La Venue de l'avenir : un casting "népo baby" ? Comment Cédric Klapisch réagit aux commentaires virulents
Brigitte Baronnet
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.

"La Venue de l'avenir", nouveau film de Cédric Klapisch, actuellement au cinéma, a fait réagir les internautes au moment de l'annonce de son casting. En question, le nombre d'actrices et d'acteurs filles ou fils de célébrités. Le cinéaste a commenté.

La Venue de l'avenir, nouveau film de Cédric Klapisch, rassemble beaucoup de comédiens de la nouvelle génération comme Suzanne Lindon, Abraham Wapler (actuellement au générique de la série Andor), Paul Kircher, Vassili Schneider, ou encore Pomme (Claire Pommet). Cédric Klapisch dirige également Vincent Macaigne, Julia Piaton, Sara Giraudeau, et des comédies fétiches de sa filmographie : Zinedine Soualem et Cécile de France.

Lors de l'annonce du casting du film, et plus récemment lorsque la bande-annonce a été dévoilée, les internautes ont été nombreux à commenter la présence en nombre de fils et filles d'acteurs et actrices. Un phénomène que l'on nomme "népo baby", venant du mot népotisme.

Si l'on compte, il y a précisément 8 familles de cinéma au casting : Suzanne Lindon (fille de Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon), Abraham Wapler (fils de Valérie Benguigui et Eric Wapler), Julia Piaton (fille de Charlotte de Turckheim), Paul Kircher (fils d'Irène Jacob et Jérôme Kircher), Sara Giraudeau (fille d'Anny Duperey et Bernard Giraudeau), Raïka Hazanavicius (fille de Serge Hazanavicius et Julie Mauduech), Philippine Leroy-Beaulieu (fille de Philippe Leroy-Beaulieu), sans oublier Vassili Schneider, issu d'une fratrie célèbre (frère de Niels et Aliocha Schneider).

Je ne vais pas refuser des gens parce que leurs parents sont acteurs.

Rencontré pour la promotion du film il y a quelques jours à Paris, Cédric Klapisch a accepté de réagir sur cette concentration de filles et fils de à son casting : "C'est bizarre parce que ce n'était pas volontaire. Je m'en suis aperçu vraiment en fin de casting. Il y a même pour certains, je me suis dit: est-ce que je les enlève du casting parce que j'ai trop d'enfants de ? Et puis, je me suis dit que c'est absurde. Je ne vais pas refuser des gens parce que leurs parents sont acteurs. Donc, je me suis dit que c'était un truc qu'il fallait assumer.

Je vois à quel point ça pose des problèmes pour les gens, mais c'est justifié. Je ne nie pas que les enfants de sont des gens privilégiés. Mais Suzanne Lindon, je l'ai choisie au casting. Je ne l'ai pas choisie parce que c'est la fille de Vincent Lindon et de Sandrine Kiberlain. Je l'ai choisie parce que c'était la meilleure pour jouer ce rôle-là. Et c'est vrai d'Abraham Wapler, c'est vrai de Julia Piaton. Julia Piaton, par exemple, j'ai su très tard que c'était une fille d'actrice. Est-ce que je dois ne pas la prendre ? Donc c'est bizarre parce que je crois qu'il y en a sept dans le film. Est-ce que c'est involontaire, mais inconscient ?"

Le thème de la filiation au coeur du film

Ce choix peut être inconscient est intéressant à souligner car le sujet de la filiation est au coeur du film. "Effectivement, je raconte une histoire d'une famille et j'ai choisi des gens qui sont issus d'une famille de cinéma. Mais c'est vrai que je l'ai fait de façon assez innocente, en choisissant les gens que je trouvais bien pour le rôle."

Et d'ajouter : "Le fait que Jacques Audiard soit le fils de Michel Audiard, ça n'empêche pas que Jacques Audiard est un grand réalisateur. Les gens qui sont des fils de ont besoin de faire leurs preuves, et il y en a quand même beaucoup qui ont fait leurs preuves. Au fond, ce sont des qualités d'acteurs que j'ai choisi."

Les "nepo baby", sujet de polémique ?

Cédric Klapisch a en tout cas clairement constaté que le sujet "népo baby" avait beaucoup fait réagir : "Je vois bien à quel point c'est un sujet. Les gens peuvent être très violents avec ça en parlant de népotisme et tout ça. Et je comprends ça. Moi, je ne suis pas un enfant de, donc je n'ai pas connu ça. Et puis, j'ai l'impression d'avoir prouvé dans ma vie le nombre d'acteurs que j'ai révélés qui n'étaient pas des enfants de...

Il conclut : "J'ai trois enfants. Par bonheur, ils n'ont pas envie de faire de cinéma. Je crois que c'est bien pour eux qu'ils fassent autre chose, mais je n'ai pas de discours sur ça, vraiment."

L'histoire de La Venue de l'avenir se passe dans deux époques, 2024 et 1895. Aujourd’hui, en 2024, une trentaine de personnes issues d’une même famille apprennent qu’ils vont recevoir en héritage une maison abandonnée depuis des années. Quatre d'entre eux, Seb, Abdel, Céline et Guy sont chargés d’en faire l'état des lieux. Ces lointains "cousins" vont alors découvrir des trésors cachés dans cette vieille maison. Ils vont se retrouver sur les traces d'une mystérieuse Adèle qui a quitté sa Normandie natale, à 20 ans.

Cette Adèle se retrouve à Paris en 1895, au moment où cette ville est en pleine révolution industrielle et culturelle. Pour les quatre cousins, ce voyage introspectif dans leur généalogie va leur faire découvrir ce moment si particulier de la fin du XIXe siècle où la photographie s'inventait et l’impressionnisme naissait. Ce face à face entre les deux époques 2024 et 1895 remettra en question leur présent et leurs idéaux et racontera le sens de : La venue de l’avenir.

La Venue de l'avenir est sorti au cinéma ce jeudi 22 mai 2025.

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