Plus de 12 millions d'entrées avec Le Petit monde de don Camillo, près de 9 millions avec La Vache et le Prisonnier, un peu plus de 6 millions avec La Cuisine au beurre...
Au cours de sa longue et riche carrière, Fernandel a su rassembler des foules entières autour de ses films, enchaînant les succès commerciaux et remplissant les salles obscures à de nombreuses reprises. On estime qu'en tout, il aurait attiré plus de 200 millions de spectateurs au cinéma. Un véritable exploit que seules d'autres légendes telles que Louis de Funès, Bourvil et Jean Gabin peuvent prétendre égaler.
"Nous devons faire des grands films"
Pourtant, au début des années 60, alors que la télévision prenait de plus en plus de place dans la vie des Français, ces derniers préférant parfois le confort de leur canapé à la magie des fauteuils rouges, Fernandel aussi était tout à fait conscient de ce nouvel usage, et des efforts supplémentaires que le cinéma aurait sans doute à fournir pour conserver son public.
Son secret ? Continuer à faire de grands films, tout simplement, ainsi qu'il l'avait déclaré dans l'émission Sept jours du monde, diffusée sur la RTF, amorçant une réflexion qui, 60 ans plus tard, à l'heure d'Internet et des plates-formes de streaming, n'a jamais été aussi actuelle.
"Je crois qu'avec [la] télévision, pour le cinéma, nous devons faire des grands films", avait-il commencé par déclarer, détournant son regard du journaliste pour parler directement à la caméra.
"Il faut vous déranger"
"(...) C'est à vous, téléspectateurs, que je m'adresse en ce moment. Vous voyez, je vous parle les yeux dans les yeux parce que je n'ai pas peur, je suis comme ça ! Eh bien, je suis un téléspectateur, quoiqu'étant du cinéma. (...) Il faut vivre avec son temps, et suivre le progrès."
"Je sais que lorsque vous voyez un bon film, vous allez le voir. Mais il faut vous déranger, car vous voyez de beaux spectacles à la télévision. Pas toujours, bien entendu. Comme au cinéma, il n'y a pas toujours de bons films. Mais lorsqu'il y a quelque chose de bien [à la télévision], vous restez chez vous. Lorsqu'il y a quelque chose de bien au cinéma, vous sortez de chez vous. C'est le plaisir que je me souhaite."
Des "grands films", Fernandel nous en a offert des dizaines, de Don Camillo à L'Auberge Rouge en passant par Heureux qui comme Ulysse.
(Re)découvrez la bande-annonce du "Petit monde de don Camillo"...