Certains films existent surtout pour protéger les droits d’un personnage plutôt que pour raconter une vraie histoire. C’est exactement ce qui s’est passé avec Ghost Rider : L’Esprit de vengeance. Adapté des comics Marvel, ce deuxième volet a déçu autant la critique que le public, avec une note de 1,5 sur 5 par les spectateurs d’AlloCiné et de seulement 1,8 sur 5 par la presse spécialisée.
À la fin des années 2000, Sony, qui détenait les droits cinématographiques du motard démoniaque, se retrouve dans une situation délicate. Une bataille juridique oppose Marvel et d’autres parties sur la paternité du personnage dans les comics, et Marvel finit par l’emporter. Dans le même temps, Sony risque de perdre ses droits si aucun nouveau film n’est produit rapidement. La décision est donc prise : relancer Ghost Rider sur grand écran, non pas par ambition artistique mais pour protéger ses droits.
Le premier film, sorti en 2007 avec Nicolas Cage, n’avait pas convaincu les critiques mais avait engendré de bons revenus. Pour cette suite, le studio réduit drastiquement le budget : de 110 millions pour le premier film, L’Esprit de vengeance ne dispose que de 58 millions, dont 7 millions réservés au salaire de Cage. Mark Steven Johnson, réalisateur du premier volet, est remplacé par le duo Mark Neveldine et Brian Taylor, connu pour Hyper Tension.
Sony Pictures Releasing
Une défaite… mais pas pour tout le monde !
Le résultat ne fait pas illusion : les spectateurs reprochent au film le jeu inégal de Nicolas Cage, un scénario faible, des effets spéciaux médiocres et une mise en scène confuse. Au box-office, le film rapporte 132,5 millions de dollars dans le monde, soit presque 100 millions de moins que son prédécesseur. Un fiasco retentissant mais qui aura des conséquences inattendues pour Marvel.
Sony Pictures Releasing
Grâce à cet échec, les droits de Ghost Rider, jusqu’alors détenus par Sony, reviennent finalement à Marvel, tout comme ceux du Punisher (Lionsgate) et de Blade (New Line). Kevin Feige, à la tête du Marvel Cinematic Universe, confirme en mai 2013 que le studio peut désormais exploiter ces personnages librement dans l’univers des Avengers. Daredevil et Punisher trouveront leur place sur Netflix, Blade est projeté pour un film futur qui, bien que retiré du calendrier des sorties, resterait d’actualité selon Kevin Feige, et Ghost Rider fera son retour… sur le petit écran, incarné par Gabriel Luna dans la quatrième saison de Agents of S.H.I.E.L.D..
Finalement, Ghost Rider 2 restera dans les mémoires comme un exemple de film produit pour des raisons juridiques et commerciales plutôt que créatives, mais qui aura paradoxalement permis à Marvel de récupérer l’un de ses héros emblématiques.
Pour les curieux, Ghost Rider : L’Esprit de Vengeance est disponible sur Canal+.