Pompiste dans une station-service de la Porte de la Chapelle, Lambert (Coluche) s’attache à un jeune voyou nommé Bensoussan (Richard Anconina). Quand celui-ci est assassiné par la pègre locale, Lambert va se lancer dans une vengeance sans merci...
Tourné dans une période où il est alors au plus mal dans sa vie privée, entre abus de drogues, une procédure de divorce et le suicide de son ami Patrick Dewaere avec la carabine qu'il lui avait offerte, Coluche contemple l'abîme devant la caméra de Claude Berri dans Tchao Pantin. Dans cette histoire d'une noirceur abyssale et désespérée, il donne le meilleur de lui-même dans un extraordinaire rôle à contre-emploi, qui marquera l'Histoire du cinéma français.
Renn Productions
L'oeuvre fut d'ailleurs couronnée à juste titre par cinq César en 1984 : Coluche fut récompensé de celui du Meilleur acteur, alors que Richard Anconina remporta ceux du Meilleur second rôle masculin et du Meilleur espoir. Les deux autres Césars furent décernés à Bruno Nuytten pour la photo et au duo Jean Labussière / Gérard Lamps pour le son.
Une première et doublé historique pour Anconina. Il faudra d'ailleurs attendre 26 ans pour qu'un pareil exploit soit de nouveau observé : Tahar Rahim remportera en effet en 2010 le César du Meilleur espoir et celui du Meilleur acteur pour sa composition dans Un Prophète de Jacques Audiard.
"Je suis tombé de mon tabouret !"
Invité sur le plateau d'Europe 1 en 2021, Richard Anconina racontera une savoureuse anecdote concernant une des fameuses scènes de Tchao Pantin. Celle où Coluche lui balance une gifle alors qu'il est en train de fumer un pétard dans sa station-service. Et il n'y est pas exactement allé de main morte...
Revoici la scène..
"Il m'a collé une vraie gifle, je suis tombé. La cabine de la station-service était très petite, et il n'y avait pas de place. Pas de place pour la caméra, juste un seul angle. Et dans cet angle là, il y avait juste Michel et moi, de profil. Or la gifle, soit il la faisait passer devant votre nez, et on voyait qu'elle était fausse. Soit elle s'arrêtait à la joue, et vous partez sur le côté dans la centième de seconde qui suit... Tout ça faisait faux.
A un moment donné, j'ai dit à Michel : "vas-y ! Mets-là ! C'est juste une gifle !" Je me suis pris une de ces gifles ! Je suis tombé du tabouret et me suis retenu sur le bureau, je me ressaisis, et je balance mon texte. [...] La prise était bonne !"