Ça parle de quoi ?
Imaginez pouvoir ouvrir une porte et la franchir pour revivre un moment décisif de votre passé. Sarah et David, deux inconnus célibataires, se rencontrent lors du mariage d'un ami commun et, par un incroyable coup du sort, se lancent ensemble dans une aventure grandiose - drôle, fantastique et pleine d'émotions - où ils revivent des instants marquants de leurs vies respectives. Ces souvenirs retracent leurs parcours et pourraient bien leur offrir une chance de transformer leur avenir.
Cette Barbie est de retour au cinéma
Il y a plusieurs raisons de se réjouir de la sortie d'A Big Bold Beautiful Journey au cinéma : outre le simple plaisir de revoir Colin Farrell, il y a ses retrouvailles avec Kogonada, qui l'avait dirigé dans le sublime After Yang (et lui offre une nouvelle scène de danse) ; ce pitch intrigant qui nous fait penser à Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou Il était temps (en schématisant) ; et le grand retour de Margot Robbie au cinéma, deux ans après les 1,45 milliard engrangés par Barbie au box-office mondial.
Il y a aussi des couleurs vives, un peu de musique et beaucoup de crise existentielle dans ce long métrage inclassable où il est question de passer d'un monde à l'autre. Mais également, et c'est notamment ce qui différencie le long métrage Kogonada de celui de Greta Gerwig, de solitude et de regrets, qu'un voyage à travers des portes permettant de revisiter les souvenirs marquants des deux protagonistes semble capable d'atténuer. Dans la mesure où le titre se traduit, en français, par "Une grande et fabuleuse aventure", ce n'est pas gâcher quoi que ce soit que de dire qu'elle se finit bien.
Sony Pictures Releasing France
Bien aidé par la musique de Joe Hisaishi, légende associée au studio Ghibli qui inscrit son nom au générique d'un long métrage hollywoodien pour la première fois de sa carrière, Kogonada mêle les genres et passe de la comédie au drame puis à la romance, avec des soupçons de fantaisie, un brin de science-fiction (via des références assez évidentes à 2001, là où Blade Runner était cité dans After Yang) et beaucoup de poésie. Sans oublier des thèmes assez universels pour que l'on s'identifie à David et Sarah, et que l'on transpose un peu de notre histoire dans la leur, les portes magiques en moins.
Un arc-en-ciel dans la grisaille automnale
Apprendre que le scénario de Seth Reiss a été placé sur la Black List (qui recense les meilleurs scripts qui n'ont pas encore été produits) en 2020 n'est alors pas étonnant tant le projet, sur le papier, sort de l'ordinaire dans sa manière originale de revisiter des thèmes classiques et de mélanger les tons et ambiances. Qu'il ait attiré des stars de l'envergure de Colin Farrell et Margot Robbie n'est pas surprenant, et c'est aussi leur duo/couple (associé à des pointures telles que Kevin Kline ou Phoebe Waller-Bridge) qui rend l'ensemble si charmant, et fait de cette aventure, qui est plus à vivre qu'à raconter, un petit arc-en-ciel dans la grisaille automnale.