La 7ème compagnie : "C'est un bébé. Il a 3 ans et demi"... Pourquoi Aldo Maccione a disparu après le 1er film de la saga ?
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini - Olivier Pallaruelo

Deuxième épisode d’une trilogie à grand succès sortie en 1975, “On a retrouvé la 7e compagnie” se distingue toutefois par l’absence notable d’Aldo Maccione, qui figurait pourtant dans le premier opus. Mais pourquoi n’a-t-il pas repris son rôle ?

On a retrouvé la 7e compagnie est la suite de la célèbre comédie Mais où est donc passée la 7e compagnie ?. Si dans le film, les fans retrouvent avec plaisir le trio emblématique, un détail n’échappe pas aux plus attentifs : Tassin n’a plus les traits d’Aldo Maccione. À sa place, c’est Henri Guybet qui campe désormais le rôle. Que s’est-il passé ?

Dans la biographie Aldo Maccione, la classe ! de Gilles Botineau, le réalisateur Robert Lamoureux évoque avec franchise son expérience avec Maccione sur le premier film. Malgré une entente parfois houleuse, il garde de lui une image touchante. Il décrit l’acteur italien comme un homme à la fois fantasque, colérique, sensible et drôle, comparant son tempérament à celui d’un enfant capricieux, mais sincère et attachant.

Aldo Maccione Gaumont
Aldo Maccione

Bien que leur relation ait connu des hauts et des bas, Lamoureux ne lui en tient pas rigueur. Pour lui, Maccione reste un homme profondément gentil, même s’il avait parfois besoin d’attention et de reconnaissance.

Aldo, c’est un bébé. Il a 3 ans et demi. Vraiment ! Avec tout ce que ça comporte de caprices, de colères, de ‘C’est moi le plus grand, le plus beau, le plus fort’ et de ‘Oh mon Dieu ! Mon Dieu que j’aimerais avoir du talent !...’ Il part d’un bout à l’autre, il vous fait tout le parcours en une demi-heure. (...) Mais derrière ça, il y a une naïveté et une gentillesse extraordinaires. Seulement, de temps en temps, il a tellement besoin de se rassurer qu’il se prend pour Napoléon ! (...) Je garde en tout cas le souvenir d’un homme charmant”, a-t-il déclaré.

On a retrouvé la 7ème compagnie
On a retrouvé la 7ème compagnie
Sortie : 10 décembre 1975 | 1h 30min
De Robert Lamoureux
Avec Erik Colin, Pierre Tornade, Jean Lefebvre
Spectateurs
3,5
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Des exigences salariales mal reçues

Fort du succès du premier opus – qui avait attiré près de 4 millions de spectateurs – Aldo Maccione souhaitait renégocier son cachet pour le deuxième volet. Il espérait une revalorisation à la hauteur de la popularité grandissante de son personnage.

Malheureusement, ses exigences financières n’ont pas trouvé d’écho favorable du côté de la production. Les discussions s’enlisent, et plutôt que de céder, les producteurs prennent une décision radicale : le personnage de Tassin sera conservé, mais confié à un nouvel acteur.

Henri Guybet entre en scène

C’est donc Henri Guybet, encore peu connu du grand public à l’époque mais remarqué dans Les Aventures de Rabbi Jacob, qui hérite du rôle.

Il évoquera d’ailleurs la mésentente salariale qui a scellé son destin : “Aldo Maccione ne voulait pas faire le deuxième film car il trouvait que la solde n’était pas assez élevée pour se réengager dans l’armée si vous voyez ce que je veux dire…”, nous a raconté Guybert lors du 1er Festival CineComédie de Lille, en 2018.

Et comme je tournais beaucoup à la Gaumont à l’époque, ils m’ont dit que j’allais remplacer Aldo Maccione. Je leur ai répondu que je n’avais ni la carrure ni l’accent italien d’Aldo mais ils m’ont dit : ‘C’est pas grave, tu le fais comme tu le ferais.’ Et c’est vrai que je me suis rendu compte que nul n’était irremplaçable…

Henri Guybet et Jean Lefebvre Gaumont
Henri Guybet et Jean Lefebvre

Issu de la troupe du Café de la Gare, Guybet a donc accepté le défi malgré des appréhensions compréhensibles : il craignait d’être comparé à son prédécesseur ou d’être rejeté par les spectateurs.

Finalement, le public adhère, et On a retrouvé la 7e compagnie rencontre un succès presque équivalent au premier volet, avec plus de 3,74 millions d’entrées. Guybet est ensuite rappelé pour le troisième et dernier film de la série, La 7e compagnie au clair de lune, sorti en 1977, qui lui, en revanche, malgré un bon accueil avec 1,79 million d’entrées, a subi une nette baisse de fréquentation.

On a retrouvé la 7e compagnie, tout comme les deux autres films de la trilogie, sont à retrouver en VOD.

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