Il a donc fallu l'attendre pendant pas loin de six ans, et prendre notre mal en patience lorsqu'il a été repoussé plusieurs fois avant, finalement, d'être avancé. Mais cette fois ça y est : Bong Joon-ho est de retour dans nos salles avec Mickey 17. Dans la lignée de Okja, Snowpiercer voire The Host (donc assez éloignée de Parasite malgré la question de la lutte des classes), une satire de science-fiction qui parle encore mieux de la société actuelle que lorsqu'elle a été écrite et tournée.
L'occasion, pour Robert Pattinson, d'ajouter un nouveau nom prestigieux à son CV et de briller dans un double-rôle, aux côtés de Mark Ruffalo, Toni Collette, Naomi Ackie, Anamaria Vartolomei ou encore Steven Yeun. Mais qu'ont pensé les spectateurs de ce projet très attendu ?
Avec une moyenne de 3,6 sur 5 obtenue à partir de 123 notes*, Mickey 17 débute assez bas dans la filmographie de son réalisateur, ce qui en dit long sur les niveaux qu'il a pu atteindre avec Parasite (4,5), Memories of Murder (4,3) ou encore Mother (4,1). Son nouveau long métrage débute cependant devant Snowpiercer (3,5) et The Host (3,4).
Du côté de Robert Pattinson, le film débute assez loin de The Batman (4,1), le sommet de sa carrière. Mais il est proche de Tenet (3,6) et Le Diable tout le temps (3,7) dans sa filmographie récente.
Que pensent les spectateurs de "Mickey 17" ?
"Un pur film SF comme j'adore, à l'humour plus subtil que grotesque, qui me rappelle aussi la bonne époque du cultissime Brazil (1985)", écrit Mr cinetok (5 sur 5). "Même kitsch, noirceur dramatique, un film qui met en avant beaucoup de thèmes de notre humanité ou inhumanité. Un super divertissement qui file sans temps mort. Bref pour moi que du bonheur et merci à Bong Joon-ho pour ce bon bon film de plus dans ma filmographie SF."
"Mickey 17 est une satire politique incisive, critiquant un capitalisme populiste et eugéniste (toute ressemblance avec des personnages existants...)", appuie ned123 (4 sur 5). "Pattinson est un magnifique anti-héros traversant un monde en déclin. Franchement, c'est une expérience cinématographique à ne pas manquer." Tout comme Sinaloc (même note) : "Un très bon film qui sait ne pas se prend pas au sérieux et qui nous livre un divertissement drôle et qualitatif. À l'opposé total de Parasite, Bong Joon-ho nous livre néanmoins un film maîtrisé et qui non seulement va au bout de ses idées, mais également plus loin que l'histoire promise, et tout cela avec une certaine réussite."
"Son regard acerbe sur le monde, dans un mélange acrobatique dont il a le secret entre comique et tragique, semble parfois au bord du trop-plein, presque un peu vain", dit de son côté BandiTwelve (4 sur 5). "A chaque fois pourtant, le voilà retrouvant le bon ton, la juste émotion ou la péripétie qui maintient en haleine, intrigue ou émeut. Un exercice mieux maîtrisé sans doute qu’Okja, bénéficiant d’un budget parfaitement apte à donner l’ampleur de l’univers dépeint."
"Mickey 17 est une satire politique incisive, critiquant un capitalisme populiste et eugéniste"
La mise en scène du réalisateur coréen est donc l'un des points forts qui revient souvent. Comme chez MFede (4 sur 5) : "Bong Joon-ho ne rate aucun film. Ici, il passe du drame de science-fiction à la comédie avec une grande légèreté. Les acteurs sont excellents et le film, après un début un peu lent, prend du rythme et transmet des messages importants. Approuvé haut la main." Mais l'autre gros point fort se trouve devant sa caméra, avec le casting du film, Robert Pattinson en tête.
"Robert Pattinson y incarne brillamment Mickey, un 'expendable' dont le corps est régénéré après chaque mort, conservant la plupart de ses souvenirs", dit en effet ned123, encore lui. "Le film débute alors que Mickey 17, la dix-septième itération, échappe à une mort certaine et rencontre son successeur, Mickey 18 (réimprimé par erreur...). S'ensuit une intrigue complexe mêlant amour, trahison et survie, avec des performances remarquables dans un jeu à 2 faces... avec un jeu entre Buster Keaton et un n°18 plus psychopathe !"
"[Mickey 17] doit beaucoup à Robert Pattinson, dans une masterclass d’acting remarquable, rappelant les plus belles heures de Song Kang-ho, tour à tour bouffon et touchant", dit BandiTwelve, quand Léo b. (4,5 sur 5) le décrit comme "incroyable" et qu'il "confirme son talent générationnel" pour Shimsouf (4 sur 5). "J'ai été réconciliée avec Pattinson !", va jusqu'à affirmer Laura Lavergne (4 sur 5 également). "Le film est un petit bijou de SF bourré de références politiques sarcastiques et caricaturales. Mark Ruffalo s'est éclaté sur le tournage et ça se ressent à l'écran, il était vraiment jouissif ! Foncez le voir, même si c'est certain que c'est un film qui divisera."
"Robert Pattinson confirme son talent générationnel"
Une division qui ne se retrouve pas tant dans la prestation haute en couleur de Mark Ruffalo, qui séduit un maximum de spectateurs. "Du bon Bong Joon-ho...et paradoxalement son film le moins marquant à mes yeux", regrette ainsi Naughty Doc (3,5 sur 5 quand même). "La faute à un gros mashup qu'on a globalement déjà vu (Okja, Starship Troopers, Snowpiercer et Moon viennent direct en tête) et traité en profondeur auparavant. Malgré tout ce Mickey 17 reste un film de son auteur en son sein, en mode satire (parfois très on-the-nose vis à vis de Trump) centrée sur la plèbe et les cols bleus face aux dérives du capitalisme (globalement la thématique principale de la filmo de Bong)."
"Robert Pattinson est excellent et on a même notre Anamaria Vartonomei dans le casting et bien sûr Mark Ruffalo et Toni Collette en couple de super méchants", écrit Bart Sampson (3,5 sur 5). "Le seul bémol est peut être le côté 'too much' du film qui sacrifie à la tendance des blockbusters américains." "Dans la lignée de Snowpiercer, Bong Joon-Ho continue de critiquer les forces politiques à travers un divertissement bien mené et parfois décalé", dit Ed_Loisel (même note) en allant dans le même sens. "Quelques faiblesses dans le rythme et l'écriture mais rien qui ne dérange vraiment."
"Après des chefs-d'œuvre comme Mother et Parasite, j’attendais beaucoup de Bong Joon-Ho avec Mickey 17. Malheureusement, cette histoire ne parvient pas à retrouver l’intensité et la cohérence narrative qui faisaient la force de ses précédents films", déplore ainsi Raphaël Raccio (3 sur 5). "Si Mickey 17 reste une expérience visuellement soignée et bénéficie d’une très belle performance de Robert Pattinson, capable de jouer deux rôles avec brio, il laisse néanmoins une impression d’inachevé. Trop brouillon dans son écriture et ses relations entre personnages, il ne parvient pas à atteindre la clarté et l’émotion qui faisaient la force des précédents films du réalisateur. Peut-être que certains messages m’ont échappé, mais le film semble manquer de fluidité, laissant un sentiment de confusion et d’inabouti."
"Un mauvais film au potentiel inexploité"
"Si l'on en apprécie l'humour noir, voire le cynisme, l'émotion ne palpite guère dans Mickey 17, dont on souscrit au message global mais qui semble un peu trop dévolu aux arabesques virtuoses d'une mise en scène époustouflante", dit traversay1 (3 sur 5), l'un des rares à parler d'émotion. "C'est un peu le même sentiment ressenti devant les deux épisodes de Dune : quand c'est grandiose et ébouriffant, ce n'est pas nécessairement touchant."
"Cette satire du capitalisme mégalomaniaque aux ambitions colonisatrices et aux méthodes violentes avait tout pour être jubilatoire dans cette époque de règne trumpo-muskienne mais Mickey 17 trop poussif dans son humour perché et limité dans son assaut final semble assez inconséquent et inoffensif", résume Damien Vabre (2,5 sur 5) avant de se pencher sur la durée. "De plus, le film dépassant les deux heures souffre d'un faux rythme assez frustrant et d'une interprétation souvent brillante mais parfois à la limite du cabotinage."
Mais cela reste moins négatif que la critique de Chris Tetin (1 sur 5) : "Une déception immense (...) Le film est plat, tout se devine à des kilomètres, le concept des clones n'est jamais exploité, on préfère nous vendre un système fasciste surjoué et grotesque. La narration est horriblement mal nuancé également : la voix off nous dit tout se qu'il se passe et tout ce qu'il va se passer : le "show don't tell" visiblement n'existe pas dans cette production coréenne... en bref y'a trop de choses a dire mais résumons cela a une phrase : un mauvais film au potentiel inexploité qui fait penser a un mauvais animé."
En résumé
Robert Pattinson fait l'unanimité dans son double-rôle, Mark Ruffalo n'en est pas loin non plus, et Mickey 17 séduit grâce à l'art de Bong Joon-ho lorsqu'il s'agit de mêler les genres à des fins satiriques… mais c'est aussi sur ce plan que la bât blesse, car certains lui reprochent un trop-plein, dans les thèmes, la durée et les tons.
Et vous ? Qu'avez-vous pensé de Mickey 17 ?
* Notes arrêtées le mercredi 5 mars 2025