"Il a fallu lui tordre le bras pour qu'il vienne" : Sylvester Stallone ne voulait pas apparaître dans cette adaptation de son film culte, sorti il y a 31 ans
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Unique réalisation de Marco Brambilla, "Demolition Man", sorti en 1994 chez nous, est devenu au fil des ans un des films culte de Sylvester Stallone. L'acteur est aussi apparu dans son adaptation en jeu vidéo. Mais il a mis au supplice ses créateurs.

Au début des années 90, la carrière de Sylvester Stallone patine. Son Rambo III, sorti en 1988, n'a pas eu le même succès que son prédécesseur, alors même qu'il avait touché un salaire astronomique. Sa franchise Rocky ? Le dernier opus remontait à 1990 avec Rocky V, qu'il trouve lui-même particulièrement mauvais.

Si on ajoute à cela l'échec de la comédie L'embrouille est dans le sac, et le fait que son grand rivale de l'époque, Arnold Schwarzenegger, lui a généreusement savonné la planche en le piégeant pour qu'il accepte de tourner dans ce qui sera un des pires films de sa carrière, Arrête ou ma mère va tirer, la situation était un poil tendu pour Sly...

Une spectaculaire remise en selle pour Sly

La remise en selle, spectaculaire, vient en 1993 avec Cliffhanger, ainsi qu'un autre film, sorti la même année, qui deviendra culte au fil des ans, Demolition Man de Marco Brambilla, dans lequel il incarne John Spartan, un policier cryogénisé à titre de punition pour homicide par imprudence en 1996. Et réveillé en 2032 pour affronter Wesley Snipes alias Simon Phoenix, tueur psychopathe condamné à une longue peine d'hibernation et de rééducation, qui s'évade.

Le film a connu une production compliquée, au point de faire gonfler l'enveloppe budgétaire de 45 à 77 millions de dollars. Au final, le film sera quand même un succès, rapportant à Warner 159 millions de dollars; ce qui correspond, ajusté à l'inflation, à plus de 352 millions de dollars aujourd'hui.

Warner Bros.

John Spartan et Simon Phoenix s'affrontent aussi en jeu vidéo

Comme très souvent à l'époque, et pour de nombreuses années encore, ce film d'action SF a été adapté en jeu vidéo, pensé comme un simple produit dérivé. C'est le développeur et éditeur américain Acclaim, qui se chargea de réaliser une adaptation en 2D, qui sortira sur les consoles Super Nintendo, Megadrive de Sega, et même Mega CD.

Mais Warner avait aussi de gros espoirs sur les performances d'une nouvelle console conçue par Panasonic, la 3DO, qui pouvait intégrer en prime des séquences en Full Motion Vidéo, alors très en vogue à l'époque. Un procédé qui visait à filmer des acteurs et actrices sur fond bleu, et digitalisés dans les jeux.

L'adaptation de Demolition Man pour la 3DO, sortie en 1995, fut confiée aux bons soins du studio Virgin Interactive. Le résultat, qui intégrait notamment des extraits du film et même de nouvelles séquences, fut un désastre.

Pour les nouvelles séquences, Sylvester Stallone et Wesley Snipes sont venus au studio pour les réaliser. En voici d'ailleurs un extrait, ci-dessous..

"Il a fallu lui tordre le bras pour qu'il vienne"

Dans un article du site Time Extension publié il y a deux ans (relayé via Slashfilm), un des développeurs du studio Virgin Interactives, Julian Rignall, égrenne ses souvenirs mitigés de sa rencontre avec Stallone. Une expérience qui fut même cauchemardesque selon lui.

"Nous avons fait venir Snipes et Stallone dans les bureaux de Virgin un peu sous la contrainte, semble-t-il. Stallone était contractuellement tenu de le faire. Le faire venir au studio a été un cauchemar. Il n'était pas du tout intéressé. Il a fait un effort quand il s'est finalement présenté, mais bon sang. Il a fallu lui tordre le bras pour qu'il vienne" lâche l'intéressé.

A quoi ressemblait le jeu ? A ca...

Conçu autour de 16 niveaux, le titre offrait une sorte de (très mauvais) pot-pourri de différents genres de jeux : course auto, séquences en fps, affrontement façon beat'em all entre Stallone et Snipes... Le tout saupoudré de séquences en Full Motion Video pour faire aussi vrai que le film. Toujours est-il que si le résultat final fut un désastre et n'a pas exactement laissé un souvenir mémorable, cette adaptation en jeu vidéo Demolition Man reste la toute première incursion de Sly dans cet univers.

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