Notez des films
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    Monsieur
    note moyenne
    4,2
    621 notes dont 93 critiques
    répartition des 93 critiques par note
    23 critiques
    48 critiques
    18 critiques
    3 critiques
    0 critique
    1 critique
    Votre avis sur Monsieur ?

    93 critiques spectateurs

    traversay1
    traversay1

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    4,0
    Publiée le 27 décembre 2018
    Monsieur s'inscrit avec bonheur dans un nouveau courant de films indiens féministes qui a notamment donné La saison des femmes, Déesses indiennes en colère et même le merveilleux The Lunchbox. Et c'est par le biais de la comédie romantique, dont elle réinterprète les codes, que Rohena Gera parvient à montrer combien le poids des préjugés et des traditions continue d'entraver les désirs et le destin des femmes de Bombay, Delhi ou Calcutta. Et pourtant, le système des castes a été officiellement aboli, mais pas dans les mentalités, les familles ou la société. Comment imaginer, en effet, une histoire d'amour heureuse entre un maître et sa servante, même quand un doux sentiment se développe entre deux âmes mélancoliques ? C'est vrai que Monsieur se place du côté de la tendresse et de la tolérance et n'évoque que peu la violence et la misère du pays. Exact aussi que le portrait du maître manque d'aspérités et lui donne un aspect un peu trop lisse de prince charmant. Mais peu importe, on s'attache avant tout aux pas de cette domestique, qui se rêve créatrice de mode, et se sacrifie pour que sa soeur ait une vie meilleure que la sienne. Une belle personne, sans contestation, mais une battante aussi, qui déteste l'injustice et n'hésite pas à s'exprimer. C'est par petites touches que Rohena Gera fait progresser son intrigue, délicatement, comme une couturière qui fait preuve de doigté et fignole les détails, sans se hâter. Un travail d'artisanat qui passe par une fluidité discrète de la mise en scène, un beau sens du cadrage et un montage remarquable, respectant le temps des scènes sans pour autant les étirer. Et en donnant aux silences et aux regards toutes leurs significations. Le dénouement est un peu trop optimiste et pas crédible ? Et pourquoi donc ? N'est-ce pas Shakespeare qui écrivait que nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves ?
    djams
    djams

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    4,0
    Publiée le 31 décembre 2018
    On ne peut que comprendre les excellentes notes attribuées à ce film. Il nous fait découvrir de manière très précise et très réaliste les difficultés de coalition de 2 êtres humains issus de classes sociales très différentes. Il nous montre spoiler: à quel point c'est complètement impossible même s'ils le souhaitent vraiment tous les 2 ! Ils ne vivent malheureusement pas isolés du monde dans lequel ils vivent et c'est ce monde qui finit par avoir le dernier mot. spoiler: C'est lui qui décide qu'ils doivent se séparer, à l'unanimité : la famille et les collègues de la femme et de l'homme, à la fois, se moquent ouvertement d'un rapprochement possible entre eux et ne le permettraient jamais . Pour une fois, c'est l'homme qui a le plus envie de voir cette relation atypique aboutir dans cette histoire. Il est, d'une manière générale, idéalisée et rendu parfait en tout point. C'est la limite du film. Cette partie n'est pas réaliste même si elle s'explique, dans le film, par le fait spoiler: qu'il ait vécu aux Etats-unis et que cela lui aurait permis d'acquérir une plus grande ouverture état d'esprit que celle qui règne dans son pays. Le film laisse tout de même entrevoir spoiler: une possible fin heureuse en terminant par remettre en contact les 2 amants. Mais cette éventualité me parait peu probable dans la mesure où cela les conduirait à se choisir et à renoncer à leurs mondes respectifs. C'est une note d'espoir intéressante mais non réaliste.
    Laurent C.
    Laurent C.

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    3,5
    Publiée le 5 janvier 2019
    .La production cinématographique indienne est l'une des plus denses au monde. Pourtant, c'est un cinéma assez rare sur nos écrans français à l'exception de quelques romances à l'eau de rose assez caricaturales. "Monsieur" échappe totalement à la règle. A première vue, le film ressemble à un récit romantique où s'opposent deux mondes, celui du fils d'un riche entrepreneur, ardent représentant de la classe aisée indienne, et sa servante, pauvre et résignée à s'en sortir. Les premières séquences font même craindre le pire et on ne peut pas s'empêcher de penser à "Cendrillon" ou autre conte du genre. Néanmoins, petit à petit, le récit bascule dans une remarquable satyre sociale et amoureuse dans laquelle le cinéaste dénonce les déterminismes sociaux qui pèsent sur les personnes. D'un côté, il y a cette jeune femme, très belle, très touchante qui voudrait sortir de la misère en devenant couturière de luxe ; de l'autre côté, il y a cet homme affable, riche, humaniste qui tombe amoureux de sa propre servante. La force du film réside dans des portraits tout à fait réussis. On n'échappe pas à la tentation naïve du conte social. Et mine de rien, ces bons sentiments font du bien au spectateur. Finis les drames dégoulinants de larmes et de désespoir. Ici, les relations sont belles, délicates, parfois un peu romancées. Mais le scénario fonctionne très bien dans une capitale indienne, dépeinte comme un écrin à cette belle aventure.
    poet75
    poet75

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    4,0
    Publiée le 29 décembre 2018
    L’Inde n’en finit pas de surprendre, tant ce pays offre un contraste gigantesque entre, d’une part, son évolution ancrée dans le monde moderne et, d’autre part, les archaïsmes qui persistent à séparer résolument les classes sociales. Le fameux système de castes y reste toujours prégnant, au point qu’on se demande si ce pays réussira un jour à se défaire enfin de ce qui ressemble fort, à nos yeux d’occidentaux, à un anachronisme. Dans son premier film, la réalisatrice Rohena Gera traite ce sujet avec toute la délicatesse et la finesse qui conviennent. Se souvenant de la nounou qui s’occupait d’elle quand elle était petite, une nounou « qui faisait partie de la famille et, en même temps, en était exclue », elle met en scène une bonne nommée Ratna qui, venant d’un village, a trouvé cet emploi de servante auprès d’Ashwin, le fils d’une riche famille de Bombay. Rien ne devrait rapprocher ces deux personnes, les coutumes indiennes s’opposant drastiquement à toute familiarité entre des individus de castes différentes (qui plus est s’il s’agit d’un homme et d’une femme). S’il veut respecter la tradition, Ashwin ne doit adresser la parole à Ratna qu’en cas de nécessité, pour lui donner un ordre, rien de plus. Or, dans le film de Rohena Gera, tout est affaire de regards, avec, d’un côté, les regards qui évoluent, qui se transforment, et, de l’autre côté, le regard figé d’une société prompte au jugement, voire au rejet de qui outrepasse ce qu’elle considère comme une loi intangible. Les regards qui changent, ce sont ceux du maître et de la domestique. Malgré les interdits, petit à petit, un rapprochement s’opère. Ratna n’a pas de peine à découvrir qu’Ashwin vient de se séparer de celle avec qui il avait prévu de se marier et qu’il en éprouve à la fois du dépit mais aussi le soulagement de n’avoir pas à partager la vie d’une femme qu’il n’aimait pas vraiment. Quant à ce dernier, il apprend, au fil du temps, que sa servante est une toute jeune veuve qui rêve de s’affranchir de toute dépendance en travaillant dans la confection de vêtements. Comment demeurer indifférents quand on passe une grande partie de ses journées l’un auprès de l’autre, dans le même appartement ? Les regards grandissent en intensité et les désirs affleurent. Quant à vivre pleinement une histoire d’amour, puisqu’en fin de compte il s’agit de cela, ce n’est malheureusement pas si simple. Les regards d’autrui, ceux des proches, ceux des familles respectives, ne regorgent pas de bienveillance sur ce sujet, c’est le moins qu’on puisse dire. Ratna, plus encore qu’Ashwin, est consciente de ce qu’implique un éventuel échange amoureux avec son maître. Les conséquences, ce sont d’être rejetée impitoyablement et de voir s’effondrer ses rêves d’affranchissement. Tout en nuances et en douceur malgré son sujet, souvent très coloré, enchanté même à deux reprises par des séquences musicales, le film se garde de chercher à démontrer quoi que ce soit. Il suffit, par exemple, à la réalisatrice de montrer Ratna manger avec ses doigts tandis que son maître se sert de couverts pour signifier ce qui les sépare l’un de l’autre. Il suffit également de quelques échanges de regards ou de paroles pour indiquer ce qui les rapproche. Pas besoin de surligner, en quelque sorte, l’intention du film. On la devine aisément : pour la cinéaste, bien sûr, l’idéal serait que la société indienne trouve les moyens d’en finir avec le système de castes.
    Cinephille
    Cinephille

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    3,5
    Publiée le 28 décembre 2018
    Mon dieu que ce système de castes est horrible entend-on à la sortie de Sir. Comme si à Londres ou à Paris un riche entrepreneur pouvait vivre une histoire d'amour avec sa femme de ménage en recevant la bénédiction de sa famille et ses amis ! Le propos du film n'est pas vraiment là mais il est plus dans le personnage de Ratna cette jeune femme de la campagne très intelligente, ayant compris très jeune comment marchent la vie et les relations sociales, et croyant en elle. Le film est joliment réalisé donnant à voir des images de l'Inde traditionnelle et de l'Inde moderne, de l'occidentalisation très avancée des classes sociales aisées, de la condition des personnels subalternes et celle des riches. Ces relations sont au fond très proches de celles décrites dans des films comme Gosford Park ou Downtown Abbey. Le film n'échappe pas à quelques écueils comme voir Ratna changer de sari chaque minute, alors qu'elle est une pauvre servante arrivée à Mumbaï avec un petit sac de voyage. Cette débauche de costumes atteint par moments le ridicule quand par exemple, elle n'a pas la même tenue entre le moment où elle rentre des courses et celui où elle range les mêmes courses. Mais ne boudons pas le plaisir de ce joli film tous publics et parlant infiniment mieux de l'Inde que Maya sorti au même moment.
    Alice Bloch
    Alice Bloch

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    5,0
    Publiée le 31 décembre 2018
    Magnifique film tout en finesse et en délicatesse qui m’a bouleversée. Enfin un feel good sensible et intelligent!
    AZZZO
    AZZZO

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    4,0
    Publiée le 29 décembre 2018
    "Monsieur" fait inévitablement penser à "The lunch box" dont l'action se déroulait aussi à Mumbai et narrait une idylle impossible. Mais "Monsieur" va plus loin car l'histoire d'amour implique un jeune homme aisé et sa domestique. En enfermant ses deux protagonistes dans l'univers clos d'un appartement, Rohena Gera montre que bien que Nehru ait interdit les castes, elles existent toujours dans la réalité sociale de l'Inde et qu'il est toujours difficile de s'en extraire et de les rendre perméables. C'est fin, intelligent, réussi. Il manque seulement la profondeur de jeu d'Irfan Khan (le Gérard Depardieu indien) pour donner du corps à la narration.
    Agnès J.
    Agnès J.

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    5,0
    Publiée le 30 décembre 2018
    Magnifique film du début à la fin. Une grande sensibilité, une mise en scène soignée, des personnages attachants, une histoire simple mais passionnante. Bref, un excellent moment de cinéma.
    ffred
    ffred

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    4,0
    Publiée le 9 juin 2019
    Je ne connais pas le cinéma indien (j'ai du voir deux ou trois films). Je restais sur le délicieux The Lunchbox et Titli. Celui-ci avait de très bons échos mais pas vu en salle. Rattrapage DVD. Loin de Bollywood, voilà le très beau et très maitrisé premier long métrage d'une réalisatrice indienne. Rohena Gera nous conte cette histoire d’amour impossible avec une belle sobriété, tant sur le plan de la mise en scène, élégante, que de l'écriture, d'une extrême finesse et délicatesse. Le tout est fait avec une belle douceur, beaucoup de tact et de sensibilité, et une belle émotion. On suit le récit, plutôt lent, mais nullement gênant, grâce à des personnages bien dessinés auxquels on s’attache immédiatement, et un certain suspens sentimental, même si on devine le dénouement, malgré tout teinté d'espoir. Les deux acteurs principaux sont aussi beaux que convaincants. Et ce qui ne gâte rien, la photo est magnifique, avec de superbes images de Bombay. Au final, un film émouvant, engagé et intelligent, d'une grande subtilité. Un très beau portrait de femme dans une Inde moderne toujours fortement imprégnée de traditions où, même si les choses bougent, il reste tout de même beaucoup de chemin à parcourir. Une très belle surprise.
    dominique P.
    dominique P.

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    4,5
    Publiée le 27 décembre 2018
    J'ai été conquise par ce joli film. C'est très intéressant, très juste, bien scénarisé et on passe un bon moment de détente et de réflexion. J'apprécie ce genre de cinéma sérieux et subtil.
    yeepee
    yeepee

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    5,0
    Publiée le 28 décembre 2018
    Film d'une très grande sensibilité. Sans manichéisme ou cynisme réducteur. Pour avoir vécu 10 ans en Asie du Sud-Est, la région du monde qui bouge le plus depuis 30 ans, ou la mondialisation a permis de sortir, quand bien même les occidentaux aiment y voir la source de tous leurs maux, des centaines de millions de gens de la pauvreté, j'y ai retrouvé, entre modernité et traditions, existences chamboulées et émancipation, un propos universel qu'il est bon d'entendre a l'heure ou bcp ne vantent plus que le repli sur soi et le refus du monde extérieur.
    chas
    chas

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    3,5
    Publiée le 26 décembre 2018
    Les différences de classe, de caste, ne se résolvent pas si facilement, même avec de la gentillesse et de l’intelligence. Le film révèle dans une Inde contrastée, l’énergie des femmes en particulier, avec des relations entre une servante et son maître sortant des schémas simplistes. Elle écoute le mélancolique, il donne confiance à la belle et valeureuse Tillotama Shome. Le dernier plan qui laisse croire que l’amour peut permettre d’échapper à tous les tabous séculaires relève-t-il d’un fatal happy end ? L’utopie est nécessaire pour ne pas se faire une raison de tant de déraisonnables injustices dont la résistance a été finement décrite ? Au dessus de la ville grouillante dans leur bulle de silence, les acteurs sont émouvants. Ceux qui aiment le cinéma en couleurs, les romantiques et les curieux d’une civilisation complexe pourront s’y retrouver.
    frederic T.
    frederic T.

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    3,0
    Publiée le 3 janvier 2019
    Avec l’effleurement des regards, les gestes retenus, les silences et les non-dits, on pense inévitablement à « In the Mood for Love » pour exprimer les sentiments contenus et les désirs réprimés. En toile de fond de cette romance sentimentale entre ces deux-là que tout sépare, il y a surtout le poids des traditions, des clivages sociaux et culturels qui sont dépeints avec subtilité. Dommage que la mise en scène reste trop convenue et le scénario trop prévisible pour vraiment nous émouvoir ou nous révolter... N’est pas Wong Kar-Wai qui veut !
    BD2018
    BD2018

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    5,0
    Publiée le 31 décembre 2018
    Super film.. un vrai chef d'oeuvre. On se sent emporter. Tout est juste ni peu ni trop. Il reflète la réalité d'une fossé qui existe depuis toujours entre les riches et les pauvres dans la société indienne... mais que l'amour saura dépassé. Je recommande ce film...
    Boyau coriace
    Boyau coriace

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    3,0
    Publiée le 31 décembre 2018
    Bon petit film mais qui me laisse, surtout la fin, sur ma faim. La mise en scène est soignée, les cadrages sont bien réalisés, le casting est de bon niveau, le scénario est assez bien ficelé, le rapport des castes est traité sobrement, sans pathos mais l’ensemble reste un peu mièvre. On est loin de ce que Bunuel, Chabrol, Losey ou Renoir ont pu produire sur la même thématique.
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