Kristen Stewart adore la France et le pays lui rend bien. À chacune de ses apparitions, dans les festivals comme dans les avants-premières, les spectateurs et spectatrices se ruent pour l’apercevoir ou, mieux, l'entendre.
Ce fut le cas au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Invitée pour présenter son premier long métrage, The Chronology of Water - lauréat du Prix de la Révélation 2025 -, l'actrice hollywoodienne a présenté sa "Carte Blanche", une conversation animée par la journaliste Lily Bloom autour de ses films français préférées. La salle, pleine à craquer et très attentive, était conquise.
Il y a 15 ans, Kristen Stewart était une superstar bien ancrée dans le système hollywoodien. Seulement, depuis la fin du phénomène Twilight - résultat de cinq films, tout de même -, la star s'est extirpée des carcans de l’industrie pour s'affirmer et suivre son instinct, multipliant ainsi les films indépendants et ambitieux, même si confidentiels, aux États-Unis comme dans l’Hexagone.
Quand lui demande l'origine de son lien avec la France, la comédienne répond "Olivier Assayas". Le réalisateur français a dirigé Kristen Stewart à trois reprises - dans Sils Maria, Personal Shopper et une courte apparition dans la série Irma Vep.
Actrice cinéphile
"Je n'avais pas vu beaucoup de films français avant cette rencontre", reconnaît-elle. Pourtant, le premier qu'elle se souvient avoir vu étant adolescente n'est autre que Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax. "Il y a, dans les films français, une sensibilité qui me touche, quelque chose d'intime, comme si je regardais mon reflet dans le miroir. Ce ne sont pas des films qui vous mènent par le bout du nez."
Pendant plus d'une heure et trente minutes, Kristen Stewart a parlé de sept films qu'elle affectionne plus particulièrement, le tout accompagné d'extraits de chacun de ses choix. L'actrice est tellement bavarde et passionnée qu'elle dépasse le temps prévu. Conséquence : les deux derniers films sont zappés - mais pas de panique, nous avons les titres.
Les 7 films français préférés de Kristen Strewart :
- Une vraie jeune fille de Catherine Breillat (1976)
- La Pianiste de Michael Haneke (2001)
- La Double vie de Véronique de Krzysztof Kieślowski (1991)
- Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax (1991)
- Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais (1959)
- Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle (1958)
- La Baie des anges de Jacques Demy (1962)
Le Chat qui fume
Au cours de sa prise de parole, elle commence avec un extrait sulfureux d'Une vraie jeune fille, long métrage de Catherine Breillat, invisible pendant 25 ans, avant de sortir en salle en 2000; encense Isabelle Huppert pour son interprétation dans La Pianiste de Michael Haneke et partage son amour pour le livre original; cherche ses mots pour parler de La Double vie de Véronique de Krzysztof Kieślowski - "C'est difficile pour moi d'en parler car c'est un film qui se ressent avant tout" -; et loue l'intensité des Amants du Pont-Neuf - "J'adore les films dans lesquels on court, j'aime l'excès, je pense que tout le monde s'en est rendu compte".
Enfin, elle évoque, avec beaucoup d'émotion, Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais : "C'est un film encore plus important aujourd'hui car il nous ramène à l'actualité, à toutes les guerres et toutes les horreurs qui se déroulent en ce moment dans le monde. C'est la meilleure adaptation possible de Marguerite Duras. C'est un film sur la violence de l'oubli, le rôle de la mémoire et la peur que quelque chose se répète."
The Chronology of Water, au cinéma le 15 octobre