Il y a 65 ans, le grand Alfred Hitchcock dévoilait dans Psychose un personnage qui allait immédiatement s'imposer comme l'un des plus grands méchants du septième art : Norman Bates. Créé par l'auteur Robert Bloch, qui s'est inspiré du tueur en série Ed Gein, ce personnage de psychopathe au dédoublement de personnalité, incarné à l'écran par Anthony Perkins, a fait frissonner des millions de spectateurs à travers le monde.
Pour rappel, dans Psychose, Norman Bates est un gérant de motel, de prime abord sympathique, qui doit supporter le caractère possessif de sa mère. Un jour, il accueille dans son établissement Marion (Janet Leigh), et va progressivement dévoiler son vrai visage tout au long de ce grand film d'horreur vénéré par Steven Spielberg.
Si Norman Bates a été joué par différents acteurs (comme Vince Vaughn dans Psycho ou Freddie Highmore dans la série Bates Motel), c'est sans discussion aucune l'incarnation d'Anthony Perkins qui a marqué à jamais les esprits. Un rôle iconique du cinéma horrifique auquel l'Américain sera associé toute sa carrière, le retrouvant à l'occasion de trois suites.
Dans un entretien accordé au site Movingpictureblog alors qu'il s'apprêtait à mettre en scène Psychose 3, Anthony Perkins avait raconté sa rencontre avec Hitchcock pour le rôle. "Il était unique. Il ne choisissait jamais ses acteurs à partir de lectures ou d'auditions, mais en les voyant dans d'autres films et dans des rôles précédents. C'était sa méthode", raconte-t-il. "Il m'avait vu dans Prisonnier de la peur, où j'incarnais un joueur de baseball faisant une dépression nerveuse. Donc, lors de ma première rencontre avec lui, je savais que j'avais déjà plus ou moins le rôle."
"Pourquoi tu n'irais pas dans un magasin..."
"Cela étant dit, je n'avais pas imaginé qu'il serait si détendu au point de sortir 100 dollars de sa poche et de me dire "Tiens, maintenant qu'on a parlé, je dois passer à autre chose. Mais pourquoi tu n'irais pas dans un magasin acheter ce que tu penses que Norman Bates porterait pour ensuite le donner au costumier ? Ça pourrait être tes costumes"", poursuit Perkins. "J'ai trouvé ça vraiment gentil de sa part de me faire confiance, pas seulement en disant "Je suis sûr que tu vas être formidable, et j'ai hâte", mais en faisant quelque chose de pragmatique."
Avec le recul, comment Anthony Perkins explique-t-il le culte qui a rapidement entouré Psychose et son personnage ? "Je pense que l'une des choses qui ont fait du premier Psychose un film durable, c'est que les crimes de Norman étaient toujours commis par amour, par excès d'amour, plutôt que par excès de haine", analyse-t-il. "Norman n'a jamais haï personne. Et ce n'est pas quelqu'un qui agit par haine, ni même qui y répond. Je pense donc que c'est ce qui a permis au public de rester du côté de Norman, car il comprend qu'il a été poussé à ces extrêmes par amour."
Le choix "intelligent" d'Hitchcock concernant Norman Bates
Et Perkins de compléter son propos : "C'est aussi parce qu'Hitchcock a eu l'idée géniale de ne pas montrer le personnage comme dans le roman original de Robert Bloch, à savoir un homme âgé, en surpoids, inconsolable et à moitié hébété. Il a plutôt fait de Norman un personnage plus jeune et plus sympathique. Je trouve que c'était très intelligent de sa part."
Chef d'oeuvre du cinéma horrifique, plébiscité aussi bien par la presse que par la critique avec des notes moyennes AlloCiné de 4,5 et 4,4 sur 5, Psychose est un incontournable. Et son méchant l'un de ceux qui restent à jamais dans les mémoires de cinéphiles.
La bande-annonce de "Psychose" :