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    C'est l'un des 10 westerns à voir dans sa vie : sorti il y a 55 ans, il reste un monument indépassable
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Sorti en 1969, considéré comme la réponse d'Hollywood à la vague du western spaghetti, "La Horde sauvage" de Sam Peckinpah est un chef-d'œuvre absolu du genre. Un film somme et crépusculaire, indépassable.

    Au début du siècle, dans une petite ville du Sud du Texas proche de la frontière mexicaine, une bande de pillards s’apprête à attaquer les bureaux de la Compagnie des Chemins de Fer. Mais des chasseurs de prime veillent… L’affrontement dégénère et seuls cinq survivants parviennent à atteindre le Mexique, alors dévasté par une guerre civile. Le règlement de comptes final n’en sera que plus brutal…

    La Horde sauvage
    La Horde sauvage
    Sortie : 17 octobre 1969 | 2h 25min
    De Sam Peckinpah
    Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan
    Presse
    4,4
    Spectateurs
    4,0
    Disponible sur MAX

    "Le drame profond de Sam Peckinpah, c'est qu'il est né trop tard. Descendant de pionniers fameux, Peckinpah est né au moment où ses ancêtres entraient dans la légende californienne : faute de pouvoir vivre leur épopée, il dut se contenter d'en recueillir les échos.

    Et c'est trop tard encore, dix ans trop tard, qu'il vint au cinéma, entamant une carrière tumultueuse, émaillée de batailles perdues car vouées à un perpétuel porte-à-faux" écrivait l'historien du cinéma Michael Henry Wilson dans le superbe livre "A la porte du Paradis : 100 ans de cinéma américain", publié chez Armand Colin en 2014.

    Cette réflexion s'applique naturellement à son chef-d'oeuvre qu'est La Horde sauvage, western crépusculaire considéré à juste titre comme la réponse définitive d'Hollywood à la vague de westerns spaghetti.

    Warner Bros.

    "J'ai fait un film sur la mauvaise conscience de l'Amérique"

    C'est un Ouest agonisant gangrené par la modernité (on est en 1911, on est témoin des premières automobiles...) que dépeint le cinéaste, au sein duquel le chef de cette bande, Pike Bishop (admirable William Holden) semble vouloir prendre congé d'un monde qu'il ne comprend plus. Tout comme Peckinpah.

    Le cinéaste a donné à son film une violence extrême et rarissime pour l'époque. "Je veux que le spectateur ressente de la manière la plus forte, la plus terrible possible, la violence cataclysmique, irresponsable qui peut s'emparer de l'homme", déclarait le cinéaste. "J'ai fait ce film parce que j'étais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de présenter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence (...). C'est un film sur la mauvaise conscience de l'Amérique".

    Pari réussi au-delà de ses espérances : les spectateurs de l'époque furent révulsés devant ce déferlement de violence, qui finit même par se faire apocalyptique dans une séquence finale d'anthologie, sublimée par la science du montage de Peckinpah.

    55 ans après sa sortie, La Horde sauvage reste un film somme absolument indépassable.

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