"Un chef d’œuvre moderne" : avec une note de 4,2, c'est le meilleur film de Léa Drucker
Gaëlle Robert
Gaëlle Robert
-Pigiste
Une fourchette dans une main, les yeux sur l’écran, Gaëlle Robert est une vraie cinéphage. Journaliste gastronomique le jour, spectatrice assidue la nuit, elle dévore aussi bien les assiettes que les films. Ses péchés mignons : les teen movies et l’animation, qu’elle engloutit sans modération.

Léa Drucker est actuellement à l’affiche du film "L’Intérêt d’Adam" de Laura Wandel, l’occasion de revenir sur le plus grand succès de sa carrière.

Difficile de ne retenir qu’un seul succès dans la carrière de Léa Drucker. Elle fait sa première apparition au cinéma en 1988, en tant que figurante dans Kung-fu Master d’Agnès Varda. En 2001, elle est présélectionnée pour le César du meilleur espoir féminin pour Chaos de Coline Serreau. Sa carrière prend un nouveau tournant grâce à la série Le Bureau des légendes, diffusée de 2015 à 2017, dans laquelle elle incarne une psychiatre de la DGSE.

On la retrouve ce mois-ci au cinéma dans L’Intérêt d’Adam, de Laura Wandel, remarquée pour son premier film Un Monde. Depuis sa sortie le mercredi 17 septembre, Léa Drucker y joue le rôle d’une infirmière prête à tout pour aider une jeune mère en détresse et son fils, quitte à défier sa hiérarchie.

L’Intérêt d’Adam
L’Intérêt d’Adam
Sortie : 17 septembre 2025 | 1h 18min
De Laura Wandel
Avec Léa Drucker, Anamaria Vartolomei, Jules Delsart
Presse
3,8
Spectateurs
3,3
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Le film le mieux noté est...

Mais impossible de parler de la filmographie de Léa Drucker sans citer Jusqu'à la garde, long-métrage de Xavier Legrand pour lequel elle a reçu en César de la meilleure actrice en 2019. C'est aussi son film le mieux noté par les spectateurs d'AlloCiné avec plus de 6000 notes, il reçoit un 4,2 sur 5.

Jusqu’à la Garde
Jusqu’à la Garde
Sortie : 7 février 2018 | 1h 34min
De Xavier Legrand
Avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria
Presse
4,2
Spectateurs
4,2
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Sorti en 2018, ce drame à l'atmosphère pesante, avait été applaudi autant par la presse que par le public. Le film raconte le divorce conflictuel entre Miriam (Léa Drucker) et Antoine Besson (Denis Ménochet). Pour protéger leur fils Julien, qu'elle accuse de violences, Miriam demande la garde exclusive. Cependant, la juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père, qu'elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n'arrive.

Outre le César remporté par Léa Drucker pour son rôle, le film a également décroché trois autres récompenses lors de la même cérémonie (meilleur film, meilleur scénario et meilleur montage) ainsi qu’un Lion d’argent de la meilleure mise en scène à la Mostra de Venise en 2017.

L'avis des spectateurs

Selenie du Club Allociné (5/5) : "Léa Drucker en femme meurtrie qui ne se victimise jamais, Denis Ménochet est impeccable en père bourru à la violence "contenue", la jeune Mathilde Auneveux assure en ado bien qu'elle soit un peu sous-exploitée (dont une pseudo-sous intrigue superflue) tandis que le jeune Thomas Gioria s'offre mine de rien un rôle principal en fils qu'on n'écoute pas franchement, qui assume sa place alors que son père le terrifie. Xavier Legrand signe un superbe film, particulièrement dur, terrifiant et touchant à la fois. A voir et à conseiller."

Jonathan M du Club Allociné (5/5) : "Il est de ces films dont on se prouve à soi-même que le cinéma est bien plus qu'une passion. L'intelligence de jeu, combinée à l'intelligence de mise en scène. "Jusqu'à la garde" est bien plus qu'un film de divorce, c'est le coup d'après. Tout est dit entre les deux protagonistes, va falloir maintenant se reconstruire un quotidien. En 1 scène et 3 plans, les enjeux sont posés. Plus de combat, mais une lutte des apparences pour vaincre la peur. Une mère désemparée face à un mari démuni.

Haut et Court

L'extrême fragilité des exs époux fait sauter le verrou de la violence. Cette dimension anxiogène ne serait rien sans les interprétations magistrales de Léa Drucker et Denis Ménochet. On est dans la famille Besson et on va souffrir avec eux. Xavier Legrand - qui ne l'est pas seulement que par son nom - aurait pu tomber dans le piège du pathos, du larmoyant, du déjà vu et j'en passe. Mais son ambition est tout autre. Ce cheminement qui nous conduit à une scène finale qui pulvérise notre cœur - ce plan-séquence de 10 minutes complètement insoutenable - fait naître une émotion de cinéma unique. Le film signe alors son entrée dans le panthéon du thriller noir. Brutal."

Carlos Stins (5/5) : "Il n'y a finalement pas-grand chose à dire sur "Jusqu'à la garde" tant le film est parfait et s'apparente même à un chef-d’œuvre moderne. La mise en scène de Xavier Legrand est absolument grandiose, le jeune cinéaste parvient à installer dès les premiers instants une ambiance malsaine qui ne s'estompe jamais. Chaque plan a un sens et contribue à illustrer l'intelligence du scénario. Xavier Legrand ne se contente pas en effet d'être un réalisateur prometteur, il s'impose également comme un scénariste de grand talent.

Legrand propose ici une histoire à première vue peu originale mais qu'il arrive à rendre unique par un subtil mélange des genres. Le long-métrage flirt entre le thriller, le drame familial et même le film social, embarquant le spectateur dans une expérience unique où chaque scène parvient à nous surprendre. En plus de cela, Legrand a l'intelligence de maintenir jusqu'à la fin le doute sur les véritables intentions des personnages à l'image d'un superbe dernier plan qui montre bien que la mère n'est pas aussi innocente que l'on pourrait le croire. Si on rajoute à cela l’interprétation magistrale de Denis Ménochet, Léa Drucker et surtout du très jeune Julien Besson qui livre une performance extraordinaire de justesse, on se dit qu'on a véritablement affaire à un très grand film qui risque de marquer durablement de son empreinte le cinéma français."

Haut et Court

Ffred du Club Allociné (4/5) : "(...) Denis Ménochet est assez impressionnant ici (et même physiquement, mais va falloir faire attention, il commence à ressembler à Depardieu). Très inquiétant, il est parfait dans le rôle. J’ai une tendresse particulière pour Léa Drucker (qui n’a pas, pour l’instant, la carrière qu’elle mérite). Quel que soit le film, elle est toujours impeccable, convaincante, juste. C’est encore le cas ici mais je trouve que le rôle est quelque peu sacrifié par rapport à celui du père. La direction d’acteur est donc une des principales réussites. Le jeune acteur Thomas Gioria est vraiment très bien. Pour en revenir au film en lui-même, j’ai trouvé l’ensemble bien fait. Pour un premier long métrage, la mise en scène est solide, tendue, puissante. Le scénario est assez malin même si l’on assiste là à rien de bien vraiment nouveau.

Mais il impose une certaine ambiance dès le départ. La première scène (très forte) chez le juge donne le ton. Jamais on ne saura vraiment ce qui s’est passé entre les époux pour en arriver là. On ne sait pas vraiment ce qui se passe dans les têtes des protagonistes non plus. Aucun n’est vraiment attachant mais ce n’est pas un problème. L'attitude du petit garçon est souvent très ambiguë. Un certain malaise et une angoisse palpable montent crescendo jusqu'à une terrible scène finale digne de Shining. On ressort alors de là assez ébranlé et quelque peu soulagé (...)"

Kouto (5/5) : "Récit étouffant d’une mère divorçant et demandant la garde exclusive de ses deux enfants face à un mari qu’elle accuse de violence « Jusqu’à la garde » fait monter la tension de manière frontale et n’hésite pas à bousculer le spectateur par une réalisation au scalpel dont l’intensité de certaines scènes peut marquer durablement. La justesse de l’interprétation, du jeune et bluffant Thomas Gioria en passant par un saisissant Denis Ménochet et une Léa Drucker dont la fragilité émeut forcément, participe grandement à la force de ce drame poignant."

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