C'est une affiche qui, placardée sur les colonnes Morris, ne passe inaperçue. Isabelle Huppert, Pierre Niney, Virginie Efira, Vincent Cassel, Adam Bessa, et même Catherine Deneuve le temps d'une courte apparition, ont dit oui à Asghar Farhadi pour Histoires Parallèles. Le film est présenté en Compétition lors du 79e Festival de Cannes.
Remake de Brève histoire d'amour de Krzysztof Kieślowski, ce drame met en scène le destin croisé de plusieurs personnages, à commencer par Sylvie (Isabelle Huppert) une romancière en panne d'inspiration, cloîtrée dans son appartement. Obsédée par ses voisins d'en face, trois bruiteurs pour le cinéma (Pierre Niney, Virginie Efira et Vincent Cassel), elle réinvente leurs vies depuis sa fenêtre.
Lorsqu'elle engage Adam (Adam Bessa), un jeune marginal, pour ranger son appartement, l'autrice va transmettre son goût pour le voyeurisme et l'imagination à son jeune locataire. Mais comment respecter les frontières entre la réalité et la fiction ?
Carole Bethuel
Après Le Passé, sorti en 2013, il s'agit du deuxième long métrage du cinéaste iranien avec un casting français. Sur le tournage, Asghar Farhadi ne parle pas la même langue et se voit assister d'une traductrice. Pour autant, la langue n'est pas une barrière lorsqu'il est question de cinéma.
Le cinéma, c'est un langage."
"Je crois que ça n'a aucune importance, lance Isabelle Huppert. Le cinéma, c'est un langage. Et il suffit que ce langage-là soit accessible et clair pour que ça suffise à notre confort et à notre bonheur. Moi, j'ai tourné dans des conditions parfois difficiles, comme en Corée, avec Hong Sang-soo et j'étais entourée d'acteurs qui ne parlaient pas un mot de français mais on fabrique autre chose. On ne se sent pas du tout démunis dans cette différence-là. Au contraire, je trouve."
"Cela permet également de ne pas toujours poser des questions, qui doivent être constamment traduites par l'interprète, alors on trouve les réponses soi-même, ajoute Virginie Efira. Et parfois, c'est mieux pour tout le monde, même pour soi. Ça permet d'aller à l'essentiel."
Un film sur l'attirance et la répulsion
Dans Histoires parallèles, il est question des fantasmes que l'on projette sur les autres et qui s'avèrent, bien souvent, très loin de la réalité. "C'est un film qui n'est absolument jamais psychologique, juge Isabelle Huppert. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'explication. On jette, comme ça, de manière un peu brute les sensations, les conflits, mais on ne revient pas sur ce qu'on éprouve, on n'explique pas ce qu'on éprouve. Il y a une sorte d'immédiateté."
Pour Adam Bessa, qui partage une grande majorité de ses scènes avec Isabelle Huppert, le film repose sur deux thématiques : l'attirance et la répulsion. "C'est quelque chose qui ne se contrôle pas et qui ne se réfléchit pas, analyse-t-il. Et je crois que c'est ce qui rend le film très ludique et très digeste quand on le regarde, et on peut être embarqué par ça parce que ce sont des sensations très primaires pour des personnages complexes."
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Paris, en mai 2026.
Histoires Parallèles, au cinéma partout en France ce 14 mai dès 16h