrices aussi belle que convaincante .Une mise en scène d’une élégance absolue, suivie d'une histoire implacable et d'une bande originale magnifique .Park Chan-Wook prouve avec Mademoiselle qu'il est le plus imprévisible et minutieux des cinéastes. Du haut de ces 2h25 de durée ce long métrage est à mon sens le meilleur film de l'année 2016 ! Mademoiselle est un grand film ! 5/5 Chef d'oeuvre !
    InTheShadows
    InTheShadows

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    5,0
    Publiée le 27 octobre 2016
    Un petit bijou de mise en scène et de technique. Un histoire d'amour mais aussi de manipulation. Un thriller magistral mais non dénué d'humour. Bref le grand Park Chan-Wook est de retour en grande forme. A voir absolument sur grand écran !!!
    Pauline_R
    Pauline_R

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    5,0
    Publiée le 21 novembre 2016
    Une grande claque comme j'en reçois peu... et surtout du grand, du très grand cinéma qui arrive à mêler esthétisme, érotisme, thriller et... humour ! Si le film peut paraître long sur l'affiche, il passe très bien sur l'écran avec une première partie intrigante et sensuelle, si ce n'est érotisante, et une seconde partie plus haletante, prenant des allures de thriller psychologique. Le scénario est assez génial, toujours surprenant et intelligent, et la mise en scène est tout simplement un modèle du genre. Du bel art... Et il est assez incompréhensible que ce film n'ait rien reçu à Cannes...
    llafaye
    llafaye

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    5,0
    Publiée le 12 novembre 2016
    Superbe film, belle photographie, on se retrouve dans le Japon ou plutôt la Corée des années 50. Costumes, décors, parfaits. Actrices et acteurs formidables, esthétique, sensuel, avec un scénario très habile. Un jeu de dupe qui tourne au thriller, c'est délicieux. À voir sans tarder.
    Vinz1
    Vinz1

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    4,5
    Publiée le 15 novembre 2016
    Des acteurs aussi beaux que formidables au service d'un script des plus ingénieux, ainsi qu'une photographie hyper léchée et un érotisme attrayant font de ce digne successeur de "Les diaboliques" du grand Clouzot, un des meilleurs films de l'année 2016. Et Park Chan-Wook prouve encore une fois qu'il est un excellent réalisateur.
    cylon86
    cylon86

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    4,5
    Publiée le 3 novembre 2016
    Comme pour "Youth" l'année dernière, on a du mal à comprendre pourquoi "Mademoiselle" est reparti bredouille du festival de Cannes. Le dernier né de Park Chan-wook est pourtant un très grand film, une œuvre hypnotique et troublante, habile jeu de manipulations où les personnages se mentent, font des complots et au final, bernent plus d'une personne. Dans ce récit segmenté en trois parties nous faisant changer de point de vue et donnant à chaque fois une nouvelle vue d'ensemble de l'histoire où manipulés et manipulateurs ne sont pas toujours ceux que l'on croit, Park-Chan-wook crée une ambiance particulièrement savoureuse. Transposant dans la Corée colonisée par le Japon des années 30 un roman de Sarah Waters, il confirme avec ce film la virtuosité de sa mise en scène et fait preuve d'un sens du détail qui n'a jamais été aussi soigné. Outre la reconstitution, la beauté des décors, la qualité de la mise en scène et de ses beaux travellings, "Mademoiselle" met surtout en place un délicieux jeu de tromperie cruel mais sensuel, pervers mais poétique, cru mais romantique. Dynamitant son récit par sa construction et ses touches d'humour, il brode un canevas totalement jouissif qui nous mène en bateau pendant 2h25 au fur et à mesure que les enjeux se révèlent. Dans cet univers où les hommes sont soit des pervers soit des escrocs, les femmes apparaissent plus fortes que jamais et à ce titre, Park Chan-wook donne aux deux héroïnes de son récit deux rôles magnifiques. Il faut bien saluer le talent et le courage des deux actrices Kim Tae-ri et Kim Min-hee qui se lancent à corps perdus dans leurs rôles, offrant des scènes d'une sensualité incroyable, s'installant dans la longueur pour mieux nous troubler. Le cinéaste filme les mensonges, les corps qui se mêlent, les désirs et les passions avec un œil toujours aussi acéré, affûtant sa mise en scène comme jamais, délivrant certainement l'une de ses œuvres les plus denses, bercée par une composition musicale particulièrement envoûtante...
    Jonathan P
    Jonathan P

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    5,0
    Publiée le 12 octobre 2016
    Corée années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme du nom de Sookee est engagée comme servante d’une riche Japonaise Hideko, vivant recluse sous la coupe d’un oncle tyrannique Oncle Kouzuki qui dispose d’une collection d’œuvre de littérature bien spéciale, dans une majestueuse demeure mélangeant le style anglais au japonais. Mais Sookee a un secret….Avec l’aide d’un escroc elle compte détourner toute sa fortune. Park Chan-Wook réalisateur du cultisme OLD BOY. N’ayons pas peur des mots, il réalise à mes yeux le chef-d’œuvre d’une vie. Un des plus grand film féministe de cette année, un drame romanesque mélangent à la perfection thriller et perversions sexuelles. On pense bien évidement à Quentin Tarantino et à Brian De Palma qui devraient trouver tout leur bonheur le jour où ils découvriront ce film. Mais il ne faut pas oublier que MADEMOISELLE est avant tout une sublime histoire d’amour. Comme le fut La vie d’Adèle, je me dois de rester silencieux sur le déroulement de l’intrigue, pour ne pas vous gâcher le plaisir indéniable qui se dégage de ce film au twist incroyable et multiple. 2h25 de bonheur incomparable, certes je n’ai vue que 13 films en 4 jours, rien n’est joué encore pour la Palme d’or, bien au contraire. On trouve un scénario incroyable, un grand merci à la femme de Park Chan-Wook qui a conseillé à son mari d’adapter ce livre au cinéma. Ce film est un tel chef d’œuvre qu’il faudrait citer tous les corps de métiers qui ont participé à sa réalisation. Une mise en scène sublime composée de talent sans précédant mis en valeur par la décoration de Ryu Seong-Hee. On retrouve Chung-Hoon Chung grand ami fidèle de Park Chan-Wook qui émerveille le film par sa photographie. On peut également féliciter Sang-Kyung Cho pour ses costumes incroyables, qui avant cela avait travaillé sur l’excellent A bitterseet Life de Kim Jee-woon. Sans oublier bien évidement Cho Young-Wuk qui pour leur cinquième collaboration, réalise ici l’une des plus belle composition musicale de cette année 2016. Sookee est interprétée par Kim Tae-Ri qui fait ses premiers pas dans le monde du cinéma, grande habituée du théâtre, elle s’impose comme l’une des révélations du Festival de Cannes. Elle devrait obtenir amplement le prix d’interprétation féminine.. Vous aurez compris, c’est plus qu’un grand film, c’est une merveille d’intelligence et d’érotisme. Tout aussi jouissif que cette scène de fin sous une magnifique lune, au bruit de boules de geishas. Je suis tombé littéralement amoureux de Mademoiselle, mon cœur a tout simplement été rempli de bonheur. Mais il faut se rendre à l’évidence ce film mérite un prix Dimanche prochain. ps : Critique durant le Festival de Cannes mon avis reste le mêmebien sur
    Gérard Delteil
    Gérard Delteil

    Suivre son activité 70 abonnés Lire ses 496 critiques

    3,5
    Publiée le 12 novembre 2016
    La première partie est un véritable délice de raffinement, de subtilité et de beauté, servi par une photo et des acteurs magnifiques. La seconde est un peu répétitive, avec des scènes trop longues et inutiles, notamment une nouvelle séquence de sexe. En montrer trop finit par tuer l'érotisme. Et, dans la dernière partie, on a l'impression que Park Chan Wook a expédié son intrigue assez vite. Il en résulte un déséquilibre un peu gênant, d'autant que le scénario, en dépit de ses rebondissements, reste très classique. On aurait aimé aussi que les caractères des personnages masculins soient un peu plus développés. En dépit de ces faiblesses, Mademoiselle reste un film somptueux qui se déguste avec volupté, même si ce n'est peut-être pas le meilleur film du réalisateur d'Old boy. Et on attend avec impatience son prochain film.
    Furiosa Fury
    Furiosa Fury

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    5,0
    Publiée le 2 novembre 2016
    Tout simplement l un des meilleurs films de l année n y plus n y moins ! et qui arrive en fin d année 2 mois juste avant 2017, a mettre directement dans le top 5 des 5 meilleurs films de l année 2016, une réalisation a tombé par terre tellement c est beau a l écran, chaque scènes nous absorbe tellement c est filmé comme une oeuvre d'art :-) a voir obligatoirement en Vostfr pour profiter du langage japonais/Coréen qui est un vrai régal pour les oreilles, le triangle amoureux marche a la perfection et les 3 acteurs ont été super bien choisi, mention spécial aux 2 actrices principales qui sont d une beautées stupéfiantes ! Et surtout Kim-Tae qui a un véritable corp de rêve et dessiné a la perfection, dailleur les scènes osés entre les deux actrices sont vraiment magnifique et en aucun cas vulgaire, et le film est maîtrisé de A a Z par son réalisateur, a ne raté sous aucun prétexte pour tout cinéphiles qui se respecte.
    L'Otaku Sensei
    L'Otaku Sensei

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    4,5
    Publiée le 10 janvier 2017
    En compétition pour la palme d'or au dernier festival de Cannes l'année dernière et jouissant d'un succès critique sans précédent, je dois dire que tout ces avis plus positifs les uns que les autres ont attisés ma curiosité quand à ce film coréen. De manière général, je suis plutôt bon spectateur du cinéma Asiatique, j'éprouve une fascination que je n'ai pas pour les films Français, Américains et autres; je trouve que ces films ont toujours une sorte de voile mystérieux envoûtant. L'Histoire de "Mademoiselle" nous entraîne dans les années 1930, au moment de la colonisation de la Corée par le Japon, Sookee, jeune Coréenne d'une famille modeste est envoyée au Japon avec la mission d'être la domestique loyale d'Hideko, riche demoiselle de rang noble vivant sous la tutelle d'un oncle tyrannique. Lorsque Sookee apprend que sa maîtresse doit épouser un riche conte Japonais, elle organise dans l'ombre un plan afin de détourner la demoiselle de sa destinée. Voilà pour le pitch global. Qu'est ce que j'en pense....c'est un sentiment assez difficile à expliquer qui m'a envahit à terme du visionnage de ce film; Mademoiselle est typiquement ce genre de film qui a un impact, qui vous fait effet, ce genre d'effet qui se caractérise par un long silence durant lequel on est amené à réfléchir, à se remettre de toutes les émotions qui nous ont traversées tout du long. Pour moi, "Mademoiselle" fut une jolie claque cinématographique ! Une expérience qui me donne l'impression d'en ressortir en ayant appris quelque chose. A travers cette histoire, Park Chan-wook nous livre ici une romance psychologico-érotique vraiment poignante et riche de pistes de réflexions ! A commencer par l'histoire, vraiment bien tissée, maîtrisée à 100% du début à la fin ! spoiler: Ce qui est vraiment bien c'est la structure narrative du film; le réalisateur nous montre la profonde relation unissant Sookee et Hideko en utilisant une structure en flashback. Via le flashback, Park Chan-Wook parvient à mettre autant en valeur la servante que la Demoiselle. Nous avons d'abord droit à l'histoire du point de vu de Sookee/Tamako (son nom en Japonais) dans ses tâches de domestique quotidienne et sa dévotion fascinée pour sa riche maîtresse ainsi que ses manigances avec le faux comte. La deuxième partie, tout en reprenant cette même relation mais cette fois du point de vu d'Hideko, nous montre les tourments psychologiques de la "Lady" en passant juste avant par sa traumatisante enfance rythmée par la maltraitance et l'éducation sexuelle sous le joug de son oncle. Et puis le film se termine par un troisième acte avec les aboutissements de tous ces mensonges et ces manipulations. Honnêtement, ma seul crainte au vu de la durée de 2h25 était le trop de longueur mais c'est un sentiment que j'ai très peu éprouvé (un peu quand même) tant les coups de théâtres et les rebondissements ponctuent efficacement le récit ! Chan-Wook semble à tous moments essayé de nous perdre, de nous désorienté pour semer en nous le doute quand à la question de celle/celui qui tire les ficelles, qui domine ? Et cela sans jamais s'empêtrer dans le sac de noeuds scénaristique qu'il a entre les doigts. Autre chose qui m'a vraiment plu dans "Mademoiselle", c'est l'idée que ce film illustre un très bel exemple de dialectique du maître et de l'esclave et justement, le réalisateur explore bien en profondeur cette opposition, ce gouffre entre les classes sociales en soulevant tout le temps la question de laquelle de Sookee ou d'Hideko détient le pouvoir sur l'autre ? spoiler: Sookee est sensée être inférieur à sa maîtresse pourtant c'est elle qui l'éduque, qui prend soin d'elle comme une mère prend soin de sa fille. Il y a aussi ce moment ou Hideko offre les boucles d'oreille en saphir à Sookee et lui dit "tu ressemble à une Dame". Cependant, si l'on croit Hideko chétive et dépendante du à ses troubles psychologiques dans la première, toute la partie 2 change radicalement la donne lorsqu'on s'aperçoit que toutes ces crises de folie n'étaient que de la mise en scène et qu'elle contrôle tout autant le faux comte à sa guise. Et en plus du rapport de classe, c'est également de la folie que Park Chan-Wook fait la critique spoiler: au fur et à mesure de la progression de l'intrigue ou le mensonge et la manipulation brouillent toutes les pistes on se demande si Hideko est belle est bien la folle en question ou si ce sont tous les autres qui le sont. Car serte, Hideko à reçu une éducation des plus malsaine est n'est finalement devenue qu'un jouet sexuel, une attraction pour les hommes venu écouter des poèmes obscènes (on comprend d'ou vient ce conditionnement) mais pourtant ce n'est pas elle mais Sookee qui finit à l'asile à la fin du premier acte (ça rejoint l'idée qu'à tour de rôle, servante et maîtresse ont successivement le pouvoir l'une sur l'autre) . L'ambiance de Mademoiselle est des plus étranges à décortiquer, parfois le film sait se montrer sous un jour des plus poétique et allègre....pour tantôt basculer dans le glauque froid et malsain. Le ton féministe saute aux yeux avec la plus grande évidence ainsi que la blâme de la soumission et l'éloge de spoiler: l'homosexualité. La mise en scène parvient vraiment bien à faire ressortir la passion et le désir sexuel de l'une pour l'autre (la question du sexe étant au coeur des thématiques). J'ai retenu l'idée que c'est au lit que la servante et la demoiselle se comprennent le mieux, qu'elles se libèrent de leurs contraintes liées à leur rang. Ces scènes d'amour sont filmées avec pas mal de champs vs champs et de gros plans qui donnent une petite atmosphère mélancolique. L'émotion est là et bien là, entre romantique et tragique, on arrive à avoir toute sorte de ressenti pour les personnages. Ces 2 héroïnes peuvent nous inspirer tour à tour de la haine comme de la compassion ou de la pitié. spoiler: On à de la peine pour cette pauvre demoiselle élevée à coups de règle sur les doigts dans une bibliothèque gardée par un serpent (note que le choix du serpent n'est pas anodin, l'animal comprend beaucoup de symbolique comme la vitalité sexuelle ou peut être une traduction du caractère oppressant de l'oncle...), on a de la peine pour Sookee lorsque celle ci est frappée violemment par sa maîtresse, on angoisse lorsqu'Hideko s'empare de la corde pour aller se pendre à la branche du cerisier... J'aurais encore pas mal à disséquer sur ce film mais je pense avoir fait le tour de l'essentiel. A retenir," Mademoiselle" de Park Chan-Wook est vraiment une grande réussite du cinéma asiatique, un thriller amoureux intense abordant intelligemment la dialectique du maître et de l'esclave à travers un érotisme exotique et mélancolique et abordant des thèmes comme la folie, le féminisme, la maltraitance, la soumission, l'éducation sexuelle précoce des jeunes filles de bonne famille; vous n'en ressortirez pas indifférents, croyez moi ! ^^
    traversay1
    traversay1

    Suivre son activité 571 abonnés Lire ses 1 399 critiques

    4,0
    Publiée le 2 novembre 2016
    Sur un site américain, on trouve cette définition surprenante du dernier opus(le mot est galvaudé mais il prend ici tout son sens) de Park Chan-wook : Oldboy La vie d'Adèle = Mademoiselle. Il serait intéressant de savoir ce que Kechiche en pense mais, bien évidemment, les deux films ne se ressemblent guère sauf à considérer qu'ils exploitent dans les deux cas une intrigue saphique, ce qui est exact, mais réducteur. Mademoiselle est avant toute chose un bijou de mise en scène, une splendeur en costumes, raffinée et brutale dans une tradition très asiatique et peut-être plus japonaise que coréenne. Park est sans nul doute l'un des réalisateurs actuels parmi les plus brillants, du genre à faire étinceler un scénario malin mais tout de même relativement limité. Un sujet à tiroirs, tel un bon film d'espionnage, dont la situation dans la Corée des années 30, occupée par les japonais, est à peine traitée du point de vue politique et social car Park a d'autres ambitions. Esthétique, pour commencer, mais aussi ludique, avec ses pointes d'humour et un ton globalement goguenard et un jeu constant entre des scènes sophistiquées et d'autres proches de la vulgarité. Mademoiselle fonctionne aussi comme un pastiche des films d'époque, avec subtilité et parfois violence. Peut-on parler d'oeuvre féministe ? Certainement, si l'on prend en compte les personnages masculins -un aréopage de pervers, de manipulateurs et d'escrocs- qui pensent que l'on peut tout exiger des femmes, de la tromperie à la soumission. Grand spectacle total, Mademoiselle est une preuve de plus que le cinéma coréen n'est jamais aussi bon que quand il s'amuse à nous perturber et à nous éloigner d'une certaine zone de confort. Malgré ses images léchées, le film de Park est dérangeant et parfois malsain, c'est ce qui fait en partie son intérêt, comme chez Cronenberg ou Oshima.
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