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LE film de gangsters. Les suiveurs n'arriveront jamais à égaler Hawks, tous ces Scorsese, De Palma et autres Coppola avec leurs «Affranchis», «Incorruptibles» ou «Parrain» (sans parler du remake). La mise en scène est brillante, l'interprétation excellente (Paul Muni et la belle Ann Dvorak en particulier), et le scénario est prenant, sans temps mort tout en restant pertinent et lucide sur la situation. Les auteurs firent même preuve d'un second degré certain, les personnages n'étant pas aussi caricaturaux que bien des autres films du genre. On est loin en effet du lyrisme grossier et du mauvais goût des réalisateurs précédemment cités. «Scarface», même si la censure le voyait différemment à l'époque, reste d'une sobriété bienvenue et n'en fait que mieux ressortir le tragique et la force du récit. D'ailleurs en parlant de censure, Hawks et le célèbre producteur Howard Hughes eurent fort à faire pour mener à bien leur «Scarface» en toute intégrité : aujourd'hui subsiste au début du film un carton moralisateur précisant que le long métrage est sensé dénoncer et non pas faire l'apologie du grand banditisme, tandis qu'une fin alternative (heureusement abandonnée) avait été tournée, où l'on voyait Tony Camonte se faire juger puis exécuter, à la place de sa mort plus romantique qu'avaient voulu les auteurs. L'influence de l'expressionnisme se fait sentir, en particulier celle de Fritz Lang, mais Howard Hawks a su créer une oeuvre plus personnelle en la replaçant dans le contexte de l'époque. Efficace tout en restant d'une qualité remarquable, le «Scarface» de Hawks et Hughes est un long métrage fascinant que ses successeurs ne surent faire oublier. Un classique intemporel. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 17 mai 2012 à 12h43 Signaler un abus
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