Paolo Sorrentino et son acteur fétiche vont vous émouvoir avec ce beau film mélancolique récompensé à Venise
Maximilien Pierrette
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

Paolo Sorrentino est déjà de retour au cinéma ! Et il nous raconte la fin de mandat d'un Président de la République italienne dans son très beau et mélancolique "La Grazia", porté par son acteur fétiche Toni Servillo.

Ça parle de quoi ?

Mariano De Santis, Président de la République italienne, est un homme marqué par le deuil de sa femme et la solitude du pouvoir. Alors que son mandat touche à sa fin, il doit faire face à des décisions cruciales qui l’obligent à affronter ses propres dilemmes moraux : deux grâces présidentielles et un projet de loi hautement controversé.

La Grazia
La Grazia
Sortie : 28 janvier 2026 | 2h 13min
De Paolo Sorrentino
Avec Toni Servillo, Anna Ferzetti, Orlando Cinque
Presse
3,7
Spectateurs
4,0
Séances (9)

Paolo Sorrentino plein de grâce

"Aucune référence à des présidents existants, il est le fruit de l'imagination de l'auteur", nous dit aussi le synopsis de La Grazia, en guise d'épilogue doublé d'une précision qui répondra d'emblée à celles et ceux qui se demanderont si le réalisateur de La Grande Bellezza s'est de nouveau inspiré d'une histoire de vraie au moment de replonger dans les arcanes du pouvoir transalpin, comme il l'avait fait avec Il Divo (sur l'homme politique Giulio Andreotti) ou Silvio et les autres, autour de la figure de Berlusconi.

Mais ces deux longs métrages ont un autre point commun avec La Grazia (comme beaucoup des opus de leur auteur par ailleurs) : la présence du toujours excellent Toni Servillo dans le rôle principal, acteur fétiche de Paolo Sorrentino, lauréat de la Coupe Volpi du Meilleur Acteur à l'issue de la dernière Mostra de Venise, pour son interprétation toute en sensibilité de Mariano De Santis, Président en deuil et marqué par la solitude, confronté à ses propres valeurs en même temps qu'aux six derniers mois de son mandat, également appelés "semestre blanc" comme nous le précise un carton en ouverture.

Pathé

Moins d'un an après la sortie française de Parthenope (qui avait été présenté à Cannes en 2024, ceci expliquant un peu cela), le cinéaste italien le plus en vue de ces dernières années est donc déjà de retour dans nos salles. Et il délaisse sa ville natale de Naples, théâtre de quelques-uns de ses récits, pour poser ses caméras à Rome, le temps d'un drame plus humain et moins mythologique, qui fait écho à plusieurs des titres de sa filmographie : outre la plongée des les coulisses du pouvoir évoquée plus tôt, l'ambiance mélancolique et les idées de fin d'une époque et de bilan rappellent La Grande Bellezza (déjà avec Toni Servillo) ou Youth.

De manière la générale, la question du temps qui passe a très souvent été centrale dans le cinéma de Paolo Sorrentino, qui ne se répète pas pour autant et poursuit sa réflexion autour de certains de ses thèmes de prédilection, avec une mise en scène qui pourrait convaincre celles et ceux qui reprochent à son oeuvre d'être tape-à-l'oeil. S'il ne renie pas ses qualités d'esthète qui ont fait la force de son cinéma, à travers l'usage d'une musique techno pour créer un décalage et se moquer gentiment des rituels dans le palais présidentiel, le cinéaste paraît plus posé, donc en phase avec l'état d'esprit de son personnage principal.

"Un film sur l'amour, le doute, la responsabilité, la paternité et un dilemme moral"

"La Grazia est un film sur l'amour, le doute, la responsabilité, la paternité et un dilemme moral", dit-il en guise de note d'intention dans le dossier de presse. Et c'est peut-être aussi pour cela, au-delà de la sensibilité avec laquelle l'histoire est racontée et la justesse du jeu de Toni Servillo, que le résultat parvient autant à nous toucher et nous surprendre. Car la grâce du titre est autant présidentielle qu'elle permet de décrire les qualités du nouveau long métrage de Paolo Sorrentino.

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