John Carpenter n'aime-t-il plus rien, ni personne ? Petit florilège avec quatre de ses prises de parole "salées" à l'encontre de ses confrères metteurs en scène passés et futurs et ce qu'il a à leur reprocher.
Il n'aime ni Spielberg, ni Lucas, ni De Palma ni Altman
Interviewé en 1978 sur le tournage de Halloween, la nuit des masques, en moins de 2 minutes, John Carpenter ne se fait pas que des amis parmi ses collègues cinéastes. Ainsi, lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de ses contemporains, il déclare :
"Je m'en fous. Je crois que George Lucas a fait un bon film, American Graffiti. Très bon. Chez Spielberg, Les Dents de la mer est bien. Ils ont beaucoup rapporté. (...) Je n'ai pas aimé [Rencontres du troisième type], il m'a laissé indifférent. C'est très prétentieux, je crois que [Spielberg] a perdu le contrôle [du film], certaines parties n'étaient pas bonnes. (...) Il n'y avait pas de sujet, ça partait dans différentes directions."
Et lorsque le journaliste le lance sur Robert Altman, réalisateur salué de Nashville, il lève carrément les yeux au ciel et lance : "il s'agite dans des marécages. Je me fiche de tout le travail d'Altman. Je pense que ce n'est pas un bon réalisateur. Je sais que je suis en minorité et que beaucoup de gens le respectent lui et ses films, mais ce n'est pas mon cas. Ils sont assez masturbatoires".
Il n'apprécie pas John Ford
Si au début de sa carrière, Carpenter se réclamait volontiers de Ford, Hawks ou Hitchcock, il n'aimait pas tout de John Ford, loin de là. En témoigne cet entretien, au cours duquel il se plaint du sentimentalisme du réalisateur de Rio Grande : “Le vaudeville irlandais, je ne supporte plus. Je n’en peux plus de ces scènes où ils dansent. La Prisonnière du désert est un film génial mais il est gâché, vraiment gâché au milieu par le retour, le mariage, le ‘pose ta main sur mon épaule et regardons le feu dans la cheminée’...”
Le réalisateur d'Invasion Los Angeles poursuit :
“Enfant, j’avais aimé L’Homme tranquille mais en le revoyant, j’ai envie de pleurer. C’est tellement sentimental, avec un point de vue d’immigrant, là où Hawks était un réalisateur complètement intégré. (...) Ford sentimentalisait l’Ouest, surtout les femmes, les mères... Bien sûr, dans les coulisses, ce n’était pas comme ça mais c’est ce qu’il montrait”.
Son ami David Cronenberg l'a déçu
OLIVIER BORDE / BESTIMAGE
John Carpenter faisait partie des "Masters of Horror", un groupe informel de réalisateurs de films d'horreur qui avait commencé à se réunir pour des dîners à Los Angeles. Parmi eux se trouvaient entre autres Guillermo De Toro, Stuart Gordon ou Tobe Hooper et... David Cronenberg. Il faut croire l'adage selon lequel 'qui aime bien châtie bien' lorsqu'on lit ce que Carpenter pense désormais de celui qu'il qualifie de "vieil ami" :
"Malheureusement, il se prend tellement au sérieux ces derniers temps... C'est un artiste maintenant. Et littéralement, il tenait sa cour au milieu de la pièce. Il a dit : 'Je pense que cela montre l'orientation que j'ai lorsque je réalise des films'. Je suis venu lui parler et il ne m'a même pas regardé. Et je me suis dit : 'Ça suffit. Laisse tomber. Au revoir'. Je suis parti. Je n'ai plus besoin de ça. Et vous savez quoi ? Très bien. [...] Je resterai chez moi".
A bon entendeur...
Il n'aime pas les suites de son Halloween (mais prend volontiers l'argent)
Warner-Columbia Film
"Je me fous des suites d'Halloween. J'ai mis en scène le premier, et c'est la seule chose qui m'importe, à part les chèques que je reçois à chaque suite. Je déteste être ce genre de personne, mais c'est la vérité."
"Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait une suite [au premier Halloween]. Le monde du cinéma est régit par l'argent. Halloween a rapporté tellement d'argent qu'ils sont arrivés, les mêmes types, pour [me dire] : 'Hey John, refais-en un'. Je vous garantie que si Halloween Ends génère une tonne d'argent, devinez... Devinez ce qui se passera."
Sorti en 2022, Halloween Ends a rapporté 104 millions, soit moins que les deux épisodes précédents, signés par la même équipe. Le film est resté bénéficiaire malgré un budget de 33 millions de dollars.
Warner-Columbia Film
Bref, vous l'aurez compris, John Carpenter a peu d'amis dans le métier, et même de moins en moins. Il continue à voir les films qui sortent, vous pouvez facilement trouver ses avis tranchés sur Oppenheimer, Barbie ou The Substance. A 77 ans, "Big John" ne tourne plus que les clips de ses chansons. Son dernier long métrage de fiction reste le film d'horreur The Ward, sorti en France directement en DVD en 2012.
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