Noté 4,3 sur 5, c'est l'un des plus grands films de tous les temps mais il n'aurait jamais existé sans ce western mythique avec John Wayne !
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Thomas Imbert

Avant de révolutionner le cinéma avec “Citizen Kane”, le jeune Orson Welles s’est formé en boucle sur un western culte avec John Wayne : “La Chevauchée fantastique” qu’il a étudié comme un manuel vivant… jusqu’à 40 fois.

Bien avant de signer Citizen Kane, considéré par beaucoup comme une œuvre fondatrice du cinéma moderne, Orson Welles a longuement observé un autre classique du grand écran pour s’en imprégner.

En 1941, à seulement 25 ans, Orson Welles marquait l’histoire du cinéma avec Citizen Kane, un film acclamé pour sa narration innovante, sa mise en scène révolutionnaire et sa portée émotionnelle. Mais ce chef-d’œuvre n’est pas né dans le vide : Welles a nourri sa vision en se plongeant dans le travail de réalisateurs qu’il admirait, à commencer par John Ford.

L’un de ses modèles ? La Chevauchée fantastique (Stagecoach), western emblématique sorti en 1939 avec John Wayne en tête d’affiche. Ce film, qui suit un groupe de voyageurs à bord d’une diligence confrontés à des dangers sur les terres sauvages de l’Arizona, a profondément marqué le jeune réalisateur.

La Chevauchée fantastique
La Chevauchée fantastique
Sortie : 24 mai 1939 | 1h 37min
De John Ford
Avec John Wayne, Claire Trevor, Thomas Mitchell
Spectateurs
3,9
Streaming

Des visionnages répétés, comme une formation

Selon la biographie de Welles écrite par Simon Callow, le futur cinéaste de génie a visionné La Chevauchée fantastique pas moins de 40 fois avant de se lancer dans la réalisation de son propre film. Il ne se contentait pas de regarder le film passivement : il analysait chaque détail, souvent entouré de techniciens et de collaborateurs du studio, posant sans relâche des questions sur les choix de mise en scène et de narration.

Il comparait cette démarche à une véritable leçon de cinéma : “Chaque soir, après le dîner, pendant environ un mois, je lançais La Chevauchée fantastique, souvent avec quelques techniciens ou avec des chefs de département du studio, et je posais des questions. ‘Comment ceci a-t-il été fait ?’ ‘Pourquoi ont-ils fait cela ?’ C’était comme aller à l’école”, a-t-il confié dans le livre de Callow.

La Chevauchée fantastique (1939) United Artists
La Chevauchée fantastique (1939)

Une œuvre formatrice pour un futur monument du cinéma

Avec ses 7 nominations aux Oscars et son statut toujours intact parmi les meilleurs westerns de tous les temps – selon l’American Film Institute notamment – La Chevauchée fantastique a non seulement propulsé John Wayne au rang de star, mais a aussi servi de fondation à l’apprentissage cinématographique d’un jeune réalisateur encore inconnu.

Citizen Kane (1941) RKO Radio Pictures
Citizen Kane (1941)

Sans cette formation rigoureuse et cette admiration pour le travail de Ford, Citizen Kane n’aurait peut-être pas eu la même profondeur visuelle ni cette virtuosité technique qui ont tant impressionné les générations suivantes.

La Chevauchée fantastique est disponible sur LaCinetek. Citizen Kane est, quant à lui, à revoir sur Ciné+ OCS, FILMO ou encore LaCinetek également, ou tout simplement en VOD.

(Re)découvrez la bande-annonce de Citizen Kane ci-dessous :

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